Du 27 février au 1er mars 2026, Essé a vibré au rythme des semences paysannes avec la 6ᵉédition de la Foire des Semences Paysannes d’Afrique Centrale (FOSPAC6). Organisée par le RADD avec le soutien de partenaires tels que EPER Suisse, ACJM, FIAN International, AgroEcology Fund, AFSA, SAILD, ISSAHE et CRAPAC, cette rencontre a rassemblé acteurs ruraux, femmes agricultrices et représentants des collectivités locales autour d’un objectif commun : préserver et valoriser le patrimoine génétique local.
Placée sous le haut parrainage du Ministre de l’Agriculture, représenté par le Sous-préfet d’Essé, et soutenue par les ministères du Commerce et de la Promotion de la Femme et de la Famille, la FOSPAC6 a mis en lumière le rôle central des communes dans la sauvegarde des semences paysannes.
Le thème de cette édition :« Les Cases Communautaires des Semences Paysannes, creuset de la sauvegarde du patrimoine génétique local : quelle implication des communes ? » incitait à réfléchir sur la manière dont les collectivités peuvent soutenir les systèmes semenciers paysans, piliers d’un développement rural résilient et durable.
Les recommandations et résultats de la FOSPAC6 sont désormais disponibles ! Découvrez comment protéger les semences, renforcer le rôle des femmes et soutenir les communautés rurales.
À l’issue de la cinquième édition de la Foire des Semences Paysannes d’Afrique Centrale (FOSPAC), tenue du 21 au 23 février 2025 à Esse, le RADD met à la disposition du public le rapport officiel de l’événement. Ce document retrace les différentes étapes de l’organisation de cette grande rencontre sous-régionale dédiée à la promotion des systèmes semenciers paysans.
Le rapport présente notamment lestravaux préparatoires, le déroulement des activités, la participation des acteurs venus du Cameroun et d’autres pays africains, ainsi que les principales innovations et enseignements tirés de cette édition. Il met également en lumière la diversité des semences paysannes exposées, les échanges d’expériences entre producteurs, chercheurs et organisations partenaires, ainsi que les perspectives pour renforcer la souveraineté alimentaire et la préservation de la biodiversité agricole.
Ce rapport constitue ainsi une ressource importante pour tous les acteurs engagés dans la promotion et la protection des semences paysannes en Afrique centrale.
Chers acteurs du monde rural, paysans, chercheurs, universitaires du Cameroun et d’ailleurs, la FOSPAC 6 aura bel et bien lieu au Cameroun, l’Afrique en miniature, le « Continent », du 28 février au 1er mars 2026 pour pérenniser cette dynamique de promotion de la Semence Paysanne lancée par le RADD depuis 2020. Et depuis 2021, la FOSPAC est organisée dans ce sens. Et en 5 ans, des résultats sont encourageants. Tenez ! 8 cases de semences paysannes sont créées avec des équipes de gestionnaire installées. Une douzaine est en cours de création à travers le pays. Ces cases servent à conserver et à sauvegarder la semence paysanne. Nous invitons donc les Administrations, les ONGs, tous ceux qui pensent comme le RADD, que la semence paysanne est un pilier pour le développement des systèmes alimentaires sains et durables, à s’investir pour la réussite de ce grand rendez-vous des jeunes, des vieux acteurs du monde agricole afin d’assurer la souveraineté semencière et alimentaire à tous. Nous lançons un plaidoyer à l’endroit de nos États pour la défense des droits des paysans ; un plaidoyer pour dire non à l’UPOV.. Nous restons convaincus que nous aurons un monde sans effets néfastes du changement climatique grâce à une agriculture resiliente, biologique, saine, sans engrais chimiques de synthèse. Sauvegardons nos systèmes semenciers paysans, pillier de l’agroecologie paysanne pour une agriculture durable, pour des aliments sains et une bonne santé.
Le présent rapport constitue une évaluation post-distribution réalisée par L’AYEM (Association Yembarack En Marche), afin d’évaluer l’état des plants, l’appropriation de leur culture par les bénéficiaires ainsi que les impacts environnementaux et socioéconomiques de cette initiative.
Le lundi 20 Octobre 2025 dès 10h s’est ouvert l’atelier organisé par AFSA pour outiller les représentants des organisations paysannes venus de 10 pays d’Afrique Centrale sur un instrument en cours d’adoption le protocole sur les droits de propriété intellectuelle de la Zone Africaine de Libre Echange (ZLECAF), le système multilatéral (MLS) défini par le Traité International sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture (TIRPAA), le mécanisme d’Accès et de Partage des Avantages (APA) du protocole de Nagoya et les Informations sur le Séquençage Numérique (ISN). L’atelier qui s’est déroulé durant deux jours dans la salle de conférence de l’Hotel Paradisia de Cotonou avait pour objectif de renforcer les connaissances et les capacités de plaidoyer des organisations d’agriculteurs afin qu’elles puissent s’engager de manière éclairée et significative sur ces instruments et processus.
La première journée de l’atelier a débuté par l’accueil et l’installation de la trentaine de participants présents dans la salle, suivi d’un mot d’ouverture de M. FAMARA, coordonnateur de programme dans l’organisation AFSA en charge de l’organisation de l’atelier, et le mot de bienvenue de M. Patrice SAGBO qui a joué un rôle important de facilitateur pour la logistique. Par la suite, la parole a été donné à un responsable du Ministère de l’environnement du Bénin, Point Focal honoraire Bénin du TIRPAA pour le mot d’ouverture et de lancement officiel de l’atelier. Une fois le programme validé par tous les participants, on a procédé à la traditionnelle photo de famille suivi de la pause déjeuner.
De retour de la pause, les travaux ont pu débuter avec la première présentation de M. FAMARA sur les implications de la ZLECAF pour les systèmes semenciers paysans et la souveraineté alimentaire en Afrique.
La présentation s’adossait sur un rapport de AFSA publié en août 2024 intitulé « déballage du protocole de la ZLECAF sur les Droits de Propriété Intellectuelle (DPI) ». En résumé, la ZLECAF dont le texte a été ratifié par 54 Pays Africains est entré en vigueur le 21 mars 2018. Elle vise à stimuler le commerce intra-africain et la transformation économique à travers la création d’un marché unique de biens et de services libéré des droits de douane et des barrières non tarifaires. Un tel marché représente une opportunité pour l’agriculture africaine car selon les prévisions, elle pourrait permettre de stimuler les échanges intra africain dans le marché agricole de 574% d’ici 2020, favoriser un marché unifié pour les intrants agricole et booster la recherche et le développement dans le domaine de l’agroécologie. Cependant de nombreux risques demeurent et génèrent des craintes pour les systèmes semenciers paysans et la souveraineté alimentaire en Afrique. Il s’agit de l’absence de cadre juridique unifié qui promeut et protège les droits des paysans sur leurs semences dans les pays africains, de l’absence d’un régime commercial simplifié et surtout adapté aux petits exploitants agricoles.
Pour ce qui est du protocole DPI, dans un sens, il représente une opportunité car il pourrait offrir plus de choix aux agriculteurs en termes de semences, sauvegarder les savoirs traditionnels associés aux semences paysannes, et renforcer le système de protection des semences et la souveraineté semencière puisqu’il oblige les obtenteurs à divulguer l’origine du matériel génétique qu’ils ont exploité. Cependant compte tenu du fait que l’Union de Protection des Obtentions Végétales et par extension l’ARIPO et l’OAPI ont largement façonné ce protocole, il est possible d’envisager qu’il va plus favoriser les entreprises semencières que les paysans. Ce d’autant plus que le protocole ne définit pas de manière précise les droits des paysans, ne les protège pas contre la biopiraterie et ne prévoit pas suffisamment de mécanismes de recours pour les communautés et les petits exploitants agricoles en cas de violation de leurs droits.
A la suite de M. FAMARA, le Dr. Mame Codou GUEYE, Chercheure à l’Institut Sénégalais de Recherche Agricole (ISRA) a fait une présentation sur la signification du protocole de la Zlecaf sur les DPI en matière de semences et résultats des consultations au Sénégal.
Le Dr GUEYE a introduit son propos en présentant de manière sommaire le système semencier du Sénégal qui est constitué à 80% de semences paysannes. Elle a rappelé l’importance des semences paysannes pour la souveraineté alimentaire et l’identité culturelle des communautés mais elle a pointé du doigt le fait ces semences sont exclues du cadre juridique défini par la Loi N°94-81 du 23 décembre 1994, relative à l’inscription des variétés, à la production, à la certification et au commerce des semences ou plants et ses trois décrets d’application (tous en date du 17 juin 1997) qui s’arriment à la règlementation de l’UEMOA et de la CEDEAO en la matière (resp. C/REG.4/05/2008, N°3/2009/CM/UEMOA), l’UPOV et l’OAPI avec le protocole DHS. Fort de ce constat et du fait pour que les semences paysannes passent d’un marché de niches à un marché industriel, elles doivent remplir des critères de qualité, elle a insisté sur l’importance de les identifier, caractériser et cataloguer selon un processus scientifique rigoureux. C’est dans ce sens que l’ISRA a entamé une étude visant à procéder au catalogage des semences paysannes suivant le protocole DHS défini dans la loi et approuvé par l’UPOV. Les expérimentations sur deux espèces, le fonio et l’aubergine africaine ont démontré que ces espèces sont distinctes, présentent une certaine homogénéité et elles sont stables. Le Dr a conclu qu’il est parfaitement possible d’inscrire les semences paysannes dans le même catalogue que les semences certifiées ce qui a suscité de vives réactions lors des échanges beaucoup estimant que c’était un peu plus déposséder les communautés locales de leurs semences. De manière générale, la création d’un système de d’identification, de caractérisation et de catalogage propre aux SSP a été beaucoup évoqué par l’assistance.
Par la suite, les participants ont pu également s’exprimer sur la proposition de AFSA en ce qui concerne le protocole ZLECAF avant de se rendre à la pause. Elle s’articule en 5 points : la Reconnaissance des droits des agriculteurs au même titre que ceux des obtenteurs ; la préservation de la souveraineté des États et la protection des pays les moins avancés (PMA) ; l’inclusion des variétés paysannes et locales dans le système de protection (le point le plus contesté car il s’agit de s’arrimer au système UPOV) ; la limitation des restrictions et des sanctions à l’encontre des agriculteurs ; la transparence, le partage des avantages et la protection des savoirs traditionnels.
L’après-midi a été particulièrement chargée avec trois présentations successives. La première était une présentation par visioconférence du Dr. SOULAMA Soungalo sur le TIRPAA et les enjeux du Système Multilatéral (SM). Elle a été difficile à suivre en raison des lenteurs de la connexion internet qui ont affecté la qualité de la visioconférence toutefois il en ressort les éléments suivants :
Le système multilatéral du TIRPAA ne concerne que les Ressources Phytogénétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture (RPGAA) et repose sur l’interdépendance entre les parties à l’échelle nationale comme internationale.
Il met en commun 64 espèces dont 35 cultures et 24 fourrages définies à l’annexe 1 du TIRPAA.
L’accès aux ressources génétiques est facilité à travers le SM par deux instruments : l’Accord Type de Transfert de Matériel (ATTM) et l’Accord de transfert de Matériel (ATM).
Le système multilatéral est en voie d’amélioration. Un groupe de travail a été créé dans ce sens pour « instaurer une sécurité juridique, une simplicité administrative et une transparence pour tous les participants au Système multilatéral »
Ce groupe de travail s’est penché sur trois aspects : l’extension de l’annexe 1 du TIRPAA, la structure et le barème des paiements et l’Information de séquençage numérique.
L’intervention du Dr. a fait l’objet de quelques questions mais a dû être écourtée en raison des lenteurs de la connexion internet.
Le COPAGEN, représenté par Jean Paul SIKELI de la Côte d’ivoire, a une présenté sur les enjeux du mécanisme d’accès et de partage des avantages du protocole de Nagoya.
Les ressources génétiques sont vitales pour l’agriculture et toutes les activités apparentées. Elles sont liées à la culture et l’histoire des peuples. Avant la Convention sur la Diversité Biologique, les ressources génétiques faisaient partie du patrimoine commun de l’humanité ce qui rendait leur accès libre et empêchait tout partage éventuel des avantages. Cela a été formalisé dans un texte non contraignant de la FAO intitulé l’engagement international, et a fait l’objet de tensions entre les pays du Nord utilisateurs et les pays du Sud détenteurs ressources génétiques. La CDB est venue marquer un changement majeur en proclamant la souveraineté des Etats sur leurs ressources génétiques. Elle reconnait également le rôle capital des communautés autochtones et locales sur la préservation des ressources génétiques et l’importance de valoriser les savoirs traditionnels. La CDB poursuit globalement trois objectifs : Conservation, utilisation durable des ressources et le partage juste et équitable des avantages (APA).
C’est ce dernier objectif qui justifie l’adoption du protocole de Nagoya qui vise à faciliter l’accès aux ressources génétiques au profit des chercheurs et autres sélectionneurs en quête de matériel génétique et garantir le partage juste et équitable des avantages qui découlent de leur utilisation. Concrètement le partage définit la relation entre l’utilisateur et le fournisseur. Pour exploiter le matériel génétique l’utilisateur doit obtenir Consentement préalable et éclairé donné en connaissance de cause qui prends la forme d’une autorisation délivrée par l’Etat. Par la suite, il doit convenir avec les communautés de Conditions Convenues d’un Commun Accord pour le partage juste et équitable des avantages générés à partir de cette utilisation. Ces avantages listés dans le protocole de Nagoya, peuvent être d’ordre monétaires comme non monétaires. Pour le formateur, les enjeux liés au mécanisme APA peuvent bénéfiques (Partage des redevances, le transfert de technologies, l’utilisation durable des ressources génétiques) mais ne sont pas à l’avantage des pays africains pour les raisons suivantes :
Obstacles liés à la capacité limitée des communautés autochtones et locales : marginalisation des communautés dans les processus de prise de décision, manque d’information à une information claire, documentation non accessible pour des raisons de langue,
Faible capacité institutionnelle des Etats
Risques de biopiraterie car le champ du protocole de Nagoya est très large
Pour conclure, L’APA est l’officialisation de la marchandisation du vivant. Il fonctionne comme un couteau à double tranchant. Ce qui pose de nombreuses questions quant à sa pertinence au niveau africain. Doit-on valider ce mécanisme en Afrique au vu des déséquilibre dans les rapports Nord-Sud ? peut-on les sacrifier sur l’autel du libre-échange ?
Pour le COPAGEN, les autorités des pays africains doivent assurer la préservation des ressources génétiques par des lois. Elles doivent exploiter l’ouverture de l’accord de Marrakech pour définir des systèmes de protection de ressources génétiques adaptées à nos valeurs. Elles doivent investir dans la recherche et développement au profit des CAL, dans la dynamique des rapports Sud-Sud.
Les réactions ont surtout souhaité relever le fait que le mécanisme APA n’est pas dénué d’intérêt pour les Etats Africains. Le problème se situe surtout au niveau de la disponibilité des fonds destinés au partage des avantages et de la redistribution équitable de ces avantages aux communautés.
La dernière présentation de la journée a été effectué par M. SILGA Lucien Omer Wendyahoda, du Burkina Faso. Il a entretenu l’assistance sur les enjeux sur les Informations de Séquençage numérique (DSI).
L’ISN (DSI) provient de la numérisation de l’information contenue dans le matériel génétique des organismes vivants (plantes, animaux, micro-organismes, etc.). Cette information correspond aux séquences d’ADN, d’ARN ou d’acides aminés, traduites en données numériques à l’aide de techniques de séquençage. Cette technique présente plusieurs enjeux au niveau scientifiques et technologiques ; économiques et stratégiques ; juridique et éthique ; politiques et géopolitiques.
Au niveau scientifique et technologique les ISN favorisent le progrès scientifique et technologique à travers l’accélération de l’innovation et le partage des données ;
Au niveau économique et stratégique, elles entrainent une concentration du pouvoir technologique entre les mains des pays du Nord, la création d’un marché international de données génétiques et l’érosion du partage des avantages ;
Au niveau juridique et éthique, les ISN évoluent en l’absence de véritable régulation internationale ou nationale ce qui peut avoir un impact négatif sur les droits des agriculteurs et des communautés locales.
Au niveau politique et géopolitique, des tensions existent entre le Nord qui souhaite exclure les ISN de la CDB, et des mécanismes APA et le Sud qui souhaite qu’elles en fassent partie.
Pour SILGA, il faut une refondation du droit international de la biodiversité en définissant le statut juridique des ISN et une mise en œuvre des recommandations de la COP16 de la CDB en novembre 2024, qui avait abouti à l’adoption les modalités de mise en œuvre du mécanisme multilatéral de partage des avantages découlant de l’utilisation de l’information de séquençage numérique et du fonds y afférent dénommé fond Cali. Par ailleurs, Il faut que les Etats africains garantissent leur souveraineté sur ces données par la création des infrastructures adaptées de stockage et de séquençage des données et la maitrise de ces nouvelles technologies.
Les réactions, nombreuses malgré l’heure tardive, ont essentiellement porté sur l’urgence de se positionner en ce que concerne cette technologie qui représente un risque pour les droits des paysans et des communautés sur leurs semences étant que nos Etats n’en auront pas la maitrise et que le cadre international restera flou.
Avec cette dernière présentation s’est achevée la première journée d’atelier, extrêmement enrichissante.
Journée de clôture
La deuxième et dernière journée de l’atelier était consacrée aux actions à mener au niveau national et international. Elle a débuté par un partage d’expérience des points Focaux TIRPAA du Cameroun, du Niger et du Bénin sur ce qui se passe lors des réunions internationales. Ils ont surtout mis en avant le manque de préparation des Etats pour la participation à ces réunions internationales, le manque de ressources allouées aux points focaux que ce soit au niveau international ou au niveau national et les difficultés pratiques qu’il rencontre lors des négociations.
Par la suite, les participants ont été divisé en groupe de travail constitué selon la nationalité des participants. Ainsi nous avons rejoint le groupe composé des participants venus du Cameroun, du Tchad et de la République Centrafricaine, soit 5 personnes. Comme souvent nous avons été désignés rapporteur du groupe et les échanges ont duré 40 minutes.
Ci-dessous les résultats du groupe de travail qui ont été présenté et dont la majeure partie a été approuvé par AFSA et les autres participants.
Pays
Situation-s à changer (problème-s)
Objectif-s
Activités
Responsable (s)
GROUPE CRT
Cameroun, République Centrafricaine etTchad
Protocole DPI : Le monopole du système UPOV, ARIPO dans le marché de la ZLECAFLes dysfonctionnements de l’intégration sous-régionale
Protocole DPI : La promotion et la protection des systèmes semenciers paysans et l’équité dans les échanges au niveau sous-régional
Protocole DPI : Mettre en place des cases de semences paysannes et les banques de semence (a minima au niveau national)Organiser des foires semencières Mettre en place de comités paysans d’identification, de caractérisation et catalogage des semences Créer une base de données sécurisée sur les savoirs traditionnelles
MLS TIRPAA : La méconnaissance du MLS par les principaux acteurs (chercheurs, paysans) L’absence de répertoires actualisés des RPGAA disponiblesManque d’infrastructures de conservation (promouvoir les banques de semences communautaires et nationales)Faible partage des informations (traité et MLS) Le manque de financement (pour mener des actions communes et efficaces)Faible collaboration des administrations avec les organisations de la société civile et les communautés locales à la base Absence de mesures nationales pour la mise en œuvre du MLS
MLS TIRPAAObjectif 1 :Mettre en place des mécanismes de vulgarisation du TIRPAA (réunions, rapports, études, articles etc) Organiser les campagnes de sensibilisation auprès des instituts de rechercheObjectif 2 :Plaider pour l’opérationnalisation du poste de point focal Objectif 3 : Organiser des rencontres de concertation des acteurs impliqués dans la gestion des RPGAACréer de plateformes et de réseaux nationaux et sous régionaux Plaider pour la révision des lois semencières
PF TIRPAA, RADD, PROPAC
APA NAGOYA Manque de clarté du mécanisme de partage des avantages Faible mise en œuvre globale du protocole au niveau national Manque d’efficacité du mécanisme de partage des avantages
APA NAGOYAObjectif 1 : Plaider pour la concrétisation des droits des paysans dans le cadre de l’APA (Campagne de sensibilisation, point presse etc.) Objectif 2 : Organiser des réunions avec les administrations pour attirer leur attention sur l’importance de définirdes mesures nationales (étude, rapports)
RADD, AFSA
DSI Organiser des sessions de formation à l’attention des administrations concernées sur l’INS et ses enjeux Encourager l’orientation de la recherche vers les DSI
RADD, PROPAC, PF TIRPAA (En appui)
DSI L’absence d’infrastructures de stockage et de séquençage Transfert de technologie inexistant Manque de financement par les EtatsCadre juridique non opérationnel Manque d’expertise dans le domaine
MLS TIRPAA Objectif 1 : Renforcer les capacités techniques et opérationnelles des acteurs Objectif 2 : Améliorer le mode de fonctionnement des points focaux Objectif 3 : Renforcer l’implication des institutions concernées dans la mise en œuvre du TIRPAA
APA :Objectif 1 : Améliorer le mécanisme de partage des avantages Objectif 2 : Encourager les Etats à définir des mesures nationales APA
DSI : Encourager les Etats à investir dans l’INS
Suite au passage de tous les groupes, la cérémonie de clôture a pris le relais avec les mots de M. FAMARA, de M. SAGBO, du Point Focal du TIRPAA Bénin, et de Mme. La représentante du Ministre du Commerce du Bénin pour marquer la clôture effective des travaux.
Le reste de la journée libre a été ponctuée par la visite de la place de l’amazone et un diner dans un restaurant proposant uniquement des spécialités culinaires à base de poissons.
Bilan et recommandations
La participation à l’atelier de renforcement des capacités des organisations paysannes sur le protocole annexe de la ZLECAF relatif aux Droits de Propriété Intellectuelle (DPI), au Système Multilatéral (MLS), à l’accès et au partage des avantages (APA) et aux informations sur le séquençage numérique (INS) a été un moment de découverte, de partage, d’échange et de gain d’expérience. Nous en retirons du positif pour la reconnaissance des systèmes semenciers paysans et la souveraineté alimentaire en Afrique. Il faut impérativement :
Intégrer le plan d’action de l’atelier au plan d’action du RADD sur la souveraineté alimentaire ;
Vulgariser le protocole DPI, le SM du TIRPAA, le mécanisme APA du protocole de Nagoya et les ISN à travers des publications et des podcasts ;
Réfléchir au positionnement stratégique du RADD pour chacun de ces instruments en résonance avec AFSA ;
Favoriser la synergie entre les participants à cet atelier.
Le Hub Cop30 ou Hup de résistance par l'action. En Novembre 2024, La COFECCC a defini sa feuille de route au travers des notes conceptuelles élaborées à Mbalmayo. Pendant le Hubcop30, un accent sera mis sur la recherche des voies et moyens pour la mise en oeuvre de ce projet de société des femmes camerounaises face à la crise climatique. Des professionnels de la recherche du financement sont deja mobilisés pour nous accompagner. Comment partir d'une idée de projet à son implémentation. Ce sera une articulation centrale qui doit conduire à des pistes réelles, opérationnelles pour trouver des moyens de la réalisation les projets issus de notre recceuil de 50 notes conceptuelles. C'est la réponse des femmes du Cameroun aux changements climatiques, nos solutions que nous devons faire connaître aux decideurs, partenaires techniques et financiers. Proposer ses propres solutions qui sont des solutions feministes est aussi une façon de resister aux solutions qui nous sont imposéses par des corporations, les multinationales soutenues par les pays du Nord pollueurs et à plus de 90% responsables de la crise climatique. Une autre articulation sera de rejoindre nos représentants à Belem, à la Cop30 pour qu'ils nous donnent le compte rendu du déroulement de la COP. Nous comprendrons beaucoup mieux ce qu'est la COP et comment elles nous impactent au quotidien. La troisième articulation nous permettra d'aller dans les années 60 pour comprendre les valeurs originelles de la forêt et de l'eau dans notre vie d'aujourd' hui. Ce sera pendant la journée du 19 novembre que nous appellerons la journée des années 60. L'articulation sur le bien être est particulière. Nous allons devoir profiter de l'espace, forêt, eau, du fait de la preésence de la Sanaga, le sport, le camping, les seigneurs de la forêt, les pygmées qui seront gracieusement à notre disposition pour nous permetre de se refaire des forces, des énergies, se détendre, faire un silence, une véritable reconnection à la terre, à l'eau. Voilà en bref, l'aperçu du bouquet que nous offre le HUBCOP30 à la SANAGA CAMPING BEACH. *RENDEZ-VOUS DU 18 AU 19 NOVEMBRE 2025 A NKOTENG.
Le RADD a été convié par la Fédération des Associations d’Agriculteurs du Bénin (FAEB) à la 8ème édition de la Foire Semencière Agroécologique et de restauration des mets locaux en voie de disparition placée sous le thème : « Pour une souveraineté alimentaire avérée, promouvoir l’agroécologie » qui s’est déroulé du 17 au 19 Octobre dans l’esplanade de la Commune d’Aplahoué, Département du Couffo au Bénin.
Le RADD représenté par YOUMSSI EYA Yvan Lionnel faisait partie d’une délégation composée de ressortissants de 10 pays d’Afrique centrale, de l’Ouest et de l’Est : le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, Le Niger, le Tchad, la République Centrafricaine, la Côte d’ivoire, L’Ouganda et le Cameroun.
Le site de la Foire était composé d’une soixantaine de stands bien achalandés de semences paysannes, de produits transformés (croquettes, liqueurs, mets locaux, pharmacopée traditionnelle) et de produits forestiers non ligneux.
Journée d’ouverture
La journée d’ouverture, le 17 octobre a été marqué par une cérémonie à laquelle ont pris part le Préfet de Couffo, le Maire de la Commune d’Aplahoué, les chefs traditionnels et de nombreuses organisations invitées. Face à une foule composée de locaux et d’exposants les prises de parole se sont enchaînées. Les leaders du FAEB M. Patrice SAGBO et M. Pierre BEDIE ont exprimé leur joie et leur satisfaction de voir tant de personnalités et d’autorités réunies pour la foire.
Par la suite, M. FAMARA Diédhiou, Coordonnateur programme à l’Organisation Alliance for Food Sovereignity (AFSA) partenaire de la Foire et en charge de la délégation étrangère, a pris la parole pour sa communication inaugurale sur les « Semences paysannes : Signification ; Enjeux ; Défis ; Perspectives ».
Il a ainsi relevé les diverses significations de la semence paysanne sur le plan biologique, culturel et cultuel. La semence c’est la vie de manière générale et elle fait face à de nombreux défis liés à la protection ses semences contre la biopiraterie, la valorisation de leur capacité à résister aux changements climatiques et à garantir la souveraineté alimentaire et la justice économique des peuples.
Par la suite, le Préfet de Couffo a pris la parole pour son mot d’ouverture. Il a salué cette initiative dont il a bien saisi les enjeux, remercié les organisateurs, ses populations présentes et les membres de la délégation étrangère avant de procéder au lancement officiel de la 8ème édition de la Foire Semencière agroécologique et de restauration des mets locaux en voie de disparition par la coupure solennelle du ruban. Cette dernière a été suivie de la visite des stands lors de laquelle le Préfet n’a cessé de marquer son enthousiasme en rencontrant les exposants.
Un peu plus tard, la deuxième communication sur le thème femme rurale et leadership a débuté. Elle a essentiellement consisté en la prise de parole de femmes ayant pris part à l’atelier d’échanges sur les leviers d’émancipation des femmes rurales en Afrique francophone et de certains responsables d’organisations féministes. Le partage d’expériences a été riche et on a pu apprendre comment les femmes trouvent des stratégies pour concilier leur besoin d’autonomisation et leur place de mère et d’épouse dans la famille.
Le programme s’est poursuivi dès 19h30 avec le diner agroécologique. Il s’agissait d’une activité réunissant un parterre d’invités dont le Préfet du département de Couffo dans une salle bien aménagée. La soirée, animée par Patrice SAGBO, a commencé avec des histoires racontées par les invités le temps que le préfet soit présent. Une fois le préfet installé, le diner proprement dit a pu suivre son cours avec la présentation par FAMARA de sa communication inaugurale sur les semences paysannes. Par la suite, M. Alexis Houndji (AquaDeD) a entretenu l’assistance sur le procédé et les vertus de la pisciculture agroécologique tandis que M. Jaurès Monkou, du FAEB a expliqué comment mettre en place un élevage agroécologique.
Ces présentations riches ont été applaudi et apprécié puis la place a été donné aux agapes durant lesquelles les convives ont échangé en toute convivialité jusqu’à 22h.
La note particulièrement positive de la soirée a été la remise par les organisateurs de la Foire de cadeaux à l’attention de M. le Préfet du Couffo pour le remercier de son engagement sans failles pour l’organisation de la Foire.
Journée du 18 Octobre
Le 18 octobre dès 9h la délégation étrangère en compagnie d’autres participants et guidée par le FAEB a été conduite pour la visite de la ferme agroécologique de M. Lonmadon. Une ferme située dans le village Gboyimè-KLOUEKANME dans le département du Couffo où on retrouve un espace assez vaste de terres, un élevage bovin et un étang pour la pisciculture. En prélude à la visite proprement dites, les participants ont revêtus des t-shirts confectionnés pour l’occasion et offerts par le FAEB et sont réunis sous une tente pour les présentations, nous y avons notamment appris que le propriétaire de le Ferme M. Lonmadon est un ancien Maire.
Par la suite et durant une trentaine de minutes, les participants ont pu observer l’élevage bovin de près et la traite du lait de ferme ; l’étang créé artificiellement à partir du lit d’un fleuve où selon les dires de M. Lonmadon lui-même, les poissons ne sont pas nourris avec des alevins mais plutôt avec ce qu’ils trouvent naturellement dans l’étang.
La visite s’est achevée par un repas communautaire à base de produits locaux notamment le pois d’angole, une variété de haricot beaucoup cultivée dans le département du Couffo.
De retour sur le site de la foire, nous avons pris part à la discussion sur le thème : Les pratiques agroécologiques pour maintenir la fertilité des sols et augmenter les rendements. La discussion animée par Lidwine Baloïtcha a suscité de nombreux partages de pratiques agroécologiques notamment l’utilisation de la cendre, de la bouse provenant de vaches nourries agroécologique pour fertiliser les sols. L’un des grands débats a été sur la notion de banque communautaire de semences et de cases communautaire de semences. Nous en avons retiré qu’au sens de l’Union Africaine et de la FAO le terme banque de semences a une portée plus large non seulement sur le plan géographique (Ensemble du territoire, région, département) mais aussi en terme de contenu il doit pouvoir rassembler toutes les espèces qui sont de son ressort géographique. Le terme cases de semences en revanche a une portée plus limitée. Bien qui ’essentielles, les cases de semences se limitent aux villages. Toutefois il faut dire que ce découpage ne fait pas forcément l’unanimité car le terme de banque a une résonance négative chez les paysans.
La dernière communication de la journée s’est faite à partir de la diffusion d’un documentaire sur les conséquences de l’utilisation des herbicides sur la biodiversité, l’environnement et l’Homme. Le documentaire, d’une cinquantaine de minutes a suscité de nombreux commentaires surtout en ce qui concerne la transmission des pratiques agroécologiques aux plus jeunes qui sont beaucoup plus tentés de faire recours aux engrais chimiques et herbicides pour faire rapidement du profit. Nous avons pu livrer l’expérience de la FOSPAC5 et de l’accent qui a été mis sur la dynamique générationnelle pour une agriculture saine et durable.
Journée de clôture
La cérémonie de clôture a débuté dès 13h en l’absence du Préfet malheureusement empêché. Devant une foule beaucoup moins nombreuse que lors de l’ouverture, M. Patrice SAGBO a pris la parole pour exprimer sa satisfaction et sa reconnaissance à l’endroit des membres de la délégation étrangère. Il a par la suite, invité M. FAMARA à prendre la parole pour un mot et l’autorité traditionnelle de la Commune d’Aplahoué pour son mot de clôture. Cette phase a laissé place à la remise des attestations de participation et du petit matériel agricole (brouette, pelle, fourche, machette) aux exposants qui se sont particulièrement illustrés durant la foire.
La délégation a été conviée pour un dernier repas sur le site de la foire avant de prendre la route en direction de Cotonou.
Bilan et recommandations
La participation à laFoire Semencière Agroécologique et de restauration des mets locaux en voie de disparition a été un moment de découverte, de partage, d’échange et de gain d’expérience. Nous en retirons du positif pour la reconnaissance des systèmes semenciers paysans et la souveraineté alimentaire en Afrique.
Nous retenons la nécessité de :
Favoriser des ateliers thématiques vivants avec des intervenants variés
S’inspirer du diner agroécologique organisé par le FAEB pour honorer les autorités de la commune d’Esse
Le 21 septembre 2025, les riveraines de AFRISE ont célébré les années de lutte contre la SOCAPALM d’Edéa en écho avec les communautés du monde entier réunies au sein de l’alliance informelle contre les monocultures d’arbre. A cet effet, les riveraines ont organisé une série d’activités à laquelle le RADD a pris part, représenté par Mme METHE Thérèse et M. YOUMSSI EYA Yvan.
Suite aux intempéries qui ont duré une bonne partie de la matinée, les riveraines d’AFRISE, Une riveraine venue de la SYNAPARCAM et le RADD se sont réunies dans la salle de réunion de la chefferie d’Apouh pour le lancement des activités de la journée. A la suite de l’exécution de l’hymne national et de l’hymne de la femme riveraine, la responsable de site Mme METHE a pris la parole pour féliciter les femmes et les encourager, avant de laisser la parole à la Présidente d’AFRISE pour l’organisation du reste des activités.
C’est ainsi que, munies de pancartes véhiculant des messages forts, les femmes ont marché le long de la route qui jouxte les plantations de la SOCAPALM jusqu’à l’une des parcelles qu’elles réclament en guise d’espace vital. La marche a duré 45 minutes et s’est terminé par des chants qui ont rythmé le retour à la salle de réunion de la chefferie d’Apouh.
Le programme a continué avec une visioconférence via zoom au cours de laquelle les communautés de plusieurs pays ont pu parler de leurs situations respectives. En dépit des contraintes logistiques (absence de vidéoprojecteur) les femmes riveraines ont pu suivre avec attention la visioconférence et la Présidente de AFRISE accompagnée d’un jeune du village ont pu exprimer, durant leurs prises de parole, toutes les difficultés rencontrées à cause de la SOCAPALM Edéa notamment la paupérisation, les violences et autres abus.
Une fois la réunion zoom terminée, les femmes ont posé pour la photo de famille en brandissant leurs messages et elles se sont rendues dans la salle de réception pour les agapes de clôture de l’activité.
L’équipe du RADD, a pris la route dès 17h non sans avoir procédé à une évaluation de l’activité avec le bureau d’AFRISE.
Il en ressort que :
La présidente s’est montrée satisfaite de l’activité ;
Le RADD a exprimé également sa satisfaction tout en recommandant une meilleure préparation pour l’élaboration des messages et la disponibilité du matériel destiné à la visioconférence
Association de droit camerounais, Le RADD œuvre pour le développement inclusif et durable. Le RADD a choisi l’agroécologie comme un système de production par excellence ainsi pour renforcer ses capacités deux délégués du RADD ont participé au projet du YALITIA 7 en Côte d’Ivoire (Daloa).
Ce rapport présente les activités réalisées dans le cadre du projet YALITIA 7, axées sur la promotion de l’agroécologie paysanne comme levier stratégique pour la souveraineté alimentaire. Les activités ont débuté le 25 juillet 2025 et se concentrent sur la mise en œuvre de techniques de production d’intrants naturels pour améliorer la fertilité des sols ainsi que la protection des cultures et la transformation agro-alimentaire.
A. FABRICATION DES BIO-INTRANTS
I. Production de Compost Aérobie
• Objectif : Produire un amendement organique de qualité pour améliorer la fertilité des sols.
• Procédure :
1. Préparation de la planche : Définir une planche de compostage de 1,20 m de large, 4 m de long et 20 cm de profondeur. Installer des piquets aux quatre coins.
2. Superposition des matières organiques :
* Verser 3 brouettes de fumier de porc jusqu’à atteindre une hauteur de 20 cm.
* Ajouter des plumes de poulet, 6 poignées de cendre de bois, de la poudre d’os carbonisée, des feuilles de neem (Azadirachta indica), et de la paille.
* Arroser le mélange avec 3 arrosoirs d’eau pour bien humidifier.
* Répéter le procédé trois fois pour atteindre une hauteur de 1 m à 1,20 m.
3. Retournement : Tourner le mélange tous les 15 jours pendant une période de deux mois, soit un total de quatre retournements.
• Principes : Le compostage aérobie repose sur la décomposition naturelle de la matière organique en présence d’oxygène.
• Action : Le compost aérobie fertilise d’abord le sol avant de nourrir directement la plante.
• Conservation : Après fabrication, le compost peut être conservé dans un sac à double sécurité, bien fermé et placé sur un support à l’ombre.
II. Préparation du Bokashi (Engrais Organique Fermenté)
L’Objectif est de produire un engrais organique à action rapide pour stimuler la croissance des plantes.
• Ingrédients :
• 1 kg de levure dolofière (ou de boulanger)
• 2 kg de cendre de bois
• 1 kg de sucre roux (ou 1 litre de mélasse)
• 6 brouettes d’argile termitière
• 6 brouettes de bouse de vache
• 6 brouettes de son de riz
• 2 kg de poudre de charbon de bois
• 30 litres d’eau sans chlore
• Procédure :
1. Activation de la levure : Dissoudre le sucre (ou la mélasse) et la levure dans 30 litres d’eau.
2. Préparation du sol : Arroser le sol.
3. Superposition des matières :
* Étaler 2 brouettes de bouse de vache.
* Ajouter 2 brouettes d’argile termitière.
* Ajouter 2 brouettes de son de riz.
* Recouvrir d’une couche de poudre de charbon de bois et de cendre de bois.
4. Arrosage : Arroser avec la solution de levure et de mélasse.
5. Fermentation : Tourner le bokashi chaque matin et soir pendant 4 jours.
• Application : Le bokashi est prêt à être utilisé après 4 jours.
• Appliquer 250 g de bokashi par poquet.
• Le bokashi a un effet immédiat sur les plantes.
• Il perd de son efficacité après 45 jours d’exposition au soleil.
III. Préparation de l’Apichi (Insecticide Naturel)
• Objectif : Produire un insecticide naturel pour protéger les cultures contre les insectes nuisibles.
• Ingrédients :
• 1 kg de piment séché
• 1 kg d’ail
• 1 kg de gingembre
• 1 litre d’alcool à 90° (pharmacie ou alcool local)
• 40 litres d’eau sans chlore
• Procédure :
1. Préparation des ingrédients : Écraser chaque ingrédient séparément dans un mortier.
2. Macération : Verser les ingrédients écrasés dans un récipient contenant 1 litre d’alcool et 12 litres d’eau. Laisser fermentées pendant 4 jours.
3. Dilution : 27 litres d’eau supplémentaires.
• Application :
• Le produit est prêt à être utilisé 11 jours après l’ajout des 27 litres d’eau.
• Usage préventif : Mélanger 1/4 de litre de produit avec 15 litres d’eau et appliquer pour désinfecter les plants sensibles aux attaques d’insectes.
• Usage curatif : Mélanger 1/2 litre de produit avec 15 litres d’eau et utiliser pour traiter les plants déjà attaqués.
IV. Préparation de l’EM (Micro-organismes Efficaces)
• Objectif : Produire un inoculant microbien pour améliorer la santé des sols et des plantes.
• Ingrédients :
• 1 kg de bouse de vache fraîche
• 1 litre d’urine de lapin
• 1 kg de soja (ou haricots)
• 1 kg de source de protéines (non spécifiée)
• 1 kg de feuilles de neem (Azadirachta indica)
• 10 litres d’eau sans chlore
• Procédure :
1. Mélange : Mettre la bouse de vache dans un récipient, verser 3 litres d’eau pour rendre le mélange liquide.
2. Ajout des ingrédients : Ajouter le soja concassé, l’urine de lapin, et le son de riz. Bien mélanger.
3. Fermentation : Tourner le mélange matin et soir pendant 5 minutes jusqu’au 10ème jour.
• Conservation : Conserver à l’ombre, à l’abri du soleil et de la pluie, posé sur un support.
• Application :
• Le produit est prêt dès le 11ème jour.
• Foliaire : 1 litre de produit pour 100 litres d’eau (pour les feuilles).
• Semences : 1 litre de produit pour une tasse à café de semences, puis sécher à l’ombre sur un carton (ne pas mélanger au sol).
• Racines : 1/2 litre de produit dans 16 litres d’eau pour la protection des racines.
• Durée de vie : 6 mois.
V. Préparation de Répulsifs à Base de Plantes
• Objectif : Produire des répulsifs naturels pour protéger les cultures contre les insectes.
1. Répulsif à Base de Tithonia (Tithonia diversifolia)
• Procédure : Remplir un récipient au 1/4 de tithonia, ajouter de l’eau jusqu’à son plein. Mettre une moustiquaire au-dessus, fermer légèrement et laisser le substrat macérer pendant 24 heures.
2. Répulsifs à Base de Feuilles de Neem (Azadirachta indica), Hyptis suaveolens, et Basilic Sauvage
• Procédure : La méthode de préparation n’est pas spécifiée. Il est supposé qu’il s’agit d’une macération similaire à celle du tithonia.
B. Transformation Agroalimentaire : Valorisation des Produits Locaux
En plus des activités axées sur la production agricole durable, YALITIA 7 a également mis l’accent sur la transformation agroalimentaire, un levier essentiel pour valoriser les produits locaux, créer de la valeur ajoutée et assurer la sécurité alimentaire. Les participants ont été initiés à des techniques de transformation simples et accessibles, permettant de conserver et de valoriser les produits frais.
1. Transformation de l’Ananas en Confiture
• Objectif : Transformer l’ananas frais en confiture pour prolonger sa durée de conservation et créer un produit à valeur ajoutée.
• Procédure :
1. Sélection et préparation des ananas : Trier les ananas, les laver soigneusement, les nettoyer et les découper en petits morceaux.
2. Cuisson : Mettre les morceaux d’ananas dans une cocotte, ajouter 600g de sucre pour 1kg d’ananas , et cuire à feu doux en remuant régulièrement pendant 45 minutes à 1 heure, jusqu’à obtention de la consistance désirée.
3. Pasteurisation des bocaux : Pasteuriser les bocaux qui serviront à conserver la confiture ( ici le procédé consiste à mettre les bocaux dans une marmite remplir d’eau et faire bouillir pendant une heure de temps .).
4. Mise en bocaux : Remplir les bocaux pasteurisés avec la confiture chaude.
5. L’appertisation : Replacer les bocaux remplis de confiture dans une marmite remplie d’eau et porter à ébullition pendant 45 minutes à 1 heure. Cette étape permet d’éliminer les micro-organismes et d’assurer la conservation de la confiture.
• Conservation : La confiture ainsi préparée et pasteurisée peut être conservée pendant environ un an dans un endroit frais et sec.
2. Conservation du Piment au Vinaigre
• Objectif : Conserver le piment frais au vinaigre pour en prolonger la durée de conservation et ajouter une saveur aigre-douce.
• Procédure :
1. Sélection et préparation des piments : Trier les piments, les laver soigneusement (trois fois).
2. Trempage : Préparer une solution d’eau salée et y plonger les piments pendant 5 minutes.
3. Pasteurisation des bocaux : Pasteurisés les bocaux qui serviront à conserver les piments (mettre de l’eau dans une marmite en suite introduire les bocaux les bocaux laisser en ébullition pendant 1h heure de temps ).
4. Mise en bocaux : Remplir les bocaux pasteurisées avec les piments.
5. Couverture : Recouvrir les piments de vinaigre blanc.
6. Fermeture : Fermer hermétiquement les bocaux immédiatement.
7. Appertisation : Appertiser les bocaux comme décrit précédemment (45 minutes à 1 heure d’ébullition).
• Conservation : Les piments ainsi préparés et appertisés peuvent être conservés pendant une longue période dans un endroit frais et sec.
3. Conservation des Aubergines a de l’eau
• Objectif : Conserver les aubergines fraîches à de l’eau pour en prolonger la durée de conservation et ajouter une saveur douce.
• Procédure :
1. Sélection et préparation des aubergines : Trier les aubergines, les laver soigneusement et les découper en quatre.
2. Trempage : Préparer une solution d’eau salée et y plonger les aubergines découpées pendant 5 minutes.
3. Pertisation des bocaux :pasteurisés les bocaux qui serviront à conserver les aubergines (le même procédé explique plus haut).
4. Mise en bocaux : Remplir les bocaux pasteurisés avec les aubergines.
5. Couverture : Recouvrir les aubergines d’eau (et non de vinaigre, à confirmer).
6. Fermeture : Fermer hermétiquement les bocaux immédiatement.
7. Pertisation: Pasteuriser les bocaux comme décrit précédemment (45 minutes à 1 heure d’ébullition).
• Conservation : Les aubergines ainsi préparées et a pertisés peuvent être conservées pendant une longue période dans un endroit frais et sec.
Observations
• Importance de l’hygiène : pour que tout cela soit possible il faut que la transformation se fasse dans un espace saint bien propre avec les sabots,une blouse bien propre ,Les gants, les cache nez , l’échalote tout au long du processus de transformation pour éviter la contamination des aliments.
Conclusion :
Les activités menées dans le cadre du projet YALITIA 7 ont permis de mettre en œuvre des techniques de production d’intrants naturels pour améliorer la fertilité des sols et protéger les cultures. Ces techniques, basées sur les principes de l’agroécologie paysanne, contribuent à renforcer l’autonomie des producteurs, à réduire leur dépendance aux intrants chimiques et à promouvoir une agriculture durable et respectueuse de l’environnement.
Recommandations
• Formation : Organiser des sessions de formation pour partager les connaissances et les savoir-faire avec d’autres producteurs.
• Recherche : Mener des recherches pour optimiser les techniques de production d’intrants naturels et les adapter aux conditions locales.
• Documentation : Documenter les résultats des activités et partager les informations avec d’autres acteurs du développement.