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Formation AFSA : le RADD outillé pour promouvoir la souveraineté semencière en Afrique

Du 12 au 16 août 2025, le RADD a représenté le Cameroun et l’Afrique Centrale à une formation régionale organisée par l’Alliance pour la Souveraineté Alimentaire en Afrique (AFSA). Cette rencontre s’est tenue au centre Seed Savers Network, situé à Gilgil, au Kenya.

L’objectif était clair : outiller de jeunes leaders africains pour qu’ils deviennent des acteurs de changement dans la défense des semences paysannes et la promotion de la souveraineté alimentaire sur tout le continent.

CE QUE NOUS AVONS APPRIS ET VÉCU

1. Mieux comprendre les enjeux des semences paysannes

La formation a permis d’approfondir la réflexion sur ce que représentent vraiment les semences paysannes non seulement comme outils de production, mais comme piliers de notre identité, de notre autonomie et de notre résilience face aux crises alimentaires et climatiques.

  • Comprendre en profondeur les menaces qui pèsent sur les systèmes semenciers paysans (SSP) ;
  • Prendre conscience du rôle stratégique que les jeunes Africains peuvent jouer dans la défense de la souveraineté alimentaire ;
  • Analyser les défis propres au contexte camerounais et centrafricain.

2. Développer des compétences concrètes

Au-delà des connaissances théoriques, les participants ont acquis des outils pratiques pour agir sur le terrain et dans les espaces de décision :

  • Méthodes d’innovation et d’action collective pour mobiliser les communautés rurales ;
  • Techniques de plaidoyer pour influencer les politiques nationales sur les semences ;
  • Outils pratiques pour organiser des forums et foires agricoles à fort impact.

3. Des témoignages venus de tout le continent

L’un des moments les plus forts de la formation a été le partage d’expériences entre participants jeunes chercheurs, agriculteurs, communicateurs et militants. Trois grands thèmes ont structuré ces échanges :

  • Les effets concrets des lois restrictives sur les semences dans différents pays africains ;
  • Les conséquences de ces politiques sur la jeunesse rurale et les petits agriculteurs ;
  • Les stratégies de résistance face à la main mise croissante des entreprises agro-industrielles sur les semences africaines.

4. La citation qui a tout dit

« Celui qui a la semence a la vie. » — Dr Sarah Olembo

Cette formule porte un message fondamental : protéger nos semences, c’est protéger la vie elle-même. C’est aussi affirmer que ceux qui contrôlent les semences contrôlent ce que nous mangeons, et donc notre avenir.

POURQUOI C’EST IMPORTANT

La souveraineté semencière : de quoi parle-t-on ?

La souveraineté semencière, c’est le droit pour les agriculteurs de conserver, d’échanger, d’utiliser et de multiplier librement leurs propres semences. C’est un pilier essentiel de la souveraineté alimentaire. Concrètement, cela signifie :

  • Que les petits agriculteurs ne dépendent pas des semences industrielles vendues chaque saison par des multinationales ;
  • Que les variétés locales, adaptées aux sols et aux climats africains, sont préservées et transmises de génération en génération ;
  • Que notre patrimoine génétique et culturel agricole reste entre nos mains.

Ce que fait l’AFSA pour changer les choses

L’AFSA mène deux initiatives majeures présentées durant la formation :

La campagne « Seed is Life »

  • Défendre les systèmes semenciers gérés par les agriculteurs eux-mêmes ;
  • Faire reconnaître et protéger les droits des agriculteurs sur leurs semences dans les législations nationales.

La construction d’un réseau de jeunes leaders africains

  • Impliquer activement la jeunesse dans la transition vers des systèmes alimentaires durables ;
  • Préserver la biodiversité agricole comme condition du développement durable de l’Afrique.

CE QUE NOUS ALLONS FAIRE MAINTENANT

Cette formation n’est pas une fin en soi. Elle doit se traduire en actions concrètes sur le terrain camerounais et centrafricain. Voici les priorités identifiées :

  • Organiser des forums et foires nationaux dédiés aux SSP et à la souveraineté alimentaire, pour diffuser les apprentissages de cette formation ;
  • Participer aux événements régionaux et internationaux sur les semences, pour que la voix du Cameroun et de l’Afrique Centrale continue de se faire entendre ;
  • Développer des outils de plaidoyer adaptés à notre contexte : fiches, guides, supports de sensibilisation destinés aux communautés locales et aux décideurs.

CONCLUSION

La formation de l’AFSA au Kenya a été bien plus qu’un événement de renforcement de capacités. C’est une expérience transformatrice qui a confirmé une conviction : les jeunes africains ont un rôle central à jouer dans la défense de nos semences et de notre souveraineté alimentaire.

Trois acquis majeurs à retenir :

  • Une compréhension plus fine des enjeux stratégiques des systèmes semenciers paysans ;
  • Des compétences concrètes en leadership et en plaidoyer, prêtes à être mobilisées sur le terrain ;
  • Un réseau continental de jeunes engagés, désormais connectés et coordonnés autour d’une même cause.

Le RADD s’engage à capitaliser sur cette expérience et à la mettre au service des communautés rurales du Cameroun et de toute l’Afrique Centrale.

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FOSPAC 6 : Découvrez les recommandations pour la souveraineté semencière

Du 27 février au 1er mars 2026, Essé a vibré au rythme des semences paysannes avec la 6ᵉédition de la Foire des Semences Paysannes d’Afrique Centrale (FOSPAC6). Organisée par le RADD avec le soutien de partenaires tels que EPER Suisse, ACJM, FIAN International, AgroEcology Fund, AFSA, SAILD, ISSAHE et CRAPAC, cette rencontre a rassemblé acteurs ruraux, femmes agricultrices et représentants des collectivités locales autour d’un objectif commun : préserver et valoriser le patrimoine génétique local.

Placée sous le haut parrainage du Ministre de l’Agriculture, représenté par le Sous-préfet d’Essé, et soutenue par les ministères du Commerce et de la Promotion de la Femme et de la Famille, la FOSPAC6 a mis en lumière le rôle central des communes dans la sauvegarde des semences paysannes.

Le thème de cette édition :« Les Cases Communautaires des Semences Paysannes, creuset de la sauvegarde du patrimoine génétique local : quelle implication des communes ? » incitait à réfléchir sur la manière dont les collectivités peuvent soutenir les systèmes semenciers paysans, piliers d’un développement rural résilient et durable.

Les recommandations et résultats de la FOSPAC6 sont désormais disponibles ! Découvrez comment protéger les semences, renforcer le rôle des femmes et soutenir les communautés rurales.

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ACTUALITÉ : SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE OU SÉCURITÉ ALIMENTAIRE ? LE RADD FAIT SON CHOIX

Dans son rapport sur la situation alimentaire mondiale de 1974, la FAO présente celle-ci comme « préoccupante » dans les années 1970. En effet, en raison des conditions météorologiques défavorables dans certaines régions productrices clés des céréales dont le tonnage est passé de 40 à 50 millions en 1974, il a fallu relever certains principaux défis alimentaires de l’époque. Ces défis vont entre autres:
• De la pénurie de denrées alimentaires dont les stocks mondiaux de céréales sont allés bien en deçà du seuil de sécurité, passant de 18% à 11% de la consommation mondiale
• De l’instabilité des prix qui a entraîné une flambée des cours des marchés d’exportation, affectant l’accès aux denrées alimentaires pour les pays en développement
• De la pénurie de facteurs de production tels des engrais chimiques, pesticides et carburant devenus rares et coûteux.
Ledit Rapport recommande la répartition équitable des disponibilités alimentaires et le soutien financier par une augmentation des subventions ou la conclusion des arrangements prévoyant des prêts à taux modérés pour les pays en développement afin de faire face aux difficultés de la balance des paiements.
Dans sa quête de solutions pour juguler cette crise alimentaire, la FAO va énoncer le concept de « Sécurité alimentaire » lors de la Conférence mondiale de l’alimentation de 1974 pour répondre aux défis mondiaux liés à l’accès à la nourriture et à la malnutrition. Ce concept sera plus clairement défini et adopté dans les années 1990 par la communauté internationale lors du Sommet mondial de l’alimentation de 1996.
Depuis lors, à la terminologie de sécurité alimentaire, devenue récurrente dans les discours officiels, s’est greffée une autre, celle de souveraineté alimentaire reprise et défendue par l’Alliance pour la Souveraineté Alimentaire en Afrique (l’AFSA). Afin de lever toute équivoque, nous allons revenir sur la définition des deux concepts, en relever la différence de fond et dire pourquoi le Réseau des Acteurs du Développement Durable (RADD) prend position pour la promotion de la souveraineté alimentaire qui implique une autre, la souveraineté semencière.

Définition de la sécurité alimentaire par la FAO :

Selon la FAO, la sécurité alimentaire est « l’accès physique et économique à des aliments sûrs, nutritifs et suffisants pour répondre aux besoins alimentaires et aux préférences alimentaires pour une vie active et saine. », d’après les mêmes sources citées plus haut. La finalité ici est de garantir à tous les individus l’accès à une alimentation adéquate pour mener une vie saine et productive.
Toutefois, cet accès universel à la nourriture, indépendamment de la source ou de la méthode de production, n’est pas sans poser de problème surtout aux défenseurs de l’environnement et d’une alimentation saine et nutritionnelle, autrement dit, adéquate. Soulignons-le tout de suite, la sécurité alimentaire est un objectif global qui peut être atteint grâce à « une combinaison de production locale, d’importations et d’aide alimentaire ». En un mot, la FAO cherche à promouvoir des politiques et des programmes qui améliorent la disponibilité et l’accès à la nourriture pour tous.
Ce concept de sécurité alimentaire adopté et amplifié par le Sommet mondial de l’alimentation organisé par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à Rome en Italie en 1996 a été contesté par la Via Campesina qui lui a opposé le concept de Souveraineté alimentaire, défendu par l’AFSA.

De quoi retourne-t-il donc ?

La souveraineté alimentaire « met l’accent sur le droit des communautés et des nations à définir leurs propres politiques alimentaires et agricoles, en privilégiant la production locale, l’agriculture et le contrôle local des systèmes alimentaires . »
La différence de fond entre les deux concepts se situe au niveau que la souveraineté alimentaire prône l’autonomie et le contrôle local des systèmes alimentaires, tandis que la sécurité alimentaire se concentre sur l’accès universel à la nourriture.
Après avoir passé en revue le contexte historique de la situation de l’alimentation dans le monde, la survenue du concept de sécurité alimentaire et de son contrepoids, la souveraineté alimentaire, l’on est en droit de se demander sur quoi se fonde le RADD pour faire du concept de souveraineté alimentaire son cheval de bataille ?

Le RADD, dont l’objectif est de promouvoir les initiatives de développement durable, lutte contre les injustices sociales, économiques et environnementales. Dans ce noble combat, il dénonce et rejette fortement les fausses solutions (plantations de monoculture, crédit carbone, agriculture conventionnelle, UPOV etc) proposées par les multinationales et les industries semencières. C’est ainsi que le RADD a pris fait et cause pour l’accompagnement des riveraines des agro-industries dans leurs revendications d’un espace vital, la rétrocession de leurs terres et l’accès à l’eau entre autres ; la dénonciation de l’omniprésence des grandes plantations de monoculture qui n’est rien  qu’une  des fausses solutions décriées ici etc.

Le RADD pense fermement que la sécurité alimentaire n’est rien d’autre qu’une fausse solution eu égard à la méthode de production qui la sous-tend. En effet, l’agriculture conventionnelle, auréolée de bons prétextes de forte productivité et de hauts rendements, entraîne des conséquences très néfastes sur le droit coutumier, la santé humaine, animale, halieutique, du sol et de l’environnement en général. On note ici la grande influence des entreprises semencières et des multinationales qui imposent des systèmes alimentaires inappropriés au reste du monde, des semences améliorées et leur cortège d’engrais chimiques et de pesticides.

Dans un rapport de 2015 préparé par GRAIN et AFSA intitulé « Remise en cause des lois foncières et semencières : qui tire les ficelles des changements en Afrique? »[1], Il y est clairement documenté les actions prises par la Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutritiondu G8 dans le domaine du foncier et des semences en Afrique. De ce rapport, on se fait une idée claire des changements de politiques provoquées par cette Alliance et montre comment « la bataille fait rage autour du contrôle des ressources en Afrique » notamment la terre, l’eau et les semences :

  • Travail de délimitation officielle des exploitations agricoles, de leur enregistrement et de la délivrance de titres de propriété et mise en place d’une législation permettant l’émergence d’un marché des terres et la location des terres
  • Création d’un catalogue officiel des semences, sur le modèle de ceux existant dans les pays riches – et notamment en France – et dans lequel une semence doit être inscrite avant qu’elle puisse être commercialisée en toute légalité
  • Introduction de droits de propriété intellectuelle sur les variétés.

Le rapport conclut en disant que « toutes ces mesures, souvent introduites sous le prétexte de protéger les petits producteurs, servent en fait à ouvrir des brèches dans le système traditionnel coutumier de gestion pour faciliter la pénétration des intérêts privés et les asseoir légalement. »[2]

Le RADD, qui a donc clairement compris que la sécurité alimentaire n’est qu’une dictée imposée par les pays les plus riches et certaines organisations internationales (la Commission de l’Union Africaine, la Banque Mondiale, le FIDA, la BAD), soutient que l’Afrique doit plutôt opter pour la souveraineté alimentaire et semencière. En effet, pour ce qui est du Cameroun l’Agriculture Familiale (AF) occupe une place prépondérante dans son économie. En effet, environ 90% des ménages ruraux sont impliqués dans le secteur agricole, soit environ 60% de la population active du pays. L’AF contribue grandement à la souveraineté alimentaire et aux exportations agricoles du Cameroun.[3]

Les actions menées par le RADD pour la souveraineté semencière et alimentaire

Le RADD a reçu l’adhésion des communautés à ses différents programmes dont celui de leur éducation aux techniques de production durable. Dans cette phase générale de transition agro écologique en Afrique, le RADD a entrepris de sensibiliser, d’informer et d’éduquer les communautés sur les principes de l’agro écologie, les bonnes pratiques agricoles, la sélection, la multiplication et la conservation des semences paysannes.

Il a ensuite commis des études, notamment celle de juillet 2023 portant sur « la problématique de l’accessibilité en qualité et en quantité de la semence paysanne dans les zones forestières et les hauts plateaux de l’ouest au Cameroun ». Cette étude a vivement recommandé la création des cases de semences paysannes. A ce  jour dix (10) sont effectives et font des émules à travers le triangle national, une vingtaine (20) d’autres sont en voie de création ; par elles, les semences paysannes sont de plus en plus disponibles et accessibles.


[1] La nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition s’attaque aux terres et aux semences en Afrique. lafex.org

[2] Ibid.

[3] Agriculture au Cameroun- Wikipédia /fr.wikipedia.org

Dans la foulée des actions posées par le RADD pour vulgariser la Semence Paysanne et promouvoir les Systèmes Semenciers Paysans, des foires de semences paysannes (FOSPAC) sont régulièrement organisées depuis 2021. Celles-ci rassemblent un grand nombre de pays du Bassin du Congo, d’Afrique de l’Ouest voire d’Europe ; des plaidoyers sont menés en direction du gouvernement de la République et des bailleurs de fonds pour une reconnaissance juridique et institutionnelle de la Semence Paysanne et des Systèmes Semenciers Paysans.

Comment oublier des partenariats signés avec des centres de recherche tel le Centre de Recherche et d’Accompagnement des Producteurs Agropastoraux du Cameroun (CRAPAC) du Dr LIKENG. Le souci du RADD est de nouer une collaboration participative entre les détenteurs des savoirs et connaissances traditionnels et la science pour rendre plus performante, résiliente  et traçable la semence paysanne sans en modifier la cellule génétique. Grâce à cette collaboration, le processus de caractérisation de la semence paysanne est effectif de nos jours.

Qui contrôle la semence contrôle la vie sur terre

Fort de ce slogan, le RADD œuvre pour la souveraineté semencière qui implique la souveraineté alimentaire. On ne peut choisir ce que l’on mange que si on est maître de sa semence. Grâce à ses actions de valorisation et de promotion de la semence paysanne, les paysan-ne-s ont repris confiance en celle-ci, sont devenu-e-s moins dépendant-e-s vis-à-vis de l’industrie semencière et garantissent leur système alimentaire riche, varié et nutritif. Le RADD  a également entrepris d’organiser des foras sur l’autonomisation économique des femmes (FAEF) qui aident les femmes et les jeunes à transformer les produits issus de leurs récoltes pour éviter les pertes post-récoltes et obtenir plus de valeur ajoutée.

Un autre forum sur les feuilles que nous consommons, bienfaitrices de notre santé est d’ailleurs annoncé pour consolider notre système alimentaire. Il sera l’occasion d’assurer une transmission générationnelle des modes alimentaires afin de préserver notre identité culturelle et nutritionnelle.

En somme, dans le dédale d’expressions utilisées aujourd’hui pour parler de l’alimentation, le RADD a pris fait et cause pour parler, promouvoir et défendre la souveraineté alimentaire. Il organise des formations de masse pour renforcer les capacités des communautés dans les techniques de production et de transformation afin de pérenniser les savoir-faire et connaissances endogènes et traditionnelles. Dans sa campagne de promotion de la souveraineté alimentaire, le RADD estime en effet que ce n’est pas l’agriculture conventionnelle qui nourrit les camerounais, et de façon générale les Africains. Il adhère ainsi à la campagne panafricaine lancée par AFSA : « Ma semence ma vie » impléméntée sur le plan national par la CNOPCAM « Je mange africain, Je mange camerounais ».  L’AF, qui s’appuie sur les Systèmes Semenciers Paysans, occupe plus de 60 % de la population active. C’est une agriculture variée et diversifiée qui répond à un riche système alimentaire sain, nutritif et durable. Pour le pérenniser, les paysan-ne-s doivent continuer à multiplier, sélectionner et conserver leurs semences paysannes qui sont rustiques, résilientes et climato-intelligentes, utiliser les pratiques et méthodes de production durables. Oui, depuis plus de 10000 ans, les semences paysannes ont résisté aux rigueurs et rudesses du temps, se sont bonifiées avec le temps pour nous procurer aujourd’hui toutes leurs valeurs nutritives et gustatives. Il ne leur manque plus que de la reconnaissance juridique pour mieux se déployer.

par: Hubert MENYIE MESSI, ECONOMISTE – ENVIRONNEMENTALISTE, RESPONSABLE DU DEPARTEMENT SEMENCES PAYSANNES/RADD

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5ième édition de la FOSPAC

Le RADD vous invite à la Foire des Semences Paysannes de l’Afrique Centrale (FOSPAC5), sous le thème : « Construire une dynamique intergénérationnelle pour la promotion des systèmes semenciers paysans. » Les jeunes sont particulièrement attendus pour apprendre des aînés, innover, et contribuer au développement d’une agroécologie paysanne durable, assurant ainsi la relève pour un avenir agricole prometteur.
Nous comptons sur une participation massive de tous les acteurs de la chaine pour faire de cet événement un véritable tournant en faveur des systèmes semenciers paysans. N’hésitez pas à partager l’information autour de vous. Venez nombreux, avec les membres de vos familles, associations, coopératives et vos amis

RADD invites you to the Central African Farmers’ Seed Fair (FOSPAC5) under the theme: « Building an Intergenerational Dynamic to Promote Farmers’ Seed Systems. »

Young people are especially encouraged to attend, learn from elders, innovate, and contribute to the development of sustainable peasant agroecology, ensuring a promising agricultural future.

We expect a massive participation of all stakeholders to make this event a true turning point for farmers’ seed systems. Please share this information widely and come in large numbers—with your family members, associations, cooperatives, and friends…

✨👇🏾Le formulaire d’inscription est prêt. Bien vouloir vous enregistrer en cliquant sur le lien

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSeBtWU4wW_bPme8o7yBSIg_M69cDzWBMJZBY-eJ2zOD4wtR7Q/viewform?usp=header

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𝗤𝗨𝗘 𝗩𝗜𝗩𝗘𝗡𝗧 𝗟𝗘𝗦 𝗦𝗬𝗦𝗧𝗘̀𝗠𝗘𝗦 𝗦𝗘𝗠𝗘𝗡𝗖𝗜𝗘𝗥𝗦𝗣𝗔𝗬𝗦𝗔𝗡𝗦 𝗘𝗡 𝗔𝗙𝗥𝗜𝗤𝗨𝗘

Les lampions se sont éteints sur cette 4ieme édition de la Foire des Semences Paysannes Cameroun – 𝙁𝙊𝙎𝙋𝘼𝘾4 qui a été effectivement une très belle fête, riche en diversité en quantité et qualité de semences paysannes. Les participants👪👫 nous ont offert un séjour convivial et riche en enseignements. Une très belle ambiance qui a permis des échanges de semences paysannes. Les producteurs agropastoraux ont pu acquérir les semences de leur rêve.

Environ 80 variétés de semences paysannes ont été proposées par plus de 400 acteurs ruraux, venus du

– Mali🇲🇱

– Cote d’Ivoire 🇮🇪

– Congo Brazzaville 🇩🇪

– RDC🇨🇩

– Gabon🇬🇦

– de toutes les Régions du Cameroun🇨🇲🇨🇲🇨🇲.

Les exposants sont arrivés les sacs pleins, il sont repartis encore avec des sacs pleins mais, des contenus différents. Il y a véritablement eu échanges de semences entre acteurs et la 𝙁𝙊𝙎𝙋𝘼𝘾4 a pleinement joué son rôle qui est de reconstituer la diversité biologique semencière dans les terroirs jadis menacée de disparition.

L’impression générale qui se dégage est l’appropriation de l’initiative par les producteurs eux mêmes et surtout les paysannes. Ces dernières commencent à offrir la qualité de la semence🌽🌾🥒🍆 paysanne attendue et surtout, à se mobiliser👫👪👥 pour valoriser la semence paysanne parce qu’à travers cette initiative, elles mêmes se valorisent. La 𝙁𝙊𝙎𝙋𝘼𝘾4 terminée à Esse, elle continue dans les champs avec l’arrivée des pluies qui annoncent les semis.

𝗟𝗲 𝗥𝗔𝗗𝗗 exprime sa 𝗣𝗥𝗢𝗙𝗢𝗡𝗗𝗘 𝗚𝗥𝗔𝗧𝗜𝗧𝗨𝗗𝗘 à tous ceux qui se sont investis pour la réussite de cette autre édition de la 𝙁𝙊𝙎𝙋𝘼𝘾4.

MERCI

-à 𝗘𝗣𝗘𝗥 𝗦𝘂𝗶𝘀𝘀𝗲 pour ce précieux accompagnement;

-au 𝗠𝗜𝗡𝗔𝗗𝗘𝗥 pour le parrainage institutionnel

-au 𝗠𝗜𝗡𝗥𝗘𝗦𝗜 pour sa précieuse présence;

-à la 𝗠𝗮𝗶𝗿𝗶𝗲 𝗱’𝗘𝘀𝘀𝗲 𝗲𝘁 𝗮̀ 𝘀𝗼𝗻 𝗱𝘆𝗻𝗮𝗺𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗺𝗮𝗶𝗿𝗲 pour toutes les facilités et les appuis divers à nous accorder ;

-à 𝗔𝗙𝗦𝗔 qui nous a fait confiance;

-au 𝗖𝗔𝗣𝗘𝗙 pour son implication, merci à la Régionale du Centre et un merci particulier au représentant personnel du Président de la 𝗖𝗔𝗣𝗘𝗙;

-à la 𝗖𝗢𝗙𝗘𝗥𝗦𝗔 𝗠𝗮𝗹𝗶 et 𝗝𝗔𝗥𝗗𝗜𝗡𝗦 𝗗’𝗛𝗔𝗠𝗕𝗘 pour tous les enseignements dispensés sur le 𝗧𝗜𝗥𝗣𝗔𝗔, 𝗹’𝗨𝗡𝗗𝗥𝗢𝗣 𝗲𝘁 𝗹’𝗨𝗣𝗢𝗩;

-à 𝗖𝗡𝗢𝗣 𝗖𝗼𝗻𝗴𝗼 𝗕𝗿𝗮𝘇𝘇𝗮 pour sa forte mobilisation;

-à 𝗖𝗔𝗚𝗗𝗙𝗧 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗥𝗗𝗖 pour le reportage;

-à 𝗝𝗩𝗘 𝗖𝗼̂𝘁𝗲 𝗱’𝗜𝘃𝗼𝗶𝗿𝗲 pour la diversité des semences présentées;

-à 𝗠𝗨𝗬𝗜𝗦𝗦𝗜 𝗚𝗮𝗯𝗼𝗻 pour sa fidélité;

-à 𝗖𝗡𝗢𝗣 𝗚𝗮𝗯𝗼𝗻 pour sa croyance en l’initiative ;

-à la délégation de 𝗙𝗿𝗮𝗻𝗰𝗲;

-au 𝗖𝗥𝗔𝗣𝗔𝗖 pour la belle animation et son implication particulière;

-au 𝗙𝗔𝗗𝗘𝗥, 𝗜𝗡𝗔𝗗𝗘𝗦 𝗙𝗢𝗥𝗠𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡, 𝗔𝗗𝗗, 𝗚𝗗𝗔, 𝗦𝗔𝗜𝗟𝗗 𝗩𝗼𝗶𝘅 𝗱𝘂 𝗣𝗮𝘆𝘀𝗮𝗻, 𝗙𝗿𝗲𝘀𝗵 𝗶𝗺𝗽𝗲𝘁𝘂𝘀, 𝗜𝗦𝗜-𝗧𝗘𝗖𝗛, 𝗜𝘀𝘀𝗮𝗵𝗲, 𝗔𝗦𝟮𝗗, 𝗙𝗔𝗣𝗘, 𝗖𝗦𝗙𝗗𝗗 𝗦𝗢𝗖𝗢𝗣𝗥𝗢𝗗𝗘, 𝗖𝗢𝗦𝗘𝗖𝗔𝗠, 𝗧𝗥𝗔𝗡𝗦𝗙𝗔𝗚𝗥𝗢, nous nous devons de mutualiser nos ressources pour protéger et promouvoir les Systèmes Semenciers Paysans au Cameroun ;

-à l’équipe de médecins de 𝗚𝗿𝗲𝗲𝗻 𝗕𝗹𝗼𝗼𝗺 pour votre disponibilité;

-aux associations des femmes riveraines ( 𝗔𝗳𝗿𝗶𝘀𝗲, 𝗖𝗼𝗳𝗲𝗿𝗶𝘀𝗼, 𝗿𝗶𝘃𝗲𝗿𝗮𝗶𝗻𝗲𝘀 𝗱’𝗛𝗲𝘃𝗲𝗰𝗮𝗺, 𝗱𝗲 𝗦𝘂𝗱𝗰𝗮𝗺, 𝗱𝗲 𝗦𝘆𝗻𝗮𝗽𝗮𝗿𝗰𝗮𝗺, 𝗱𝗲 𝗦𝗼𝗰𝗮𝗽𝗮𝗹𝗺 𝗘𝘀𝗲𝗸𝗮 ), vous étiez présentes dans tous les fronts;

-aux femmes de 𝗕𝗶𝗸𝗼𝗸, 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗟𝗲𝗸𝗶𝗲, 𝗱’𝗘𝗯𝗲𝗯𝗱𝗮, Ombessa, 𝗱𝗲 𝗡𝗮𝗻𝗴𝗮-𝗘𝗯𝗼𝗸𝗼, 𝗱𝘂 𝗡𝘆𝗼𝗻𝗴 𝗲𝘁 𝗞𝗲𝗹𝗲, 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗩𝗮𝗹𝗹𝗲́𝗲 𝗱𝘂 𝗡𝘁𝗲𝗺, 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗿𝗲́𝗴𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗹’𝗢𝘂𝗲𝘀𝘁, la FOSPAC ne s’en passera plus jamais de vous;

-aux mamans des cases de semences de 𝗠𝘃𝗼𝗴 𝗭𝗲, de 𝗠𝗯𝗲𝗻𝗼𝗮, celles venues de tous les villages d’Esse, vous êtes les amazones de la 𝗦𝗲𝗺𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗣𝗮𝘆𝘀𝗮𝗻𝗻𝗲;

-à toutes les mamans de la cuisine, 𝗺𝗮𝗺𝗮 𝗠𝗲𝗸𝗮 et sa puissante équipe, 𝗺𝗮𝗺𝗮 𝗠𝗼𝗶𝗻𝗮𝗺, 𝗢𝗱𝗼𝘂𝗺𝗲, ma 𝗰𝗵𝗲̀𝗿𝗲 𝗔𝗻𝘁𝗼𝗶𝗻𝗲𝘁𝘁𝗲, 𝗔𝘁𝗮 et son équipe, vous avez bien nourrit les participants de la 𝗙𝗢𝗦𝗣𝗔𝗖𝟰, on avait la qualité, la quantité et la diversité, merci d’avoir respecté le mot d’ordre (𝒏𝒐𝒖𝒔𝒏𝒆𝒎𝒂𝒏𝒈𝒆𝒓𝒐𝒏𝒔𝒒𝒖𝒆𝒍𝒆𝒔𝒂𝒍𝒊𝒎𝒆𝒏𝒕𝒔𝒊𝒔𝒔𝒖𝒔𝒅𝒆𝒔𝒔𝒆𝒎𝒆𝒏𝒄𝒆𝒔𝒒𝒖𝒆𝒏𝒐𝒖𝒔𝒗𝒆𝒏𝒅𝒐𝒏𝒔);

-à tous les jeunes puiseurs d’eau, nous n’avons pas eu soif;

-aux 𝗵𝗼̂𝘁𝗲𝘀𝘀𝗲𝘀, merci pour le service de la bouillie de tous les matins;

Parce qu’on ne change pas une équipe qui gagne, le 𝐑𝐀𝐃𝐃 vous donne rendez-vous dans un an à la 𝙁𝙤𝙞𝙧𝙚 𝙙𝙚𝙨 𝙎𝙚𝙢𝙚𝙣𝙘𝙚𝙨 𝙋𝙖𝙮𝙨𝙖𝙣𝙣𝙚𝙨 𝙙𝙚 𝙡’𝘼𝙛𝙧𝙞𝙦𝙪𝙚 𝘾𝙚𝙣𝙩𝙧𝙖𝙡𝙚 (FOSPAC)..

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𝗘́𝗟𝗘́𝗠𝗘𝗡𝗧𝗦 𝗗𝗘 𝗖𝗢𝗠𝗣𝗥𝗘́𝗛𝗘𝗡𝗦𝗜𝗢𝗡 𝗗𝗘𝗦 𝗧𝗛𝗘́𝗠𝗔𝗧𝗜𝗤𝗨𝗘𝗦 𝗗𝗘 𝗟𝗔 𝗙𝗢𝗦𝗣𝗔𝗖𝟰

En effet, La FOSPAC est l’activité phare du Programme de Promotion des Systèmes Semenciers Paysans (PSSP) initié par le RADD en 2020. Le thème choisi pour cette édition est une suite logique des résolutions prises, ainsi que, les résultats enregistrés lors des précédentes éditions.

Chers participants à la 4e édition de notre Foire des Semences Paysannes du Cameroun (𝗙𝗢𝗦𝗣𝗔𝗖𝟰) afin de nous permettre de nous familiariser avec la terminologie qu’utiliseront les experts, nous vous proposons cette note de lecture.

Il est bon de rappeler que l’objectif de cette Foire des Semences Paysannes du Cameroun ( 𝗙𝗢𝗦𝗣𝗔𝗖𝟰 ) est de parvenir à 𝙡𝙖 𝙨𝙤𝙪𝙫𝙚𝙧𝙖𝙞𝙣𝙚𝙩𝙚́ 𝙖𝙡𝙞𝙢𝙚𝙣𝙩𝙖𝙞𝙧𝙚 en unissant solidairement les petits et moyens producteurs agricoles du Cameroun, du bassin du Congo, d’Afrique de l’Ouest et pourquoi pas du monde. Ce noble objectif passe par la promotion, la valorisation,la conservation et la reconnaissance des 𝙎𝙮𝙨𝙩𝙚̀𝙢𝙚𝙨 𝙎𝙚𝙢𝙚𝙣𝙘𝙞𝙚𝙧𝙨 𝙋𝙖𝙮𝙨𝙖𝙣𝙨 ( 𝙎𝙎𝙋 ) avec leur corollaire qu’est la 𝙎𝙚𝙢𝙚𝙣𝙘𝙚 𝙋𝙖𝙮𝙨𝙖𝙣𝙣𝙚 ( 𝙎𝙋)

Le 𝐑𝐀𝐃𝐃 et ses partenaires rejoignent en cela la 𝐕𝐢𝐚 𝐂𝐚𝐦𝐩𝐞𝐬𝐢𝐧𝐚 qui a arraché de haute lutte, auprès de la FAO, la reconnaissance des Droits des agriculteurs et leur réalisation par les différents gouvernements,partie contractante, dans leur législation nationale, tout au moins en ce qui est des ressources photogéniques pour l’alimentation et l’agriculture.

Relevons d’emblée que le TIRPAA et L’UNDROP sont des outils juridiques proposés aux parties contractantes par la FAO, tandis que l’UPOV est un cadre réglementaire international développé par et pour le système semencier industriel qui exclut et criminalise les SSP.

  1. 𝑻𝑰𝑹𝑷𝑨𝑨

Le Traité International sur les Ressources Phyto génétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture est un accord international dans le cadre de la𝐅𝐀𝐎 dont l’objectif est de conserver et utiliser durablement des ressources Phyto génétiques pour l’alimentation et l’agriculture, de partager de façon juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation en harmonie avec la Convention sur la Diversité Biologique ( 𝐂𝐃𝐁 ) pour une agriculture durable et pour la sécurité alimentaire. Ces objectifs sont atteints par

l’établissement des liens étroits entre ledit Traité et la FAO, ainsi que la CDB. Cf article.1,al.1et 2.

Ce Traité est un corpus de 35 articles y compris des annexes, et dont l’Article 9 sur les Droits des agriculteurs justifie amplement l’organisation des foires de semences paysannes.On ne saurait passer outre l’article 10 et suivants sur le fameux Système multilatéral d’accès et de partage des avantages qui a conduit à dresser une liste de 64 espèces cultivées couvertes par ledit Système multilatéral.pour votre gouverne, soulignons qu’il s’y trouve des espèces qui nous sont familières ,et entre autres : le maïs🌽, l’aubergine🍆,la pomme de terre🥔, l’igname🥔, la patate douce🍠,le manioc🥒 la banane🍌, le riz🌾, le pois cajan 🥀et le tournesol🌿.

Enfin, ce Traité consacre des termes à la signification y indiquée :

•  » Conservation in situ  » : conservation des écosystèmes et des habitats naturels ainsi que le maintien et la reconstitution de populations d’espèces viables dans leur milieu naturel et, dans le cas des espèces végétales cultivées, dans leur milieu où se sont développés leurs caractères distinctifs.

•  » Conservation ex situ  » désigne la conservation de ressources Phyto génétiques pour l’alimentation et l’agriculture en dehors de leur milieu naturel ( exemple des cases ou banques de semences).

•  » Ressources Phyto génétiques pour l’alimentation et l’agriculture » désigne le matériel génétique d’origine végétale ayant une valeur effective ou potentielle pour l’alimentation et l’agriculture.

•  » Matériel génétique » désigne le matériel d’origine végétale, y compris le matériel de reproduction et de multiplication végétative , contenant des unités fonctionnelles de l’hérédité.

•  » Variété » désigne un ensemble végétal, d’un taxon botanique du rang le plus bas connu , défini par l’expression reproductible de ses caractères génétiques.

* Le taxon est une unité quelconque ( genre, famille, espèces, sous-espèces, etc ) des classifications hiérarchiques des êtres vivants.

•  » Collection ex situ  » désigne une collection de ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture conservées en dehors de leur milieu naturel.

•  » Centre d’origine » désigne une zone géographique où une espèce végétale , cultivée ou sauvage, a développé pour la première fois ses caractères distinctifs.

•  » Centre de diversité végétale » désigne une zone géographique contenant un haut niveau de diversité génétique pour les espèces cultivées dans des conditions in situ.

√ Je me permets d’observer que le fait, pour la 𝐅𝐀𝐎 de parler de la sécurité alimentaire plutôt que de la souveraineté alimentaire comme 𝐀𝐅𝐒𝐀, la Via Campesina ou le RADD et ses partenaires, peut laisser craindre une influence néfaste des entreprises commerciales des intrants chimiques ( 𝑀𝑂𝑁𝑆𝐴𝑁𝑇𝑂 𝑒𝑡 𝐵𝐴𝑌𝐸𝑅 ). L’on est en droit de se demander s’il faut sacrifier la qualité de vie et la bonne alimentation au profit de sombres intérêts financiers et commerciaux.

2. L’ 𝑼𝑵𝑫𝑹𝑶𝑷

La traduction de cet acronyme anglo-saxon en français signifie : Déclaration des Nations -Unies sur les Droits des paysan-ne-s et des autres personnes travaillant dans les zones rurales.

Adoptée par l’AG des Nations -Unies en 2018 après 20 ans de mobilisation de la Via Campesina et de ses alliés, et de 6 ans de négociation au sein de 𝐥’𝐎𝐍𝐔, cette Déclaration répond aux nombreuses formes de discrimination auxquelles sont confrontés les paysan-ne-s et les autres personnes travaillant dans les zones rurales. Elle comporte 28 articles dont les articles 4 à 7 qui affirment :

– le Droit à la terre et aux autres ressources naturelles

– le Droit à la terre des femmes rurales.

Quoi de plus normal pour ces premières victimes de la faim, de l’extrême pauvreté, des expulsions forcées,des déplacements et de la criminalisation que sont les jeunes, les enfants,les personnes âgées, les personnes handicapées et les femmes. Ils jouent pourtant un rôle essentiel dans la souveraineté alimentaire.

L’UNDROP exige des Etats le soutien et la création et le développement d’organisation fortes et indépendantes des paysan-ne-s et d’autres personnes travaillant dans les zones rurales ; ainsi que la mise sur pied de mécanismes de suivi qui servent à contrôler la mise en œuvre de la Déclaration UNDROP à tous les niveaux. Saluons encore le RADD et ses partenaires qui, dans cette optique, ont à la faveur de la FOSPAC3 élaboré la « 𝘿𝙚́𝙘𝙡𝙖𝙧𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙙’𝙀𝙨𝙨𝙚́, » amendée ensuite à Nanga Eboko, et dont on attend une appropriation par les participants à la présente édition et un plaidoyer auprès des gouvernants.Ils devront aussi s’inspirer du prototype de Loi sur la reconnaissance des SSP initié par 𝐀𝐅𝐒𝐀 en vue d’une action internationale.

Soulignons que 121 Etats, avaient voté en faveur de l’adoption de cette Déclaration parmi lesquels la Côte d’Ivoire🇨🇮, le Gabon🇬🇦, la RCA🇨🇫, le Mali🇲🇱, la RDC🇨🇩, le Congo🇨🇬, le Bénin🇧🇯, et l Tchad🇷🇴.

Malheureusement , le Cameroun 🇨🇲🇨🇲 s’était aligné avec les 54 Etats qui avaient opté pour l’abstention.

Néanmoins, 𝐆𝐃𝐀 ( Green Development Advocates ) a initié en juillet 2023 un plaidoyer appelant l’État à intégrer cette résolution dans son corpus juridique.

3. L’ 𝑼𝑷𝑶𝑽

Elle apparaît ici comme l’intrus du fait qu’elle prend à revers les actes du TIRPAA et de L’UNDROP.

L’UPOV ou l’Union internationale pour la Protection des Obtentions Végétales, et dont le siège est à Genève, est une organisation intergouvernementale créée en 1961.Très souvent connue sous le nom de la Convention UPOV, elle est néfaste aux droits des paysans sur la semence.

Elle compte 79 membres où figurent très peu d’Etats africains, pour ne pas dire aucun. Ils ont mis en place 2 cadres règlementaires distincts sur l’obtention végétale :

– un pour les semences commerciales

– un pour les systèmes Semenciers Paysans.

Ceci a abouti à la mise sur pied du Certificat d’Obtention Végétale. Relevons que l’obtention végétale est une variété végétale créée par l’homme grâce à la biotechnologie. Le système de protection végétale s’applique à l’ensemble du règne végétal. Les variétés sauvages en sont exclues.

Toutefois, si l’homme apporte une amélioration à cette variété sauvage, l’obtention peut être protégée.

Pour bénéficier d’une protection, une variété doit être nouvelle, distincte , homogène et être désignée par une dénomination appropriée. On parle alors des critères 𝐃𝐇𝐒.

Pour terminer, notons qu’il y a une différence entre 𝒍𝒆 𝑪𝒆𝒓𝒕𝒊𝒇𝒊𝒄𝒂𝒕 𝒅’𝑶𝒃𝒕𝒆𝒏𝒕𝒊𝒐𝒏 𝑽𝒆́𝒈𝒆́𝒕𝒂𝒍𝒆 ( 𝑪𝑶𝑽 ) et le Brevet . Contrairement au COV, le Brevet ne s’adapte pas au vivant ainsi qu’à sa spécificité ; il ne permet pas d’avoir accès aux ressources génétiques de la plante et donc ne permet pas de ressemer ses propres semences.

Le 𝑪𝑶𝑽 permet d’assurer à son obtenteur un monopole d’exploitation de la variété protégée pendant 30 ans, mais autorise l’utilisation de cette variété protégée pour en sélectionner une nouvelle et la commercialiser si elle est suffisamment distincte.

Chers participants à la 𝗙𝗢𝗦𝗣𝗔𝗖𝟰 voilà quelques pistes de réflexion pouvant vous permettre de mieux suivre les experts pendant leurs présentations.Vous pourrez alors faire des interventions pertinentes.

Compilé par 𝘿𝙧 𝙃𝙪𝙗𝙚𝙧𝙩 𝙈𝙀𝙉𝙔𝙄𝙀́ 𝙈𝙀𝙎𝙎𝙄,

𝗖𝗼𝗺𝗺𝗶𝘀𝘀𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗮𝗱𝗷𝗼𝗶𝗻𝘁𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗙𝗢𝗦𝗣𝗔𝗖, 𝐑𝐀𝐃𝐃.

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RAPPORT D’ACTIVITÉS DE LA 3 ÉDITION DE LA FOIRE DES SEMENCES PAYSANNES DU CAMEROUN


La 3e édition de la Foire des Semences Paysannes du Cameroun (FOSPAC 3) sur les droits des agriculteurs s’est tenue dans l’arrondissement d’Esse – département de la MEFOU et AFAMBA, du 24 au 26 février 2023, sous le thème « Encourager, Orienter et Promouvoir la concrétisation des Droits des Agriculteurs sur les Semences ».

Organisée par le Réseau des Acteurs du Développement Durable (RADD), dans le cadre de la dynamique de valorisation des Systèmes Semenciers Paysans (SSP) et de l’accès de tous les agriculteurs aux semences paysannes en qualité et en quantité pour plus d’autonomie dans leurs exploitations familiales, elle a rassemblé 250 exposants de 8 régions du Cameroun et 2 pays de la sous-région d’Afrique centrale, auxquels se sont joints quelques 2000 visiteurs. La FOSPAC 3 visait à mobiliser les acteurs du monde rural, les OSC, les producteurs, les consommateurs, les différentes strates de la société et le gouvernement camerounais pour exiger l’élaboration, l’adoption et la publication d’une loi sur les droits des agriculteurs à disposer librement des semences paysannes et reconnaissant les savoirs traditionnels ( systèmes semenciers paysans), tout comme il existe de façon formelle une loi qui promeut les semences commerciales et tous leurs intrants.