Catégories
Défense des droits des femmes Non classé

RAPPORT DE LA CARAVANE DE SENSIBILISATION SUR L’ACCAPARAMENT ET LE BRADAGE DES TERRES COMMUNAUTAIRES A BIKOUE

Et si défendre la terre, c’était défendre la vie ? À Bikoué, une mobilisation forte des communautés riveraines met en lumière les réalités de l’accaparement foncier et les alternatives portées par l’agroécologie. Retour sur une journée riche en émotions, en apprentissages et en engagements.

Catégories
Non classé

RAPPORT DE SUIVI POST-DISTRIBUTION DE PLANTS DE REBOISEMENT

Le présent rapport constitue une évaluation post-distribution réalisée par L’AYEM (Association Yembarack En Marche), afin d’évaluer l’état des plants, l’appropriation de leur culture par les bénéficiaires ainsi que les impacts environnementaux et socioéconomiques de cette initiative.

Catégories
Non classé

RENFORCEMENT DES CAPACITES DES ORGANISATIONS PAYSANNES SUR LE PROTOCOLE ANNEXE DE LA ZLECAF RELATIF AUX DROITS DE PROPRIETE INTELLECTUELLE (DPI), AU SYSTEME MULTILATERAL (MLS), A L’ACCES ET AU PARTAGE DES AVANTAGES (APA) ET AUX INFORMATIONS SUR LE SEQUENÇAGE NUMERIQUE (INS)

Le lundi 20 Octobre 2025 dès 10h s’est ouvert l’atelier organisé par AFSA pour outiller les représentants des organisations paysannes venus de 10 pays d’Afrique Centrale sur un instrument en cours d’adoption le protocole sur les droits de propriété intellectuelle de la  Zone Africaine de  Libre Echange (ZLECAF), le système multilatéral (MLS) défini par le Traité International sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture (TIRPAA), le mécanisme d’Accès et de Partage des Avantages (APA) du protocole de Nagoya et les Informations sur le Séquençage Numérique (ISN). L’atelier qui s’est déroulé durant deux jours dans la salle de conférence de l’Hotel Paradisia de Cotonou avait pour objectif de renforcer les connaissances et les capacités de plaidoyer des organisations d’agriculteurs afin qu’elles puissent s’engager de manière éclairée et significative sur ces instruments et processus.

La première journée de l’atelier a débuté par l’accueil et l’installation de la trentaine de participants présents dans la salle, suivi d’un mot d’ouverture de M. FAMARA, coordonnateur de programme dans l’organisation AFSA en charge de l’organisation de l’atelier, et le mot de bienvenue de M. Patrice SAGBO qui a joué un rôle important de facilitateur pour la logistique. Par la suite, la parole a été donné à un responsable du Ministère de l’environnement du Bénin, Point Focal honoraire Bénin du TIRPAA pour le mot d’ouverture et de lancement officiel de l’atelier. Une fois le programme validé par tous les participants, on a procédé à la traditionnelle photo de famille suivi de la pause déjeuner.

De retour de la pause, les travaux ont pu débuter avec la première présentation de M. FAMARA sur les implications de la ZLECAF pour les systèmes semenciers paysans et la souveraineté alimentaire en Afrique.

La présentation s’adossait sur un rapport de AFSA publié en août 2024 intitulé « déballage du protocole de la ZLECAF sur les Droits de Propriété Intellectuelle (DPI) ». En résumé, la ZLECAF dont le texte a été ratifié par 54 Pays Africains est entré en vigueur le 21 mars 2018. Elle vise à stimuler le commerce intra-africain et la transformation économique à travers la création d’un marché unique de biens et de services libéré des droits de douane et des barrières non tarifaires.  Un tel marché représente une opportunité pour l’agriculture africaine car selon les prévisions, elle pourrait permettre de stimuler les échanges intra africain dans le marché agricole de 574% d’ici 2020, favoriser un marché unifié pour les intrants agricole et booster la recherche et le développement dans le domaine de l’agroécologie. Cependant de nombreux risques demeurent et génèrent des craintes pour les systèmes semenciers paysans et la souveraineté alimentaire en Afrique. Il s’agit de l’absence de cadre juridique unifié qui promeut et protège les droits des paysans sur leurs semences dans les pays africains, de l’absence d’un régime commercial simplifié et surtout adapté aux petits exploitants agricoles.

Pour ce qui est du protocole DPI, dans un sens, il représente une opportunité car il pourrait offrir plus de choix aux agriculteurs en termes de semences, sauvegarder les savoirs traditionnels associés aux semences paysannes, et renforcer le système de protection des semences et la souveraineté semencière puisqu’il oblige les obtenteurs à divulguer l’origine du matériel génétique qu’ils ont exploité. Cependant compte tenu du fait que l’Union de Protection des Obtentions Végétales et par extension l’ARIPO et l’OAPI ont largement façonné ce protocole, il est possible d’envisager qu’il va plus favoriser les entreprises semencières que les paysans. Ce d’autant plus que le protocole ne définit pas de manière précise les droits des paysans, ne les protège pas contre la biopiraterie et ne prévoit pas suffisamment de mécanismes de recours pour les communautés et les petits exploitants agricoles en cas de violation de leurs droits.

A la suite de M. FAMARA, le Dr. Mame Codou GUEYE, Chercheure à l’Institut Sénégalais de Recherche Agricole (ISRA) a fait une présentation sur la signification du protocole de la Zlecaf sur les DPI en matière de semences et résultats des consultations au Sénégal.

Le Dr GUEYE a introduit son propos en présentant de manière sommaire le système semencier du Sénégal qui est constitué à 80% de semences paysannes. Elle a rappelé l’importance des semences paysannes pour la souveraineté alimentaire et l’identité culturelle des communautés mais elle a pointé du doigt le fait ces semences sont exclues du cadre juridique défini par la Loi N°94-81 du 23 décembre 1994, relative à l’inscription des variétés, à la production, à la certification et au commerce des semences ou plants et ses trois décrets d’application (tous en date du 17 juin 1997) qui s’arriment à la règlementation de l’UEMOA et de la CEDEAO en la matière (resp. C/REG.4/05/2008, N°3/2009/CM/UEMOA), l’UPOV et l’OAPI avec le protocole DHS. Fort de ce constat et du fait pour que les semences paysannes passent d’un marché de niches à un marché industriel, elles doivent remplir des critères de qualité, elle a insisté sur l’importance de les identifier, caractériser et cataloguer selon un processus scientifique rigoureux. C’est dans ce sens que l’ISRA a entamé une étude visant à procéder au catalogage des semences paysannes suivant le protocole DHS défini dans la loi et approuvé par l’UPOV. Les expérimentations sur deux espèces, le fonio et l’aubergine africaine ont démontré que ces espèces sont distinctes, présentent une certaine homogénéité et elles sont stables. Le Dr a conclu qu’il est parfaitement possible d’inscrire les semences paysannes dans le même catalogue que les semences certifiées ce qui a suscité de vives réactions lors des échanges beaucoup estimant que c’était un peu plus déposséder les communautés locales de leurs semences. De manière générale, la création d’un système de d’identification, de caractérisation et de catalogage propre aux SSP a été beaucoup évoqué par l’assistance.

Par la suite, les participants ont pu également s’exprimer sur la proposition de AFSA en ce qui concerne le protocole ZLECAF avant de se rendre à la pause.  Elle s’articule en 5 points : la Reconnaissance des droits des agriculteurs au même titre que ceux des obtenteurs ; la préservation de la souveraineté des États et la protection des pays les moins avancés (PMA) ; l’inclusion des variétés paysannes et locales dans le système de protection (le point le plus contesté car il s’agit de s’arrimer au système UPOV) ; la limitation des restrictions et des sanctions à l’encontre des agriculteurs ; la transparence, le partage des avantages et la protection des savoirs traditionnels.

L’après-midi a été particulièrement chargée avec trois présentations successives. La première était une présentation par visioconférence du Dr. SOULAMA Soungalo sur le TIRPAA et les enjeux du Système Multilatéral (SM). Elle a été difficile à suivre en raison des lenteurs de la connexion internet qui ont affecté la qualité de la visioconférence toutefois il en ressort les éléments suivants :

  • Le système multilatéral du TIRPAA ne concerne que les Ressources Phytogénétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture (RPGAA) et repose sur l’interdépendance entre les parties à l’échelle nationale comme internationale.
  • Il met en commun 64 espèces dont 35 cultures et 24 fourrages définies à l’annexe 1 du TIRPAA.
  • L’accès aux ressources génétiques est facilité à travers le SM par deux instruments : l’Accord Type de Transfert de Matériel (ATTM) et l’Accord de transfert de Matériel (ATM).
  • Le système multilatéral est en voie d’amélioration. Un groupe de travail a été créé dans ce sens pour « instaurer une sécurité juridique, une simplicité administrative et une transparence pour tous les participants au Système multilatéral »
  • Ce groupe de travail s’est penché sur trois aspects : l’extension de l’annexe 1 du TIRPAA, la structure et le barème des paiements et l’Information de séquençage numérique.

L’intervention du Dr. a fait l’objet de quelques questions mais a dû être écourtée en raison des lenteurs de la connexion internet.

Le COPAGEN, représenté par Jean Paul SIKELI de la Côte d’ivoire, a une présenté sur les enjeux du mécanisme d’accès et de partage des avantages du protocole de Nagoya.

Les ressources génétiques sont vitales pour l’agriculture et toutes les activités apparentées. Elles sont liées à la culture et l’histoire des peuples.  Avant la Convention sur la Diversité Biologique, les ressources génétiques faisaient partie du patrimoine commun de l’humanité ce qui rendait leur accès libre et empêchait tout partage éventuel des avantages. Cela a été formalisé dans un texte non contraignant de la FAO intitulé l’engagement international, et a fait l’objet de tensions entre les pays du Nord utilisateurs et les pays du Sud détenteurs ressources génétiques. La CDB est venue marquer un changement majeur en proclamant la souveraineté des Etats sur leurs ressources génétiques. Elle reconnait également le rôle capital des communautés autochtones et locales sur la préservation des ressources génétiques et l’importance de valoriser les savoirs traditionnels. La CDB poursuit globalement trois objectifs : Conservation, utilisation durable des ressources et le partage juste et équitable des avantages (APA).

C’est ce dernier objectif qui justifie l’adoption du protocole de Nagoya qui vise à faciliter l’accès aux ressources génétiques au profit des chercheurs et autres sélectionneurs en quête de matériel génétique et garantir le partage juste et équitable des avantages qui découlent de leur utilisation. Concrètement le partage définit la relation entre l’utilisateur et le fournisseur. Pour exploiter le matériel génétique l’utilisateur doit obtenir Consentement préalable et éclairé donné en connaissance de cause qui prends la forme d’une autorisation délivrée par l’Etat. Par la suite, il doit convenir avec les communautés de Conditions Convenues d’un Commun Accord pour le partage juste et équitable des avantages générés à partir de cette utilisation. Ces avantages listés dans le protocole de Nagoya, peuvent être d’ordre monétaires comme non monétaires. Pour le formateur, les enjeux liés au mécanisme APA peuvent bénéfiques (Partage des redevances, le transfert de technologies, l’utilisation durable des ressources génétiques) mais ne sont pas à l’avantage des pays africains pour les raisons suivantes :

  • Obstacles liés à la capacité limitée des communautés autochtones et locales : marginalisation des communautés dans les processus de prise de décision, manque d’information à une information claire, documentation non accessible pour des raisons de langue,
  • Faible capacité institutionnelle des Etats
  • Risques de biopiraterie car le champ du protocole de Nagoya est très large

Pour conclure, L’APA est l’officialisation de la marchandisation du vivant. Il fonctionne comme un couteau à double tranchant. Ce qui pose de nombreuses questions quant à sa pertinence au niveau africain. Doit-on valider ce mécanisme en Afrique au vu des déséquilibre dans les rapports Nord-Sud ? peut-on les sacrifier sur l’autel du libre-échange ?

Pour le COPAGEN, les autorités des pays africains doivent assurer la préservation des ressources génétiques par des lois. Elles doivent exploiter l’ouverture de l’accord de Marrakech pour définir des systèmes de protection de ressources génétiques adaptées à nos valeurs. Elles doivent investir dans la recherche et développement au profit des CAL, dans la dynamique des rapports Sud-Sud.

Les réactions ont surtout souhaité relever le fait que le mécanisme APA n’est pas dénué d’intérêt pour les Etats Africains. Le problème se situe surtout au niveau de la disponibilité des fonds destinés au partage des avantages et de la redistribution équitable de ces avantages aux communautés.

La dernière présentation de la journée a été effectué par M. SILGA Lucien Omer Wendyahoda, du Burkina Faso. Il a entretenu l’assistance sur les enjeux sur les Informations de Séquençage numérique (DSI).

L’ISN (DSI) provient de la numérisation de l’information contenue dans le matériel génétique des organismes vivants (plantes, animaux, micro-organismes, etc.). Cette information correspond aux séquences d’ADN, d’ARN ou d’acides aminés, traduites en données numériques à l’aide de techniques de séquençage. Cette technique présente plusieurs enjeux au niveau scientifiques et technologiques ; économiques et stratégiques ; juridique et éthique ; politiques et géopolitiques. 

  • Au niveau scientifique et technologique les ISN favorisent le progrès scientifique et technologique à travers l’accélération de l’innovation et le partage des données ;
  • Au niveau économique et stratégique, elles entrainent une concentration du pouvoir technologique entre les mains des pays du Nord, la création d’un marché international de données génétiques et l’érosion du partage des avantages ;
  • Au niveau juridique et éthique, les ISN évoluent en l’absence de véritable régulation internationale ou nationale ce qui peut avoir un impact négatif sur les droits des agriculteurs et des communautés locales.
  • Au niveau politique et géopolitique, des tensions existent entre le Nord qui souhaite exclure les ISN de la CDB, et des mécanismes APA et le Sud qui souhaite qu’elles en fassent partie.

Pour SILGA, il faut une refondation du droit international de la biodiversité en définissant le statut juridique des ISN et une mise en œuvre des recommandations de la COP16 de la CDB en novembre 2024, qui avait abouti à l’adoption les modalités de mise en œuvre du mécanisme multilatéral de partage des avantages découlant de l’utilisation de l’information de séquençage numérique et du fonds y afférent dénommé fond Cali. Par ailleurs, Il faut que les Etats africains garantissent leur souveraineté sur ces données par la création des infrastructures adaptées de stockage et de séquençage des données et la maitrise de ces nouvelles technologies.

Les réactions, nombreuses malgré l’heure tardive, ont essentiellement porté sur l’urgence de se positionner en ce que concerne cette technologie qui représente un risque pour les droits des paysans et des communautés sur leurs semences étant que nos Etats n’en auront pas la maitrise et que le cadre international restera flou.

Avec cette dernière présentation s’est achevée la première journée d’atelier, extrêmement enrichissante.

Journée de clôture

La deuxième et dernière journée de l’atelier était consacrée aux actions à mener au niveau national et international. Elle a débuté par un partage d’expérience des points Focaux TIRPAA du Cameroun, du Niger et du Bénin sur ce qui se passe lors des réunions internationales. Ils ont surtout mis en avant le manque de préparation des Etats pour la participation à ces réunions internationales, le manque de ressources allouées aux points focaux que ce soit au niveau international ou au niveau national et les difficultés pratiques qu’il rencontre lors des négociations.

Par la suite, les participants ont été divisé en groupe de travail constitué selon la nationalité des participants. Ainsi nous avons rejoint le groupe composé des participants venus du Cameroun, du Tchad et de la République Centrafricaine, soit 5 personnes. Comme souvent nous avons été désignés rapporteur du groupe et les échanges ont duré 40 minutes.

Ci-dessous les résultats du groupe de travail qui ont été présenté et dont la majeure partie a été approuvé par AFSA et les autres participants.

PaysSituation-s à changer (problème-s)  Objectif-s  Activités  Responsable (s)
GROUPE CRT
Cameroun, République Centrafricaine et TchadProtocole DPI : Le monopole du système UPOV, ARIPO dans le marché de la ZLECAFLes dysfonctionnements de l’intégration sous-régionale    Protocole DPI : La promotion et la protection des systèmes semenciers paysans et l’équité dans les échanges au niveau sous-régionalProtocole DPI : Mettre en place des cases de semences paysannes et les banques de semence (a minima au niveau national)Organiser des foires semencières Mettre en place de comités paysans d’identification, de caractérisation et catalogage des semences Créer une base de données sécurisée sur les savoirs traditionnelles  RADD, PROPAC, AFSA, SWISS AID, PF TIRPAA (en appui), PF ZLECAF
   
MLS TIRPAA : La méconnaissance du MLS par les principaux acteurs (chercheurs, paysans) L’absence de répertoires actualisés des RPGAA disponiblesManque d’infrastructures de conservation (promouvoir les banques de semences communautaires et nationales)Faible partage des informations (traité et MLS) Le manque de financement (pour mener des actions communes et efficaces)Faible collaboration des administrations avec les organisations de la société civile et les communautés locales à la base Absence de mesures nationales pour la mise en œuvre du MLS   MLS TIRPAA Objectif 1 : Mettre en place des mécanismes de vulgarisation du TIRPAA (réunions, rapports, études, articles etc) Organiser les campagnes de sensibilisation auprès des instituts de recherche Objectif 2 : Plaider pour l’opérationnalisation du poste de point focal  Objectif 3 : Organiser des rencontres de concertation des acteurs impliqués dans la gestion des RPGAACréer de plateformes et de réseaux nationaux et sous régionaux  Plaider pour la révision des lois semencièresPF TIRPAA, RADD, PROPAC
APA NAGOYA Manque de clarté du mécanisme de partage des avantages Faible mise en œuvre globale du protocole au niveau national Manque d’efficacité du mécanisme de partage des avantages  APA NAGOYA Objectif 1 : Plaider pour la concrétisation des droits des paysans dans le cadre de l’APA (Campagne de sensibilisation, point presse etc.) Objectif 2 : Organiser des réunions avec les administrations pour attirer leur attention sur l’importance de définirdes mesures nationales (étude, rapports)RADD, AFSA
 DSI Organiser des sessions de formation à l’attention des administrations concernées sur l’INS et ses enjeux Encourager l’orientation de la recherche vers les DSI  RADD, PROPAC, PF TIRPAA (En appui)
DSI L’absence d’infrastructures de stockage et de séquençage  Transfert de technologie inexistant Manque de financement par les EtatsCadre juridique non opérationnel Manque d’expertise dans le domaineMLS TIRPAA Objectif 1 : Renforcer les capacités techniques et opérationnelles des acteurs Objectif 2 : Améliorer le mode de fonctionnement des points focaux Objectif 3 : Renforcer l’implication des institutions concernées dans la mise en œuvre du TIRPAA  
 APA : Objectif 1 : Améliorer le mécanisme de partage des avantages   Objectif 2 : Encourager les Etats à définir des mesures nationales APA  
DSI : Encourager les Etats à investir dans l’INS        

Suite au passage de tous les groupes, la cérémonie de clôture a pris le relais avec les mots de M. FAMARA, de M. SAGBO, du Point Focal du TIRPAA Bénin, et de Mme. La représentante du Ministre du Commerce du Bénin pour marquer la clôture effective des travaux.

Le reste de la journée libre a été ponctuée par la visite de la place de l’amazone et un diner dans un restaurant proposant uniquement des spécialités culinaires à base de poissons.

Bilan et recommandations

La participation à l’atelier de renforcement des capacités des organisations paysannes sur le protocole annexe de la ZLECAF relatif aux Droits de Propriété Intellectuelle (DPI), au Système Multilatéral (MLS), à l’accès et au partage des avantages (APA) et aux informations sur le séquençage numérique (INS) a été un moment de découverte, de partage, d’échange et de gain d’expérience. Nous en retirons du positif pour la reconnaissance des systèmes semenciers paysans et la souveraineté alimentaire en Afrique.  Il faut impérativement :

  • Intégrer le plan d’action de l’atelier au plan d’action du RADD sur la souveraineté alimentaire ;
  • Vulgariser le protocole DPI, le SM du TIRPAA, le mécanisme APA du protocole de Nagoya et les ISN à travers des publications et des podcasts ;
  • Réfléchir au positionnement stratégique du RADD pour chacun de ces instruments en résonance avec AFSA ;
  • Favoriser la synergie entre les participants à cet atelier.

Catégories
Non classé Promotion des systèmes semenciers paysans

CAUSERIES PAYSANNES A FOTOUNI : Conserver les Semences Locales pour une Agriculture Durable et Résiliente.

Le 23 juillet dernier, le groupement de FOTOUNI,  niché au cœur du Département du Haut-Nkam, dans la région de l’Ouest du Cameroun, a été le théâtre d’un événement majeur pour le développement agricole local : Les Causeries Paysannes. Organisées par le Réseau des Acteurs du Développement Durable (RADD), cette rencontre cruciale s’est déroulée sous le thème percutant : « Pour des semences paysannes caractérisées et productives». Cette activité a réuni une centaine de personnes constituée des agriculteurs, experts agronomes, chercheurs, et acteurs de la société civile, représentants des autorités locales et surtout la présence active du roi  des Fotouni, sa Majesté FONDJO, 12è roi de la dynastie. Tous animés par la volonté commune de valoriser et de renforcer les semences locales, considérées comme le pilier de la souveraineté alimentaire, nutritionnelle et de la résilience agricole face aux défis actuels.

Un Contexte Crucial : La Sauvegarde d’un Patrimoine Agricole Vital.

Les semences paysannes représentent un héritage inestimable, fruit de générations de savoir-faire transmis de bouche à oreille, de main en main. Elles sont l’expression vivante d’une sélection ancestrale, adaptée aux spécificités des terroirs, aux conditions climatiques locales changeantes et aux préférences culturelles des communautés. Ces semences incarnent la biodiversité agricole, en offrant une résilience naturelle aux maladies endémiques et une adaptabilité précieuse face aux aléas environnementaux que présentent les changements climatiques actuels.

Cependant, l’avènement de l’agriculture industrielle, la promotion agressive de semences hybrides et génétiquement modifiées, et la commercialisation croissante des intrants ont exercé une pression considérable sur ce patrimoine. De nombreuses variétés locales ont disparu, entraînant avec elles une partie du savoir-faire paysan et une érosion génétique préoccupante. Cette tendance met en péril non seulement la diversité agricole, mais aussi la souveraineté alimentaire des communautés. C’est dans l’optique de faire renaître ce patrimoine génétique local en voie de disparition que le RADD, organisation de la société civile camerounaise s’est lancée depuis 2020, dans la Promotion des Systèmes Semenciers Paysans (PSSP) à travers plusieurs initiatives telles que : les plaidoyer, les Causeries Paysannes (CP) le tout couronnée par l’organisation chaque année, la Foire des Semences Paysannes du Cameroun ( FOSPAC) mutée en Foire des Semences Paysannes de l’Afrique Centrale (FOSPAC) en sa cinquième édition. Entre les différentes éditions des FOSPAC, le RADD a pensé à regrouper régulièrement dans une localité motivée tous les acteurs impliqués dans ce processus pour  continuer des discutions autour d’un thème en vue de maintenir la flamme d’où la tenue des Causeries Paysannes.

Le choix de FOTOUNI pour abriter les CP

La zone des hauts plateaux qui couvre les régions  de l’Ouest et du nord Ouest au Cameroun est fortement impliquée dans la promotion agressive de semences hybrides. La commercialisation et  l’utilisation croissante des intrants chimiques de synthèse dans cette partie du pays donc le but principal est la recherche effrénée de la production ont et continue d’exercer une pression considérable sur le patrimoine génétique local dans cette zone depuis des décennies en dépit des conséquences multiples que ces produits entraînent. C’est pour renverser la tendance que, la MFR ( Maison Familiale Rurale de de Tchoufie) dans le groupement de Fotouni, région de l’Ouest a pris conscience de cet état de choses a commencé à travailler et développer l’ agro écologie. Entre temps, les membres de la MFR et le RADD ont développé des partenariats qui ont abouti à des visites mutuelles, et la participation active de la MFR à la formation des leaders ruraux sur la gestion des CSP tenue à Essé en novembre 2024 et à la FOSPAC6. Le dynamisme et la volonté manifeste de son Responsable administrative chargée de la communication en la personne de Mlle Sorelle de voir sa localité accueillir une activité du RADD et abriter une CSP, d’où le choix de FOTOUNI accueillir lesdites CP qui ont eu pour objectif fondamental : Renforcer les capacités des producteurs dans la promotion des systèmes semenciers paysans, en mettant l’accent sur la caractérisation des semences paysannes pour leur préservation durable, levier d’une agriculture durable et de la souveraineté alimentaire afin d’inverser cette dynamique sur les semences conventionnelles et leur corolaire, et de redonner aux semences paysannes la place centrale qu’elles méritent dans les systèmes agricoles contemporains.

Entrée de la chefferie de Fotouni

Une Journée d’Échanges Fructueux et d’Apprentissages Concrets.

La journée a démarré sous une fraîcheur glaciale, mais dans une atmosphère de convivialité d’enthousiasme et de fête. La mise en place, l’arrivée et l’installation des participants et des exposants sur les tables qui leur ont été dédiées. La délégation venue de Yaoundé arrivée à la veille était constituée des responsables des CSP déjà créés et les membres du RADD a bénéficié d’une visite guidée dès les premières heures de la matinée pour visiter les installations et des réalisations de la MFR sous la houlette de son Président en matière de réalisations agroécologiques notamment sur l’élevage des porcs , lapins, des escargots, des hannetons,   l’agriculture, les fabrications des bio-intrants.  Pendant cette visite de terrain, les échanges entre les participants ont été très fructueux.

Participants attentionnés lors des exposés

La suite des activités s’est déroulée dans la salle des fêtes du CODEFO ( Comité de Développement de Fotouni). Après l’accueil et l’installation des autorités compétentes, l’exécution de l’hymne national s’en est suivie puis la  prise de parole où nous avons eu l’intervention de :

–          La Directrice de la MFR de TCHOUFIE qui a souhaité la bienvenue aux participants tout en insistant sur le choix porté sur la structure dont elle est la directrice pour organiser au niveau local lesdites CP ;

–          Le Secrétaire Général du CODEFO (comité de développement de Fotouni) ;

–           La Secrétaire Général d’ACODEB ;

–          Le RADD

–          Le Délégué d’arrondissement de l’agriculture et du développement rural de Bandja.

Tous ont exprimé leur gratitude au RADD. Dans leur différente prise de paroles, ils ont présenté les structures dont ils représentent, leur objectifs missions . Ils ont prié les participants d’être attentifs aux travaux.

Après avoir suivi les différentes allocutions,  Monsieur Yene Hervé au nom du RADD a remercié les organisateurs pour l’accueil chaleureux qui  a été réservé à toutes les délégations qui ont fait le déplacement. Il a ensuite présenté  clairement le RADD et ses différentes missions en insistant sur les quatre axes d’actions ou programme sur lesquels il travaille tant au niveau national, régional voire international. Il a rappelé à l’assistance que c’est sur le cadre du programme de promotion des systèmes Semenciers Paysans que nous sommes rassemblés à Fotouni.

Quelques temps après, le chef de Fotouni a rejoint l’assemblée. Après lui avoir fait un bref résumé de toutes les articulations depuis la matinée, il a été invité à prononcer son mot.

Dans sa prise de parole, le Roi des Fotouni a remercié toutes les délégations présentes pour avoir fait le déplacement pour Fotouni, en indiquant que Fotouni est actuellement la capitale mondiale des semences paysannes car, tous les regards des acteurs du monde rural sont tournés vers sa localité, puis a montré tout son intérêt pour cette thématique très importante et actuelle . Il reste attaché et adhère à toutes les initiatives et les valeurs de promotion d’ une agriculture durable et saine. À la suite de ses prédécesseurs, il a invité les participants à être attentifs aux enseignements qui seront discutés. En langue maternelle pour une meilleure compréhension, il s’est entretenu avec les siens et demandé à l’équipe de coordination qui sera installée à faire de la case semence paysanne de Fotouni, une référence. Il a, à la fin de ses propos déclaré ouvertes, les Causeries Paysannes de Fotouni.

Une exposition de SP grandeur nature et visite de stands

Après la phase de photos de famille, la visite guidée des stands a commencé sous le regard vigilant et attentif du roi des Fotouni et sa suite. D’étals en étal, le chef a visité et les visiteurs ont touché, écouté posé des questions aux exposants venus des huit CCSP, des partenaires, tels que INADES FORMATION-Cameroun, CPF de Mbouo, de la MFR et experts sur tous les aspects liés aux SP. On y trouve sur les tables, les différentes spéculations : des graines et pépins conditionnés différemment certains dans des bocaux, d’autres dans les sachets, du papier et autres bouteilles ; des épis de maïs multicolore, des boutures, des fruits, des plants de plusieurs essences et certains produits transformés issus de ces semences. Cette diversité Semencière ou a dénombré une certaine de variétés a donné un éclat particulier à cette articulation qui s’est achevée par une pose de sa Majesté ou il ‘S’Engage dans la PSSP.

Ateliers Pratiques de caractérisation et restitution s.

L’après-midi a été consacré à des ateliers pratiques, permettant aux participants d’appliquer concrètement les connaissances acquises. Quatre groupes d’atelier ont été formés pour travailler sur les techniques simples de caractérisation. Cela a permis aux paysans d’apprendre à observer et à noter les caractéristiques morphologiques des plantes (taille, forme des feuilles, couleur des fleurs), leur résistance aux ravageurs et maladies, et leur comportement face à la sécheresse. Ces données, une fois compilées, constituent une base précieuse pour prendre des décisions éclairées sur les semences à conserver, multiplier et diffuser. L’accent a été mis sur quatre spéculations à savoir : le maïs, l’arachide, le Folong ( Amarante) et la tomate 🍅 cerise.

Lors de la restitution des travaux en groupes, d’autres méthodes de conservation des semences ont été énumérés. Les participants ont appris à des astuces de stockage , sélection, conditionnement simples mais efficaces des semences paysannes en utilisant des matériaux locaux pour protéger les semences de l’humidité, des rongeurs et des insectes. L’importance du séchage adéquat avant le stockage a été également soulignée.

Les échanges ont été particulièrement riches lors des sessions de questions-réponses et des débats. Les agriculteurs ont exprimé leurs préoccupations . Les experts présents  et les représentants du RADD sous la coordination de Mme Akono qui a animé cette session ont apporté des éléments de réponse et des pistes de solution.

Des Témoignages Inspirants des responsables des CSP

Un moment fort de ces causeries a été la série de témoignages poignants de paysans et paysannes qui ont réussi à préserver et à valoriser leurs propres variétés de semences. Il s’agit  des responsables des CSP de Mvogzé, Essé ville, Mbenoa, Matomb, Bikok Nanga-Eboko Mvan et de Mgbwakomba. Tour à tour, chacun des leaders s’exprimait à propos. Les déclarations ayant plus attirées notre attention restent celle de

Mme Olinga Léonie, agricultrice chevronnée de Mbenoa a raconté avec passion comment sa famille a conservé une variété de d’arrachide depuis plusieurs décennies et particulièrement adaptée aux sols , affichant un rendement stable même en période de pluies irrégulières. Son témoignage a mis en lumière l’importance de la transmission intergénérationnelle du savoir-faire et la passion inébranlable pour la terre.

Madame la SG de la CSP de Mvogzé, agricultrice et  productrices des arachides, a partagé son expérience sur la production des arachides, comme leurs Semences phares dans leur banque communautaire. Grâce à cette initiative, elles ont pu collecter et conserver une quinzaine de variétés d’arachides qu’elles échangent régulièrement  en leur apportant un revenu réel et réduisant ainsi leur dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs et renforçant l’autonomie de leur communauté. Ces témoignages n’ont pas seulement inspiré ; ils ont prouvé que la valorisation des semences paysannes n’est pas une utopie, mais une réalité tangible et un chemin concret vers l’autonomie et la résilience agricole. Ils ont également souligné le rôle crucial des femmes dans la conservation et la gestion des semences paysannes dans la localité.

Installation du Comité de gestion de la CSP de Tchouvie- Fotouni.

Pour passer de la parole à l’acte, le comité de gestion de la CSP de Fotouni a été installé. En amont, une présentation générale sur la nécessité d’une CSP , le rôle, les missions et la gestion de celle-ci a été faite par Mme Akono, coordinatrice des CSP au sein du RADD. Elle a également défini clairement le rôle et les missions de chacun des membres du bureau de gestion qui est composé pour un départ de cinq responsables à savoir :

–          Une Présidente ;

–          Une SG ;

–          Une trésorière ;

–          Un animateur ;

–          Un chargée de communication.

En prenant leur fonction, les responsables ont été appelés à se mettre résolument au travail en mettant l’accent sur la sensibilisation continuelle afin de rendre vivante cette première CSP créée dans la zone des hauts plateaux de l’Ouest du Cameroun. Progressivement , le bureau se fera complété a souligné Mme Akono.

Vers une Agriculture Durable et la Souveraineté Semencière et alimentaire

Les Causeries Paysannes de FOTOUNI ont clairement mis en lumière la nécessité d’une approche holistique pour la promotion et la protection des semences paysannes. Au-delà des aspects techniques et agronomiques, il s’agit d’un enjeu majeur de souveraineté alimentaire, de préservation de la biodiversité et de justice sociale. Les semences paysannes ne sont pas de simples intrants agricoles ; elles sont un patrimoine commun, un héritage culturel et une garantie pour l’avenir des communautés.

L’initiative du RADD à FOTOUNI a démontré de manière éloquente que les solutions aux défis agricoles ne résident pas toujours dans les systèmes complexes et coûteux prônés par les multinationales , mais souvent dans la valorisation des savoirs ancestraux et l’autonomisation des communautés rurales. Les semences paysannes, une fois caractérisées et bien gérées pour leur productivité, sont le socle d’une agriculture résiliente, capable de nourrir durablement les populations et de préserver les écosystèmes fragiles.

Vers une souveraineté alimentaire

Conclusion :

En clôturant cette journée mémorable, les représentants du RADD ont salué l’engagement exemplaire de tous les participants et surtout la forte mobilisation des participants et surtout l’implication personnelle de l’autorité traditionnelle et ont réaffirmé l’importance de poursuivre ces efforts de sensibilisation, de formation et de plaidoyer. Les Causeries Paysannes de FOTOUNI ne sont pas une fin en soi, mais un jalon important. Elles appellent à une mobilisation continue pour que les semences paysannes retrouvent leur place d’avant et légitime au cœur des systèmes agricoles dominés par les systèmes conventionnels, garantissant ainsi un avenir où l’alimentation est non seulement abondante, mais aussi saine, diversifiée et issue d’un respect profond de la terre et de ses gardiens, les paysans. Le message est clair et retentissant : protéger les semences paysannes, c’est protéger notre avenir, notre souveraineté et notre culture.

On pouvait également lire les différents messages sur les pancartes portés par les participants : « Souveraineté Semencière et alimentaire, mère de la souveraineté politique » ; Soyons souverains de notre alimentation ! Semence paysanne, notre identité ; stop UPOV…

Le succès de cette initiative à FOTOUNI ouvre la voie à d’autres actions similaires et sollicitations à travers la région et le pays, démontrant que les communautés, avec le bon accompagnement et les bonnes informations, sont les véritables acteurs de leur propre développement agricole et de leur souveraineté alimentaire.

Catégories
Non classé

Rencontre de sensibilisation des journalistes sur la transformation durable des systèmes alimentaires

Sur invitation de la CNOP-CAM, en partenariat avec l’AFSA, le RADD a activement pris part à la rencontre de sensibilisation des journalistes et communicateurs sur leur rôle dans la transformation durable des systèmes alimentaires, tenue le 21 août 2025 au siège de la CNOP-CAM à Yaoundé.

Cette rencontre avait pour objectifs :

  • d’échanger sur l’importance et le rôle des professionnels des médias et des communicateurs des OSC engagés dans la promotion de l’agroécologie, notamment dans le processus de transformation durable des systèmes alimentaires ;
  • de contribuer à l’élaboration d’une politique alimentaire durable et culturellement adaptée ;
  • de présenter les actions menées en lien avec la thématique de la rencontre ;
  • d’apporter des contributions concrètes à l’élaboration et à l’appropriation des politiques publiques relatives aux systèmes alimentaires durables et à l’agroécologie ;
  • de partager les outils, canaux de communication et ressources multimédias développés dans ce domaine.

Cette initiative s’inscrivait dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Transformer le système alimentaire africain vers la durabilité » (TAFS), lancé par l’AFSA en novembre 2022, sous le slogan « Mon alimentation est africaine ».

Une vingtaine de participants issus de divers organes de presse et d’organisations de la société civile ont pris part aux travaux. Ils ont été invités à présenter leurs activités en lien avec la promotion des systèmes alimentaires durables et de l’agroécologie, ainsi que les différents canaux de diffusion utilisés.

Mme Atangana Joséphine, représentante personnelle de la Présidente de la CNOP-CAM (empêchée), a introduit les échanges par un exposé sur les 13 principes de l’agroécologie.

Pour sa part, le RADD a présenté ses actions en faveur des systèmes semenciers paysans, notamment :

  • les Causeries Paysannes,
  • les Foires de Semences Paysannes de l’Afrique,
  • les Foires de Semences Paysannes de l’Afrique Centrale (FOSPA),
  • la transformation et la modernisation des modes de consommation des produits locaux issus de l’agroécologie,
  • les actions de plaidoyer auprès des décideurs,
  • ainsi que la diffusion des techniques de production d’intrants biologiques.

À l’issue des travaux, un réseau de journalistes et communicateurs a été mis en place. Il aura pour vocation de relayer, à travers ses membres, les informations sur les projets agroécologiques et leurs réalisations, en s’appuyant sur les différents canaux de diffusion disponibles grâce aux partenariats établis.

Catégories
Justice Climatique et Promotion de l'Agroécologie Non classé Promotion des systèmes semenciers paysans

Compte Rendu de l’Atelier de Formation sur les Intrants Biologiques et la Gestion des Semences Paysannes à Mgbwakomba

Date : 27 juin 2025

Lieu :Mgbwakomba, arrondissement de Nanga-Eboko, Haute-Sanaga

L’atelier de formation sur les intrants biologiques ainsi que la sélection et la conservation des semences paysannes s’est tenu le 27 juin dernier dans la localité de Mgbwakomba, dans l’arrondissement de Nanga-Eboko, Département de la Haute-Sanaga.

Cette activité, qui entre dans le cadre du renforcement des capacités des cases de semences paysannes, a été initiée par le RADD (Réseau des Acteurs du Développement Durable) dans le but de promouvoir les systèmes semenciers paysans, l’agroécologie et les systèmes alimentaires durables. Elle a rassemblé une quarantaine de participants venus de plusieurs villages du Groupement de Biboa.

Il est important de souligner que le Groupement de Biboa est une zone essentiellement agricole où l’on cultive principalement des cultures vivrières pour la consommation familiale, et surtout du maïs pour les besoins économiques.

Malheureusement, la culture du maïs y est confrontée à un sérieux problème : l’utilisation massive de pesticides et d’autres intrants chimiques de synthèse, censés booster la production. Ces produits ont des conséquences néfastes sur l’environnement, la santé des agriculteurs et des consommateurs, et entraînent une érosion progressive des systèmes semenciers paysans. Pour apporter une solution durable à cette situation devenue alarmante, cet atelier sur la production des bio-intrants a été initié.

 Objectifs de la Formation :

  • Restituer la formation reçue par les leaders ruraux sur la gestion des Cases de Semences Paysannes (CSP), la sélection et la conservation des semences.
  • Renforcer les capacités des petits producteurs sur les techniques de production et d’utilisation des intrants biologiques ;
  • Sensibiliser et informer les participants sur les dangers liés aux produits chimiques de synthèse.
  • Mettre en place un comité de gestion de la Case de Semences.

Déroulement de l’Atelier

Animation par les membres de la CSP

 a) Phase protocolaire

La journée a débuté par le protocole usuel : arrivée et enregistrement des participants, prière, suivis des discours de bienvenue et de la présentation des participants. Le représentant du chef du village de Mgbwakomba a souhaité la bienvenue à l’équipe du RADD, la remerciant d’avoir bravé les difficultés du voyage pour venir éclairer ses populations. Il a également remercié les participants pour leur présence.

À la suite du chef de village, Mme AKONO Suzanne, cheffe de la délégation du RADD et coordinatrice des Cases de Semences Paysannes, a présenté l’association, ses objectifs et ses quatre axes d’action : l’accompagnement des communautés riveraines des agro-industries, le programme d’autonomisation économique de la femme, la justice climatique et, notamment, le Programme de Promotion des Systèmes Semenciers Paysans (PPSSP), qui était le sujet de cette rencontre.

Les participants, en se présentant, ont exprimé leurs attentes pour cette activité, notamment le désir d’apprendre à fabriquer des herbicides naturels.

Après cette phase protocolaire, l’activité a pu commencer. Elle était divisée en deux parties.

 b) Phase théorique

Cette partie a consisté en la restitution de la formation des leaders ruraux sur la gestion des Cases de Semences Paysannes, la sélection et la conservation des semences paysannes. Il a été rappelé que la formation d’Essé, en novembre 2024, avait rassemblé de nombreux participants et formateurs, certains venus du Bénin. Durant une semaine, les apprenants ont été formés sur plusieurs thématiques : la gestion des cases communautaires de semences paysannes, les lois régissant l’activité semencière, la sélection et la conservation des semences paysannes, et les Systèmes Participatifs de Garantie (SPG).

La phase théorique a également abordé la présentation des engrais biologiques, soulignant leurs avantages sur l’environnement, la santé et l’économie, par opposition aux intrants chimiques de synthèse. Des séances de questions-réponses et une pause musicale ont animé cette première partie de la journée.

Explications théoriques du dispositif de fabrication d’intrants biologiques

 c) Phase pratique

De retour de la pause, l’atelier pratique a débuté, axé sur la fabrication du purin de 21 jours et du bio-régulateur à large spectre.

Quelques plantes utilisées

Les participants ont appris à utiliser des matières premières telles que :

Matériel : un fût, une fiole, de la colle Tangit, des ciseaux, de l’eau.

Ingrédients : 1 kg d’ail, 1 L de mélasse, divers yaourts, de l’urine de lapin, un mortier, un pilon, des machettes, des couteaux, une bassine, une bâche, 60 L d’eau, 0,5 kg de feuilles de Vernonia , 0,5 kg de feuilles de Tithonia, 0,5 kg de fougère, 0,5 kg de citronnelle, 0,5 kg d’aloès vera, 0,5 kg de feuilles de papayer, 0,5 kg de feuilles de dartrier, 0,5 kg de feuilles d’ortie et des feuilles de tabac sèches.

Phase pratique

Formation du Comité de Gestion de la Case

Les participants ont ensuite été invités à former un comité de gestion de la Case. Après discussion, le consensus a été de mettre en place un bureau composé des membres suivants :

* Une présidente

* Un secrétaire général

* Une trésorière

* Une animatrice

* Une chargée de communication

* Un superviseur

* Deux conseillers, dont le chef du village de Mgbwakomba et le chef de Nyaminkang.

Comité de gestion de la CSP

 Conclusion de l’Atelier

Mme AKONO Suzanne, chargée du suivi des CSP au sein du RADD, a invité la nouvelle équipe à se mettre au travail pour dynamiser la Case et a exhorté les participants à mettre en pratique les enseignements reçus. Le chef de Mgbwakomba a remercié le RADD d’avoir choisi son village pour accueillir cette activité et a émis le souhait de mobiliser les ressources nécessaires pour continuer à renforcer les capacités de ses populations.

La journée s’est terminée par une série de photos de famille et un repas communautaire. L’équipe du RADD a regagné Yaoundé le lendemain matin après une soirée conviviale.

Photo de famille
Catégories
Non classé

LE RADD RENFORCE LES CAPACITES DE SES MEMBRES ET DE SES PARTENAIRES DE TERRAIN SUR LES PODCASTS

Dans une ère où la technologie est de plus en plus omniprésente, le Réseau des Acteurs du Développement Durable (RADD) est conscient du fait que toute organisation doit être en capacité d’exploiter les moyens innovants à sa disposition pour améliorer sa communication sur les réseaux sociaux et toucher un plus large public. C’est ainsi que du 19 au 20 Juin 2025, le RADD a tenu à renforcer les capacités de son staff et des représentants des associations qu’il accompagne et de ses partenaires sur les podcasts. La formation, animée par Mme Nyassa Inès Epse OWONA, une spécialiste en communication digitale et créatrice de contenu dont l’un des podcasts « apporte ta chaise » est populaire sur les réseaux sociaux, avait pour objectif de renforcer les capacités des participants en leur permettant de comprendre ce qu’est un podcast, comment le concevoir et le diffuser massivement.

Journée du 19 juin 2025

La première journée a permis d’assimiler les bases du podcast : son sens, son importance, les prérequis pour le réaliser en partant du concept général aux épisodes proprement dits, sans oublier le matériel nécessaire et les bonnes pratiques à adopter. Il en ressort que podcast vient de la fusion du terme « pod » tiré de l’ipod (un appareil portable créé par la firme Apple pour écouter de la musique digitale) et du mot « cast » tiré de broadcast en anglais qui signifie large diffusion. Un podcast est donc un contenu audio ou vidéo qui est diffusé partout (notamment sur internet) et qui est téléchargeable donc écoutable à tout moment. Il faut noter que le podcast audio offre une palette plus large de possibilités (interview, reportage, vox pop) que le podcast vidéo qui se limite à l’interview. Le podcast est donc un merveilleux outil de sensibilisation, d’éducation, d’information et de plaidoyer. Pour le réaliser, il est important d’en déterminer le message général et les objectifs, identifier la ou les cibles, déterminer le ton en fonction de son objectif et des cibles et choisir les thématiques appropriées. Par la suite, il faut définir l’identité du podcast de manière générale (nom ; cible ; objectif ; ton ; durée des épisodes et fréquence de diffusion) et spécifiquement structurer chaque épisode dans les moindres détails (générique ou non, introduction, présentateur ou pas, sujet, développements, conclusion…)

La formatrice a terminé la première journée en précisant le matériel de base pour la réalisation d’un podcast (smartphone ou ordinateur, application dictaphone, micro, casque, et/ou trépied pour la vidéo) et les bonnes pratiques à adopter (micro à 15 ou 20cm de la bouche, expression orale correcte etc.…). La formation étant interactive, les participants scindés en petits groupes ont eu l’occasion de s’exercer à chaque étape et d’assimiler les enseignements reçus. A la fin de la journée, chaque groupe a effectué des enregistrements audios qui ont servi de base pour la deuxième journée de formation centrée sur le montage audio et les moyens de diffusion d’un podcast.

Journée du 20 juin 2025

La deuxième et dernière journée de formation a débuté par un retour sur des éléments qui n’avaient pas été bien compris par les participants. Ainsi, l’interview, le reportage et le vox pop ont été réexpliqués et illustrés à travers des exemples audios et vidéos pour que les participants en saisissent bien les nuances.

Les participants ont ensuite pu s’initier au montage audio à l’aide des enregistrements effectués la veille. Ils ont pu apprendre les rudiments du montage à l’aide du logiciel wavepad et ont découvert comment réaliser leurs podcasts. Cet enseignement a été essentiellement interactif, les participants effectuant les manœuvres de montage en suivant les instructions de la formatrice. Un exercice pratique de montage réalisé par chaque groupe et consistant à nettoyer les enregistrements de la veille, a permis de déterminer les lacunes mais surtout d’apprécier le niveau de compréhension qui était globalement satisfaisant.

La formatrice a également initié les participants aux canaux de diffusion des podcasts audio et vidéo en présentant les hébergeurs (spotify for podcast, soundcloud, Ausha) et les plateformes d’écoute et visionnage (spotify, deezer, apple podcast, youtube). Elle a insisté sur l’importance d’évaluer l’impact du podcast (nombre d’écoutes, retours des auditeurs) et de lui donner une identité visuelle à travers une pochette.

La formation s’est achevée par un bilan des participants qui ont été satisfaits mais qui ont tout de même exprimé leur besoin d’en apprendre plus sur le montage vidéo. A l’écoute, la formatrice s’est engagée à transmettre un document plus complet incluant ces éléments. Pour finir, l’ensemble de la classe a posé pour la traditionnelle photo de famille et s’est réunie autour d’un repas. A l’issue de la formation, le RADD s’est engagé à créer un podcast pour communiquer sur ses missions, ses plaidoyers, ses activités de dénonciation, et de sensibilisation à travers toutes les plateformes disponibles.

Catégories
Axes Prioritaires Non classé Promotion des systèmes semenciers paysans

LE RADD EN APPUI AUX PRODUCTEURS POUR RÉPONDRE À LA FORTE DEMANDE DE SEMENCES PAYSANNES

Les années 2000 ont été particulièrement difficiles pour les petits agriculteurs du fait des phénomènes suivants : les effets néfastes du changement climatique,  le manque d’accès aux ressources (financement, des technologies modernes   comme les systèmes d’irrigation et les méthodes de fertilisation intelligente, des marchés pour écouler leurs produits. À cela s’ajoutent des défis structurels  tels des infrastructures inadéquates – routes, entrepôts et installations de stockage insuffisants rendant difficile la conservation et la commercialisation des produits – le manque d’éducation et de formation ; des inégalités de genre(les femmes agricultrices ont très peu accès à la terre, au crédit et aux outils agricoles)[1].

[1] What Are the Challenges of the Smallhoder Farmers Around the World www.bread .org

Pourtant, les petits exploitants agricoles sont essentiels aux systèmes alimentaires du monde. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture(FAO) estime à 600 millions le nombre de petits exploitants agricoles travaillant sur moins de 2 hectares de terres[2]. Les campagnes de distribution des semences industrielles et des intrants chimiques de synthèse par les pouvoirs publics et des élites au Cameroun, en vue de promouvoir l’agriculture conventionnelle dans le but de renforcer la sécurité alimentaire, ont éloigné le petit agriculteur de ses habitudes alimentaires tout en créant une forte dépendance vis-à-vis de l’industrie semencière.

Le Réseau des Acteurs du Développement Durable (RADD), répondant à une de ses principales missions, celle qui vise la promotion des Systèmes Semenciers Paysans (PSSP) en général, en particulier de la semence paysanne, a entrepris de ramener en surface et de ré inculquer aux agriculteurs l’usage et l’importance de cette dernière, elle qui nous a nourris, rendus résilients et bien portants depuis des millénaires.

Depuis 2020, le RADD a initié des « Causeries Paysannes » qui sont des rencontres d’échanges et de partages d’expériences en lien avec la semence paysanne. Ces rencontres ont permis aux agriculteurs de reprendre confiance en leurs semences et en leurs techniques séculaires de culture, de sélection et de conservation, de les cartographier et de les caractériser pour une meilleure valorisation.

Ce travail de fourmi a abouti à l’organisation de la 1ere Foire des Semences Paysannes du Cameroun (FOSPAC) en 2021. D’année en année, cet événement a connu la participation d’autres pays africains qui, à l’édition 2024, ont émis le vœu  d’en faire une foire sous régionale. La FOSPAC s’est commuée en Foire des Semences Paysannes de l’Afrique Centrale lors de l’édition 2025 avec au compteur une quinzaine de pays du Bassin du Congo, d’Afrique de l’Ouest et en prime la participation de certains pays d’Europe.


[2] Ibid.

Figure 2 : Pavillon des pays étrangers présents à la 5ème édition de la FOSPAC

Par ailleurs, le RADD a mené des actions de plaidoyers auprès des décideurs et de toutes les parties prenantes pour la reconnaissance juridique des   Semenciers Paysans (SSP) et des droits des producteurs. Le RADD l’a fait en s’appuyant  sur l’article 19 du Traité International sur les Ressources Phyto génétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture (TIRPAA) qui affirme les droits des agriculteurs à disposer de la semence paysanne. Il reconnaît aussi le partage des avantages (Système Multilatéral- SML) issus de l’utilisation de leurs semences suite au brevetage par des sélectionneurs et des obtenteurs. En outre, sous l’impulsion du RADD, les participants à la FOSPAC3 en 2023 ont publié une   déclaration dite « Déclaration d’Essé »[1]. Cette dernière porte entre autres revendications sur :

  • La consécration juridique du système semencier national
  • La mise en application des instruments juridiques existants notamment les lois et réglementations nationales qui contribuent à protéger les droits semenciers paysans
  • La promotion de l’Entrepreneuriat Semencier Paysan

Il en est aussi sorti des objectifs visant au renforcement des capacités institutionnelles des communautés agricoles en matière de pratiques agricoles durables, de promotion des systèmes alimentaires durables et la protection de l’environnement, d’actions de plaidoyers pour des politiques favorables à la Promotion des Systèmes Semenciers Paysans(PSSP). Quant aux engagements, ils consistent en la création d’une plateforme pour la promotion des Semences Paysannes, l’organisation et la promotion d’un système semencier paysan au Cameroun, la mise en place d’un dispositif harmonisé de contrôle de la Semence Paysanne, enfin la défense des droits semenciers paysans.

Cet activisme du RADD lui a valu la reconnaissance des pouvoirs publics matérialisée par son association aux réunions de haut niveau organisées par le gouvernement sur la réforme de la loi semencière N° 2001/014 du 23 juillet 2001.

L’étude menée par le RADD en juillet 2023 sur la « Problématique de l’accessibilité en qualité et en quantité de la semence paysanne dans les zones forestières et les hauts plateaux de l’Ouest au Cameroun »[2] a entre autres recommandé la promotion des Cases des Semences Paysanne (CSP) pour rendre celles-ci disponibles et accessibles en quantité et en qualité.

La promotion des CSP : une réponse du RADD à la problématique de la disponibilité et de l’accessibilité de la Semence Paysanne en qualité et en quantité.

Conformément à la recommandation susvisée, le RADD a entrepris, en impliquant les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD), la mise en place des Cases de Semences Paysannes (CSP) qui sont des entités vivantes regroupant les producteurs d’une localité donnée qui en assurent la gestion. Elles sont disséminées à travers le territoire national avec pour objectif de rendre disponible et accessible cette semence paysanne en qualité et en quantité.

Ce processus associe la recherche à travers la collaboration des centres éponymes, sans oublier la mise en valeur des détenteurs des savoir-faire et connaissances traditionnelles que sont des producteurs eux-mêmes pour une recherche collaborative en vue de caractériser la semence paysanne.

C’est dans cette optique qu’à la faveur de la saison culturale en cours, le RADD déploie dans les huit CSP déjà opérationnelles, des équipes d’inspecteurs /encadreurs avec pour feuille de route :

  •  De renforcer les CSP et les accompagner à la structuration (organisation en coopératives) ;
  •  De les accompagner à la caractérisation des semences paysannes ;
  • Faire une visite des champs afin de caractériser les semences ;

[1] FOSPAC 2023 : Les petits producteurs/productrices et les acteurs de la société civile réunis à la Foire des Semences Paysannes (FOSPAC) à Esse, se mobilisent pour la reconnaissance d’un système semencier paysan au Cameroun. www.inadesformation.net

[2][2] radd.cm https://www.radd.cm Rapport de l’étude sur l’accessibilité de la semence

En outre, pour faciliter le partage des informations sur la disponibilité des semences paysannes, les responsables desdites CSP ont reçu des smartphones à l’occasion d’un atelier de renforcement de leurs capacités de communication organisé par le RADD.

Toutefois, ces multiples efforts du RADD pour la préservation, la pérennisation et la promotion de la semence paysanne risquent de rencontrer la démotivation des acteurs si jamais la réforme annoncée du TIRPAA encore appelé Traité international, venait à voir jour./.

Figure 5 : des membres des CSP brandissant leurs smartphones

RADD SUPPORTS FARMERS TO MEET GROWING DEMAND FOR PEASANT SEEDS

The 2000s were particularly challenging for small-scale farmers due to several factors, including the adverse effects of climate change, limited access to resources such as financing, modern technologies like irrigation systems and smart fertilization methods, and markets to sell their products. Additionally, they faced structural challenges like inadequate infrastructure – including poor roads, insufficient warehouses, and storage facilities, which hindered the preservation and marketing of their products – limited access to education and training, and gender inequalities, with women farmers having limited access to land, credit, and agricultural tools.[1]

Despite these challenges, small-scale farmers are crucial to the world’s food systems. The Food and Agriculture organization (FAO) estimates that there are 600 million small-scale farmers working on less than 2 hectares of land[2].

However, government-led campaigns and initiatives by elites in certain regions of Cameroun promoting conventional agriculture through the distribution of industrial seeds and synthetic chemical inputs have created a strong dependence on the seed industry, potentially undermining the resilience of local food systems.

The Network of Actors for Sustainable Development (RADD), in line with one of its primary missions to promote Peasant Seed System (PSS) and peasant seeds, has undertaken to revive and re-educate farmers on the use and importance of these seeds, which have nourished and made us resilient for millennia. Since 2020, RADD has initiated « Peasant Discussions » – gatherings for exchanging experiences related to peasant seeds. These meetings have enable farmers to regain confidence in their seeds and traditional farming techniques, map and characterize them for better valorization. This grassroots work led to the organization of the 1st Peasant Seed Fair of Cameroon (FOSPAC) in 2021. Over the years, the event has attracted participation from other African countries, which, by the 2024 edition, expressd a desire to make it a sub-regional fair. FOSPAC evolved into the Central African Peasant Seed Fair in the 2025 edition, featuring around fifteen countries from the Congo Basin, West Africa, and even participants from some European countries.


[1] What Are the challenges of the Smallholder Farmers Around the World www.bread . org

[2] Ibid.

Furthermore, RADD has carried out advocacy actions with decision-makers and all stakeholders for the legal recognition of Peasant Seed System (PSS) and farmers’ rights. RADD has led this advocacy based on Article 9 of the International Treaty on Plant Genetic Ressources for Food and Agriculture (ITPGRFA), which affirms farmers’rigths to peasant seeds. It also recognizes the sharing of benefits (Multilateral System-MLS), a form of redistribution to farmers of benefits derived from the use of their seeds by breeders following patenting by breeders. In addition, under RADD’s impetus, participants at FOSPAC in 2023 published a declaration known as the « Esse Declaration[1] ». This declaration focuses on the following main demands :

  • Legal recognition of a national seed system that recognizes and protects peasants’rights over their seeds
  • Implementation of existing legal instruments, particularly national laws and regulations that contribute to protecting peasants’seed rights
  • Promotion of Peasant Seed Entrepreneurship to improve farmers’ livelihoods.

The declaration also aims to strengthen the institutional capacities of agricultural communities in sustainable agricultural practices, promote sustainable food systems and environmental protection, and advocate for policies that support the promotion of peasant seed systems. Finally, the declaration includes commitments from organisations to :

  • Create a platform for promoting peasant seeds
  • Organize and promote a peasant system in Cameroon
  • Establish a harmonized system for controlling peasant seeds
  • Defend peasants’seed rights

This activism by RADD has earned it recognition from public authorities, materialized by its association with high-level meetings organized by the government on the reform of the seed law N° 2021/014 of July 23, 2001.

The study conducted by RADD in July 2023 on the « issue of accessibility to quality and quantity of peasant seeds in forest areas and high plateaus of West Cameroon [1]» recommended, among other things, the promotion of Peasant Seed Houses (PSH) to make these seeds available and accessible in quality and quantity.

The promotion of PSH is a response from RADD to the issue of availability and accessibility of peasant seeds in quality and quantity. In line with the aforementioned recommendation, RADD has undertaken, involving Decentralized Territorial Collectives (DTC) the establishment of Peasant Seed Houses, which are living entities grouping producers from a given locality who manage them. They are disseminated across the national territory with the objective of making peasant seeds available and accessible in quality and quantity. This process involves research through collaboration with eponymous centers, without forgetting the valorization of holders of traditional knowledge and know-how that are  the producers themselves for collaborative research to characterize peasant seeds.

It is in this context that, during the current cropping season, RADD is deploying teams of inspectors/advisors in the eight already operational PSH, with a roadmap to :

  • Strengthen PSH and accompany them in structuring (organization into cooperatives)
  • Accompany them in characterizing peasant seeds
  • Visit fields to characterize seeds.
Catégories
Axes Prioritaires Justice Climatique et Promotion de l'Agroécologie Non classé

LE BASSIN DU CONGO S’ORGANISE POUR LA COP 30 : UN ATELIER STRATÉGIQUE DE RÉFLEXION SUR LES PRIORITÉS DES ACTEURS DU BASSIN DU CONGO À DOUALA TRACE LA VOIE

Du 14 au 15 mai 2025, Douala a été le théâtre d’un moment fort de concertation entre les acteurs de la société civile du Bassin du Congo. Organisé par le Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD), cet atelier de réflexion avait pour ambition de poser les bases d’une participation structurée et influente des organisations de la société civile à la 30e Conférence des Parties sur le changement climatique (COP 30), prévue à Belém, au Brésil.

Le Réseau des Acteurs du Développement Durable (RADD) a pris une part active à ces travaux, aux côtés de nombreux autres participants venus du Cameroun, du Gabon, de la République Démocratique du Congo, du Congo-Brazzaville et de la République Centrafricaine. Des représentants des peuples autochtones, des femmes, ainsi que des experts ayant déjà participé à plusieurs COP, ont également enrichi les échanges par leur vécu, leurs analyses et leurs propositions.

Jour 1 : Un état des lieux lucide et partagé

La journée du 14 mai a débuté par un mot du facilitateur M. Samuel Nah Ndobé, suivi de la présentation des Tdrs de l’atelier, et un tour de table des participants présents.

Les échanges ont porté sur la situation climatique et forestière dans chaque pays du Bassin du Congo. Cette première journée a permis de dresser un tableau sans complaisance des défis majeurs auxquels les communautés du Bassin du Congo sont confrontées :

  • La question foncière : Les communautés locales et autochtones sont souvent privées de terres, malgré les réformes en cours dans plusieurs pays.
  • La gestion des forêts communautaires : Elle ne tient pas suffisamment compte des enjeux climatiques.
  • L’implication des communautés locales : Elles sont trop souvent exclues des décisions concernant les terres.
  • La gouvernance environnementale : Elle constitue un frein à la mise en œuvre des engagements climatiques.
  • Le rôle de la société civile : Elle est insuffisamment structurée pour adresser efficacement les problématiques climatiques d’envergure.

L’expropriation foncière, la marginalisation dans la gouvernance forestière, le manque d’accès au financement climatique, la faible reconnaissance des savoirs traditionnels… sont autant d’obstacles qui freinent la mise en œuvre effective des engagements climatiques.

Jour 2 : Une feuille de route ambitieuse et inclusive

Après la restitution des travaux de la veille, la deuxième journée a été consacrée à la présentation d’un canevas de feuille de route sur la base des présentations pays de la veille. Un exposé du facilitateur a permis d’éclairer les participants des thématiques de la COP 30 sur le changement climatique, les leviers et les défis ainsi que les prochaines étapes pour une participation active du bassin du Congo par la définition collective des axes et des actions prioritaires.

Trois groupes de travail ont été constitués afin d’identifier les axes stratégiques de plaidoyer et les actions prioritaires à mener en amont de la COP 30. Le RADD, a été désigné comme rapporteur du groupe 1, qui consistait à mettre les axes d’action par ordre de priorité.

La restitution de ce travail a permis de faire des critiques constructives qui seront prise en compte par le staff du SAILD lors de la rédaction de la feuille de route qui s’articule autour de plusieurs priorités :

Axes de travailActions proposées
ForêtsPlaider pour la reconnaissance de l’importance du Bassin du Congo pour la préservation du climat ;L’implication des peuples autochtones et des communautés locales dans la gestion et la protection de la forêt ;Etat des lieux de l’ensemble des forêts des pays du Bassin du CongoPromouvoir des initiatives de reconstruction de paysages forestiers (reboisement de zones dégradées)Réclamer un accès direct des OSC au financement climatiqueMiliter pour l’augmentation des enveloppes destinées aux pays du Bassin du CongoMiliter pour l’inclusion des femmes dans la gestion, la protection et la prise de décision relative aux forêts
Renforcement des capacitésSensibiliser et former tous les acteurs (institutions, OSC, Peuples Autochtones et communautés locales, des femmes) sur divers aspects liés aux changements climatiques ;Renforcer les capacités des acteurs sur la négociation internationale Transfert de technologies ;Favoriser le partage d’expérience entre les OSC des pays du Bassin du Congo
PeuplesPlaider pour la sécurisation juridique et connaissance des droits fonciers ;Faciliter l’accès des femmes issues des PA et CL à la terre ;Plaider sur le respect des engagements internationaux par les pays du Bassin du Congo ;Plaider pour faciliter l’élaboration et la mise en œuvre des instruments juridiques (loi et règlements) de protection des PA et CLPrendre en compte les savoirs traditionnels des PA dans la gestion des forêts ;Produire la documentation sur la situation des PA et CL ;
ClimatPromouvoir la prise en compte des savoirs locaux des femmes face à l’adaptation et la résilience face aux changements climatiques ;Mobiliser les parties prenantes pour l’atténuation, l’adaptation, la résilience face aux catastrophes naturelles ;Promouvoir les systèmes semenciers paysans ;Promouvoir les pratiques agroécologiques comme solution aux changements climatiques. Créer un fond multiaxe du Bassin du Congo sur les changements climatiques et la préservation de la biodiversité
VisibilitéOrganiser des Conférences de presse, side-events, roundtable with partners
GouvernanceAccélérer la structuration des OSC du Bassin du Congo OSC comme acteur de suivi des engagements climatiques

Vers Brazzaville et Belém : une dynamique à poursuivre

Au terme des travaux, les participants ont exprimé leur volonté de renforcer la coordination sous-régionale en vue de la COP 30. Une prochaine rencontre stratégique est prévue le 30 mai 2025 à Brazzaville pour approfondir la feuille de route et consolider les synergies.

La COP 30 est une opportunité décisive pour faire reconnaître l’importance planétaire de notre région. Le RADD appelle à une mobilisation de tous les acteurs – OSC, autorités, partenaires – pour que la parole des communautés forestières soit pleinement portée à Belém.

Pour le RADD, cet atelier représente une étape charnière dans l’affirmation de la société civile comme force de proposition et de veille sur les questions climatiques. Le Bassin du Congo, considéré comme le deuxième poumon de la planète, mérite une attention internationale proportionnelle à son importance écologique. Il est temps que les communautés qui le protègent soient reconnues, entendues et soutenues.

Catégories
Axes Prioritaires Défense des droits des femmes Non classé

LE RADD AU CŒUR DE L’ACTION SOCIALE : PARTICIPATION À CÉRÉMONIE LA PRÉSENTATION OFFICIELLE DU GUIDE SOCIAL DE PILOTAGE DES PROJETS ORGANISE PAR LE MINISTERE DES AFFAIRES SOCIALES (MINAS)

Yaoundé, 6 mai 2025 – Dans un contexte de renforcement de la gouvernance sociale des projets au Cameroun, le Réseau des Acteurs du Développement Durable (RADD) a marqué sa présence à la cérémonie de présentation du tout nouveau Guide Social de Pilotage des Projets, tenue à l’hôtel Mont Fébé de Yaoundé.

Sous la présidence de Mme Pauline Irène Nguene, Ministre des Affaires Sociales, la cérémonie a réuni des partenaires techniques et financiers, dont la Banque Africaine de Développement (BAD) et le Projet de Développement des Chaînes de Valeurs Agricoles (PDCVA). Le RADD, en tant qu’acteur engagé sur le terrain, a activement contribué à l’élaboration du guide et salue cette publication comme une avancée majeure pour la durabilité sociale des projets.

Des outils concrets pour prévenir les risques sociaux

Point d’orgue de la cérémonie : la présentation par Mme Wendjel Caroline, Chef de la Brigade de Contrôle de la Conformité Sociale des Projets. Le document de 110 pages a été sommairement décortiqué par Mme le chef de brigade, qui a rappelé son contexte d’élaboration, montré les fondements du guide et la partie la plus importante, celle réservée à la manifestation et la gestion des risques qui constitue le cœur du guide social de pilotage des projets. Intitulé cadre référentiel du contrôle de CSP ; cette partie a été élaborée sous forme de tableaux, 3 modèles pour l’évaluation sociale préalable, et 3 pour le suivi de la Conformité Sociale des Projets (CSP) favorisant ainsi une prise de décision informée et responsable.

Vers une nouvelle culture de gestion des projets au Cameroun

Mme la Ministre, après avoir donné la parole aux représentants des PTF, a clôturé l’activité. Dans son allocution de clôture, Mme la Ministre a exprimé sa satisfaction face à l’adhésion des parties prenantes et a encouragé la mise en œuvre rigoureuse du guide sur le terrain. La cérémonie s’est achevée sur une photo de famille et un moment de convivialité, symboles d’un engagement collectif pour un développement plus équitable et inclusif.