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Promotion des systèmes semenciers paysans

RAPPORT DE PARTICIPATION A LA 9ᵉ EDITION du SIALY – 2025

1. CONTEXTE ET OBJECTIFS DE LA PARTICIPATION

Le RADD (Réseau des Acteurs du Développement Durable) s’implique activement dans la promotion et la sauvegarde des Systèmes Semenciers Paysans (SSP) à travers l’initiative des cases de semences paysannes. Dans cette dynamique, l’organisation a pris part à la 9ᵉ édition du Salon International de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire de Yaoundé (SIALY), tenu du 23 au 29 juin 2025 à l’esplanade du Musée National.

Cette participation répondait à un objectif central : faire découvrir au grand public des semences ancestrales que nos aïeux utilisaient autrefois et qui, aujourd’hui, sont menacées de disparition. Ce sont ces variétés précieuses que le RADD s’efforce de conserver, de multiplier et de remettre entre les mains des producteurs et des communautés locales.

2. DÉROULEMENT DU SALON

Une ouverture festive et colorée

Les portes du SIALY 9ᵉ édition se sont ouvertes dans une ambiance chaleureuse, animée par des danses traditionnelles. Mme MOTO, promotrice de l’événement, a conduit une visite guidée des stands, offrant un aperçu de la diversité des exposants présents : des multinationales de l’agroalimentaire côtoyaient des innovateurs en agroécologie, des agroforestiers, des artisans du textile venu du Burkina Faso et des transformateurs artisanaux de produits agricoles.

Le stand du RADD : un espace qui attire la curiosité

Parmi les exposants les plus remarqués, le RADD a su attirer l’attention d’un large public grâce à un stand riche, coloré et original. Symbole de la souveraineté semencière, nutritionnelle et alimentaire, ce stand proposait une collection impressionnante de semences paysannes rares, accompagnées de produits transformés issus de ces variétés.

Parmi les semences exposées, on pouvait admirer :

  • Plusieurs variétés de maïs (rouge, noir, blanc et jaune), inhabituelles et visuellement saisissantes ;
  • Une vingtaine de variétés d’arachides ;
  • Des haricots, de la morelle noire, de l’amarante, des échalotes rouges et blanches ;
  • Du gombo, du sésame, de la pistache, du keleng keleng, du riz ;
  • Et bien d’autres variétés souvent méconnues du grand public.

Un public varié et enthousiaste

Plus d’une centaine de visiteurs ont fait halte au stand du RADD durant les sept jours du salon. Parmi eux : des étudiants, des chercheurs, des enseignants universitaires, des agriculteurs, et même des enfants. Leurs questions témoignaient d’une curiosité sincère :

  • Où ces semences sont-elles cultivées au Cameroun ?
  • Peut-on les trouver facilement si on en a besoin ?
  • Sont-elles disponibles en quantité suffisante pour les producteurs ?

L’un des moments les plus marquants de la semaine fut la rencontre avec une enseignante en Génétique à l’Université de Maroua. Jamais elle n’avait vu de maïs de couleur rouge de toute sa vie. Sa surprise était visible, et c’est avec une joie non dissimulée qu’elle a récupéré quelques épis pour les utiliser dans ses recherches génétiques. Cet épisode illustre à lui seul l’importance de ce que préserve le RADD.

3. SUGGESTIONS DES VISITEURS

Les visiteurs n’ont pas manqué de faire part de leurs idées pour renforcer la visibilité et l’impact du travail du RADD sur les semences paysannes :

  • Créer une plateforme numérique pour promouvoir et diffuser les semences paysannes ;
  • Réaliser des analyses génétiques sur les variétés locales afin de mieux les documenter et les valoriser ;
  • Organiser des mini-foires locales d’exposition pour rapprocher ces semences des communautés rurales ;
  • Inscrire les cases de semences paysannes dans le réseau de la Chambre d’agriculture ;
  • Regrouper les productrices d’échalotes en groupes structurés afin de les connecter au programme échalote du MINADER, coordonné par le Conseiller Technique 2 (CT2).

4. DIFFICULTÉS RENCONTRÉES

Malgré la réussite globale de cette participation, plusieurs difficultés ont pénalisé les exposants :

  • Les stands ont été attribués tardivement, générant des tensions avec le comité d’organisation et un manque de place pour les exposants ayant de nombreux produits à présenter ;
  • Les stands disponibles étaient trop étroits pour valoriser convenablement l’ensemble des semences exposées ;
  • Les frais de transport et de vie alloués aux exposants étaient insuffisants. Certains jours, il a fallu faire une partie du trajet à pied pour économiser et assurer la présence au stand le lendemain, avec les risques que cela comporte.

5. RECOMMANDATIONS À L’ÉQUIPE RADD

Fort de cette expérience, voici ce que nous recommandons pour les prochaines participations du RADD à des foires et salons :

  • Acquitter les frais d’un stand payé à l’avance pour bénéficier d’un meilleur emplacement et d’une plus grande visibilité ;
  • Participer activement aux tables de discussion et conférences du salon en proposant des thèmes liés aux SSP, pour faire connaître le positionnement du RADD sur les semences paysannes ;
  • Organiser des échanges interactifs directement dans le stand avec les visiteurs intéressés ;
  • Préparer de petits sachets de semences à offrir aux visiteurs curieux, pour qu’ils puissent les expérimenter dans leurs exploitations ;
  • Augmenter les frais de vie et de transport alloués aux exposants du RADD pour garantir leur sécurité et leur bien-être tout au long de l’événement.

Cette participation au SIALY 2025 a confirmé que les semences paysannes suscitent un intérêt grandissant dans notre société. Le travail de sauvegarde et de vulgarisation mené par le RADD est non seulement utile, mais indispensable. Chaque visiteur curieux, chaque chercheur émerveillé, chaque agriculteur informé représente une victoire pour notre souveraineté alimentaire et la biodiversité agricole du Cameroun.

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Formation AFSA : le RADD outillé pour promouvoir la souveraineté semencière en Afrique

Du 12 au 16 août 2025, le RADD a représenté le Cameroun et l’Afrique Centrale à une formation régionale organisée par l’Alliance pour la Souveraineté Alimentaire en Afrique (AFSA). Cette rencontre s’est tenue au centre Seed Savers Network, situé à Gilgil, au Kenya.

L’objectif était clair : outiller de jeunes leaders africains pour qu’ils deviennent des acteurs de changement dans la défense des semences paysannes et la promotion de la souveraineté alimentaire sur tout le continent.

CE QUE NOUS AVONS APPRIS ET VÉCU

1. Mieux comprendre les enjeux des semences paysannes

La formation a permis d’approfondir la réflexion sur ce que représentent vraiment les semences paysannes non seulement comme outils de production, mais comme piliers de notre identité, de notre autonomie et de notre résilience face aux crises alimentaires et climatiques.

  • Comprendre en profondeur les menaces qui pèsent sur les systèmes semenciers paysans (SSP) ;
  • Prendre conscience du rôle stratégique que les jeunes Africains peuvent jouer dans la défense de la souveraineté alimentaire ;
  • Analyser les défis propres au contexte camerounais et centrafricain.

2. Développer des compétences concrètes

Au-delà des connaissances théoriques, les participants ont acquis des outils pratiques pour agir sur le terrain et dans les espaces de décision :

  • Méthodes d’innovation et d’action collective pour mobiliser les communautés rurales ;
  • Techniques de plaidoyer pour influencer les politiques nationales sur les semences ;
  • Outils pratiques pour organiser des forums et foires agricoles à fort impact.

3. Des témoignages venus de tout le continent

L’un des moments les plus forts de la formation a été le partage d’expériences entre participants jeunes chercheurs, agriculteurs, communicateurs et militants. Trois grands thèmes ont structuré ces échanges :

  • Les effets concrets des lois restrictives sur les semences dans différents pays africains ;
  • Les conséquences de ces politiques sur la jeunesse rurale et les petits agriculteurs ;
  • Les stratégies de résistance face à la main mise croissante des entreprises agro-industrielles sur les semences africaines.

4. La citation qui a tout dit

« Celui qui a la semence a la vie. » — Dr Sarah Olembo

Cette formule porte un message fondamental : protéger nos semences, c’est protéger la vie elle-même. C’est aussi affirmer que ceux qui contrôlent les semences contrôlent ce que nous mangeons, et donc notre avenir.

POURQUOI C’EST IMPORTANT

La souveraineté semencière : de quoi parle-t-on ?

La souveraineté semencière, c’est le droit pour les agriculteurs de conserver, d’échanger, d’utiliser et de multiplier librement leurs propres semences. C’est un pilier essentiel de la souveraineté alimentaire. Concrètement, cela signifie :

  • Que les petits agriculteurs ne dépendent pas des semences industrielles vendues chaque saison par des multinationales ;
  • Que les variétés locales, adaptées aux sols et aux climats africains, sont préservées et transmises de génération en génération ;
  • Que notre patrimoine génétique et culturel agricole reste entre nos mains.

Ce que fait l’AFSA pour changer les choses

L’AFSA mène deux initiatives majeures présentées durant la formation :

La campagne « Seed is Life »

  • Défendre les systèmes semenciers gérés par les agriculteurs eux-mêmes ;
  • Faire reconnaître et protéger les droits des agriculteurs sur leurs semences dans les législations nationales.

La construction d’un réseau de jeunes leaders africains

  • Impliquer activement la jeunesse dans la transition vers des systèmes alimentaires durables ;
  • Préserver la biodiversité agricole comme condition du développement durable de l’Afrique.

CE QUE NOUS ALLONS FAIRE MAINTENANT

Cette formation n’est pas une fin en soi. Elle doit se traduire en actions concrètes sur le terrain camerounais et centrafricain. Voici les priorités identifiées :

  • Organiser des forums et foires nationaux dédiés aux SSP et à la souveraineté alimentaire, pour diffuser les apprentissages de cette formation ;
  • Participer aux événements régionaux et internationaux sur les semences, pour que la voix du Cameroun et de l’Afrique Centrale continue de se faire entendre ;
  • Développer des outils de plaidoyer adaptés à notre contexte : fiches, guides, supports de sensibilisation destinés aux communautés locales et aux décideurs.

CONCLUSION

La formation de l’AFSA au Kenya a été bien plus qu’un événement de renforcement de capacités. C’est une expérience transformatrice qui a confirmé une conviction : les jeunes africains ont un rôle central à jouer dans la défense de nos semences et de notre souveraineté alimentaire.

Trois acquis majeurs à retenir :

  • Une compréhension plus fine des enjeux stratégiques des systèmes semenciers paysans ;
  • Des compétences concrètes en leadership et en plaidoyer, prêtes à être mobilisées sur le terrain ;
  • Un réseau continental de jeunes engagés, désormais connectés et coordonnés autour d’une même cause.

Le RADD s’engage à capitaliser sur cette expérience et à la mettre au service des communautés rurales du Cameroun et de toute l’Afrique Centrale.

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FOSPAC 6 : Découvrez les recommandations pour la souveraineté semencière

Du 27 février au 1er mars 2026, Essé a vibré au rythme des semences paysannes avec la 6ᵉédition de la Foire des Semences Paysannes d’Afrique Centrale (FOSPAC6). Organisée par le RADD avec le soutien de partenaires tels que EPER Suisse, ACJM, FIAN International, AgroEcology Fund, AFSA, SAILD, ISSAHE et CRAPAC, cette rencontre a rassemblé acteurs ruraux, femmes agricultrices et représentants des collectivités locales autour d’un objectif commun : préserver et valoriser le patrimoine génétique local.

Placée sous le haut parrainage du Ministre de l’Agriculture, représenté par le Sous-préfet d’Essé, et soutenue par les ministères du Commerce et de la Promotion de la Femme et de la Famille, la FOSPAC6 a mis en lumière le rôle central des communes dans la sauvegarde des semences paysannes.

Le thème de cette édition :« Les Cases Communautaires des Semences Paysannes, creuset de la sauvegarde du patrimoine génétique local : quelle implication des communes ? » incitait à réfléchir sur la manière dont les collectivités peuvent soutenir les systèmes semenciers paysans, piliers d’un développement rural résilient et durable.

Les recommandations et résultats de la FOSPAC6 sont désormais disponibles ! Découvrez comment protéger les semences, renforcer le rôle des femmes et soutenir les communautés rurales.

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COMPTE RENDU DE LA PARTICIPATION DU RADD A LA 8EME EDITION DE LA FOIRE SEMENCIERE AGROECOLOGIQUE ET DE RESTAURATION DES METS LOCAUX EN VOIE DE DISPARITION

Le RADD a été convié par la Fédération des Associations d’Agriculteurs du Bénin (FAEB) à la 8ème édition de la Foire Semencière Agroécologique et de restauration des mets locaux en voie de disparition placée sous le thème : « Pour une souveraineté alimentaire avérée, promouvoir l’agroécologie » qui s’est déroulé du 17 au 19 Octobre dans l’esplanade de la Commune d’Aplahoué, Département du Couffo au Bénin.

Le RADD représenté par YOUMSSI EYA Yvan Lionnel faisait partie d’une délégation composée de ressortissants de 10 pays d’Afrique centrale, de l’Ouest et de l’Est : le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, Le Niger, le Tchad, la République Centrafricaine, la Côte d’ivoire, L’Ouganda et le Cameroun.

Le site de la Foire était composé d’une soixantaine de stands bien achalandés de semences paysannes, de produits transformés (croquettes, liqueurs, mets locaux, pharmacopée traditionnelle) et de produits forestiers non ligneux.

Journée d’ouverture

La journée d’ouverture, le 17 octobre a été marqué par une cérémonie à laquelle ont pris part le Préfet de Couffo, le Maire de la Commune d’Aplahoué, les chefs traditionnels et de nombreuses organisations invitées. Face à une foule composée de locaux et d’exposants les prises de parole se sont enchaînées.  Les leaders du FAEB M. Patrice SAGBO et M. Pierre BEDIE ont exprimé leur joie et leur satisfaction de voir tant de personnalités et d’autorités réunies pour la foire.

Par la suite, M. FAMARA Diédhiou, Coordonnateur programme à l’Organisation Alliance for Food Sovereignity (AFSA) partenaire de la Foire et en charge de la délégation étrangère, a pris la parole pour sa communication inaugurale sur les « Semences paysannes : Signification ; Enjeux ; Défis ; Perspectives ».

Il a ainsi relevé les diverses significations de la semence paysanne sur le plan biologique, culturel et cultuel. La semence c’est la vie de manière générale et elle fait face à de nombreux défis liés à la protection ses semences contre la biopiraterie, la valorisation de leur capacité à résister aux changements climatiques et à garantir la souveraineté alimentaire et la justice économique des peuples.  

Par la suite, le Préfet de Couffo a pris la parole pour son mot d’ouverture.  Il a salué cette initiative dont il a bien saisi les enjeux, remercié les organisateurs, ses populations présentes et les membres de la délégation étrangère avant de procéder au lancement officiel de la 8ème édition de la Foire Semencière agroécologique et de restauration des mets locaux en voie de disparition par la coupure solennelle du ruban. Cette dernière a été suivie de la visite des stands lors de laquelle le Préfet n’a cessé de marquer son enthousiasme en rencontrant les exposants.

Un peu plus tard, la deuxième communication sur le thème femme rurale et leadership a débuté. Elle a essentiellement consisté en la prise de parole de femmes ayant pris part à l’atelier d’échanges sur les leviers d’émancipation des femmes rurales en Afrique francophone et de certains responsables d’organisations féministes. Le partage d’expériences a été riche et on a pu apprendre comment les femmes trouvent des stratégies pour concilier leur besoin d’autonomisation et leur place de mère et d’épouse dans la famille.  

Le programme s’est poursuivi dès 19h30 avec le diner agroécologique. Il s’agissait d’une activité réunissant un parterre d’invités dont le Préfet du département de Couffo dans une salle bien aménagée. La soirée, animée par Patrice SAGBO, a commencé avec des histoires racontées par les invités le temps que le préfet soit présent. Une fois le préfet installé, le diner proprement dit a pu suivre son cours avec la présentation par FAMARA de sa communication inaugurale sur les semences paysannes. Par la suite, M. Alexis Houndji (AquaDeD) a entretenu l’assistance sur le procédé et les vertus de la pisciculture agroécologique tandis que M. Jaurès Monkou, du FAEB a expliqué comment mettre en place un élevage agroécologique.

Ces présentations riches ont été applaudi et apprécié puis la place a été donné aux agapes durant lesquelles les convives ont échangé en toute convivialité jusqu’à 22h.

La note particulièrement positive de la soirée a été la remise par les organisateurs de la Foire de cadeaux à l’attention de M. le Préfet du Couffo pour le remercier de son engagement sans failles pour l’organisation de la Foire.

Journée du 18 Octobre

Le 18 octobre dès 9h la délégation étrangère en compagnie d’autres participants et guidée par le FAEB a été conduite pour la visite de la ferme agroécologique de M. Lonmadon. Une ferme située dans le village Gboyimè-KLOUEKANME dans le département du Couffo où on retrouve un espace assez vaste de terres, un élevage bovin et un étang pour la pisciculture. En prélude à la visite proprement dites, les participants ont revêtus des t-shirts confectionnés pour l’occasion et offerts par le FAEB et sont réunis sous une tente pour les présentations, nous y avons notamment appris que le propriétaire de le Ferme M. Lonmadon est un ancien Maire.

Par la suite et durant une trentaine de minutes, les participants ont pu observer l’élevage bovin de près et la traite du lait de ferme ; l’étang créé artificiellement à partir du lit d’un fleuve où selon les dires de M. Lonmadon lui-même, les poissons ne sont pas nourris avec des alevins mais plutôt avec ce qu’ils trouvent naturellement dans l’étang.

La visite s’est achevée par un repas communautaire à base de produits locaux notamment le pois d’angole, une variété de haricot beaucoup cultivée dans le département du Couffo.

De retour sur le site de la foire, nous avons pris part à la discussion sur le thème : Les pratiques agroécologiques pour maintenir la fertilité des sols et augmenter les rendements. La discussion animée par Lidwine Baloïtcha a suscité de nombreux partages de pratiques agroécologiques notamment l’utilisation de la cendre, de la bouse provenant de vaches nourries agroécologique pour fertiliser les sols. L’un des grands débats a été sur la notion de banque communautaire de semences et de cases communautaire de semences. Nous en avons retiré qu’au sens de l’Union Africaine et de la FAO le terme banque de semences a une portée plus large non seulement sur le plan géographique (Ensemble du territoire, région, département) mais aussi en terme de contenu il doit pouvoir rassembler toutes les espèces qui sont de son ressort géographique. Le terme cases de semences en revanche a une portée plus limitée. Bien qui ’essentielles, les cases de semences se limitent aux villages. Toutefois il faut dire que ce découpage ne fait pas forcément l’unanimité car le terme de banque a une résonance négative chez les paysans.

La dernière communication de la journée s’est faite à partir de la diffusion d’un documentaire sur les conséquences de l’utilisation des herbicides sur la biodiversité, l’environnement et l’Homme. Le documentaire, d’une cinquantaine de minutes a suscité de nombreux commentaires surtout en ce qui concerne la transmission des pratiques agroécologiques aux plus jeunes qui sont beaucoup plus tentés de faire recours aux engrais chimiques et herbicides pour faire rapidement du profit. Nous avons pu livrer l’expérience de la FOSPAC5 et de l’accent qui a été mis sur la dynamique générationnelle pour une agriculture saine et durable.

Journée de clôture

La cérémonie de clôture a débuté dès 13h en l’absence du Préfet malheureusement empêché. Devant une foule beaucoup moins nombreuse que lors de l’ouverture, M. Patrice SAGBO a pris la parole pour exprimer sa satisfaction et sa reconnaissance à l’endroit des membres de la délégation étrangère. Il a par la suite, invité M. FAMARA à prendre la parole pour un mot et l’autorité traditionnelle de la Commune d’Aplahoué pour son mot de clôture. Cette phase a laissé place à la remise des attestations de participation et du petit matériel agricole (brouette, pelle, fourche, machette) aux exposants qui se sont particulièrement illustrés durant la foire.

La délégation a été conviée pour un dernier repas sur le site de la foire avant de prendre la route en direction de Cotonou.

Bilan et recommandations

La participation à laFoire Semencière Agroécologique et de restauration des mets locaux en voie de disparition a été un moment de découverte, de partage, d’échange et de gain d’expérience. Nous en retirons du positif pour la reconnaissance des systèmes semenciers paysans et la souveraineté alimentaire en Afrique.

Nous retenons la nécessité de :

  • Favoriser des ateliers thématiques vivants avec des intervenants variés
  • S’inspirer du diner agroécologique organisé par le FAEB pour honorer les autorités de la commune d’Esse
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Justice Climatique et Promotion de l'Agroécologie

LE RADD à la pratique de l’Agroécologie Paysanne aux cotés des jeunes paysan(ne)s d’Afrique à l’occasion de la Yalitia 7 organisée par JVE-CI du 25 au 30 juillet 2025

Association de droit camerounais, Le RADD œuvre pour le développement inclusif et durable. Le RADD a choisi l’agroécologie comme un système de production par excellence ainsi pour renforcer ses capacités deux délégués du RADD ont participé au projet du YALITIA 7 en Côte d’Ivoire (Daloa).

Ce rapport présente les activités réalisées dans le cadre du projet YALITIA 7, axées sur la promotion de l’agroécologie paysanne comme levier stratégique pour la souveraineté alimentaire. Les activités ont débuté le 25 juillet 2025 et se concentrent sur la mise en œuvre de techniques de production d’intrants naturels pour améliorer la fertilité des sols ainsi que la protection des cultures et la transformation agro-alimentaire.

A. FABRICATION DES BIO-INTRANTS

I. Production de Compost Aérobie

•  Objectif : Produire un amendement organique de qualité pour améliorer la fertilité des sols.

•  Procédure :

  1. Préparation de la planche : Définir une planche de compostage de 1,20 m de large, 4 m de long et 20 cm de profondeur. Installer des piquets aux quatre coins.

  2. Superposition des matières organiques :

    *  Verser 3 brouettes de fumier de porc jusqu’à atteindre une hauteur de 20 cm.

    *  Ajouter des plumes de poulet, 6 poignées de cendre de bois, de la poudre d’os carbonisée, des feuilles de neem (Azadirachta indica), et de la paille.

    *  Arroser le mélange avec 3 arrosoirs d’eau pour bien humidifier.

    *  Répéter le procédé trois fois pour atteindre une hauteur de 1 m à 1,20 m.

  3. Retournement : Tourner le mélange tous les 15 jours pendant une période de deux mois, soit un total de quatre retournements.

•  Principes : Le compostage aérobie repose sur la décomposition naturelle de la matière organique en présence d’oxygène.

•  Action : Le compost aérobie fertilise d’abord le sol avant de nourrir directement la plante.

•  Conservation : Après fabrication, le compost peut être conservé dans un sac à double sécurité, bien fermé et placé sur un support à l’ombre.

II. Préparation du Bokashi (Engrais Organique Fermenté)

L’Objectif est de produire un engrais organique à action rapide pour stimuler la croissance des plantes.

•  Ingrédients :

  •  1 kg de levure dolofière (ou de boulanger)

  •  2 kg de cendre de bois

  •  1 kg de sucre roux (ou 1 litre de mélasse)

  •  6 brouettes d’argile termitière

  •  6 brouettes de bouse de vache

  •  6 brouettes de son de riz

  •  2 kg de poudre de charbon de bois

  •  30 litres d’eau sans chlore

•  Procédure :

  1. Activation de la levure : Dissoudre le sucre (ou la mélasse) et la levure dans 30 litres d’eau.

  2. Préparation du sol : Arroser le sol.

  3. Superposition des matières :

    *  Étaler 2 brouettes de bouse de vache.

    *  Ajouter 2 brouettes d’argile termitière.

    *  Ajouter 2 brouettes de son de riz.

    *  Recouvrir d’une couche de poudre de charbon de bois et de cendre de bois.

  4. Arrosage : Arroser avec la solution de levure et de mélasse.

  5. Fermentation : Tourner le bokashi chaque matin et soir pendant 4 jours.

•  Application : Le bokashi est prêt à être utilisé après 4 jours.

  •  Appliquer 250 g de bokashi par poquet.

  •  Le bokashi a un effet immédiat sur les plantes.

  •  Il perd de son efficacité après 45 jours d’exposition au soleil.

III. Préparation de l’Apichi (Insecticide Naturel)

•  Objectif : Produire un insecticide naturel pour protéger les cultures contre les insectes nuisibles.

•  Ingrédients :

  •  1 kg de piment séché

  •  1 kg d’ail

  •  1 kg de gingembre

  •  1 litre d’alcool à 90° (pharmacie ou alcool local)

  •  40 litres d’eau sans chlore

•  Procédure :

  1. Préparation des ingrédients : Écraser chaque ingrédient séparément dans un mortier.

  2. Macération : Verser les ingrédients écrasés dans un récipient contenant 1 litre d’alcool et 12 litres d’eau. Laisser fermentées pendant 4 jours.

  3. Dilution : 27 litres d’eau supplémentaires.

•  Application :

  •  Le produit est prêt à être utilisé 11 jours après l’ajout des 27 litres d’eau.

  •  Usage préventif : Mélanger 1/4 de litre de produit avec 15 litres d’eau et appliquer pour désinfecter les plants sensibles aux attaques d’insectes.

  •  Usage curatif : Mélanger 1/2 litre de produit avec 15 litres d’eau et utiliser pour traiter les plants déjà attaqués.

IV. Préparation de l’EM (Micro-organismes Efficaces)

•  Objectif : Produire un inoculant microbien pour améliorer la santé des sols et des plantes.

•  Ingrédients :

  •  1 kg de bouse de vache fraîche

  •  1 litre d’urine de lapin

  •  1 kg de soja (ou haricots)

  •  1 kg de source de protéines (non spécifiée)

  •  1 kg de feuilles de neem (Azadirachta indica)

  •  10 litres d’eau sans chlore

•  Procédure :

  1. Mélange : Mettre la bouse de vache dans un récipient, verser 3 litres d’eau pour rendre le mélange liquide.

  2. Ajout des ingrédients : Ajouter le soja concassé, l’urine de lapin, et le son de riz. Bien mélanger.

  3. Fermentation : Tourner le mélange matin et soir pendant 5 minutes jusqu’au 10ème jour.

•  Conservation : Conserver à l’ombre, à l’abri du soleil et de la pluie, posé sur un support.

•  Application :

  •  Le produit est prêt dès le 11ème jour.

  •  Foliaire : 1 litre de produit pour 100 litres d’eau (pour les feuilles).

  •  Semences : 1 litre de produit pour une tasse à café de semences, puis sécher à l’ombre sur un carton (ne pas mélanger au sol).

  •  Racines : 1/2 litre de produit dans 16 litres d’eau pour la protection des racines.

•  Durée de vie : 6 mois.

V. Préparation de Répulsifs à Base de Plantes

•  Objectif : Produire des répulsifs naturels pour protéger les cultures contre les insectes.

1. Répulsif à Base de Tithonia (Tithonia diversifolia)

  •  Procédure : Remplir un récipient au 1/4 de tithonia, ajouter de l’eau jusqu’à son plein. Mettre une moustiquaire au-dessus, fermer légèrement et laisser le substrat macérer pendant 24 heures.

2. Répulsifs à Base de Feuilles de Neem (Azadirachta indica), Hyptis suaveolens, et Basilic Sauvage

  •  Procédure : La méthode de préparation n’est pas spécifiée. Il est supposé qu’il s’agit d’une macération similaire à celle du tithonia.

B. Transformation Agroalimentaire : Valorisation des Produits Locaux

En plus des activités axées sur la production agricole durable, YALITIA 7 a également mis l’accent sur la transformation agroalimentaire, un levier essentiel pour valoriser les produits locaux, créer de la valeur ajoutée et assurer la sécurité alimentaire. Les participants ont été initiés à des techniques de transformation simples et accessibles, permettant de conserver et de valoriser les produits frais.

1. Transformation de l’Ananas en Confiture

•  Objectif : Transformer l’ananas frais en confiture pour prolonger sa durée de conservation et créer un produit à valeur ajoutée.

•  Procédure :

  1. Sélection et préparation des ananas : Trier les ananas, les laver soigneusement, les nettoyer et les découper en petits morceaux.

  2. Cuisson : Mettre les morceaux d’ananas dans une cocotte, ajouter 600g de sucre pour 1kg d’ananas , et cuire à feu doux en remuant régulièrement pendant 45 minutes à 1 heure, jusqu’à obtention de la consistance désirée.

  3. Pasteurisation des bocaux : Pasteuriser les bocaux qui serviront à conserver la confiture ( ici le procédé consiste à mettre les bocaux dans une marmite remplir d’eau et faire bouillir pendant une heure de temps .).

  4. Mise en bocaux : Remplir les bocaux pasteurisés avec la confiture chaude.

  5. L’appertisation : Replacer les bocaux remplis de confiture dans une marmite remplie d’eau et porter à ébullition pendant 45 minutes à 1 heure. Cette étape permet d’éliminer les micro-organismes et d’assurer la conservation de la confiture.

•  Conservation : La confiture ainsi préparée et pasteurisée peut être conservée pendant environ un an dans un endroit frais et sec.

2. Conservation du Piment au Vinaigre

•  Objectif : Conserver le piment frais au vinaigre pour en prolonger la durée de conservation et ajouter une saveur aigre-douce.

•  Procédure :

  1. Sélection et préparation des piments : Trier les piments, les laver soigneusement (trois fois).

  2. Trempage : Préparer une solution d’eau salée et y plonger les piments pendant 5 minutes.

  3. Pasteurisation des bocaux : Pasteurisés les bocaux qui serviront à conserver les piments (mettre de l’eau dans une marmite en suite introduire les bocaux les bocaux laisser en ébullition pendant 1h heure de temps ).

  4. Mise en bocaux : Remplir les bocaux pasteurisées avec les piments.

  5. Couverture : Recouvrir les piments de vinaigre blanc.

  6. Fermeture : Fermer hermétiquement les bocaux immédiatement.

  7. Appertisation : Appertiser les bocaux comme décrit précédemment (45 minutes à 1 heure d’ébullition).

•  Conservation : Les piments ainsi préparés et appertisés peuvent être conservés pendant une longue période dans un endroit frais et sec.

3. Conservation des Aubergines a de l’eau

•  Objectif : Conserver les aubergines fraîches à de l’eau pour en prolonger la durée de conservation et ajouter une saveur douce.

•  Procédure :

  1. Sélection et préparation des aubergines : Trier les aubergines, les laver soigneusement et les découper en quatre.

  2. Trempage : Préparer une solution d’eau salée et y plonger les aubergines découpées pendant 5 minutes.

  3. Pertisation des bocaux :pasteurisés les bocaux qui serviront à conserver les aubergines (le même procédé explique plus haut).

  4. Mise en bocaux : Remplir les bocaux pasteurisés avec les aubergines.

  5. Couverture : Recouvrir les aubergines d’eau (et non de vinaigre, à confirmer).

  6. Fermeture : Fermer hermétiquement les bocaux immédiatement.

  7. Pertisation: Pasteuriser les bocaux comme décrit précédemment (45 minutes à 1 heure d’ébullition).

•  Conservation : Les aubergines ainsi préparées et a pertisés peuvent être conservées pendant une longue période dans un endroit frais et sec.

Observations

•  Importance de l’hygiène : pour que tout cela soit possible il faut que la transformation se fasse dans un espace saint bien propre avec les sabots,une blouse bien propre ,Les gants, les cache nez , l’échalote tout au long du processus de transformation pour éviter la contamination des aliments.

Conclusion :

Les activités menées dans le cadre du projet YALITIA 7 ont permis de mettre en œuvre des techniques de production d’intrants naturels pour améliorer la fertilité des sols et protéger les cultures. Ces techniques, basées sur les principes de l’agroécologie paysanne, contribuent à renforcer l’autonomie des producteurs, à réduire leur dépendance aux intrants chimiques et à promouvoir une agriculture durable et respectueuse de l’environnement.

Recommandations

•  Formation : Organiser des sessions de formation pour partager les connaissances et les savoir-faire avec d’autres producteurs.

•  Recherche : Mener des recherches pour optimiser les techniques de production d’intrants naturels et les adapter aux conditions locales.

•  Documentation : Documenter les résultats des activités et partager les informations avec d’autres acteurs du développement.

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Justice Climatique et Promotion de l'Agroécologie Non classé Promotion des systèmes semenciers paysans

Compte Rendu de l’Atelier de Formation sur les Intrants Biologiques et la Gestion des Semences Paysannes à Mgbwakomba

Date : 27 juin 2025

Lieu :Mgbwakomba, arrondissement de Nanga-Eboko, Haute-Sanaga

L’atelier de formation sur les intrants biologiques ainsi que la sélection et la conservation des semences paysannes s’est tenu le 27 juin dernier dans la localité de Mgbwakomba, dans l’arrondissement de Nanga-Eboko, Département de la Haute-Sanaga.

Cette activité, qui entre dans le cadre du renforcement des capacités des cases de semences paysannes, a été initiée par le RADD (Réseau des Acteurs du Développement Durable) dans le but de promouvoir les systèmes semenciers paysans, l’agroécologie et les systèmes alimentaires durables. Elle a rassemblé une quarantaine de participants venus de plusieurs villages du Groupement de Biboa.

Il est important de souligner que le Groupement de Biboa est une zone essentiellement agricole où l’on cultive principalement des cultures vivrières pour la consommation familiale, et surtout du maïs pour les besoins économiques.

Malheureusement, la culture du maïs y est confrontée à un sérieux problème : l’utilisation massive de pesticides et d’autres intrants chimiques de synthèse, censés booster la production. Ces produits ont des conséquences néfastes sur l’environnement, la santé des agriculteurs et des consommateurs, et entraînent une érosion progressive des systèmes semenciers paysans. Pour apporter une solution durable à cette situation devenue alarmante, cet atelier sur la production des bio-intrants a été initié.

 Objectifs de la Formation :

  • Restituer la formation reçue par les leaders ruraux sur la gestion des Cases de Semences Paysannes (CSP), la sélection et la conservation des semences.
  • Renforcer les capacités des petits producteurs sur les techniques de production et d’utilisation des intrants biologiques ;
  • Sensibiliser et informer les participants sur les dangers liés aux produits chimiques de synthèse.
  • Mettre en place un comité de gestion de la Case de Semences.

Déroulement de l’Atelier

Animation par les membres de la CSP

 a) Phase protocolaire

La journée a débuté par le protocole usuel : arrivée et enregistrement des participants, prière, suivis des discours de bienvenue et de la présentation des participants. Le représentant du chef du village de Mgbwakomba a souhaité la bienvenue à l’équipe du RADD, la remerciant d’avoir bravé les difficultés du voyage pour venir éclairer ses populations. Il a également remercié les participants pour leur présence.

À la suite du chef de village, Mme AKONO Suzanne, cheffe de la délégation du RADD et coordinatrice des Cases de Semences Paysannes, a présenté l’association, ses objectifs et ses quatre axes d’action : l’accompagnement des communautés riveraines des agro-industries, le programme d’autonomisation économique de la femme, la justice climatique et, notamment, le Programme de Promotion des Systèmes Semenciers Paysans (PPSSP), qui était le sujet de cette rencontre.

Les participants, en se présentant, ont exprimé leurs attentes pour cette activité, notamment le désir d’apprendre à fabriquer des herbicides naturels.

Après cette phase protocolaire, l’activité a pu commencer. Elle était divisée en deux parties.

 b) Phase théorique

Cette partie a consisté en la restitution de la formation des leaders ruraux sur la gestion des Cases de Semences Paysannes, la sélection et la conservation des semences paysannes. Il a été rappelé que la formation d’Essé, en novembre 2024, avait rassemblé de nombreux participants et formateurs, certains venus du Bénin. Durant une semaine, les apprenants ont été formés sur plusieurs thématiques : la gestion des cases communautaires de semences paysannes, les lois régissant l’activité semencière, la sélection et la conservation des semences paysannes, et les Systèmes Participatifs de Garantie (SPG).

La phase théorique a également abordé la présentation des engrais biologiques, soulignant leurs avantages sur l’environnement, la santé et l’économie, par opposition aux intrants chimiques de synthèse. Des séances de questions-réponses et une pause musicale ont animé cette première partie de la journée.

Explications théoriques du dispositif de fabrication d’intrants biologiques

 c) Phase pratique

De retour de la pause, l’atelier pratique a débuté, axé sur la fabrication du purin de 21 jours et du bio-régulateur à large spectre.

Quelques plantes utilisées

Les participants ont appris à utiliser des matières premières telles que :

Matériel : un fût, une fiole, de la colle Tangit, des ciseaux, de l’eau.

Ingrédients : 1 kg d’ail, 1 L de mélasse, divers yaourts, de l’urine de lapin, un mortier, un pilon, des machettes, des couteaux, une bassine, une bâche, 60 L d’eau, 0,5 kg de feuilles de Vernonia , 0,5 kg de feuilles de Tithonia, 0,5 kg de fougère, 0,5 kg de citronnelle, 0,5 kg d’aloès vera, 0,5 kg de feuilles de papayer, 0,5 kg de feuilles de dartrier, 0,5 kg de feuilles d’ortie et des feuilles de tabac sèches.

Phase pratique

Formation du Comité de Gestion de la Case

Les participants ont ensuite été invités à former un comité de gestion de la Case. Après discussion, le consensus a été de mettre en place un bureau composé des membres suivants :

* Une présidente

* Un secrétaire général

* Une trésorière

* Une animatrice

* Une chargée de communication

* Un superviseur

* Deux conseillers, dont le chef du village de Mgbwakomba et le chef de Nyaminkang.

Comité de gestion de la CSP

 Conclusion de l’Atelier

Mme AKONO Suzanne, chargée du suivi des CSP au sein du RADD, a invité la nouvelle équipe à se mettre au travail pour dynamiser la Case et a exhorté les participants à mettre en pratique les enseignements reçus. Le chef de Mgbwakomba a remercié le RADD d’avoir choisi son village pour accueillir cette activité et a émis le souhait de mobiliser les ressources nécessaires pour continuer à renforcer les capacités de ses populations.

La journée s’est terminée par une série de photos de famille et un repas communautaire. L’équipe du RADD a regagné Yaoundé le lendemain matin après une soirée conviviale.

Photo de famille
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Promotion des systèmes semenciers paysans

« Pour des semences paysannes caractérisées, disponibles et productives » Fotouni département du Haut Nkam région de l’Ouest Cameroun, 23 juillet 2025

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Défense des droits des femmes

La marche mondiale des femmes

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Promotion des systèmes semenciers paysans

LE PROJET DE REFORME DU TIRPAA, UNE MENACE DE PLUS POUR LES SEMENCES PAYSANNES?

Le RADD, a mis sur pied une veille citoyenne sur l’agro-écologie et la Semence Paysanne chargée de scruter l’actualité sur les questions en lien avec ces centres d’intérêt.

C’est ainsi que notre attention a été portée sur une publication de Denis MESHAKA d’ « inf’OGM »  veille citoyenne sur les OGM et les semences du 16/06/2025.

Elle est titrée : « Le TIRPAA travaille sur une réforme controversée »

Cette réflexion intervient à l’issue de la 13e Réunion du Groupe de travail (GT13) du TIRPAA à Rome, du 1er au 4 avril 2025

D’emblée, l’auteur écrit : « Début avril, le TIRPAA a de nouveau discuté de l’élargissement de la liste des cultures couvertes par le Système Multilatéral et la révision du contrat encadrant leur utilisation. Alors que les États membres du Traité invoquent la nécessité de garantir la sécurité alimentaire mondiale, des craintes sur une dérive de l’accès généralisé aux semences paysannes et traditionnelles se font entendre.

Cela faciliterait leur brevetage, et ce sans réel partage des avantages, au détriment du « Sud » et des droits des paysans. »

Figure 2 Une riche gamme variée de semences graines lors de la FOSPAC5

D’où vient-il qu’on parle de controverse alors que l’on sait qu’à l’origine, le Traité a été conçu comme un instrument de solidarité internationale visant à rejeter l’appropriation par les DPI (Droits de Propriété Intellectuelle) d’un apparent « patrimoine commun de l’humanité » afin de pérenniser la diversité agricole et garantir la sécurité alimentaire dans un esprit de coopération ?

Le Tirpaa avait prévu un mécanisme de compensation et de rétribution de l’accès aux RPGAA appelé le Système Multilatéral (SML) d’accès et de partage des avantages. Mais, à l’épreuve, l’on note beaucoup de dysfonctionnement et d’iniquité dans le partage des avantages en faveur des pays du Nord au grand détriment des pays du Sud pourtant grands pourvoyeurs des ressources phyto génétiques.

En plus de cela, l’adoption d’une résolution traitant notamment de la question des Informations de Séquençage Numérique, couramment appelé « DSI » (Digital Sequence Information) laisse perplexe. Ceci veut tout simplement dire que si un obtenteur réussit à développer une nouvelle variété végétale à partir de l’ADN d’une semence brevetée déjà en laboratoire, il jouit de tous les droits sans obligation de dédommager le centre d’origine. Donc, plus besoin de se rapprocher de l’agriculteur à la base !

Au vu de ce qui précède, l’on est fondé de se demander s’il faut « ouvrir l’accès à l’ensemble des semences agricoles ou aux ressources phyto génétiques pour l’alimentation et l’agriculture ? »RPGAA

Cette question peut paraître incongrue, surtout lorsqu’on sait que cette réforme répond à la demande/injonction( ?) de la puissante industrie semencière appuyée par les pays du Nord sous le prétexte de renforcer la coopération internationale. Le Tirpaa risque ainsi de pénaliser les pays du Sud premières victimes potentielles de l’insécurité alimentaire.

Relevons que l’annexe 1 du Tirpaa, depuis 2001, affiche une liste de 64 espèces végétales protégées. La réforme en cours va-t-elle respecter la souveraineté des États ?

On peut aussi se poser cette question politique : À qui appartiennent les semences ? Et selon quelles règles peuvent-elles être protégées à l’échelle mondiale ?

Après l’UPOV, le Tirpaa… ?

L’UPOV est une véritable épée de Damoclès suspendue sur la tête des agriculteurs, défenseurs de la Semence Paysanne et des Systèmes Semenciers Paysans (SSP) avec son bras séculier qu’est l’OAPI. Ces DPI font peser d’énormes menaces sur les agriculteurs qui promeuvent et défendent les SSP, au point où dans certains pays comme le Bénin, des agriculteurs et autres acteurs de la société civile affrontent sans ménagement les pouvoirs publics pour appeler à la révocation des lois en faveur de l’UPOV.[1]

Jusqu’à présent, le Tirpaa, qui s’est toujours positionné en faveur de la défense des droits des paysans et de la reconnaissance de la semence paysanne et des SSP, par cette réforme d’élargissement de la liste des cultures couvertes par le SML semble faire une chose et son contraire. Il y a comme un rétropédalage de sa noble vision de protéger ces agriculteurs traditionnels qui ont su préserver, multiplier et sélectionner la semence paysanne au fil des millénaires. Ce qui était une forme de justice pour cette catégorie de paysans court le risque de devenir une flagrante injustice. Les industries semencières démontrent par-là à souhait qu’elles ont des bras très longs.

Si d’importantes espèces végétales comme le soja et la tomate et bien d’autres ont pu échapper à cette liste, c’est grâce à la fermeté de la Chine et du Brésil qui ont facilement accès à ces spéculations. Il revient donc aux pays qui croient encore à l’importance des semences paysannes et des SSP de suivre la voie de la Chine et du Brésil pour opposer une fin de non-recevoir à cette réforme.Quid de l’avenir des CSP ?


[1] Lechasseurinfos.net https//lechasseurinfos.net Semences agricoles : Les OSC contre l’adhésion du Bénin à l’UPOV…

Figure 3 du maïs de couleur restauré par le RADD à l’issue des Causeries Paysannes

Les Cases de Semences Paysannes sont un début de réponse à la question politique posée plus haut. Elles doivent continuer à multiplier et à conserver ces semences traditionnelles au long cours. On a par exemple le cas d’une variété d’arachides « Angwabinong » introduite à MBENOA, depuis 1952, qui abrite par ailleurs la CSP éponyme. Ses vertus culinaires sont bien connues au-delà de la contrée. Les agriculteurs doivent poursuivre leurs inlassables efforts de conservation, de multiplication, de promotion de la semence paysanne et de sa protection contre les prédateurs, d’où qu’ils viennent, malgré le fallacieux prétexte de « patrimoine commun de l’humanité »

En attendant la réponse des décideurs publics et politiques, les populations à la base doivent défendre bec et ongle leurs semences paysannes, lourd héritage socio-culturel, cultuel et alimentaire.

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Axes Prioritaires Non classé Promotion des systèmes semenciers paysans

LE RADD EN APPUI AUX PRODUCTEURS POUR RÉPONDRE À LA FORTE DEMANDE DE SEMENCES PAYSANNES

Les années 2000 ont été particulièrement difficiles pour les petits agriculteurs du fait des phénomènes suivants : les effets néfastes du changement climatique,  le manque d’accès aux ressources (financement, des technologies modernes   comme les systèmes d’irrigation et les méthodes de fertilisation intelligente, des marchés pour écouler leurs produits. À cela s’ajoutent des défis structurels  tels des infrastructures inadéquates – routes, entrepôts et installations de stockage insuffisants rendant difficile la conservation et la commercialisation des produits – le manque d’éducation et de formation ; des inégalités de genre(les femmes agricultrices ont très peu accès à la terre, au crédit et aux outils agricoles)[1].

[1] What Are the Challenges of the Smallhoder Farmers Around the World www.bread .org

Pourtant, les petits exploitants agricoles sont essentiels aux systèmes alimentaires du monde. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture(FAO) estime à 600 millions le nombre de petits exploitants agricoles travaillant sur moins de 2 hectares de terres[2]. Les campagnes de distribution des semences industrielles et des intrants chimiques de synthèse par les pouvoirs publics et des élites au Cameroun, en vue de promouvoir l’agriculture conventionnelle dans le but de renforcer la sécurité alimentaire, ont éloigné le petit agriculteur de ses habitudes alimentaires tout en créant une forte dépendance vis-à-vis de l’industrie semencière.

Le Réseau des Acteurs du Développement Durable (RADD), répondant à une de ses principales missions, celle qui vise la promotion des Systèmes Semenciers Paysans (PSSP) en général, en particulier de la semence paysanne, a entrepris de ramener en surface et de ré inculquer aux agriculteurs l’usage et l’importance de cette dernière, elle qui nous a nourris, rendus résilients et bien portants depuis des millénaires.

Depuis 2020, le RADD a initié des « Causeries Paysannes » qui sont des rencontres d’échanges et de partages d’expériences en lien avec la semence paysanne. Ces rencontres ont permis aux agriculteurs de reprendre confiance en leurs semences et en leurs techniques séculaires de culture, de sélection et de conservation, de les cartographier et de les caractériser pour une meilleure valorisation.

Ce travail de fourmi a abouti à l’organisation de la 1ere Foire des Semences Paysannes du Cameroun (FOSPAC) en 2021. D’année en année, cet événement a connu la participation d’autres pays africains qui, à l’édition 2024, ont émis le vœu  d’en faire une foire sous régionale. La FOSPAC s’est commuée en Foire des Semences Paysannes de l’Afrique Centrale lors de l’édition 2025 avec au compteur une quinzaine de pays du Bassin du Congo, d’Afrique de l’Ouest et en prime la participation de certains pays d’Europe.


[2] Ibid.

Figure 2 : Pavillon des pays étrangers présents à la 5ème édition de la FOSPAC

Par ailleurs, le RADD a mené des actions de plaidoyers auprès des décideurs et de toutes les parties prenantes pour la reconnaissance juridique des   Semenciers Paysans (SSP) et des droits des producteurs. Le RADD l’a fait en s’appuyant  sur l’article 19 du Traité International sur les Ressources Phyto génétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture (TIRPAA) qui affirme les droits des agriculteurs à disposer de la semence paysanne. Il reconnaît aussi le partage des avantages (Système Multilatéral- SML) issus de l’utilisation de leurs semences suite au brevetage par des sélectionneurs et des obtenteurs. En outre, sous l’impulsion du RADD, les participants à la FOSPAC3 en 2023 ont publié une   déclaration dite « Déclaration d’Essé »[1]. Cette dernière porte entre autres revendications sur :

  • La consécration juridique du système semencier national
  • La mise en application des instruments juridiques existants notamment les lois et réglementations nationales qui contribuent à protéger les droits semenciers paysans
  • La promotion de l’Entrepreneuriat Semencier Paysan

Il en est aussi sorti des objectifs visant au renforcement des capacités institutionnelles des communautés agricoles en matière de pratiques agricoles durables, de promotion des systèmes alimentaires durables et la protection de l’environnement, d’actions de plaidoyers pour des politiques favorables à la Promotion des Systèmes Semenciers Paysans(PSSP). Quant aux engagements, ils consistent en la création d’une plateforme pour la promotion des Semences Paysannes, l’organisation et la promotion d’un système semencier paysan au Cameroun, la mise en place d’un dispositif harmonisé de contrôle de la Semence Paysanne, enfin la défense des droits semenciers paysans.

Cet activisme du RADD lui a valu la reconnaissance des pouvoirs publics matérialisée par son association aux réunions de haut niveau organisées par le gouvernement sur la réforme de la loi semencière N° 2001/014 du 23 juillet 2001.

L’étude menée par le RADD en juillet 2023 sur la « Problématique de l’accessibilité en qualité et en quantité de la semence paysanne dans les zones forestières et les hauts plateaux de l’Ouest au Cameroun »[2] a entre autres recommandé la promotion des Cases des Semences Paysanne (CSP) pour rendre celles-ci disponibles et accessibles en quantité et en qualité.

La promotion des CSP : une réponse du RADD à la problématique de la disponibilité et de l’accessibilité de la Semence Paysanne en qualité et en quantité.

Conformément à la recommandation susvisée, le RADD a entrepris, en impliquant les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD), la mise en place des Cases de Semences Paysannes (CSP) qui sont des entités vivantes regroupant les producteurs d’une localité donnée qui en assurent la gestion. Elles sont disséminées à travers le territoire national avec pour objectif de rendre disponible et accessible cette semence paysanne en qualité et en quantité.

Ce processus associe la recherche à travers la collaboration des centres éponymes, sans oublier la mise en valeur des détenteurs des savoir-faire et connaissances traditionnelles que sont des producteurs eux-mêmes pour une recherche collaborative en vue de caractériser la semence paysanne.

C’est dans cette optique qu’à la faveur de la saison culturale en cours, le RADD déploie dans les huit CSP déjà opérationnelles, des équipes d’inspecteurs /encadreurs avec pour feuille de route :

  •  De renforcer les CSP et les accompagner à la structuration (organisation en coopératives) ;
  •  De les accompagner à la caractérisation des semences paysannes ;
  • Faire une visite des champs afin de caractériser les semences ;

[1] FOSPAC 2023 : Les petits producteurs/productrices et les acteurs de la société civile réunis à la Foire des Semences Paysannes (FOSPAC) à Esse, se mobilisent pour la reconnaissance d’un système semencier paysan au Cameroun. www.inadesformation.net

[2][2] radd.cm https://www.radd.cm Rapport de l’étude sur l’accessibilité de la semence

En outre, pour faciliter le partage des informations sur la disponibilité des semences paysannes, les responsables desdites CSP ont reçu des smartphones à l’occasion d’un atelier de renforcement de leurs capacités de communication organisé par le RADD.

Toutefois, ces multiples efforts du RADD pour la préservation, la pérennisation et la promotion de la semence paysanne risquent de rencontrer la démotivation des acteurs si jamais la réforme annoncée du TIRPAA encore appelé Traité international, venait à voir jour./.

Figure 5 : des membres des CSP brandissant leurs smartphones

RADD SUPPORTS FARMERS TO MEET GROWING DEMAND FOR PEASANT SEEDS

The 2000s were particularly challenging for small-scale farmers due to several factors, including the adverse effects of climate change, limited access to resources such as financing, modern technologies like irrigation systems and smart fertilization methods, and markets to sell their products. Additionally, they faced structural challenges like inadequate infrastructure – including poor roads, insufficient warehouses, and storage facilities, which hindered the preservation and marketing of their products – limited access to education and training, and gender inequalities, with women farmers having limited access to land, credit, and agricultural tools.[1]

Despite these challenges, small-scale farmers are crucial to the world’s food systems. The Food and Agriculture organization (FAO) estimates that there are 600 million small-scale farmers working on less than 2 hectares of land[2].

However, government-led campaigns and initiatives by elites in certain regions of Cameroun promoting conventional agriculture through the distribution of industrial seeds and synthetic chemical inputs have created a strong dependence on the seed industry, potentially undermining the resilience of local food systems.

The Network of Actors for Sustainable Development (RADD), in line with one of its primary missions to promote Peasant Seed System (PSS) and peasant seeds, has undertaken to revive and re-educate farmers on the use and importance of these seeds, which have nourished and made us resilient for millennia. Since 2020, RADD has initiated « Peasant Discussions » – gatherings for exchanging experiences related to peasant seeds. These meetings have enable farmers to regain confidence in their seeds and traditional farming techniques, map and characterize them for better valorization. This grassroots work led to the organization of the 1st Peasant Seed Fair of Cameroon (FOSPAC) in 2021. Over the years, the event has attracted participation from other African countries, which, by the 2024 edition, expressd a desire to make it a sub-regional fair. FOSPAC evolved into the Central African Peasant Seed Fair in the 2025 edition, featuring around fifteen countries from the Congo Basin, West Africa, and even participants from some European countries.


[1] What Are the challenges of the Smallholder Farmers Around the World www.bread . org

[2] Ibid.

Furthermore, RADD has carried out advocacy actions with decision-makers and all stakeholders for the legal recognition of Peasant Seed System (PSS) and farmers’ rights. RADD has led this advocacy based on Article 9 of the International Treaty on Plant Genetic Ressources for Food and Agriculture (ITPGRFA), which affirms farmers’rigths to peasant seeds. It also recognizes the sharing of benefits (Multilateral System-MLS), a form of redistribution to farmers of benefits derived from the use of their seeds by breeders following patenting by breeders. In addition, under RADD’s impetus, participants at FOSPAC in 2023 published a declaration known as the « Esse Declaration[1] ». This declaration focuses on the following main demands :

  • Legal recognition of a national seed system that recognizes and protects peasants’rights over their seeds
  • Implementation of existing legal instruments, particularly national laws and regulations that contribute to protecting peasants’seed rights
  • Promotion of Peasant Seed Entrepreneurship to improve farmers’ livelihoods.

The declaration also aims to strengthen the institutional capacities of agricultural communities in sustainable agricultural practices, promote sustainable food systems and environmental protection, and advocate for policies that support the promotion of peasant seed systems. Finally, the declaration includes commitments from organisations to :

  • Create a platform for promoting peasant seeds
  • Organize and promote a peasant system in Cameroon
  • Establish a harmonized system for controlling peasant seeds
  • Defend peasants’seed rights

This activism by RADD has earned it recognition from public authorities, materialized by its association with high-level meetings organized by the government on the reform of the seed law N° 2021/014 of July 23, 2001.

The study conducted by RADD in July 2023 on the « issue of accessibility to quality and quantity of peasant seeds in forest areas and high plateaus of West Cameroon [1]» recommended, among other things, the promotion of Peasant Seed Houses (PSH) to make these seeds available and accessible in quality and quantity.

The promotion of PSH is a response from RADD to the issue of availability and accessibility of peasant seeds in quality and quantity. In line with the aforementioned recommendation, RADD has undertaken, involving Decentralized Territorial Collectives (DTC) the establishment of Peasant Seed Houses, which are living entities grouping producers from a given locality who manage them. They are disseminated across the national territory with the objective of making peasant seeds available and accessible in quality and quantity. This process involves research through collaboration with eponymous centers, without forgetting the valorization of holders of traditional knowledge and know-how that are  the producers themselves for collaborative research to characterize peasant seeds.

It is in this context that, during the current cropping season, RADD is deploying teams of inspectors/advisors in the eight already operational PSH, with a roadmap to :

  • Strengthen PSH and accompany them in structuring (organization into cooperatives)
  • Accompany them in characterizing peasant seeds
  • Visit fields to characterize seeds.