Catégories
Non classé Promotion des systèmes semenciers paysans

CAUSERIES PAYSANNES A FOTOUNI : Conserver les Semences Locales pour une Agriculture Durable et Résiliente.

Le 23 juillet dernier, le groupement de FOTOUNI,  niché au cœur du Département du Haut-Nkam, dans la région de l’Ouest du Cameroun, a été le théâtre d’un événement majeur pour le développement agricole local : Les Causeries Paysannes. Organisées par le Réseau des Acteurs du Développement Durable (RADD), cette rencontre cruciale s’est déroulée sous le thème percutant : « Pour des semences paysannes caractérisées et productives». Cette activité a réuni une centaine de personnes constituée des agriculteurs, experts agronomes, chercheurs, et acteurs de la société civile, représentants des autorités locales et surtout la présence active du roi  des Fotouni, sa Majesté FONDJO, 12è roi de la dynastie. Tous animés par la volonté commune de valoriser et de renforcer les semences locales, considérées comme le pilier de la souveraineté alimentaire, nutritionnelle et de la résilience agricole face aux défis actuels.

Un Contexte Crucial : La Sauvegarde d’un Patrimoine Agricole Vital.

Les semences paysannes représentent un héritage inestimable, fruit de générations de savoir-faire transmis de bouche à oreille, de main en main. Elles sont l’expression vivante d’une sélection ancestrale, adaptée aux spécificités des terroirs, aux conditions climatiques locales changeantes et aux préférences culturelles des communautés. Ces semences incarnent la biodiversité agricole, en offrant une résilience naturelle aux maladies endémiques et une adaptabilité précieuse face aux aléas environnementaux que présentent les changements climatiques actuels.

Cependant, l’avènement de l’agriculture industrielle, la promotion agressive de semences hybrides et génétiquement modifiées, et la commercialisation croissante des intrants ont exercé une pression considérable sur ce patrimoine. De nombreuses variétés locales ont disparu, entraînant avec elles une partie du savoir-faire paysan et une érosion génétique préoccupante. Cette tendance met en péril non seulement la diversité agricole, mais aussi la souveraineté alimentaire des communautés. C’est dans l’optique de faire renaître ce patrimoine génétique local en voie de disparition que le RADD, organisation de la société civile camerounaise s’est lancée depuis 2020, dans la Promotion des Systèmes Semenciers Paysans (PSSP) à travers plusieurs initiatives telles que : les plaidoyer, les Causeries Paysannes (CP) le tout couronnée par l’organisation chaque année, la Foire des Semences Paysannes du Cameroun ( FOSPAC) mutée en Foire des Semences Paysannes de l’Afrique Centrale (FOSPAC) en sa cinquième édition. Entre les différentes éditions des FOSPAC, le RADD a pensé à regrouper régulièrement dans une localité motivée tous les acteurs impliqués dans ce processus pour  continuer des discutions autour d’un thème en vue de maintenir la flamme d’où la tenue des Causeries Paysannes.

Le choix de FOTOUNI pour abriter les CP

La zone des hauts plateaux qui couvre les régions  de l’Ouest et du nord Ouest au Cameroun est fortement impliquée dans la promotion agressive de semences hybrides. La commercialisation et  l’utilisation croissante des intrants chimiques de synthèse dans cette partie du pays donc le but principal est la recherche effrénée de la production ont et continue d’exercer une pression considérable sur le patrimoine génétique local dans cette zone depuis des décennies en dépit des conséquences multiples que ces produits entraînent. C’est pour renverser la tendance que, la MFR ( Maison Familiale Rurale de de Tchoufie) dans le groupement de Fotouni, région de l’Ouest a pris conscience de cet état de choses a commencé à travailler et développer l’ agro écologie. Entre temps, les membres de la MFR et le RADD ont développé des partenariats qui ont abouti à des visites mutuelles, et la participation active de la MFR à la formation des leaders ruraux sur la gestion des CSP tenue à Essé en novembre 2024 et à la FOSPAC6. Le dynamisme et la volonté manifeste de son Responsable administrative chargée de la communication en la personne de Mlle Sorelle de voir sa localité accueillir une activité du RADD et abriter une CSP, d’où le choix de FOTOUNI accueillir lesdites CP qui ont eu pour objectif fondamental : Renforcer les capacités des producteurs dans la promotion des systèmes semenciers paysans, en mettant l’accent sur la caractérisation des semences paysannes pour leur préservation durable, levier d’une agriculture durable et de la souveraineté alimentaire afin d’inverser cette dynamique sur les semences conventionnelles et leur corolaire, et de redonner aux semences paysannes la place centrale qu’elles méritent dans les systèmes agricoles contemporains.

Entrée de la chefferie de Fotouni

Une Journée d’Échanges Fructueux et d’Apprentissages Concrets.

La journée a démarré sous une fraîcheur glaciale, mais dans une atmosphère de convivialité d’enthousiasme et de fête. La mise en place, l’arrivée et l’installation des participants et des exposants sur les tables qui leur ont été dédiées. La délégation venue de Yaoundé arrivée à la veille était constituée des responsables des CSP déjà créés et les membres du RADD a bénéficié d’une visite guidée dès les premières heures de la matinée pour visiter les installations et des réalisations de la MFR sous la houlette de son Président en matière de réalisations agroécologiques notamment sur l’élevage des porcs , lapins, des escargots, des hannetons,   l’agriculture, les fabrications des bio-intrants.  Pendant cette visite de terrain, les échanges entre les participants ont été très fructueux.

Participants attentionnés lors des exposés

La suite des activités s’est déroulée dans la salle des fêtes du CODEFO ( Comité de Développement de Fotouni). Après l’accueil et l’installation des autorités compétentes, l’exécution de l’hymne national s’en est suivie puis la  prise de parole où nous avons eu l’intervention de :

–          La Directrice de la MFR de TCHOUFIE qui a souhaité la bienvenue aux participants tout en insistant sur le choix porté sur la structure dont elle est la directrice pour organiser au niveau local lesdites CP ;

–          Le Secrétaire Général du CODEFO (comité de développement de Fotouni) ;

–           La Secrétaire Général d’ACODEB ;

–          Le RADD

–          Le Délégué d’arrondissement de l’agriculture et du développement rural de Bandja.

Tous ont exprimé leur gratitude au RADD. Dans leur différente prise de paroles, ils ont présenté les structures dont ils représentent, leur objectifs missions . Ils ont prié les participants d’être attentifs aux travaux.

Après avoir suivi les différentes allocutions,  Monsieur Yene Hervé au nom du RADD a remercié les organisateurs pour l’accueil chaleureux qui  a été réservé à toutes les délégations qui ont fait le déplacement. Il a ensuite présenté  clairement le RADD et ses différentes missions en insistant sur les quatre axes d’actions ou programme sur lesquels il travaille tant au niveau national, régional voire international. Il a rappelé à l’assistance que c’est sur le cadre du programme de promotion des systèmes Semenciers Paysans que nous sommes rassemblés à Fotouni.

Quelques temps après, le chef de Fotouni a rejoint l’assemblée. Après lui avoir fait un bref résumé de toutes les articulations depuis la matinée, il a été invité à prononcer son mot.

Dans sa prise de parole, le Roi des Fotouni a remercié toutes les délégations présentes pour avoir fait le déplacement pour Fotouni, en indiquant que Fotouni est actuellement la capitale mondiale des semences paysannes car, tous les regards des acteurs du monde rural sont tournés vers sa localité, puis a montré tout son intérêt pour cette thématique très importante et actuelle . Il reste attaché et adhère à toutes les initiatives et les valeurs de promotion d’ une agriculture durable et saine. À la suite de ses prédécesseurs, il a invité les participants à être attentifs aux enseignements qui seront discutés. En langue maternelle pour une meilleure compréhension, il s’est entretenu avec les siens et demandé à l’équipe de coordination qui sera installée à faire de la case semence paysanne de Fotouni, une référence. Il a, à la fin de ses propos déclaré ouvertes, les Causeries Paysannes de Fotouni.

Une exposition de SP grandeur nature et visite de stands

Après la phase de photos de famille, la visite guidée des stands a commencé sous le regard vigilant et attentif du roi des Fotouni et sa suite. D’étals en étal, le chef a visité et les visiteurs ont touché, écouté posé des questions aux exposants venus des huit CCSP, des partenaires, tels que INADES FORMATION-Cameroun, CPF de Mbouo, de la MFR et experts sur tous les aspects liés aux SP. On y trouve sur les tables, les différentes spéculations : des graines et pépins conditionnés différemment certains dans des bocaux, d’autres dans les sachets, du papier et autres bouteilles ; des épis de maïs multicolore, des boutures, des fruits, des plants de plusieurs essences et certains produits transformés issus de ces semences. Cette diversité Semencière ou a dénombré une certaine de variétés a donné un éclat particulier à cette articulation qui s’est achevée par une pose de sa Majesté ou il ‘S’Engage dans la PSSP.

Ateliers Pratiques de caractérisation et restitution s.

L’après-midi a été consacré à des ateliers pratiques, permettant aux participants d’appliquer concrètement les connaissances acquises. Quatre groupes d’atelier ont été formés pour travailler sur les techniques simples de caractérisation. Cela a permis aux paysans d’apprendre à observer et à noter les caractéristiques morphologiques des plantes (taille, forme des feuilles, couleur des fleurs), leur résistance aux ravageurs et maladies, et leur comportement face à la sécheresse. Ces données, une fois compilées, constituent une base précieuse pour prendre des décisions éclairées sur les semences à conserver, multiplier et diffuser. L’accent a été mis sur quatre spéculations à savoir : le maïs, l’arachide, le Folong ( Amarante) et la tomate 🍅 cerise.

Lors de la restitution des travaux en groupes, d’autres méthodes de conservation des semences ont été énumérés. Les participants ont appris à des astuces de stockage , sélection, conditionnement simples mais efficaces des semences paysannes en utilisant des matériaux locaux pour protéger les semences de l’humidité, des rongeurs et des insectes. L’importance du séchage adéquat avant le stockage a été également soulignée.

Les échanges ont été particulièrement riches lors des sessions de questions-réponses et des débats. Les agriculteurs ont exprimé leurs préoccupations . Les experts présents  et les représentants du RADD sous la coordination de Mme Akono qui a animé cette session ont apporté des éléments de réponse et des pistes de solution.

Des Témoignages Inspirants des responsables des CSP

Un moment fort de ces causeries a été la série de témoignages poignants de paysans et paysannes qui ont réussi à préserver et à valoriser leurs propres variétés de semences. Il s’agit  des responsables des CSP de Mvogzé, Essé ville, Mbenoa, Matomb, Bikok Nanga-Eboko Mvan et de Mgbwakomba. Tour à tour, chacun des leaders s’exprimait à propos. Les déclarations ayant plus attirées notre attention restent celle de

Mme Olinga Léonie, agricultrice chevronnée de Mbenoa a raconté avec passion comment sa famille a conservé une variété de d’arrachide depuis plusieurs décennies et particulièrement adaptée aux sols , affichant un rendement stable même en période de pluies irrégulières. Son témoignage a mis en lumière l’importance de la transmission intergénérationnelle du savoir-faire et la passion inébranlable pour la terre.

Madame la SG de la CSP de Mvogzé, agricultrice et  productrices des arachides, a partagé son expérience sur la production des arachides, comme leurs Semences phares dans leur banque communautaire. Grâce à cette initiative, elles ont pu collecter et conserver une quinzaine de variétés d’arachides qu’elles échangent régulièrement  en leur apportant un revenu réel et réduisant ainsi leur dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs et renforçant l’autonomie de leur communauté. Ces témoignages n’ont pas seulement inspiré ; ils ont prouvé que la valorisation des semences paysannes n’est pas une utopie, mais une réalité tangible et un chemin concret vers l’autonomie et la résilience agricole. Ils ont également souligné le rôle crucial des femmes dans la conservation et la gestion des semences paysannes dans la localité.

Installation du Comité de gestion de la CSP de Tchouvie- Fotouni.

Pour passer de la parole à l’acte, le comité de gestion de la CSP de Fotouni a été installé. En amont, une présentation générale sur la nécessité d’une CSP , le rôle, les missions et la gestion de celle-ci a été faite par Mme Akono, coordinatrice des CSP au sein du RADD. Elle a également défini clairement le rôle et les missions de chacun des membres du bureau de gestion qui est composé pour un départ de cinq responsables à savoir :

–          Une Présidente ;

–          Une SG ;

–          Une trésorière ;

–          Un animateur ;

–          Un chargée de communication.

En prenant leur fonction, les responsables ont été appelés à se mettre résolument au travail en mettant l’accent sur la sensibilisation continuelle afin de rendre vivante cette première CSP créée dans la zone des hauts plateaux de l’Ouest du Cameroun. Progressivement , le bureau se fera complété a souligné Mme Akono.

Vers une Agriculture Durable et la Souveraineté Semencière et alimentaire

Les Causeries Paysannes de FOTOUNI ont clairement mis en lumière la nécessité d’une approche holistique pour la promotion et la protection des semences paysannes. Au-delà des aspects techniques et agronomiques, il s’agit d’un enjeu majeur de souveraineté alimentaire, de préservation de la biodiversité et de justice sociale. Les semences paysannes ne sont pas de simples intrants agricoles ; elles sont un patrimoine commun, un héritage culturel et une garantie pour l’avenir des communautés.

L’initiative du RADD à FOTOUNI a démontré de manière éloquente que les solutions aux défis agricoles ne résident pas toujours dans les systèmes complexes et coûteux prônés par les multinationales , mais souvent dans la valorisation des savoirs ancestraux et l’autonomisation des communautés rurales. Les semences paysannes, une fois caractérisées et bien gérées pour leur productivité, sont le socle d’une agriculture résiliente, capable de nourrir durablement les populations et de préserver les écosystèmes fragiles.

Vers une souveraineté alimentaire

Conclusion :

En clôturant cette journée mémorable, les représentants du RADD ont salué l’engagement exemplaire de tous les participants et surtout la forte mobilisation des participants et surtout l’implication personnelle de l’autorité traditionnelle et ont réaffirmé l’importance de poursuivre ces efforts de sensibilisation, de formation et de plaidoyer. Les Causeries Paysannes de FOTOUNI ne sont pas une fin en soi, mais un jalon important. Elles appellent à une mobilisation continue pour que les semences paysannes retrouvent leur place d’avant et légitime au cœur des systèmes agricoles dominés par les systèmes conventionnels, garantissant ainsi un avenir où l’alimentation est non seulement abondante, mais aussi saine, diversifiée et issue d’un respect profond de la terre et de ses gardiens, les paysans. Le message est clair et retentissant : protéger les semences paysannes, c’est protéger notre avenir, notre souveraineté et notre culture.

On pouvait également lire les différents messages sur les pancartes portés par les participants : « Souveraineté Semencière et alimentaire, mère de la souveraineté politique » ; Soyons souverains de notre alimentation ! Semence paysanne, notre identité ; stop UPOV…

Le succès de cette initiative à FOTOUNI ouvre la voie à d’autres actions similaires et sollicitations à travers la région et le pays, démontrant que les communautés, avec le bon accompagnement et les bonnes informations, sont les véritables acteurs de leur propre développement agricole et de leur souveraineté alimentaire.

Catégories
Non classé

Rencontre de sensibilisation des journalistes sur la transformation durable des systèmes alimentaires

Sur invitation de la CNOP-CAM, en partenariat avec l’AFSA, le RADD a activement pris part à la rencontre de sensibilisation des journalistes et communicateurs sur leur rôle dans la transformation durable des systèmes alimentaires, tenue le 21 août 2025 au siège de la CNOP-CAM à Yaoundé.

Cette rencontre avait pour objectifs :

  • d’échanger sur l’importance et le rôle des professionnels des médias et des communicateurs des OSC engagés dans la promotion de l’agroécologie, notamment dans le processus de transformation durable des systèmes alimentaires ;
  • de contribuer à l’élaboration d’une politique alimentaire durable et culturellement adaptée ;
  • de présenter les actions menées en lien avec la thématique de la rencontre ;
  • d’apporter des contributions concrètes à l’élaboration et à l’appropriation des politiques publiques relatives aux systèmes alimentaires durables et à l’agroécologie ;
  • de partager les outils, canaux de communication et ressources multimédias développés dans ce domaine.

Cette initiative s’inscrivait dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Transformer le système alimentaire africain vers la durabilité » (TAFS), lancé par l’AFSA en novembre 2022, sous le slogan « Mon alimentation est africaine ».

Une vingtaine de participants issus de divers organes de presse et d’organisations de la société civile ont pris part aux travaux. Ils ont été invités à présenter leurs activités en lien avec la promotion des systèmes alimentaires durables et de l’agroécologie, ainsi que les différents canaux de diffusion utilisés.

Mme Atangana Joséphine, représentante personnelle de la Présidente de la CNOP-CAM (empêchée), a introduit les échanges par un exposé sur les 13 principes de l’agroécologie.

Pour sa part, le RADD a présenté ses actions en faveur des systèmes semenciers paysans, notamment :

  • les Causeries Paysannes,
  • les Foires de Semences Paysannes de l’Afrique,
  • les Foires de Semences Paysannes de l’Afrique Centrale (FOSPA),
  • la transformation et la modernisation des modes de consommation des produits locaux issus de l’agroécologie,
  • les actions de plaidoyer auprès des décideurs,
  • ainsi que la diffusion des techniques de production d’intrants biologiques.

À l’issue des travaux, un réseau de journalistes et communicateurs a été mis en place. Il aura pour vocation de relayer, à travers ses membres, les informations sur les projets agroécologiques et leurs réalisations, en s’appuyant sur les différents canaux de diffusion disponibles grâce aux partenariats établis.

Catégories
Justice Climatique et Promotion de l'Agroécologie Non classé Promotion des systèmes semenciers paysans

Compte Rendu de l’Atelier de Formation sur les Intrants Biologiques et la Gestion des Semences Paysannes à Mgbwakomba

Date : 27 juin 2025

Lieu :Mgbwakomba, arrondissement de Nanga-Eboko, Haute-Sanaga

L’atelier de formation sur les intrants biologiques ainsi que la sélection et la conservation des semences paysannes s’est tenu le 27 juin dernier dans la localité de Mgbwakomba, dans l’arrondissement de Nanga-Eboko, Département de la Haute-Sanaga.

Cette activité, qui entre dans le cadre du renforcement des capacités des cases de semences paysannes, a été initiée par le RADD (Réseau des Acteurs du Développement Durable) dans le but de promouvoir les systèmes semenciers paysans, l’agroécologie et les systèmes alimentaires durables. Elle a rassemblé une quarantaine de participants venus de plusieurs villages du Groupement de Biboa.

Il est important de souligner que le Groupement de Biboa est une zone essentiellement agricole où l’on cultive principalement des cultures vivrières pour la consommation familiale, et surtout du maïs pour les besoins économiques.

Malheureusement, la culture du maïs y est confrontée à un sérieux problème : l’utilisation massive de pesticides et d’autres intrants chimiques de synthèse, censés booster la production. Ces produits ont des conséquences néfastes sur l’environnement, la santé des agriculteurs et des consommateurs, et entraînent une érosion progressive des systèmes semenciers paysans. Pour apporter une solution durable à cette situation devenue alarmante, cet atelier sur la production des bio-intrants a été initié.

 Objectifs de la Formation :

  • Restituer la formation reçue par les leaders ruraux sur la gestion des Cases de Semences Paysannes (CSP), la sélection et la conservation des semences.
  • Renforcer les capacités des petits producteurs sur les techniques de production et d’utilisation des intrants biologiques ;
  • Sensibiliser et informer les participants sur les dangers liés aux produits chimiques de synthèse.
  • Mettre en place un comité de gestion de la Case de Semences.

Déroulement de l’Atelier

Animation par les membres de la CSP

 a) Phase protocolaire

La journée a débuté par le protocole usuel : arrivée et enregistrement des participants, prière, suivis des discours de bienvenue et de la présentation des participants. Le représentant du chef du village de Mgbwakomba a souhaité la bienvenue à l’équipe du RADD, la remerciant d’avoir bravé les difficultés du voyage pour venir éclairer ses populations. Il a également remercié les participants pour leur présence.

À la suite du chef de village, Mme AKONO Suzanne, cheffe de la délégation du RADD et coordinatrice des Cases de Semences Paysannes, a présenté l’association, ses objectifs et ses quatre axes d’action : l’accompagnement des communautés riveraines des agro-industries, le programme d’autonomisation économique de la femme, la justice climatique et, notamment, le Programme de Promotion des Systèmes Semenciers Paysans (PPSSP), qui était le sujet de cette rencontre.

Les participants, en se présentant, ont exprimé leurs attentes pour cette activité, notamment le désir d’apprendre à fabriquer des herbicides naturels.

Après cette phase protocolaire, l’activité a pu commencer. Elle était divisée en deux parties.

 b) Phase théorique

Cette partie a consisté en la restitution de la formation des leaders ruraux sur la gestion des Cases de Semences Paysannes, la sélection et la conservation des semences paysannes. Il a été rappelé que la formation d’Essé, en novembre 2024, avait rassemblé de nombreux participants et formateurs, certains venus du Bénin. Durant une semaine, les apprenants ont été formés sur plusieurs thématiques : la gestion des cases communautaires de semences paysannes, les lois régissant l’activité semencière, la sélection et la conservation des semences paysannes, et les Systèmes Participatifs de Garantie (SPG).

La phase théorique a également abordé la présentation des engrais biologiques, soulignant leurs avantages sur l’environnement, la santé et l’économie, par opposition aux intrants chimiques de synthèse. Des séances de questions-réponses et une pause musicale ont animé cette première partie de la journée.

Explications théoriques du dispositif de fabrication d’intrants biologiques

 c) Phase pratique

De retour de la pause, l’atelier pratique a débuté, axé sur la fabrication du purin de 21 jours et du bio-régulateur à large spectre.

Quelques plantes utilisées

Les participants ont appris à utiliser des matières premières telles que :

Matériel : un fût, une fiole, de la colle Tangit, des ciseaux, de l’eau.

Ingrédients : 1 kg d’ail, 1 L de mélasse, divers yaourts, de l’urine de lapin, un mortier, un pilon, des machettes, des couteaux, une bassine, une bâche, 60 L d’eau, 0,5 kg de feuilles de Vernonia , 0,5 kg de feuilles de Tithonia, 0,5 kg de fougère, 0,5 kg de citronnelle, 0,5 kg d’aloès vera, 0,5 kg de feuilles de papayer, 0,5 kg de feuilles de dartrier, 0,5 kg de feuilles d’ortie et des feuilles de tabac sèches.

Phase pratique

Formation du Comité de Gestion de la Case

Les participants ont ensuite été invités à former un comité de gestion de la Case. Après discussion, le consensus a été de mettre en place un bureau composé des membres suivants :

* Une présidente

* Un secrétaire général

* Une trésorière

* Une animatrice

* Une chargée de communication

* Un superviseur

* Deux conseillers, dont le chef du village de Mgbwakomba et le chef de Nyaminkang.

Comité de gestion de la CSP

 Conclusion de l’Atelier

Mme AKONO Suzanne, chargée du suivi des CSP au sein du RADD, a invité la nouvelle équipe à se mettre au travail pour dynamiser la Case et a exhorté les participants à mettre en pratique les enseignements reçus. Le chef de Mgbwakomba a remercié le RADD d’avoir choisi son village pour accueillir cette activité et a émis le souhait de mobiliser les ressources nécessaires pour continuer à renforcer les capacités de ses populations.

La journée s’est terminée par une série de photos de famille et un repas communautaire. L’équipe du RADD a regagné Yaoundé le lendemain matin après une soirée conviviale.

Photo de famille
Catégories
Défense des droits des femmes Promotion des systèmes semenciers paysans

LES LEADERS RURAUX ET LES REPRÉSENTANTES DES RIVERAINES DES AGRO-INDUSTRIES RENFORCENT LEURS CAPACITÉS SUR LA COMMUNICATION LE LOBBYING ET LE PLAIDOYER.

Les riveraines des agro-industries et les responsables des cases de semences paysannes jouent un rôle important dans la promotion de l’agriculture durable, la souveraineté alimentaire et nutritionnelle, ainsi que dans la défense des droits des communautés locales impactées par les industries extractivistes. Cependant, ils sont souvent confrontés à des défis pour communiquer efficacement avec les communautés locales, les décideurs politiques et les autres parties prenantes. L’utilisation efficiente des outils de communication modernes peut aider ces entités à améliorer la communication et à renforcer leurs capacités dans le développement de leurs activités agricoles, notamment la promotion des systèmes semenciers paysans (PSSP) et la défense de leurs droits bafoués par les entreprises qui ont accaparé leurs terres.

C’est dans cette dynamique que le RADD, qui accompagne depuis plusieurs années ces communautés, et en partenariat avec Journalists For Earth (J4E), ont initié une série de formations pour le renforcement des capacités des leaders ruraux et responsables des associations des riveraines des agro-industries sur les outils modernes de communication et sur les stratégies de communication, de lobbying et de plaidoyer en matière de justice climatique. Ces ateliers, qui se sont tenus à Yaoundé du 10 au 13 juin dernier, ont rassemblé une quarantaine de participants.

Dans un premier temps, les participants ont été outillés sur les applications de communication telles que WhatsApp, Facebook et les moteurs de recherche tels que Google pour partager leurs informations sur leur communauté et sur leurs activités de promotion des cases de semences paysannes et faire des recherches. Les travaux pratiques de cette formation ont été ponctués par des séances de paramétrage des outils nouvellement reçus, l’activation et l’ouverture des pages Facebook, des comptes WhatsApp et Gmail, ainsi qu’un exercice pratique de recherche sur Meta qui a suscité une grande attention des apprenants.

Au terme des travaux de Mvolye, les participants ont reçu des outils de communication et de travail constitués de téléphones portables et d’ordinateurs pour continuer leurs activités sur le terrain.

Pendant les travaux de Mvolye, les femmes ont été sensibilisées et informées afin de rejoindre le Mouvement mondial des femmes. On retiendra que c’est un rassemblement des femmes du monde entier qui a pour objectif de mener des plaidoyers et d’autres revendications contre toutes formes d’injustices et de violences faites aux femmes à travers le monde.

Ainsi, au cours de ces assises, les participantes ont montré leur intérêt à se joindre aux autres femmes. Pour le manifester, elles ont décidé de marcher pour exprimer leur adhésion à cette dynamique lancée par les femmes de Saraouie. Ainsi, elles ont marché pour dire non à la pauvreté ambiante, les guerres, la famine, les violences envers les femmes, pour la justice climatique et contre les industries extractivistes.

À la suite du RADD, J4E a formé du 12 au 13 juin ces participants sur les stratégies de communication, de lobbying et de plaidoyer performantes en matière de justice climatique. Au cours des travaux, les participants ont été imprégnés sur l’élaboration des plaidoyers et la prise de parole en public en vue de la défense de leurs droits.

photo de famille avec J4E

Au terme de ces deux jours de travaux, qui ont été ponctués par des activités pratiques et des restitutions en ateliers, les apprenants ont reçu des attestations de fin de formation.

Mme NGOBO, Secrétaire exécutive du RADD et Mme ABILOGO Edith, Secrétaire exécutive de J4E, ont exhorté les participants à mettre en pratique les connaissances acquises et surtout à utiliser le matériel reçu à bon escient pour la promotion des systèmes semenciers paysans et la défense de leurs droits.

Les apprenants, quant à eux, ont exprimé leur profonde gratitude à l’endroit du RADD et de J4E pour ces grands moments de renforcement des capacités et les dotations. Ils ont promis d’en faire bon usage et ont émis le vœu de voir les formateurs sur le terrain dans leurs différentes localités pour un suivi de proximité qui permettra de relever les difficultés rencontrées. C’est dans une ambiance bon enfant que cette série de quatre jours consécutifs de renforcement des capacités des acteurs ruraux, des représentantes des riveraines des agro-industries et autres leaders des associations locales s’est clôturée.

Catégories
A la Une Promotion des systèmes semenciers paysans

Sensibilisation FOSPAC 4 à Essé du 21 au 23 décembre 2023

Catégories
Défense des droits des femmes Médias Photos

TOUR PLANTATION: Informer, sensibiliser les riveraines des agro-industries sur leurs droits (décret N°2022/5074/PM du 04/07/2022)

Catégories
Non classé

Tour plantations 2023: étape de Mbandjock

Catégories
Promotion des systèmes semenciers paysans

Case de semences de Mvog-zé

La localité de Mvog-Zé se situe à 12 km du chef-lieu de l’arrondissement d’Esse, département de la Mefou et Afamba, dans la région du Centre Cameroun. Elle abrite une case de semences paysannes constituée d’une soixantaine de femmes spécialisées dans la production des semences d’arachides (Nsoh-kono et Ngoan manga), en maïs multicolore (violet, noire, rouge, blanc, jaune etc.). Ces dynamiques femmes produisent également diverses variétés de semences (manioc, banane plantain, macabo etc.). Elles sont engagées dans un processus de revalorisation des semences jadis en voie de disparition pour construire leur autonomie de façon durable dans l’accès à la semence de qualité.

Les activités de la case de semences

Catégories
Photos Promotion des systèmes semenciers paysans

Semences RADD

Catégories
Photos

Formation sur le droit de dire NON! Juin 2023