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ACTUALITÉ : SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE OU SÉCURITÉ ALIMENTAIRE ? LE RADD FAIT SON CHOIX

Dans son rapport sur la situation alimentaire mondiale de 1974, la FAO présente celle-ci comme « préoccupante » dans les années 1970. En effet, en raison des conditions météorologiques défavorables dans certaines régions productrices clés des céréales dont le tonnage est passé de 40 à 50 millions en 1974, il a fallu relever certains principaux défis alimentaires de l’époque. Ces défis vont entre autres:
• De la pénurie de denrées alimentaires dont les stocks mondiaux de céréales sont allés bien en deçà du seuil de sécurité, passant de 18% à 11% de la consommation mondiale
• De l’instabilité des prix qui a entraîné une flambée des cours des marchés d’exportation, affectant l’accès aux denrées alimentaires pour les pays en développement
• De la pénurie de facteurs de production tels des engrais chimiques, pesticides et carburant devenus rares et coûteux.
Ledit Rapport recommande la répartition équitable des disponibilités alimentaires et le soutien financier par une augmentation des subventions ou la conclusion des arrangements prévoyant des prêts à taux modérés pour les pays en développement afin de faire face aux difficultés de la balance des paiements.
Dans sa quête de solutions pour juguler cette crise alimentaire, la FAO va énoncer le concept de « Sécurité alimentaire » lors de la Conférence mondiale de l’alimentation de 1974 pour répondre aux défis mondiaux liés à l’accès à la nourriture et à la malnutrition. Ce concept sera plus clairement défini et adopté dans les années 1990 par la communauté internationale lors du Sommet mondial de l’alimentation de 1996.
Depuis lors, à la terminologie de sécurité alimentaire, devenue récurrente dans les discours officiels, s’est greffée une autre, celle de souveraineté alimentaire reprise et défendue par l’Alliance pour la Souveraineté Alimentaire en Afrique (l’AFSA). Afin de lever toute équivoque, nous allons revenir sur la définition des deux concepts, en relever la différence de fond et dire pourquoi le Réseau des Acteurs du Développement Durable (RADD) prend position pour la promotion de la souveraineté alimentaire qui implique une autre, la souveraineté semencière.

Définition de la sécurité alimentaire par la FAO :

Selon la FAO, la sécurité alimentaire est « l’accès physique et économique à des aliments sûrs, nutritifs et suffisants pour répondre aux besoins alimentaires et aux préférences alimentaires pour une vie active et saine. », d’après les mêmes sources citées plus haut. La finalité ici est de garantir à tous les individus l’accès à une alimentation adéquate pour mener une vie saine et productive.
Toutefois, cet accès universel à la nourriture, indépendamment de la source ou de la méthode de production, n’est pas sans poser de problème surtout aux défenseurs de l’environnement et d’une alimentation saine et nutritionnelle, autrement dit, adéquate. Soulignons-le tout de suite, la sécurité alimentaire est un objectif global qui peut être atteint grâce à « une combinaison de production locale, d’importations et d’aide alimentaire ». En un mot, la FAO cherche à promouvoir des politiques et des programmes qui améliorent la disponibilité et l’accès à la nourriture pour tous.
Ce concept de sécurité alimentaire adopté et amplifié par le Sommet mondial de l’alimentation organisé par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à Rome en Italie en 1996 a été contesté par la Via Campesina qui lui a opposé le concept de Souveraineté alimentaire, défendu par l’AFSA.

De quoi retourne-t-il donc ?

La souveraineté alimentaire « met l’accent sur le droit des communautés et des nations à définir leurs propres politiques alimentaires et agricoles, en privilégiant la production locale, l’agriculture et le contrôle local des systèmes alimentaires . »
La différence de fond entre les deux concepts se situe au niveau que la souveraineté alimentaire prône l’autonomie et le contrôle local des systèmes alimentaires, tandis que la sécurité alimentaire se concentre sur l’accès universel à la nourriture.
Après avoir passé en revue le contexte historique de la situation de l’alimentation dans le monde, la survenue du concept de sécurité alimentaire et de son contrepoids, la souveraineté alimentaire, l’on est en droit de se demander sur quoi se fonde le RADD pour faire du concept de souveraineté alimentaire son cheval de bataille ?

Le RADD, dont l’objectif est de promouvoir les initiatives de développement durable, lutte contre les injustices sociales, économiques et environnementales. Dans ce noble combat, il dénonce et rejette fortement les fausses solutions (plantations de monoculture, crédit carbone, agriculture conventionnelle, UPOV etc) proposées par les multinationales et les industries semencières. C’est ainsi que le RADD a pris fait et cause pour l’accompagnement des riveraines des agro-industries dans leurs revendications d’un espace vital, la rétrocession de leurs terres et l’accès à l’eau entre autres ; la dénonciation de l’omniprésence des grandes plantations de monoculture qui n’est rien  qu’une  des fausses solutions décriées ici etc.

Le RADD pense fermement que la sécurité alimentaire n’est rien d’autre qu’une fausse solution eu égard à la méthode de production qui la sous-tend. En effet, l’agriculture conventionnelle, auréolée de bons prétextes de forte productivité et de hauts rendements, entraîne des conséquences très néfastes sur le droit coutumier, la santé humaine, animale, halieutique, du sol et de l’environnement en général. On note ici la grande influence des entreprises semencières et des multinationales qui imposent des systèmes alimentaires inappropriés au reste du monde, des semences améliorées et leur cortège d’engrais chimiques et de pesticides.

Dans un rapport de 2015 préparé par GRAIN et AFSA intitulé « Remise en cause des lois foncières et semencières : qui tire les ficelles des changements en Afrique? »[1], Il y est clairement documenté les actions prises par la Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutritiondu G8 dans le domaine du foncier et des semences en Afrique. De ce rapport, on se fait une idée claire des changements de politiques provoquées par cette Alliance et montre comment « la bataille fait rage autour du contrôle des ressources en Afrique » notamment la terre, l’eau et les semences :

  • Travail de délimitation officielle des exploitations agricoles, de leur enregistrement et de la délivrance de titres de propriété et mise en place d’une législation permettant l’émergence d’un marché des terres et la location des terres
  • Création d’un catalogue officiel des semences, sur le modèle de ceux existant dans les pays riches – et notamment en France – et dans lequel une semence doit être inscrite avant qu’elle puisse être commercialisée en toute légalité
  • Introduction de droits de propriété intellectuelle sur les variétés.

Le rapport conclut en disant que « toutes ces mesures, souvent introduites sous le prétexte de protéger les petits producteurs, servent en fait à ouvrir des brèches dans le système traditionnel coutumier de gestion pour faciliter la pénétration des intérêts privés et les asseoir légalement. »[2]

Le RADD, qui a donc clairement compris que la sécurité alimentaire n’est qu’une dictée imposée par les pays les plus riches et certaines organisations internationales (la Commission de l’Union Africaine, la Banque Mondiale, le FIDA, la BAD), soutient que l’Afrique doit plutôt opter pour la souveraineté alimentaire et semencière. En effet, pour ce qui est du Cameroun l’Agriculture Familiale (AF) occupe une place prépondérante dans son économie. En effet, environ 90% des ménages ruraux sont impliqués dans le secteur agricole, soit environ 60% de la population active du pays. L’AF contribue grandement à la souveraineté alimentaire et aux exportations agricoles du Cameroun.[3]

Les actions menées par le RADD pour la souveraineté semencière et alimentaire

Le RADD a reçu l’adhésion des communautés à ses différents programmes dont celui de leur éducation aux techniques de production durable. Dans cette phase générale de transition agro écologique en Afrique, le RADD a entrepris de sensibiliser, d’informer et d’éduquer les communautés sur les principes de l’agro écologie, les bonnes pratiques agricoles, la sélection, la multiplication et la conservation des semences paysannes.

Il a ensuite commis des études, notamment celle de juillet 2023 portant sur « la problématique de l’accessibilité en qualité et en quantité de la semence paysanne dans les zones forestières et les hauts plateaux de l’ouest au Cameroun ». Cette étude a vivement recommandé la création des cases de semences paysannes. A ce  jour dix (10) sont effectives et font des émules à travers le triangle national, une vingtaine (20) d’autres sont en voie de création ; par elles, les semences paysannes sont de plus en plus disponibles et accessibles.


[1] La nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition s’attaque aux terres et aux semences en Afrique. lafex.org

[2] Ibid.

[3] Agriculture au Cameroun- Wikipédia /fr.wikipedia.org

Dans la foulée des actions posées par le RADD pour vulgariser la Semence Paysanne et promouvoir les Systèmes Semenciers Paysans, des foires de semences paysannes (FOSPAC) sont régulièrement organisées depuis 2021. Celles-ci rassemblent un grand nombre de pays du Bassin du Congo, d’Afrique de l’Ouest voire d’Europe ; des plaidoyers sont menés en direction du gouvernement de la République et des bailleurs de fonds pour une reconnaissance juridique et institutionnelle de la Semence Paysanne et des Systèmes Semenciers Paysans.

Comment oublier des partenariats signés avec des centres de recherche tel le Centre de Recherche et d’Accompagnement des Producteurs Agropastoraux du Cameroun (CRAPAC) du Dr LIKENG. Le souci du RADD est de nouer une collaboration participative entre les détenteurs des savoirs et connaissances traditionnels et la science pour rendre plus performante, résiliente  et traçable la semence paysanne sans en modifier la cellule génétique. Grâce à cette collaboration, le processus de caractérisation de la semence paysanne est effectif de nos jours.

Qui contrôle la semence contrôle la vie sur terre

Fort de ce slogan, le RADD œuvre pour la souveraineté semencière qui implique la souveraineté alimentaire. On ne peut choisir ce que l’on mange que si on est maître de sa semence. Grâce à ses actions de valorisation et de promotion de la semence paysanne, les paysan-ne-s ont repris confiance en celle-ci, sont devenu-e-s moins dépendant-e-s vis-à-vis de l’industrie semencière et garantissent leur système alimentaire riche, varié et nutritif. Le RADD  a également entrepris d’organiser des foras sur l’autonomisation économique des femmes (FAEF) qui aident les femmes et les jeunes à transformer les produits issus de leurs récoltes pour éviter les pertes post-récoltes et obtenir plus de valeur ajoutée.

Un autre forum sur les feuilles que nous consommons, bienfaitrices de notre santé est d’ailleurs annoncé pour consolider notre système alimentaire. Il sera l’occasion d’assurer une transmission générationnelle des modes alimentaires afin de préserver notre identité culturelle et nutritionnelle.

En somme, dans le dédale d’expressions utilisées aujourd’hui pour parler de l’alimentation, le RADD a pris fait et cause pour parler, promouvoir et défendre la souveraineté alimentaire. Il organise des formations de masse pour renforcer les capacités des communautés dans les techniques de production et de transformation afin de pérenniser les savoir-faire et connaissances endogènes et traditionnelles. Dans sa campagne de promotion de la souveraineté alimentaire, le RADD estime en effet que ce n’est pas l’agriculture conventionnelle qui nourrit les camerounais, et de façon générale les Africains. Il adhère ainsi à la campagne panafricaine lancée par AFSA : « Ma semence ma vie » impléméntée sur le plan national par la CNOPCAM « Je mange africain, Je mange camerounais ».  L’AF, qui s’appuie sur les Systèmes Semenciers Paysans, occupe plus de 60 % de la population active. C’est une agriculture variée et diversifiée qui répond à un riche système alimentaire sain, nutritif et durable. Pour le pérenniser, les paysan-ne-s doivent continuer à multiplier, sélectionner et conserver leurs semences paysannes qui sont rustiques, résilientes et climato-intelligentes, utiliser les pratiques et méthodes de production durables. Oui, depuis plus de 10000 ans, les semences paysannes ont résisté aux rigueurs et rudesses du temps, se sont bonifiées avec le temps pour nous procurer aujourd’hui toutes leurs valeurs nutritives et gustatives. Il ne leur manque plus que de la reconnaissance juridique pour mieux se déployer.

par: Hubert MENYIE MESSI, ECONOMISTE – ENVIRONNEMENTALISTE, RESPONSABLE DU DEPARTEMENT SEMENCES PAYSANNES/RADD

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LES CAUSERIES PAYSANNES DE FOTOUNI

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LE PROJET DE REFORME DU TIRPAA, UNE MENACE DE PLUS POUR LES SEMENCES PAYSANNES?

Le RADD, a mis sur pied une veille citoyenne sur l’agro-écologie et la Semence Paysanne chargée de scruter l’actualité sur les questions en lien avec ces centres d’intérêt.

C’est ainsi que notre attention a été portée sur une publication de Denis MESHAKA d’ « inf’OGM »  veille citoyenne sur les OGM et les semences du 16/06/2025.

Elle est titrée : « Le TIRPAA travaille sur une réforme controversée »

Cette réflexion intervient à l’issue de la 13e Réunion du Groupe de travail (GT13) du TIRPAA à Rome, du 1er au 4 avril 2025

D’emblée, l’auteur écrit : « Début avril, le TIRPAA a de nouveau discuté de l’élargissement de la liste des cultures couvertes par le Système Multilatéral et la révision du contrat encadrant leur utilisation. Alors que les États membres du Traité invoquent la nécessité de garantir la sécurité alimentaire mondiale, des craintes sur une dérive de l’accès généralisé aux semences paysannes et traditionnelles se font entendre.

Cela faciliterait leur brevetage, et ce sans réel partage des avantages, au détriment du « Sud » et des droits des paysans. »

Figure 2 Une riche gamme variée de semences graines lors de la FOSPAC5

D’où vient-il qu’on parle de controverse alors que l’on sait qu’à l’origine, le Traité a été conçu comme un instrument de solidarité internationale visant à rejeter l’appropriation par les DPI (Droits de Propriété Intellectuelle) d’un apparent « patrimoine commun de l’humanité » afin de pérenniser la diversité agricole et garantir la sécurité alimentaire dans un esprit de coopération ?

Le Tirpaa avait prévu un mécanisme de compensation et de rétribution de l’accès aux RPGAA appelé le Système Multilatéral (SML) d’accès et de partage des avantages. Mais, à l’épreuve, l’on note beaucoup de dysfonctionnement et d’iniquité dans le partage des avantages en faveur des pays du Nord au grand détriment des pays du Sud pourtant grands pourvoyeurs des ressources phyto génétiques.

En plus de cela, l’adoption d’une résolution traitant notamment de la question des Informations de Séquençage Numérique, couramment appelé « DSI » (Digital Sequence Information) laisse perplexe. Ceci veut tout simplement dire que si un obtenteur réussit à développer une nouvelle variété végétale à partir de l’ADN d’une semence brevetée déjà en laboratoire, il jouit de tous les droits sans obligation de dédommager le centre d’origine. Donc, plus besoin de se rapprocher de l’agriculteur à la base !

Au vu de ce qui précède, l’on est fondé de se demander s’il faut « ouvrir l’accès à l’ensemble des semences agricoles ou aux ressources phyto génétiques pour l’alimentation et l’agriculture ? »RPGAA

Cette question peut paraître incongrue, surtout lorsqu’on sait que cette réforme répond à la demande/injonction( ?) de la puissante industrie semencière appuyée par les pays du Nord sous le prétexte de renforcer la coopération internationale. Le Tirpaa risque ainsi de pénaliser les pays du Sud premières victimes potentielles de l’insécurité alimentaire.

Relevons que l’annexe 1 du Tirpaa, depuis 2001, affiche une liste de 64 espèces végétales protégées. La réforme en cours va-t-elle respecter la souveraineté des États ?

On peut aussi se poser cette question politique : À qui appartiennent les semences ? Et selon quelles règles peuvent-elles être protégées à l’échelle mondiale ?

Après l’UPOV, le Tirpaa… ?

L’UPOV est une véritable épée de Damoclès suspendue sur la tête des agriculteurs, défenseurs de la Semence Paysanne et des Systèmes Semenciers Paysans (SSP) avec son bras séculier qu’est l’OAPI. Ces DPI font peser d’énormes menaces sur les agriculteurs qui promeuvent et défendent les SSP, au point où dans certains pays comme le Bénin, des agriculteurs et autres acteurs de la société civile affrontent sans ménagement les pouvoirs publics pour appeler à la révocation des lois en faveur de l’UPOV.[1]

Jusqu’à présent, le Tirpaa, qui s’est toujours positionné en faveur de la défense des droits des paysans et de la reconnaissance de la semence paysanne et des SSP, par cette réforme d’élargissement de la liste des cultures couvertes par le SML semble faire une chose et son contraire. Il y a comme un rétropédalage de sa noble vision de protéger ces agriculteurs traditionnels qui ont su préserver, multiplier et sélectionner la semence paysanne au fil des millénaires. Ce qui était une forme de justice pour cette catégorie de paysans court le risque de devenir une flagrante injustice. Les industries semencières démontrent par-là à souhait qu’elles ont des bras très longs.

Si d’importantes espèces végétales comme le soja et la tomate et bien d’autres ont pu échapper à cette liste, c’est grâce à la fermeté de la Chine et du Brésil qui ont facilement accès à ces spéculations. Il revient donc aux pays qui croient encore à l’importance des semences paysannes et des SSP de suivre la voie de la Chine et du Brésil pour opposer une fin de non-recevoir à cette réforme.Quid de l’avenir des CSP ?


[1] Lechasseurinfos.net https//lechasseurinfos.net Semences agricoles : Les OSC contre l’adhésion du Bénin à l’UPOV…

Figure 3 du maïs de couleur restauré par le RADD à l’issue des Causeries Paysannes

Les Cases de Semences Paysannes sont un début de réponse à la question politique posée plus haut. Elles doivent continuer à multiplier et à conserver ces semences traditionnelles au long cours. On a par exemple le cas d’une variété d’arachides « Angwabinong » introduite à MBENOA, depuis 1952, qui abrite par ailleurs la CSP éponyme. Ses vertus culinaires sont bien connues au-delà de la contrée. Les agriculteurs doivent poursuivre leurs inlassables efforts de conservation, de multiplication, de promotion de la semence paysanne et de sa protection contre les prédateurs, d’où qu’ils viennent, malgré le fallacieux prétexte de « patrimoine commun de l’humanité »

En attendant la réponse des décideurs publics et politiques, les populations à la base doivent défendre bec et ongle leurs semences paysannes, lourd héritage socio-culturel, cultuel et alimentaire.

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LE RADD EN APPUI AUX PRODUCTEURS POUR RÉPONDRE À LA FORTE DEMANDE DE SEMENCES PAYSANNES

Les années 2000 ont été particulièrement difficiles pour les petits agriculteurs du fait des phénomènes suivants : les effets néfastes du changement climatique,  le manque d’accès aux ressources (financement, des technologies modernes   comme les systèmes d’irrigation et les méthodes de fertilisation intelligente, des marchés pour écouler leurs produits. À cela s’ajoutent des défis structurels  tels des infrastructures inadéquates – routes, entrepôts et installations de stockage insuffisants rendant difficile la conservation et la commercialisation des produits – le manque d’éducation et de formation ; des inégalités de genre(les femmes agricultrices ont très peu accès à la terre, au crédit et aux outils agricoles)[1].

[1] What Are the Challenges of the Smallhoder Farmers Around the World www.bread .org

Pourtant, les petits exploitants agricoles sont essentiels aux systèmes alimentaires du monde. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture(FAO) estime à 600 millions le nombre de petits exploitants agricoles travaillant sur moins de 2 hectares de terres[2]. Les campagnes de distribution des semences industrielles et des intrants chimiques de synthèse par les pouvoirs publics et des élites au Cameroun, en vue de promouvoir l’agriculture conventionnelle dans le but de renforcer la sécurité alimentaire, ont éloigné le petit agriculteur de ses habitudes alimentaires tout en créant une forte dépendance vis-à-vis de l’industrie semencière.

Le Réseau des Acteurs du Développement Durable (RADD), répondant à une de ses principales missions, celle qui vise la promotion des Systèmes Semenciers Paysans (PSSP) en général, en particulier de la semence paysanne, a entrepris de ramener en surface et de ré inculquer aux agriculteurs l’usage et l’importance de cette dernière, elle qui nous a nourris, rendus résilients et bien portants depuis des millénaires.

Depuis 2020, le RADD a initié des « Causeries Paysannes » qui sont des rencontres d’échanges et de partages d’expériences en lien avec la semence paysanne. Ces rencontres ont permis aux agriculteurs de reprendre confiance en leurs semences et en leurs techniques séculaires de culture, de sélection et de conservation, de les cartographier et de les caractériser pour une meilleure valorisation.

Ce travail de fourmi a abouti à l’organisation de la 1ere Foire des Semences Paysannes du Cameroun (FOSPAC) en 2021. D’année en année, cet événement a connu la participation d’autres pays africains qui, à l’édition 2024, ont émis le vœu  d’en faire une foire sous régionale. La FOSPAC s’est commuée en Foire des Semences Paysannes de l’Afrique Centrale lors de l’édition 2025 avec au compteur une quinzaine de pays du Bassin du Congo, d’Afrique de l’Ouest et en prime la participation de certains pays d’Europe.


[2] Ibid.

Figure 2 : Pavillon des pays étrangers présents à la 5ème édition de la FOSPAC

Par ailleurs, le RADD a mené des actions de plaidoyers auprès des décideurs et de toutes les parties prenantes pour la reconnaissance juridique des   Semenciers Paysans (SSP) et des droits des producteurs. Le RADD l’a fait en s’appuyant  sur l’article 19 du Traité International sur les Ressources Phyto génétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture (TIRPAA) qui affirme les droits des agriculteurs à disposer de la semence paysanne. Il reconnaît aussi le partage des avantages (Système Multilatéral- SML) issus de l’utilisation de leurs semences suite au brevetage par des sélectionneurs et des obtenteurs. En outre, sous l’impulsion du RADD, les participants à la FOSPAC3 en 2023 ont publié une   déclaration dite « Déclaration d’Essé »[1]. Cette dernière porte entre autres revendications sur :

  • La consécration juridique du système semencier national
  • La mise en application des instruments juridiques existants notamment les lois et réglementations nationales qui contribuent à protéger les droits semenciers paysans
  • La promotion de l’Entrepreneuriat Semencier Paysan

Il en est aussi sorti des objectifs visant au renforcement des capacités institutionnelles des communautés agricoles en matière de pratiques agricoles durables, de promotion des systèmes alimentaires durables et la protection de l’environnement, d’actions de plaidoyers pour des politiques favorables à la Promotion des Systèmes Semenciers Paysans(PSSP). Quant aux engagements, ils consistent en la création d’une plateforme pour la promotion des Semences Paysannes, l’organisation et la promotion d’un système semencier paysan au Cameroun, la mise en place d’un dispositif harmonisé de contrôle de la Semence Paysanne, enfin la défense des droits semenciers paysans.

Cet activisme du RADD lui a valu la reconnaissance des pouvoirs publics matérialisée par son association aux réunions de haut niveau organisées par le gouvernement sur la réforme de la loi semencière N° 2001/014 du 23 juillet 2001.

L’étude menée par le RADD en juillet 2023 sur la « Problématique de l’accessibilité en qualité et en quantité de la semence paysanne dans les zones forestières et les hauts plateaux de l’Ouest au Cameroun »[2] a entre autres recommandé la promotion des Cases des Semences Paysanne (CSP) pour rendre celles-ci disponibles et accessibles en quantité et en qualité.

La promotion des CSP : une réponse du RADD à la problématique de la disponibilité et de l’accessibilité de la Semence Paysanne en qualité et en quantité.

Conformément à la recommandation susvisée, le RADD a entrepris, en impliquant les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD), la mise en place des Cases de Semences Paysannes (CSP) qui sont des entités vivantes regroupant les producteurs d’une localité donnée qui en assurent la gestion. Elles sont disséminées à travers le territoire national avec pour objectif de rendre disponible et accessible cette semence paysanne en qualité et en quantité.

Ce processus associe la recherche à travers la collaboration des centres éponymes, sans oublier la mise en valeur des détenteurs des savoir-faire et connaissances traditionnelles que sont des producteurs eux-mêmes pour une recherche collaborative en vue de caractériser la semence paysanne.

C’est dans cette optique qu’à la faveur de la saison culturale en cours, le RADD déploie dans les huit CSP déjà opérationnelles, des équipes d’inspecteurs /encadreurs avec pour feuille de route :

  •  De renforcer les CSP et les accompagner à la structuration (organisation en coopératives) ;
  •  De les accompagner à la caractérisation des semences paysannes ;
  • Faire une visite des champs afin de caractériser les semences ;

[1] FOSPAC 2023 : Les petits producteurs/productrices et les acteurs de la société civile réunis à la Foire des Semences Paysannes (FOSPAC) à Esse, se mobilisent pour la reconnaissance d’un système semencier paysan au Cameroun. www.inadesformation.net

[2][2] radd.cm https://www.radd.cm Rapport de l’étude sur l’accessibilité de la semence

En outre, pour faciliter le partage des informations sur la disponibilité des semences paysannes, les responsables desdites CSP ont reçu des smartphones à l’occasion d’un atelier de renforcement de leurs capacités de communication organisé par le RADD.

Toutefois, ces multiples efforts du RADD pour la préservation, la pérennisation et la promotion de la semence paysanne risquent de rencontrer la démotivation des acteurs si jamais la réforme annoncée du TIRPAA encore appelé Traité international, venait à voir jour./.

Figure 5 : des membres des CSP brandissant leurs smartphones

RADD SUPPORTS FARMERS TO MEET GROWING DEMAND FOR PEASANT SEEDS

The 2000s were particularly challenging for small-scale farmers due to several factors, including the adverse effects of climate change, limited access to resources such as financing, modern technologies like irrigation systems and smart fertilization methods, and markets to sell their products. Additionally, they faced structural challenges like inadequate infrastructure – including poor roads, insufficient warehouses, and storage facilities, which hindered the preservation and marketing of their products – limited access to education and training, and gender inequalities, with women farmers having limited access to land, credit, and agricultural tools.[1]

Despite these challenges, small-scale farmers are crucial to the world’s food systems. The Food and Agriculture organization (FAO) estimates that there are 600 million small-scale farmers working on less than 2 hectares of land[2].

However, government-led campaigns and initiatives by elites in certain regions of Cameroun promoting conventional agriculture through the distribution of industrial seeds and synthetic chemical inputs have created a strong dependence on the seed industry, potentially undermining the resilience of local food systems.

The Network of Actors for Sustainable Development (RADD), in line with one of its primary missions to promote Peasant Seed System (PSS) and peasant seeds, has undertaken to revive and re-educate farmers on the use and importance of these seeds, which have nourished and made us resilient for millennia. Since 2020, RADD has initiated « Peasant Discussions » – gatherings for exchanging experiences related to peasant seeds. These meetings have enable farmers to regain confidence in their seeds and traditional farming techniques, map and characterize them for better valorization. This grassroots work led to the organization of the 1st Peasant Seed Fair of Cameroon (FOSPAC) in 2021. Over the years, the event has attracted participation from other African countries, which, by the 2024 edition, expressd a desire to make it a sub-regional fair. FOSPAC evolved into the Central African Peasant Seed Fair in the 2025 edition, featuring around fifteen countries from the Congo Basin, West Africa, and even participants from some European countries.


[1] What Are the challenges of the Smallholder Farmers Around the World www.bread . org

[2] Ibid.

Furthermore, RADD has carried out advocacy actions with decision-makers and all stakeholders for the legal recognition of Peasant Seed System (PSS) and farmers’ rights. RADD has led this advocacy based on Article 9 of the International Treaty on Plant Genetic Ressources for Food and Agriculture (ITPGRFA), which affirms farmers’rigths to peasant seeds. It also recognizes the sharing of benefits (Multilateral System-MLS), a form of redistribution to farmers of benefits derived from the use of their seeds by breeders following patenting by breeders. In addition, under RADD’s impetus, participants at FOSPAC in 2023 published a declaration known as the « Esse Declaration[1] ». This declaration focuses on the following main demands :

  • Legal recognition of a national seed system that recognizes and protects peasants’rights over their seeds
  • Implementation of existing legal instruments, particularly national laws and regulations that contribute to protecting peasants’seed rights
  • Promotion of Peasant Seed Entrepreneurship to improve farmers’ livelihoods.

The declaration also aims to strengthen the institutional capacities of agricultural communities in sustainable agricultural practices, promote sustainable food systems and environmental protection, and advocate for policies that support the promotion of peasant seed systems. Finally, the declaration includes commitments from organisations to :

  • Create a platform for promoting peasant seeds
  • Organize and promote a peasant system in Cameroon
  • Establish a harmonized system for controlling peasant seeds
  • Defend peasants’seed rights

This activism by RADD has earned it recognition from public authorities, materialized by its association with high-level meetings organized by the government on the reform of the seed law N° 2021/014 of July 23, 2001.

The study conducted by RADD in July 2023 on the « issue of accessibility to quality and quantity of peasant seeds in forest areas and high plateaus of West Cameroon [1]» recommended, among other things, the promotion of Peasant Seed Houses (PSH) to make these seeds available and accessible in quality and quantity.

The promotion of PSH is a response from RADD to the issue of availability and accessibility of peasant seeds in quality and quantity. In line with the aforementioned recommendation, RADD has undertaken, involving Decentralized Territorial Collectives (DTC) the establishment of Peasant Seed Houses, which are living entities grouping producers from a given locality who manage them. They are disseminated across the national territory with the objective of making peasant seeds available and accessible in quality and quantity. This process involves research through collaboration with eponymous centers, without forgetting the valorization of holders of traditional knowledge and know-how that are  the producers themselves for collaborative research to characterize peasant seeds.

It is in this context that, during the current cropping season, RADD is deploying teams of inspectors/advisors in the eight already operational PSH, with a roadmap to :

  • Strengthen PSH and accompany them in structuring (organization into cooperatives)
  • Accompany them in characterizing peasant seeds
  • Visit fields to characterize seeds.
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Axes Prioritaires Justice Climatique et Promotion de l'Agroécologie Non classé

LE BASSIN DU CONGO S’ORGANISE POUR LA COP 30 : UN ATELIER STRATÉGIQUE DE RÉFLEXION SUR LES PRIORITÉS DES ACTEURS DU BASSIN DU CONGO À DOUALA TRACE LA VOIE

Du 14 au 15 mai 2025, Douala a été le théâtre d’un moment fort de concertation entre les acteurs de la société civile du Bassin du Congo. Organisé par le Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD), cet atelier de réflexion avait pour ambition de poser les bases d’une participation structurée et influente des organisations de la société civile à la 30e Conférence des Parties sur le changement climatique (COP 30), prévue à Belém, au Brésil.

Le Réseau des Acteurs du Développement Durable (RADD) a pris une part active à ces travaux, aux côtés de nombreux autres participants venus du Cameroun, du Gabon, de la République Démocratique du Congo, du Congo-Brazzaville et de la République Centrafricaine. Des représentants des peuples autochtones, des femmes, ainsi que des experts ayant déjà participé à plusieurs COP, ont également enrichi les échanges par leur vécu, leurs analyses et leurs propositions.

Jour 1 : Un état des lieux lucide et partagé

La journée du 14 mai a débuté par un mot du facilitateur M. Samuel Nah Ndobé, suivi de la présentation des Tdrs de l’atelier, et un tour de table des participants présents.

Les échanges ont porté sur la situation climatique et forestière dans chaque pays du Bassin du Congo. Cette première journée a permis de dresser un tableau sans complaisance des défis majeurs auxquels les communautés du Bassin du Congo sont confrontées :

  • La question foncière : Les communautés locales et autochtones sont souvent privées de terres, malgré les réformes en cours dans plusieurs pays.
  • La gestion des forêts communautaires : Elle ne tient pas suffisamment compte des enjeux climatiques.
  • L’implication des communautés locales : Elles sont trop souvent exclues des décisions concernant les terres.
  • La gouvernance environnementale : Elle constitue un frein à la mise en œuvre des engagements climatiques.
  • Le rôle de la société civile : Elle est insuffisamment structurée pour adresser efficacement les problématiques climatiques d’envergure.

L’expropriation foncière, la marginalisation dans la gouvernance forestière, le manque d’accès au financement climatique, la faible reconnaissance des savoirs traditionnels… sont autant d’obstacles qui freinent la mise en œuvre effective des engagements climatiques.

Jour 2 : Une feuille de route ambitieuse et inclusive

Après la restitution des travaux de la veille, la deuxième journée a été consacrée à la présentation d’un canevas de feuille de route sur la base des présentations pays de la veille. Un exposé du facilitateur a permis d’éclairer les participants des thématiques de la COP 30 sur le changement climatique, les leviers et les défis ainsi que les prochaines étapes pour une participation active du bassin du Congo par la définition collective des axes et des actions prioritaires.

Trois groupes de travail ont été constitués afin d’identifier les axes stratégiques de plaidoyer et les actions prioritaires à mener en amont de la COP 30. Le RADD, a été désigné comme rapporteur du groupe 1, qui consistait à mettre les axes d’action par ordre de priorité.

La restitution de ce travail a permis de faire des critiques constructives qui seront prise en compte par le staff du SAILD lors de la rédaction de la feuille de route qui s’articule autour de plusieurs priorités :

Axes de travailActions proposées
ForêtsPlaider pour la reconnaissance de l’importance du Bassin du Congo pour la préservation du climat ;L’implication des peuples autochtones et des communautés locales dans la gestion et la protection de la forêt ;Etat des lieux de l’ensemble des forêts des pays du Bassin du CongoPromouvoir des initiatives de reconstruction de paysages forestiers (reboisement de zones dégradées)Réclamer un accès direct des OSC au financement climatiqueMiliter pour l’augmentation des enveloppes destinées aux pays du Bassin du CongoMiliter pour l’inclusion des femmes dans la gestion, la protection et la prise de décision relative aux forêts
Renforcement des capacitésSensibiliser et former tous les acteurs (institutions, OSC, Peuples Autochtones et communautés locales, des femmes) sur divers aspects liés aux changements climatiques ;Renforcer les capacités des acteurs sur la négociation internationale Transfert de technologies ;Favoriser le partage d’expérience entre les OSC des pays du Bassin du Congo
PeuplesPlaider pour la sécurisation juridique et connaissance des droits fonciers ;Faciliter l’accès des femmes issues des PA et CL à la terre ;Plaider sur le respect des engagements internationaux par les pays du Bassin du Congo ;Plaider pour faciliter l’élaboration et la mise en œuvre des instruments juridiques (loi et règlements) de protection des PA et CLPrendre en compte les savoirs traditionnels des PA dans la gestion des forêts ;Produire la documentation sur la situation des PA et CL ;
ClimatPromouvoir la prise en compte des savoirs locaux des femmes face à l’adaptation et la résilience face aux changements climatiques ;Mobiliser les parties prenantes pour l’atténuation, l’adaptation, la résilience face aux catastrophes naturelles ;Promouvoir les systèmes semenciers paysans ;Promouvoir les pratiques agroécologiques comme solution aux changements climatiques. Créer un fond multiaxe du Bassin du Congo sur les changements climatiques et la préservation de la biodiversité
VisibilitéOrganiser des Conférences de presse, side-events, roundtable with partners
GouvernanceAccélérer la structuration des OSC du Bassin du Congo OSC comme acteur de suivi des engagements climatiques

Vers Brazzaville et Belém : une dynamique à poursuivre

Au terme des travaux, les participants ont exprimé leur volonté de renforcer la coordination sous-régionale en vue de la COP 30. Une prochaine rencontre stratégique est prévue le 30 mai 2025 à Brazzaville pour approfondir la feuille de route et consolider les synergies.

La COP 30 est une opportunité décisive pour faire reconnaître l’importance planétaire de notre région. Le RADD appelle à une mobilisation de tous les acteurs – OSC, autorités, partenaires – pour que la parole des communautés forestières soit pleinement portée à Belém.

Pour le RADD, cet atelier représente une étape charnière dans l’affirmation de la société civile comme force de proposition et de veille sur les questions climatiques. Le Bassin du Congo, considéré comme le deuxième poumon de la planète, mérite une attention internationale proportionnelle à son importance écologique. Il est temps que les communautés qui le protègent soient reconnues, entendues et soutenues.

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Axes Prioritaires Défense des droits des femmes Non classé

LE RADD AU CŒUR DE L’ACTION SOCIALE : PARTICIPATION À CÉRÉMONIE LA PRÉSENTATION OFFICIELLE DU GUIDE SOCIAL DE PILOTAGE DES PROJETS ORGANISE PAR LE MINISTERE DES AFFAIRES SOCIALES (MINAS)

Yaoundé, 6 mai 2025 – Dans un contexte de renforcement de la gouvernance sociale des projets au Cameroun, le Réseau des Acteurs du Développement Durable (RADD) a marqué sa présence à la cérémonie de présentation du tout nouveau Guide Social de Pilotage des Projets, tenue à l’hôtel Mont Fébé de Yaoundé.

Sous la présidence de Mme Pauline Irène Nguene, Ministre des Affaires Sociales, la cérémonie a réuni des partenaires techniques et financiers, dont la Banque Africaine de Développement (BAD) et le Projet de Développement des Chaînes de Valeurs Agricoles (PDCVA). Le RADD, en tant qu’acteur engagé sur le terrain, a activement contribué à l’élaboration du guide et salue cette publication comme une avancée majeure pour la durabilité sociale des projets.

Des outils concrets pour prévenir les risques sociaux

Point d’orgue de la cérémonie : la présentation par Mme Wendjel Caroline, Chef de la Brigade de Contrôle de la Conformité Sociale des Projets. Le document de 110 pages a été sommairement décortiqué par Mme le chef de brigade, qui a rappelé son contexte d’élaboration, montré les fondements du guide et la partie la plus importante, celle réservée à la manifestation et la gestion des risques qui constitue le cœur du guide social de pilotage des projets. Intitulé cadre référentiel du contrôle de CSP ; cette partie a été élaborée sous forme de tableaux, 3 modèles pour l’évaluation sociale préalable, et 3 pour le suivi de la Conformité Sociale des Projets (CSP) favorisant ainsi une prise de décision informée et responsable.

Vers une nouvelle culture de gestion des projets au Cameroun

Mme la Ministre, après avoir donné la parole aux représentants des PTF, a clôturé l’activité. Dans son allocution de clôture, Mme la Ministre a exprimé sa satisfaction face à l’adhésion des parties prenantes et a encouragé la mise en œuvre rigoureuse du guide sur le terrain. La cérémonie s’est achevée sur une photo de famille et un moment de convivialité, symboles d’un engagement collectif pour un développement plus équitable et inclusif.

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Défense des droits des femmes

LES FEMMES AFRICAINES DISENT NON AUX ACCAPAREMENTS DES TERRES

Les occupations des terres par les projets extractivistes (grandes plantations de monocultures d’arbres, exploitations minières, exploitations forestières, projets de barrage, …) sont les causes de nombreuses injustices sur les communautés rurales en Afrique et dans la majorité des pays du Sud. Pourtant, les populations rurales sont majoritaires, occupant parfois plus de 80 pour cent de la population totale dans ces pays. Abandonnées à elles-mêmes, ces communautés s’organisent avec l’appui des partenaires pour défendre leurs droits littéralement bafoués par les entreprises qui occupent leurs terres avec la complicité des Etats. Les femmes, subissent les lourdes conséquences de ces systèmes capitalistes. Depuis l’année 2016, le RADD avec l’appui d’EPER a mis en place un projet d’accompagnement des femmes pour la défense de leur droit au Cameroun et dans la Région Afrique. Rendu à sa 7ième année, le projet les ‘Femmes Africaines disent NON aux agroindustries’ implique sereinement avec des milliers de femmes autour des agroindustries qui sont structurées en organisation de défense de leurs droits et interviennent officiellement et légalement sur leur territoire de compétence pour dénoncer, mener des plaidoyers vers les décideurs et entretiennent des relations de solidarité et se soutiennent mutuellement entre femmes impactées à travers l’Afrique. Le présent rapport revient sur les avancées de cette dynamique au cours de l’année 2024.  Il s’articule autour des actions de renforcement de capacités des riveraines, des actions de plaidoyer vers les décideurs et de dénonciation des abus dont elles sont victimes.

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Autonomisation économique de la femme

L’AGROECOLOGIE PAYSANNE COMME PILIER DE LA SOUVERAINETE ALIMENTAIRE : LE RADD S’EN APPROPRIE

Dans ses missions, le RADD s’attaque aux injustices sociales, économiques, environnementales, climatiques qui sont entretenues par les systèmes ambiants. Il s’agit pour l’association de mobiliser les ressources humaines, matérielles et financières pour agir de façon concrète et efficace contre les violences et les abus de toutes sortes, particulièrement ceux exercés sur les femmes ; contre l’accaparement des terres par des entreprises industrielles ; contre les dépendances alimentaires et la fragilisation des systèmes alimentaires ; contre les conséquences du dérèglement climatique qui sont à l’origine des famines, des guerres, des instabilités politiques, des inégalités sociales… Depuis sa création en 2009, le RADD œuvre pour un développement inclusif et durable. Cette année 2024, ces missions se sont intensifiées au niveau local, national, dans la sous-région Afrique Centrale et dans la région Afrique, grâce à l’appui de ses multiples partenaires et particulièrement celui de Thousand currents. Dans le cadre de ce financement tactique, le RADD a mobilisé plus d’un millier d’acteurs autour des programmes de promotion de l’agroécologie paysanne et d’autonomisation des femmes et des jeunes dans le but de renforcer durablement la souveraineté alimentaire. Le présent rapport revient sur ces activités. Il s’articule sur les témoignages illustrés, les résultats obtenus et les défis futurs.

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Médias Photos

Loisir et bien-être pendant les activités du RADD