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Justice Climatique et Promotion de l'Agroécologie

LE RADD à la pratique de l’Agroécologie Paysanne aux cotés des jeunes paysan(ne)s d’Afrique à l’occasion de la Yalitia 7 organisée par JVE-CI du 25 au 30 juillet 2025

Association de droit camerounais, Le RADD œuvre pour le développement inclusif et durable. Le RADD a choisi l’agroécologie comme un système de production par excellence ainsi pour renforcer ses capacités deux délégués du RADD ont participé au projet du YALITIA 7 en Côte d’Ivoire (Daloa).

Ce rapport présente les activités réalisées dans le cadre du projet YALITIA 7, axées sur la promotion de l’agroécologie paysanne comme levier stratégique pour la souveraineté alimentaire. Les activités ont débuté le 25 juillet 2025 et se concentrent sur la mise en œuvre de techniques de production d’intrants naturels pour améliorer la fertilité des sols ainsi que la protection des cultures et la transformation agro-alimentaire.

A. FABRICATION DES BIO-INTRANTS

I. Production de Compost Aérobie

•  Objectif : Produire un amendement organique de qualité pour améliorer la fertilité des sols.

•  Procédure :

  1. Préparation de la planche : Définir une planche de compostage de 1,20 m de large, 4 m de long et 20 cm de profondeur. Installer des piquets aux quatre coins.

  2. Superposition des matières organiques :

    *  Verser 3 brouettes de fumier de porc jusqu’à atteindre une hauteur de 20 cm.

    *  Ajouter des plumes de poulet, 6 poignées de cendre de bois, de la poudre d’os carbonisée, des feuilles de neem (Azadirachta indica), et de la paille.

    *  Arroser le mélange avec 3 arrosoirs d’eau pour bien humidifier.

    *  Répéter le procédé trois fois pour atteindre une hauteur de 1 m à 1,20 m.

  3. Retournement : Tourner le mélange tous les 15 jours pendant une période de deux mois, soit un total de quatre retournements.

•  Principes : Le compostage aérobie repose sur la décomposition naturelle de la matière organique en présence d’oxygène.

•  Action : Le compost aérobie fertilise d’abord le sol avant de nourrir directement la plante.

•  Conservation : Après fabrication, le compost peut être conservé dans un sac à double sécurité, bien fermé et placé sur un support à l’ombre.

II. Préparation du Bokashi (Engrais Organique Fermenté)

L’Objectif est de produire un engrais organique à action rapide pour stimuler la croissance des plantes.

•  Ingrédients :

  •  1 kg de levure dolofière (ou de boulanger)

  •  2 kg de cendre de bois

  •  1 kg de sucre roux (ou 1 litre de mélasse)

  •  6 brouettes d’argile termitière

  •  6 brouettes de bouse de vache

  •  6 brouettes de son de riz

  •  2 kg de poudre de charbon de bois

  •  30 litres d’eau sans chlore

•  Procédure :

  1. Activation de la levure : Dissoudre le sucre (ou la mélasse) et la levure dans 30 litres d’eau.

  2. Préparation du sol : Arroser le sol.

  3. Superposition des matières :

    *  Étaler 2 brouettes de bouse de vache.

    *  Ajouter 2 brouettes d’argile termitière.

    *  Ajouter 2 brouettes de son de riz.

    *  Recouvrir d’une couche de poudre de charbon de bois et de cendre de bois.

  4. Arrosage : Arroser avec la solution de levure et de mélasse.

  5. Fermentation : Tourner le bokashi chaque matin et soir pendant 4 jours.

•  Application : Le bokashi est prêt à être utilisé après 4 jours.

  •  Appliquer 250 g de bokashi par poquet.

  •  Le bokashi a un effet immédiat sur les plantes.

  •  Il perd de son efficacité après 45 jours d’exposition au soleil.

III. Préparation de l’Apichi (Insecticide Naturel)

•  Objectif : Produire un insecticide naturel pour protéger les cultures contre les insectes nuisibles.

•  Ingrédients :

  •  1 kg de piment séché

  •  1 kg d’ail

  •  1 kg de gingembre

  •  1 litre d’alcool à 90° (pharmacie ou alcool local)

  •  40 litres d’eau sans chlore

•  Procédure :

  1. Préparation des ingrédients : Écraser chaque ingrédient séparément dans un mortier.

  2. Macération : Verser les ingrédients écrasés dans un récipient contenant 1 litre d’alcool et 12 litres d’eau. Laisser fermentées pendant 4 jours.

  3. Dilution : 27 litres d’eau supplémentaires.

•  Application :

  •  Le produit est prêt à être utilisé 11 jours après l’ajout des 27 litres d’eau.

  •  Usage préventif : Mélanger 1/4 de litre de produit avec 15 litres d’eau et appliquer pour désinfecter les plants sensibles aux attaques d’insectes.

  •  Usage curatif : Mélanger 1/2 litre de produit avec 15 litres d’eau et utiliser pour traiter les plants déjà attaqués.

IV. Préparation de l’EM (Micro-organismes Efficaces)

•  Objectif : Produire un inoculant microbien pour améliorer la santé des sols et des plantes.

•  Ingrédients :

  •  1 kg de bouse de vache fraîche

  •  1 litre d’urine de lapin

  •  1 kg de soja (ou haricots)

  •  1 kg de source de protéines (non spécifiée)

  •  1 kg de feuilles de neem (Azadirachta indica)

  •  10 litres d’eau sans chlore

•  Procédure :

  1. Mélange : Mettre la bouse de vache dans un récipient, verser 3 litres d’eau pour rendre le mélange liquide.

  2. Ajout des ingrédients : Ajouter le soja concassé, l’urine de lapin, et le son de riz. Bien mélanger.

  3. Fermentation : Tourner le mélange matin et soir pendant 5 minutes jusqu’au 10ème jour.

•  Conservation : Conserver à l’ombre, à l’abri du soleil et de la pluie, posé sur un support.

•  Application :

  •  Le produit est prêt dès le 11ème jour.

  •  Foliaire : 1 litre de produit pour 100 litres d’eau (pour les feuilles).

  •  Semences : 1 litre de produit pour une tasse à café de semences, puis sécher à l’ombre sur un carton (ne pas mélanger au sol).

  •  Racines : 1/2 litre de produit dans 16 litres d’eau pour la protection des racines.

•  Durée de vie : 6 mois.

V. Préparation de Répulsifs à Base de Plantes

•  Objectif : Produire des répulsifs naturels pour protéger les cultures contre les insectes.

1. Répulsif à Base de Tithonia (Tithonia diversifolia)

  •  Procédure : Remplir un récipient au 1/4 de tithonia, ajouter de l’eau jusqu’à son plein. Mettre une moustiquaire au-dessus, fermer légèrement et laisser le substrat macérer pendant 24 heures.

2. Répulsifs à Base de Feuilles de Neem (Azadirachta indica), Hyptis suaveolens, et Basilic Sauvage

  •  Procédure : La méthode de préparation n’est pas spécifiée. Il est supposé qu’il s’agit d’une macération similaire à celle du tithonia.

B. Transformation Agroalimentaire : Valorisation des Produits Locaux

En plus des activités axées sur la production agricole durable, YALITIA 7 a également mis l’accent sur la transformation agroalimentaire, un levier essentiel pour valoriser les produits locaux, créer de la valeur ajoutée et assurer la sécurité alimentaire. Les participants ont été initiés à des techniques de transformation simples et accessibles, permettant de conserver et de valoriser les produits frais.

1. Transformation de l’Ananas en Confiture

•  Objectif : Transformer l’ananas frais en confiture pour prolonger sa durée de conservation et créer un produit à valeur ajoutée.

•  Procédure :

  1. Sélection et préparation des ananas : Trier les ananas, les laver soigneusement, les nettoyer et les découper en petits morceaux.

  2. Cuisson : Mettre les morceaux d’ananas dans une cocotte, ajouter 600g de sucre pour 1kg d’ananas , et cuire à feu doux en remuant régulièrement pendant 45 minutes à 1 heure, jusqu’à obtention de la consistance désirée.

  3. Pasteurisation des bocaux : Pasteuriser les bocaux qui serviront à conserver la confiture ( ici le procédé consiste à mettre les bocaux dans une marmite remplir d’eau et faire bouillir pendant une heure de temps .).

  4. Mise en bocaux : Remplir les bocaux pasteurisés avec la confiture chaude.

  5. L’appertisation : Replacer les bocaux remplis de confiture dans une marmite remplie d’eau et porter à ébullition pendant 45 minutes à 1 heure. Cette étape permet d’éliminer les micro-organismes et d’assurer la conservation de la confiture.

•  Conservation : La confiture ainsi préparée et pasteurisée peut être conservée pendant environ un an dans un endroit frais et sec.

2. Conservation du Piment au Vinaigre

•  Objectif : Conserver le piment frais au vinaigre pour en prolonger la durée de conservation et ajouter une saveur aigre-douce.

•  Procédure :

  1. Sélection et préparation des piments : Trier les piments, les laver soigneusement (trois fois).

  2. Trempage : Préparer une solution d’eau salée et y plonger les piments pendant 5 minutes.

  3. Pasteurisation des bocaux : Pasteurisés les bocaux qui serviront à conserver les piments (mettre de l’eau dans une marmite en suite introduire les bocaux les bocaux laisser en ébullition pendant 1h heure de temps ).

  4. Mise en bocaux : Remplir les bocaux pasteurisées avec les piments.

  5. Couverture : Recouvrir les piments de vinaigre blanc.

  6. Fermeture : Fermer hermétiquement les bocaux immédiatement.

  7. Appertisation : Appertiser les bocaux comme décrit précédemment (45 minutes à 1 heure d’ébullition).

•  Conservation : Les piments ainsi préparés et appertisés peuvent être conservés pendant une longue période dans un endroit frais et sec.

3. Conservation des Aubergines a de l’eau

•  Objectif : Conserver les aubergines fraîches à de l’eau pour en prolonger la durée de conservation et ajouter une saveur douce.

•  Procédure :

  1. Sélection et préparation des aubergines : Trier les aubergines, les laver soigneusement et les découper en quatre.

  2. Trempage : Préparer une solution d’eau salée et y plonger les aubergines découpées pendant 5 minutes.

  3. Pertisation des bocaux :pasteurisés les bocaux qui serviront à conserver les aubergines (le même procédé explique plus haut).

  4. Mise en bocaux : Remplir les bocaux pasteurisés avec les aubergines.

  5. Couverture : Recouvrir les aubergines d’eau (et non de vinaigre, à confirmer).

  6. Fermeture : Fermer hermétiquement les bocaux immédiatement.

  7. Pertisation: Pasteuriser les bocaux comme décrit précédemment (45 minutes à 1 heure d’ébullition).

•  Conservation : Les aubergines ainsi préparées et a pertisés peuvent être conservées pendant une longue période dans un endroit frais et sec.

Observations

•  Importance de l’hygiène : pour que tout cela soit possible il faut que la transformation se fasse dans un espace saint bien propre avec les sabots,une blouse bien propre ,Les gants, les cache nez , l’échalote tout au long du processus de transformation pour éviter la contamination des aliments.

Conclusion :

Les activités menées dans le cadre du projet YALITIA 7 ont permis de mettre en œuvre des techniques de production d’intrants naturels pour améliorer la fertilité des sols et protéger les cultures. Ces techniques, basées sur les principes de l’agroécologie paysanne, contribuent à renforcer l’autonomie des producteurs, à réduire leur dépendance aux intrants chimiques et à promouvoir une agriculture durable et respectueuse de l’environnement.

Recommandations

•  Formation : Organiser des sessions de formation pour partager les connaissances et les savoir-faire avec d’autres producteurs.

•  Recherche : Mener des recherches pour optimiser les techniques de production d’intrants naturels et les adapter aux conditions locales.

•  Documentation : Documenter les résultats des activités et partager les informations avec d’autres acteurs du développement.

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Justice Climatique et Promotion de l'Agroécologie Non classé Promotion des systèmes semenciers paysans

Compte Rendu de l’Atelier de Formation sur les Intrants Biologiques et la Gestion des Semences Paysannes à Mgbwakomba

Date : 27 juin 2025

Lieu :Mgbwakomba, arrondissement de Nanga-Eboko, Haute-Sanaga

L’atelier de formation sur les intrants biologiques ainsi que la sélection et la conservation des semences paysannes s’est tenu le 27 juin dernier dans la localité de Mgbwakomba, dans l’arrondissement de Nanga-Eboko, Département de la Haute-Sanaga.

Cette activité, qui entre dans le cadre du renforcement des capacités des cases de semences paysannes, a été initiée par le RADD (Réseau des Acteurs du Développement Durable) dans le but de promouvoir les systèmes semenciers paysans, l’agroécologie et les systèmes alimentaires durables. Elle a rassemblé une quarantaine de participants venus de plusieurs villages du Groupement de Biboa.

Il est important de souligner que le Groupement de Biboa est une zone essentiellement agricole où l’on cultive principalement des cultures vivrières pour la consommation familiale, et surtout du maïs pour les besoins économiques.

Malheureusement, la culture du maïs y est confrontée à un sérieux problème : l’utilisation massive de pesticides et d’autres intrants chimiques de synthèse, censés booster la production. Ces produits ont des conséquences néfastes sur l’environnement, la santé des agriculteurs et des consommateurs, et entraînent une érosion progressive des systèmes semenciers paysans. Pour apporter une solution durable à cette situation devenue alarmante, cet atelier sur la production des bio-intrants a été initié.

 Objectifs de la Formation :

  • Restituer la formation reçue par les leaders ruraux sur la gestion des Cases de Semences Paysannes (CSP), la sélection et la conservation des semences.
  • Renforcer les capacités des petits producteurs sur les techniques de production et d’utilisation des intrants biologiques ;
  • Sensibiliser et informer les participants sur les dangers liés aux produits chimiques de synthèse.
  • Mettre en place un comité de gestion de la Case de Semences.

Déroulement de l’Atelier

Animation par les membres de la CSP

 a) Phase protocolaire

La journée a débuté par le protocole usuel : arrivée et enregistrement des participants, prière, suivis des discours de bienvenue et de la présentation des participants. Le représentant du chef du village de Mgbwakomba a souhaité la bienvenue à l’équipe du RADD, la remerciant d’avoir bravé les difficultés du voyage pour venir éclairer ses populations. Il a également remercié les participants pour leur présence.

À la suite du chef de village, Mme AKONO Suzanne, cheffe de la délégation du RADD et coordinatrice des Cases de Semences Paysannes, a présenté l’association, ses objectifs et ses quatre axes d’action : l’accompagnement des communautés riveraines des agro-industries, le programme d’autonomisation économique de la femme, la justice climatique et, notamment, le Programme de Promotion des Systèmes Semenciers Paysans (PPSSP), qui était le sujet de cette rencontre.

Les participants, en se présentant, ont exprimé leurs attentes pour cette activité, notamment le désir d’apprendre à fabriquer des herbicides naturels.

Après cette phase protocolaire, l’activité a pu commencer. Elle était divisée en deux parties.

 b) Phase théorique

Cette partie a consisté en la restitution de la formation des leaders ruraux sur la gestion des Cases de Semences Paysannes, la sélection et la conservation des semences paysannes. Il a été rappelé que la formation d’Essé, en novembre 2024, avait rassemblé de nombreux participants et formateurs, certains venus du Bénin. Durant une semaine, les apprenants ont été formés sur plusieurs thématiques : la gestion des cases communautaires de semences paysannes, les lois régissant l’activité semencière, la sélection et la conservation des semences paysannes, et les Systèmes Participatifs de Garantie (SPG).

La phase théorique a également abordé la présentation des engrais biologiques, soulignant leurs avantages sur l’environnement, la santé et l’économie, par opposition aux intrants chimiques de synthèse. Des séances de questions-réponses et une pause musicale ont animé cette première partie de la journée.

Explications théoriques du dispositif de fabrication d’intrants biologiques

 c) Phase pratique

De retour de la pause, l’atelier pratique a débuté, axé sur la fabrication du purin de 21 jours et du bio-régulateur à large spectre.

Quelques plantes utilisées

Les participants ont appris à utiliser des matières premières telles que :

Matériel : un fût, une fiole, de la colle Tangit, des ciseaux, de l’eau.

Ingrédients : 1 kg d’ail, 1 L de mélasse, divers yaourts, de l’urine de lapin, un mortier, un pilon, des machettes, des couteaux, une bassine, une bâche, 60 L d’eau, 0,5 kg de feuilles de Vernonia , 0,5 kg de feuilles de Tithonia, 0,5 kg de fougère, 0,5 kg de citronnelle, 0,5 kg d’aloès vera, 0,5 kg de feuilles de papayer, 0,5 kg de feuilles de dartrier, 0,5 kg de feuilles d’ortie et des feuilles de tabac sèches.

Phase pratique

Formation du Comité de Gestion de la Case

Les participants ont ensuite été invités à former un comité de gestion de la Case. Après discussion, le consensus a été de mettre en place un bureau composé des membres suivants :

* Une présidente

* Un secrétaire général

* Une trésorière

* Une animatrice

* Une chargée de communication

* Un superviseur

* Deux conseillers, dont le chef du village de Mgbwakomba et le chef de Nyaminkang.

Comité de gestion de la CSP

 Conclusion de l’Atelier

Mme AKONO Suzanne, chargée du suivi des CSP au sein du RADD, a invité la nouvelle équipe à se mettre au travail pour dynamiser la Case et a exhorté les participants à mettre en pratique les enseignements reçus. Le chef de Mgbwakomba a remercié le RADD d’avoir choisi son village pour accueillir cette activité et a émis le souhait de mobiliser les ressources nécessaires pour continuer à renforcer les capacités de ses populations.

La journée s’est terminée par une série de photos de famille et un repas communautaire. L’équipe du RADD a regagné Yaoundé le lendemain matin après une soirée conviviale.

Photo de famille
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Autonomisation économique de la femme Défense des droits des femmes Justice Climatique et Promotion de l'Agroécologie Promotion des systèmes semenciers paysans

LE RADD INTERPELLE LES CANDIDATS A L’ÉLECTION PRESIDENTIELLE 2025 AU CAMEROUN 

Le Réseau des Acteurs du Développement Durable (RADD) est une association de droit camerounais, engagée depuis plus de 10 ans pour un développement inclusif, juste et durable. Le RADD éveille au quotidien les consciences collectives et communautaires au Cameroun, en Afrique Centrale sur les questions de souverainetés foncières, semencières, alimentaires qui sont le fondement de la souveraineté politique.

Le RADD, c’est la Foire des Semences Paysannes de l’Afrique Centrale (FOSPAC) qui regroupe tous les ans, depuis 5 ans plus de 500 acteurs ruraux autour des enjeux en lien avec l’accès libre de tout producteur à la semence.

Le RADD, c’est la COnvergence des FEmmes Camerounaises sur le Changement Climatique (COFECCC) qui rassemble depuis 2 ans plus de 400 femmes engagées dans la recherche de solutions adéquates au changement climatique.

Le RADD, c’est le Forum sur l’Autonomisation Economique de la Femme (FAEF) qui, tous les ans, forme plus de 400 femmes et jeunes aux métiers porteurs pour la création des revenus et des emplois.

Le RADD, c’est la Défense de Droits des Femmes Riveraines des Agro-industries (DDFRIA) qui, au côté de ces femmes, lutte tous les jours pour la restauration et le respect des droits vitaux des femmes dont les ressources sont accaparées par les entreprises sans aucune compensation.

 Nos interventions impactent donc :

  • Plus de 20.000 femmes et jeunes filles accompagnées à l’autonomisation économique et financière ;
  • Environ 5.000 paysan(ne)s accompagnés pour renforcer la souveraineté semencière ;
  • Des milliers de femmes rurales et des communautés, riveraines des agro-industries soutenues pour faciliter l’accès à leurs terres ancestrales ;

En notre qualité de membre actif de la société civile, qui accompagne toutes les couches sociales et œuvre sans relâche pour la justice et le développement durable, nous nous sentons plus que concernés par l’échéance politique majeure que représente l’élection présidentielle du 12 Octobre 2025. C’est à ce titre que nous sommes mus par le devoir, en amont de la campagne électorale, d’aiguiller les candidats à l’élection présidentielle, sur ce qui nous semble essentiel pour garantir le bien-être durable de toutes les couches sociales de la population camerounaise. Nos recommandations, formulées sur quatre (4) piliers, méritent une attention singulière :

  1. La souveraineté alimentaire pour les camerounais ;
  2. Le respect des droits humains autour des agro-industries ;
  3. La justice climatique ;
  4. L’autonomisation économique des femmes et des jeunes ;

I.PROMOUVOIR LA SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE

La souveraineté alimentaire est le DROIT pour tout camerounais, sans distinction aucune, d’accéder à de la nourriture saine, suffisante en quantité, en qualité et de fonder son alimentation sur les valeurs culturelles, cultuelles ancrée dans son environnement et sa tradition pour garantir un accès constant et durable.  Pour ce faire, nous demandons : 

  • La reconnaissance juridique des systèmes semenciers paysannes pour garantir les droits des paysans sur leurs semences ;
  • Le développement des programmes spécifiques pour la promotion des systèmes semenciers paysans en reconnaissant la semence paysanne comme composante essentielle du patrimoine génétique camerounais ;
  • La restauration du suivi de proximité des paysans orienté dans le système de production agroécologique pour assurer une agriculture résiliente et durable ;
  • L’accès durable à la terre aux femmes et aux jeunes pour des besoins de production agropastorale ;
  • L’octroi des facilités pour la production des intrants biologiques et la réduction des importations des intrants chimiques de synthèse ;
  • Le développement des politiques qui encouragent les populations camerounaises à consommer essentiellement les produits sains issus de l’agroécologie paysanne. La santé des populations en dépend ;
  • Le transfert effectif des compétences aux Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD), afin qu’elles encadrent la création et la gestion des Cases Communautaires de Semences Paysannes (CCSP), véritables creusets du patrimoine génétique national.

II. GARANTIR LE RESPECT DES DROITS HUMAINS AUTOUR DES AGRO-INDUSTRIES

Le Cameroun est partie à la plupart des conventions internationales de promotion et de protection des droits humains et pourtant dans les localités où sont implantées des agro-industries, les communautés riveraines sont privées de leurs ressources, vivent dans la précarité et subissent toutes sortes d’atteintes à leurs droits fondamentaux.  Nous pensons qu’il faut impérativement : 

  • Repenser la politiques d’octroie des concessions foncières aux agro-industries, il est possible de développer l’agrobusiness sans que les communautés se retrouvent dépossédées de toutes leurs terres ;  
  • En cas de cession, garantir l’accès des communautés riveraines aux ressources vitales (Terre, Forêts, Eaux, …) de leurs ancêtres ;
  • Mettre en place des mécanismes efficaces de répression des violences basées sur le genre dans les plantations ;
  • Impliquer systématiquement à quota égal tous les groupes sociaux de la communauté (femmes, jeunes, adultes, minorités) dans le processus de gestion des terres ;
  • Mettre en place des mesures coercitives afin que les droits à l’éducation, à la santé, à l’emploi, à l’eau potable etc. des communautés riveraines soient garantis.

III. PRENDRE EN COMPTE LES QUESTIONS EN LIEN AVEC LA JUSTICE CLIMATIQUE

Le climat est de plus en plus changeant et 33 ans après le sommet de la terre de RIO, les effets des changements climatiques se perceptibles partout dans le monde, y compris au Cameroun. Les communautés vivant en zone rurale, qui sont les plus impactées par ces changements, ne sont pas véritablement accompagnées pour y faire face. Les femmes en particulier, qui ont la charge de nourrir la famille, sont aujourd’hui confrontées à de nombreuses difficultés pour se procurer les ressources dont elles ont besoin dans leur environnement. C’est la raison pour laquelle, il faut : 

  • Faciliter l’accès aux financements climatiques pour les communautés les plus impactées ;
  • Définir les mesures concrètes pour assurer la transition énergétique à travers la promotion des énergies renouvelables ; 
  • Soutenir les OSCs qui œuvrent pour la justice climatique ;
  • Mettre un terme à la production et à l’usage de la matière plastique ;
  • Abandonner les fausses solutions telles que les crédits carbones ;
  • Consulter les communautés impactées avant toutes prises de décisions à l’endroit de ces entités ;
  • Considérer régulièrement les résultats des recherches par les chercheurs dans la prévention des catastrophes dus aux effets du changement climatique.

IV. PROMOUVOIR L’AUTONOMISATION ÉCONOMIQUE DE LA FEMME

Une femme autonome est une femme épanouie. Une femme autonome prend son destin en main. Elle nourrit sa famille, ses enfants, elle se projette, elle entreprend et très souvent, elle réussit. L’autonomisation économique de la femme doit donc être une priorité pour renforcer de façon durable les indicateurs de développement au niveau national. A cet effet, il faut :

  • Démultiplier sur l’ensemble du territoire Camerounais des centres multifonctionnels accessibles à toutes les femmes, aux jeunes et les doter des équipements de pointe et des ressources humaines compétentes pour leur pleine opérationnalisation ;
  • Rendre les formations accessibles financièrement, tout camerounais doit en bénéficier ;
  • Adapter les contenus de formation aux exigences de l’évolution technologique et aux réalités du marché du travail ;
  • Garantir un accès équitable aux financements et autres opportunités pour soutenir l’entreprenariat des femmes et des jeunes après la formation ;
  • Faciliter l’accès aux équipements de production et de transformation pour garantir la compétitivité des entreprises créées ;
  • Appliquer des mesures fiscales adaptées aux entreprenariats féminins et jeunes, en les exonérant des impôts et des taxes pour les 3 premières années ; 
  • Construire des infrastructures de collecte, de stockage, de conservation et de commercialisation dans les bassins de production, accessibles à tous afin de garantir l’écoulement et l’accès valorisation des produits issus de leurs activités.

À la veille de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 au Cameroun, le RADD rappelle avec force que l’avenir du Cameroun ne peut se bâtir sans justice sociale, justice climatique, souveraineté alimentaire et autonomisation effective des femmes et des jeunes. Ces piliers ne sont pas de simples revendications sectorielles : ils constituent le socle incontournable d’un développement véritablement inclusif et durable.

Nous appelons chaque candidat à inscrire dans son projet de société des engagements clairs, fermes et mesurables autour de ces priorités vitales. Car garantir aux paysans l’accès à leurs semences, protéger les droits des communautés face aux agro-industries, soutenir les femmes dans leur autonomie et préparer le pays aux défis climatiques, c’est choisir de construire une nation forte, résiliente et souveraine.

Le RADD, fort de son expérience et de son ancrage auprès des communautés, se tient prêt à travailler avec tous ceux qui portent une vision de justice et de dignité pour le peuple camerounais. L’histoire jugera celles et ceux qui, en ce moment décisif, auront eu le courage d’inscrire l’intérêt des générations présentes et futures au cœur de leur gouvernance.

Parce qu’un Cameroun juste, vert et prospère est possible, mais il exige des choix courageux, aujourd’hui.

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Défense des droits des femmes Promotion des systèmes semenciers paysans

LES LEADERS RURAUX ET LES REPRÉSENTANTES DES RIVERAINES DES AGRO-INDUSTRIES RENFORCENT LEURS CAPACITÉS SUR LA COMMUNICATION LE LOBBYING ET LE PLAIDOYER.

Les riveraines des agro-industries et les responsables des cases de semences paysannes jouent un rôle important dans la promotion de l’agriculture durable, la souveraineté alimentaire et nutritionnelle, ainsi que dans la défense des droits des communautés locales impactées par les industries extractivistes. Cependant, ils sont souvent confrontés à des défis pour communiquer efficacement avec les communautés locales, les décideurs politiques et les autres parties prenantes. L’utilisation efficiente des outils de communication modernes peut aider ces entités à améliorer la communication et à renforcer leurs capacités dans le développement de leurs activités agricoles, notamment la promotion des systèmes semenciers paysans (PSSP) et la défense de leurs droits bafoués par les entreprises qui ont accaparé leurs terres.

C’est dans cette dynamique que le RADD, qui accompagne depuis plusieurs années ces communautés, et en partenariat avec Journalists For Earth (J4E), ont initié une série de formations pour le renforcement des capacités des leaders ruraux et responsables des associations des riveraines des agro-industries sur les outils modernes de communication et sur les stratégies de communication, de lobbying et de plaidoyer en matière de justice climatique. Ces ateliers, qui se sont tenus à Yaoundé du 10 au 13 juin dernier, ont rassemblé une quarantaine de participants.

Dans un premier temps, les participants ont été outillés sur les applications de communication telles que WhatsApp, Facebook et les moteurs de recherche tels que Google pour partager leurs informations sur leur communauté et sur leurs activités de promotion des cases de semences paysannes et faire des recherches. Les travaux pratiques de cette formation ont été ponctués par des séances de paramétrage des outils nouvellement reçus, l’activation et l’ouverture des pages Facebook, des comptes WhatsApp et Gmail, ainsi qu’un exercice pratique de recherche sur Meta qui a suscité une grande attention des apprenants.

Au terme des travaux de Mvolye, les participants ont reçu des outils de communication et de travail constitués de téléphones portables et d’ordinateurs pour continuer leurs activités sur le terrain.

Pendant les travaux de Mvolye, les femmes ont été sensibilisées et informées afin de rejoindre le Mouvement mondial des femmes. On retiendra que c’est un rassemblement des femmes du monde entier qui a pour objectif de mener des plaidoyers et d’autres revendications contre toutes formes d’injustices et de violences faites aux femmes à travers le monde.

Ainsi, au cours de ces assises, les participantes ont montré leur intérêt à se joindre aux autres femmes. Pour le manifester, elles ont décidé de marcher pour exprimer leur adhésion à cette dynamique lancée par les femmes de Saraouie. Ainsi, elles ont marché pour dire non à la pauvreté ambiante, les guerres, la famine, les violences envers les femmes, pour la justice climatique et contre les industries extractivistes.

À la suite du RADD, J4E a formé du 12 au 13 juin ces participants sur les stratégies de communication, de lobbying et de plaidoyer performantes en matière de justice climatique. Au cours des travaux, les participants ont été imprégnés sur l’élaboration des plaidoyers et la prise de parole en public en vue de la défense de leurs droits.

photo de famille avec J4E

Au terme de ces deux jours de travaux, qui ont été ponctués par des activités pratiques et des restitutions en ateliers, les apprenants ont reçu des attestations de fin de formation.

Mme NGOBO, Secrétaire exécutive du RADD et Mme ABILOGO Edith, Secrétaire exécutive de J4E, ont exhorté les participants à mettre en pratique les connaissances acquises et surtout à utiliser le matériel reçu à bon escient pour la promotion des systèmes semenciers paysans et la défense de leurs droits.

Les apprenants, quant à eux, ont exprimé leur profonde gratitude à l’endroit du RADD et de J4E pour ces grands moments de renforcement des capacités et les dotations. Ils ont promis d’en faire bon usage et ont émis le vœu de voir les formateurs sur le terrain dans leurs différentes localités pour un suivi de proximité qui permettra de relever les difficultés rencontrées. C’est dans une ambiance bon enfant que cette série de quatre jours consécutifs de renforcement des capacités des acteurs ruraux, des représentantes des riveraines des agro-industries et autres leaders des associations locales s’est clôturée.

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Promotion des systèmes semenciers paysans

« Pour des semences paysannes caractérisées, disponibles et productives » Fotouni département du Haut Nkam région de l’Ouest Cameroun, 23 juillet 2025

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Défense des droits des femmes

SOCAPALM d’Éséka : mort suspecte d’un riverain suite à une interpellation musclée des forces de l’ordre. Les populations dénoncent une bavure et réclament justice

Éséka, Cameroun, 26 juillet Juillet 2025

Une nouvelle tragédie secoue les communautés riveraines de la SOCAPALM d’Edéa dans le Département du Nyong-et-Kéllé, Région de Centre Cameroun. Un jeune homme du nom de NKOUM LIBONG Frédéric Aimé a trouvé la mort suite à une interpellation brutale menée par la gendarmerie, avec le soutien des gardiens de la société agro-industrielle SOCAPALM. Le motif ? Un simple vol présumé de noix de palme.

Selon plusieurs témoignages concordants des riverain(e)s, tout commence par une opération de « battue » organisée par les agents de sécurité de SOCAPALM, filiale du groupe Socfin-Bolloré. A la suite d’un vol signalé dans la plantation, Les gardiens identifient un couple de riverains qu’ils soupçonnent et appellent la gendarmerie pour procéder à leur arrestation.

Pendant qu’ils y étaient, un voisin de ce couple, de retour chez lui, s’approche pour comprendre la situation, les gardiens le pointent du doigt comme étant l’un des délinquants de la localité. Ce simple geste d’interpellation lui sera fatal. Les gendarmes, sans se questionner le passent à tabac avant de l’embarquer de force avec le couple suspect.

Une garde à vue qui vire au drame

Le jeune homme est conduit à la brigade de gendarmerie d’Éséka, où il passe la nuit en détention. Selon les habitants, il aurait continué à subir des violences physiques. Au matin, il est mort. Le corps est transporté discrètement à la morgue, sans qu’aucune information ne soit donnée à la famille. Ce n’est qu’après plusieurs heures d’angoisse et de recherche que les proches apprennent la terrible nouvelle.

Colère dans la communauté, mobilisation spontanée

À l’annonce de ce décès, la colère gronde. Des manifestations éclatent, des habitants réclament la vérité et dénoncent une bavure meurtrière. Pour eux, ce jeune homme est une victime innocente, tombée sous les coups de la brutalité d’un système qui criminalise la pauvreté et protège les intérêts des puissants.

« Il n’a rien volé. Il voulait juste comprendre ce qui se passait. Maintenant, on l’a tué. Pour rien », lâche une riveraine, la voix tremblante.

Réaction de la direction de SOCAPALM

Alertée par l’ampleur de la mobilisation, la direction générale de SOCAPALM s’y est rendue en urgence, parti de Douala. Une réunion de crise s’est tenue à Éséka, avec les autorités administratives et traditionnelles. La mère du défunt y a été conviée, dans ce qui semble être une tentative d’apaisement. Mais à ce jour, aucune déclaration officielle n’a été faite sur les conclusions de cette rencontre.

Une affaire de plus dans un climat de violences systématique.

Pour les associations locales de défense des droits humains, cette affaire révèle une fois de plus la brutalité des forces de l’ordre autour des agroindustries, souvent utilisées comme bras armé des multinationales contre les communautés paysannes.

Elle questionne aussi la responsabilité sociale de ces entreprises agro-industrielles, qui bénéficient de vastes concessions sur des terres ancestrales des communautés, les exploitent sans aucune compensation pour ces dernières et, marginalisent ces populations locales.

La SOCAPALM est déjà régulièrement pointée du doigt pour des abus environnementaux et sociaux. Elle se retrouve à nouveau au centre d’une controverse grave.

Un appel urgent à la VERITE et à la JUSTICE

La famille du défunt et toute la communauté exigent une enquête indépendante pour faire la lumière sur cette mort tragique. Ils réclament que les auteurs des violences soient traduits en justice, peu importe leurs fonctions et leurs origines.

Au-delà de la justice pour une famille endeuillée, il s’agit d’un combat pour la dignité, la justice sociale, et la fin de l’impunité dans les campagnes camerounaises. Ce drame ne doit pas être un dossier de plus classé sans suite.

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LE RADD RENFORCE LES CAPACITES DE SES MEMBRES ET DE SES PARTENAIRES DE TERRAIN SUR LES PODCASTS

Dans une ère où la technologie est de plus en plus omniprésente, le Réseau des Acteurs du Développement Durable (RADD) est conscient du fait que toute organisation doit être en capacité d’exploiter les moyens innovants à sa disposition pour améliorer sa communication sur les réseaux sociaux et toucher un plus large public. C’est ainsi que du 19 au 20 Juin 2025, le RADD a tenu à renforcer les capacités de son staff et des représentants des associations qu’il accompagne et de ses partenaires sur les podcasts. La formation, animée par Mme Nyassa Inès Epse OWONA, une spécialiste en communication digitale et créatrice de contenu dont l’un des podcasts « apporte ta chaise » est populaire sur les réseaux sociaux, avait pour objectif de renforcer les capacités des participants en leur permettant de comprendre ce qu’est un podcast, comment le concevoir et le diffuser massivement.

Journée du 19 juin 2025

La première journée a permis d’assimiler les bases du podcast : son sens, son importance, les prérequis pour le réaliser en partant du concept général aux épisodes proprement dits, sans oublier le matériel nécessaire et les bonnes pratiques à adopter. Il en ressort que podcast vient de la fusion du terme « pod » tiré de l’ipod (un appareil portable créé par la firme Apple pour écouter de la musique digitale) et du mot « cast » tiré de broadcast en anglais qui signifie large diffusion. Un podcast est donc un contenu audio ou vidéo qui est diffusé partout (notamment sur internet) et qui est téléchargeable donc écoutable à tout moment. Il faut noter que le podcast audio offre une palette plus large de possibilités (interview, reportage, vox pop) que le podcast vidéo qui se limite à l’interview. Le podcast est donc un merveilleux outil de sensibilisation, d’éducation, d’information et de plaidoyer. Pour le réaliser, il est important d’en déterminer le message général et les objectifs, identifier la ou les cibles, déterminer le ton en fonction de son objectif et des cibles et choisir les thématiques appropriées. Par la suite, il faut définir l’identité du podcast de manière générale (nom ; cible ; objectif ; ton ; durée des épisodes et fréquence de diffusion) et spécifiquement structurer chaque épisode dans les moindres détails (générique ou non, introduction, présentateur ou pas, sujet, développements, conclusion…)

La formatrice a terminé la première journée en précisant le matériel de base pour la réalisation d’un podcast (smartphone ou ordinateur, application dictaphone, micro, casque, et/ou trépied pour la vidéo) et les bonnes pratiques à adopter (micro à 15 ou 20cm de la bouche, expression orale correcte etc.…). La formation étant interactive, les participants scindés en petits groupes ont eu l’occasion de s’exercer à chaque étape et d’assimiler les enseignements reçus. A la fin de la journée, chaque groupe a effectué des enregistrements audios qui ont servi de base pour la deuxième journée de formation centrée sur le montage audio et les moyens de diffusion d’un podcast.

Journée du 20 juin 2025

La deuxième et dernière journée de formation a débuté par un retour sur des éléments qui n’avaient pas été bien compris par les participants. Ainsi, l’interview, le reportage et le vox pop ont été réexpliqués et illustrés à travers des exemples audios et vidéos pour que les participants en saisissent bien les nuances.

Les participants ont ensuite pu s’initier au montage audio à l’aide des enregistrements effectués la veille. Ils ont pu apprendre les rudiments du montage à l’aide du logiciel wavepad et ont découvert comment réaliser leurs podcasts. Cet enseignement a été essentiellement interactif, les participants effectuant les manœuvres de montage en suivant les instructions de la formatrice. Un exercice pratique de montage réalisé par chaque groupe et consistant à nettoyer les enregistrements de la veille, a permis de déterminer les lacunes mais surtout d’apprécier le niveau de compréhension qui était globalement satisfaisant.

La formatrice a également initié les participants aux canaux de diffusion des podcasts audio et vidéo en présentant les hébergeurs (spotify for podcast, soundcloud, Ausha) et les plateformes d’écoute et visionnage (spotify, deezer, apple podcast, youtube). Elle a insisté sur l’importance d’évaluer l’impact du podcast (nombre d’écoutes, retours des auditeurs) et de lui donner une identité visuelle à travers une pochette.

La formation s’est achevée par un bilan des participants qui ont été satisfaits mais qui ont tout de même exprimé leur besoin d’en apprendre plus sur le montage vidéo. A l’écoute, la formatrice s’est engagée à transmettre un document plus complet incluant ces éléments. Pour finir, l’ensemble de la classe a posé pour la traditionnelle photo de famille et s’est réunie autour d’un repas. A l’issue de la formation, le RADD s’est engagé à créer un podcast pour communiquer sur ses missions, ses plaidoyers, ses activités de dénonciation, et de sensibilisation à travers toutes les plateformes disponibles.

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ACTUALITÉ : SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE OU SÉCURITÉ ALIMENTAIRE ? LE RADD FAIT SON CHOIX

Dans son rapport sur la situation alimentaire mondiale de 1974, la FAO présente celle-ci comme « préoccupante » dans les années 1970. En effet, en raison des conditions météorologiques défavorables dans certaines régions productrices clés des céréales dont le tonnage est passé de 40 à 50 millions en 1974, il a fallu relever certains principaux défis alimentaires de l’époque. Ces défis vont entre autres:
• De la pénurie de denrées alimentaires dont les stocks mondiaux de céréales sont allés bien en deçà du seuil de sécurité, passant de 18% à 11% de la consommation mondiale
• De l’instabilité des prix qui a entraîné une flambée des cours des marchés d’exportation, affectant l’accès aux denrées alimentaires pour les pays en développement
• De la pénurie de facteurs de production tels des engrais chimiques, pesticides et carburant devenus rares et coûteux.
Ledit Rapport recommande la répartition équitable des disponibilités alimentaires et le soutien financier par une augmentation des subventions ou la conclusion des arrangements prévoyant des prêts à taux modérés pour les pays en développement afin de faire face aux difficultés de la balance des paiements.
Dans sa quête de solutions pour juguler cette crise alimentaire, la FAO va énoncer le concept de « Sécurité alimentaire » lors de la Conférence mondiale de l’alimentation de 1974 pour répondre aux défis mondiaux liés à l’accès à la nourriture et à la malnutrition. Ce concept sera plus clairement défini et adopté dans les années 1990 par la communauté internationale lors du Sommet mondial de l’alimentation de 1996.
Depuis lors, à la terminologie de sécurité alimentaire, devenue récurrente dans les discours officiels, s’est greffée une autre, celle de souveraineté alimentaire reprise et défendue par l’Alliance pour la Souveraineté Alimentaire en Afrique (l’AFSA). Afin de lever toute équivoque, nous allons revenir sur la définition des deux concepts, en relever la différence de fond et dire pourquoi le Réseau des Acteurs du Développement Durable (RADD) prend position pour la promotion de la souveraineté alimentaire qui implique une autre, la souveraineté semencière.

Définition de la sécurité alimentaire par la FAO :

Selon la FAO, la sécurité alimentaire est « l’accès physique et économique à des aliments sûrs, nutritifs et suffisants pour répondre aux besoins alimentaires et aux préférences alimentaires pour une vie active et saine. », d’après les mêmes sources citées plus haut. La finalité ici est de garantir à tous les individus l’accès à une alimentation adéquate pour mener une vie saine et productive.
Toutefois, cet accès universel à la nourriture, indépendamment de la source ou de la méthode de production, n’est pas sans poser de problème surtout aux défenseurs de l’environnement et d’une alimentation saine et nutritionnelle, autrement dit, adéquate. Soulignons-le tout de suite, la sécurité alimentaire est un objectif global qui peut être atteint grâce à « une combinaison de production locale, d’importations et d’aide alimentaire ». En un mot, la FAO cherche à promouvoir des politiques et des programmes qui améliorent la disponibilité et l’accès à la nourriture pour tous.
Ce concept de sécurité alimentaire adopté et amplifié par le Sommet mondial de l’alimentation organisé par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à Rome en Italie en 1996 a été contesté par la Via Campesina qui lui a opposé le concept de Souveraineté alimentaire, défendu par l’AFSA.

De quoi retourne-t-il donc ?

La souveraineté alimentaire « met l’accent sur le droit des communautés et des nations à définir leurs propres politiques alimentaires et agricoles, en privilégiant la production locale, l’agriculture et le contrôle local des systèmes alimentaires . »
La différence de fond entre les deux concepts se situe au niveau que la souveraineté alimentaire prône l’autonomie et le contrôle local des systèmes alimentaires, tandis que la sécurité alimentaire se concentre sur l’accès universel à la nourriture.
Après avoir passé en revue le contexte historique de la situation de l’alimentation dans le monde, la survenue du concept de sécurité alimentaire et de son contrepoids, la souveraineté alimentaire, l’on est en droit de se demander sur quoi se fonde le RADD pour faire du concept de souveraineté alimentaire son cheval de bataille ?

Le RADD, dont l’objectif est de promouvoir les initiatives de développement durable, lutte contre les injustices sociales, économiques et environnementales. Dans ce noble combat, il dénonce et rejette fortement les fausses solutions (plantations de monoculture, crédit carbone, agriculture conventionnelle, UPOV etc) proposées par les multinationales et les industries semencières. C’est ainsi que le RADD a pris fait et cause pour l’accompagnement des riveraines des agro-industries dans leurs revendications d’un espace vital, la rétrocession de leurs terres et l’accès à l’eau entre autres ; la dénonciation de l’omniprésence des grandes plantations de monoculture qui n’est rien  qu’une  des fausses solutions décriées ici etc.

Le RADD pense fermement que la sécurité alimentaire n’est rien d’autre qu’une fausse solution eu égard à la méthode de production qui la sous-tend. En effet, l’agriculture conventionnelle, auréolée de bons prétextes de forte productivité et de hauts rendements, entraîne des conséquences très néfastes sur le droit coutumier, la santé humaine, animale, halieutique, du sol et de l’environnement en général. On note ici la grande influence des entreprises semencières et des multinationales qui imposent des systèmes alimentaires inappropriés au reste du monde, des semences améliorées et leur cortège d’engrais chimiques et de pesticides.

Dans un rapport de 2015 préparé par GRAIN et AFSA intitulé « Remise en cause des lois foncières et semencières : qui tire les ficelles des changements en Afrique? »[1], Il y est clairement documenté les actions prises par la Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutritiondu G8 dans le domaine du foncier et des semences en Afrique. De ce rapport, on se fait une idée claire des changements de politiques provoquées par cette Alliance et montre comment « la bataille fait rage autour du contrôle des ressources en Afrique » notamment la terre, l’eau et les semences :

  • Travail de délimitation officielle des exploitations agricoles, de leur enregistrement et de la délivrance de titres de propriété et mise en place d’une législation permettant l’émergence d’un marché des terres et la location des terres
  • Création d’un catalogue officiel des semences, sur le modèle de ceux existant dans les pays riches – et notamment en France – et dans lequel une semence doit être inscrite avant qu’elle puisse être commercialisée en toute légalité
  • Introduction de droits de propriété intellectuelle sur les variétés.

Le rapport conclut en disant que « toutes ces mesures, souvent introduites sous le prétexte de protéger les petits producteurs, servent en fait à ouvrir des brèches dans le système traditionnel coutumier de gestion pour faciliter la pénétration des intérêts privés et les asseoir légalement. »[2]

Le RADD, qui a donc clairement compris que la sécurité alimentaire n’est qu’une dictée imposée par les pays les plus riches et certaines organisations internationales (la Commission de l’Union Africaine, la Banque Mondiale, le FIDA, la BAD), soutient que l’Afrique doit plutôt opter pour la souveraineté alimentaire et semencière. En effet, pour ce qui est du Cameroun l’Agriculture Familiale (AF) occupe une place prépondérante dans son économie. En effet, environ 90% des ménages ruraux sont impliqués dans le secteur agricole, soit environ 60% de la population active du pays. L’AF contribue grandement à la souveraineté alimentaire et aux exportations agricoles du Cameroun.[3]

Les actions menées par le RADD pour la souveraineté semencière et alimentaire

Le RADD a reçu l’adhésion des communautés à ses différents programmes dont celui de leur éducation aux techniques de production durable. Dans cette phase générale de transition agro écologique en Afrique, le RADD a entrepris de sensibiliser, d’informer et d’éduquer les communautés sur les principes de l’agro écologie, les bonnes pratiques agricoles, la sélection, la multiplication et la conservation des semences paysannes.

Il a ensuite commis des études, notamment celle de juillet 2023 portant sur « la problématique de l’accessibilité en qualité et en quantité de la semence paysanne dans les zones forestières et les hauts plateaux de l’ouest au Cameroun ». Cette étude a vivement recommandé la création des cases de semences paysannes. A ce  jour dix (10) sont effectives et font des émules à travers le triangle national, une vingtaine (20) d’autres sont en voie de création ; par elles, les semences paysannes sont de plus en plus disponibles et accessibles.


[1] La nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition s’attaque aux terres et aux semences en Afrique. lafex.org

[2] Ibid.

[3] Agriculture au Cameroun- Wikipédia /fr.wikipedia.org

Dans la foulée des actions posées par le RADD pour vulgariser la Semence Paysanne et promouvoir les Systèmes Semenciers Paysans, des foires de semences paysannes (FOSPAC) sont régulièrement organisées depuis 2021. Celles-ci rassemblent un grand nombre de pays du Bassin du Congo, d’Afrique de l’Ouest voire d’Europe ; des plaidoyers sont menés en direction du gouvernement de la République et des bailleurs de fonds pour une reconnaissance juridique et institutionnelle de la Semence Paysanne et des Systèmes Semenciers Paysans.

Comment oublier des partenariats signés avec des centres de recherche tel le Centre de Recherche et d’Accompagnement des Producteurs Agropastoraux du Cameroun (CRAPAC) du Dr LIKENG. Le souci du RADD est de nouer une collaboration participative entre les détenteurs des savoirs et connaissances traditionnels et la science pour rendre plus performante, résiliente  et traçable la semence paysanne sans en modifier la cellule génétique. Grâce à cette collaboration, le processus de caractérisation de la semence paysanne est effectif de nos jours.

Qui contrôle la semence contrôle la vie sur terre

Fort de ce slogan, le RADD œuvre pour la souveraineté semencière qui implique la souveraineté alimentaire. On ne peut choisir ce que l’on mange que si on est maître de sa semence. Grâce à ses actions de valorisation et de promotion de la semence paysanne, les paysan-ne-s ont repris confiance en celle-ci, sont devenu-e-s moins dépendant-e-s vis-à-vis de l’industrie semencière et garantissent leur système alimentaire riche, varié et nutritif. Le RADD  a également entrepris d’organiser des foras sur l’autonomisation économique des femmes (FAEF) qui aident les femmes et les jeunes à transformer les produits issus de leurs récoltes pour éviter les pertes post-récoltes et obtenir plus de valeur ajoutée.

Un autre forum sur les feuilles que nous consommons, bienfaitrices de notre santé est d’ailleurs annoncé pour consolider notre système alimentaire. Il sera l’occasion d’assurer une transmission générationnelle des modes alimentaires afin de préserver notre identité culturelle et nutritionnelle.

En somme, dans le dédale d’expressions utilisées aujourd’hui pour parler de l’alimentation, le RADD a pris fait et cause pour parler, promouvoir et défendre la souveraineté alimentaire. Il organise des formations de masse pour renforcer les capacités des communautés dans les techniques de production et de transformation afin de pérenniser les savoir-faire et connaissances endogènes et traditionnelles. Dans sa campagne de promotion de la souveraineté alimentaire, le RADD estime en effet que ce n’est pas l’agriculture conventionnelle qui nourrit les camerounais, et de façon générale les Africains. Il adhère ainsi à la campagne panafricaine lancée par AFSA : « Ma semence ma vie » impléméntée sur le plan national par la CNOPCAM « Je mange africain, Je mange camerounais ».  L’AF, qui s’appuie sur les Systèmes Semenciers Paysans, occupe plus de 60 % de la population active. C’est une agriculture variée et diversifiée qui répond à un riche système alimentaire sain, nutritif et durable. Pour le pérenniser, les paysan-ne-s doivent continuer à multiplier, sélectionner et conserver leurs semences paysannes qui sont rustiques, résilientes et climato-intelligentes, utiliser les pratiques et méthodes de production durables. Oui, depuis plus de 10000 ans, les semences paysannes ont résisté aux rigueurs et rudesses du temps, se sont bonifiées avec le temps pour nous procurer aujourd’hui toutes leurs valeurs nutritives et gustatives. Il ne leur manque plus que de la reconnaissance juridique pour mieux se déployer.

par: Hubert MENYIE MESSI, ECONOMISTE – ENVIRONNEMENTALISTE, RESPONSABLE DU DEPARTEMENT SEMENCES PAYSANNES/RADD

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LE PROJET DE REFORME DU TIRPAA, UNE MENACE DE PLUS POUR LES SEMENCES PAYSANNES?

Le RADD, a mis sur pied une veille citoyenne sur l’agro-écologie et la Semence Paysanne chargée de scruter l’actualité sur les questions en lien avec ces centres d’intérêt.

C’est ainsi que notre attention a été portée sur une publication de Denis MESHAKA d’ « inf’OGM »  veille citoyenne sur les OGM et les semences du 16/06/2025.

Elle est titrée : « Le TIRPAA travaille sur une réforme controversée »

Cette réflexion intervient à l’issue de la 13e Réunion du Groupe de travail (GT13) du TIRPAA à Rome, du 1er au 4 avril 2025

D’emblée, l’auteur écrit : « Début avril, le TIRPAA a de nouveau discuté de l’élargissement de la liste des cultures couvertes par le Système Multilatéral et la révision du contrat encadrant leur utilisation. Alors que les États membres du Traité invoquent la nécessité de garantir la sécurité alimentaire mondiale, des craintes sur une dérive de l’accès généralisé aux semences paysannes et traditionnelles se font entendre.

Cela faciliterait leur brevetage, et ce sans réel partage des avantages, au détriment du « Sud » et des droits des paysans. »

Figure 2 Une riche gamme variée de semences graines lors de la FOSPAC5

D’où vient-il qu’on parle de controverse alors que l’on sait qu’à l’origine, le Traité a été conçu comme un instrument de solidarité internationale visant à rejeter l’appropriation par les DPI (Droits de Propriété Intellectuelle) d’un apparent « patrimoine commun de l’humanité » afin de pérenniser la diversité agricole et garantir la sécurité alimentaire dans un esprit de coopération ?

Le Tirpaa avait prévu un mécanisme de compensation et de rétribution de l’accès aux RPGAA appelé le Système Multilatéral (SML) d’accès et de partage des avantages. Mais, à l’épreuve, l’on note beaucoup de dysfonctionnement et d’iniquité dans le partage des avantages en faveur des pays du Nord au grand détriment des pays du Sud pourtant grands pourvoyeurs des ressources phyto génétiques.

En plus de cela, l’adoption d’une résolution traitant notamment de la question des Informations de Séquençage Numérique, couramment appelé « DSI » (Digital Sequence Information) laisse perplexe. Ceci veut tout simplement dire que si un obtenteur réussit à développer une nouvelle variété végétale à partir de l’ADN d’une semence brevetée déjà en laboratoire, il jouit de tous les droits sans obligation de dédommager le centre d’origine. Donc, plus besoin de se rapprocher de l’agriculteur à la base !

Au vu de ce qui précède, l’on est fondé de se demander s’il faut « ouvrir l’accès à l’ensemble des semences agricoles ou aux ressources phyto génétiques pour l’alimentation et l’agriculture ? »RPGAA

Cette question peut paraître incongrue, surtout lorsqu’on sait que cette réforme répond à la demande/injonction( ?) de la puissante industrie semencière appuyée par les pays du Nord sous le prétexte de renforcer la coopération internationale. Le Tirpaa risque ainsi de pénaliser les pays du Sud premières victimes potentielles de l’insécurité alimentaire.

Relevons que l’annexe 1 du Tirpaa, depuis 2001, affiche une liste de 64 espèces végétales protégées. La réforme en cours va-t-elle respecter la souveraineté des États ?

On peut aussi se poser cette question politique : À qui appartiennent les semences ? Et selon quelles règles peuvent-elles être protégées à l’échelle mondiale ?

Après l’UPOV, le Tirpaa… ?

L’UPOV est une véritable épée de Damoclès suspendue sur la tête des agriculteurs, défenseurs de la Semence Paysanne et des Systèmes Semenciers Paysans (SSP) avec son bras séculier qu’est l’OAPI. Ces DPI font peser d’énormes menaces sur les agriculteurs qui promeuvent et défendent les SSP, au point où dans certains pays comme le Bénin, des agriculteurs et autres acteurs de la société civile affrontent sans ménagement les pouvoirs publics pour appeler à la révocation des lois en faveur de l’UPOV.[1]

Jusqu’à présent, le Tirpaa, qui s’est toujours positionné en faveur de la défense des droits des paysans et de la reconnaissance de la semence paysanne et des SSP, par cette réforme d’élargissement de la liste des cultures couvertes par le SML semble faire une chose et son contraire. Il y a comme un rétropédalage de sa noble vision de protéger ces agriculteurs traditionnels qui ont su préserver, multiplier et sélectionner la semence paysanne au fil des millénaires. Ce qui était une forme de justice pour cette catégorie de paysans court le risque de devenir une flagrante injustice. Les industries semencières démontrent par-là à souhait qu’elles ont des bras très longs.

Si d’importantes espèces végétales comme le soja et la tomate et bien d’autres ont pu échapper à cette liste, c’est grâce à la fermeté de la Chine et du Brésil qui ont facilement accès à ces spéculations. Il revient donc aux pays qui croient encore à l’importance des semences paysannes et des SSP de suivre la voie de la Chine et du Brésil pour opposer une fin de non-recevoir à cette réforme.Quid de l’avenir des CSP ?


[1] Lechasseurinfos.net https//lechasseurinfos.net Semences agricoles : Les OSC contre l’adhésion du Bénin à l’UPOV…

Figure 3 du maïs de couleur restauré par le RADD à l’issue des Causeries Paysannes

Les Cases de Semences Paysannes sont un début de réponse à la question politique posée plus haut. Elles doivent continuer à multiplier et à conserver ces semences traditionnelles au long cours. On a par exemple le cas d’une variété d’arachides « Angwabinong » introduite à MBENOA, depuis 1952, qui abrite par ailleurs la CSP éponyme. Ses vertus culinaires sont bien connues au-delà de la contrée. Les agriculteurs doivent poursuivre leurs inlassables efforts de conservation, de multiplication, de promotion de la semence paysanne et de sa protection contre les prédateurs, d’où qu’ils viennent, malgré le fallacieux prétexte de « patrimoine commun de l’humanité »

En attendant la réponse des décideurs publics et politiques, les populations à la base doivent défendre bec et ongle leurs semences paysannes, lourd héritage socio-culturel, cultuel et alimentaire.