Les occupations des terres par les projets extractivistes (grandes plantations de monocultures d’arbres, exploitations minières, exploitations forestières, projets de barrage, …) sont les causes de nombreuses injustices sur les communautés rurales en Afrique et dans la majorité des pays du Sud. Pourtant, les populations rurales sont majoritaires, occupant parfois plus de 80 pour cent de la population totale dans ces pays. Abandonnées à elles-mêmes, ces communautés s’organisent avec l’appui des partenaires pour défendre leurs droits littéralement bafoués par les entreprises qui occupent leurs terres avec la complicité des Etats. Les femmes, subissent les lourdes conséquences de ces systèmes capitalistes. Depuis l’année 2016, le RADD avec l’appui d’EPER a mis en place un projet d’accompagnement des femmes pour la défense de leur droit au Cameroun et dans la Région Afrique. Rendu à sa 7ième année, le projet les ‘Femmes Africaines disent NON aux agroindustries’ implique sereinement avec des milliers de femmes autour des agroindustries qui sont structurées en organisation de défense de leurs droits et interviennent officiellement et légalement sur leur territoire de compétence pour dénoncer, mener des plaidoyers vers les décideurs et entretiennent des relations de solidarité et se soutiennent mutuellement entre femmes impactées à travers l’Afrique. Le présent rapport revient sur les avancées de cette dynamique au cours de l’année 2024. Il s’articule autour des actions de renforcement de capacités des riveraines, des actions de plaidoyer vers les décideurs et de dénonciation des abus dont elles sont victimes.
Dans ses missions, le RADD s’attaque aux injustices sociales, économiques, environnementales, climatiques qui sont entretenues par les systèmes ambiants. Il s’agit pour l’association de mobiliser les ressources humaines, matérielles et financières pour agir de façon concrète et efficace contre les violences et les abus de toutes sortes, particulièrement ceux exercés sur les femmes ; contre l’accaparement des terres par des entreprises industrielles ; contre les dépendances alimentaires et la fragilisation des systèmes alimentaires ; contre les conséquences du dérèglement climatique qui sont à l’origine des famines, des guerres, des instabilités politiques, des inégalités sociales… Depuis sa création en 2009, le RADD œuvre pour un développement inclusif et durable. Cette année 2024, ces missions se sont intensifiées au niveau local, national, dans la sous-région Afrique Centrale et dans la région Afrique, grâce à l’appui de ses multiples partenaires et particulièrement celui de Thousand currents. Dans le cadre de ce financement tactique, le RADD a mobilisé plus d’un millier d’acteurs autour des programmes de promotion de l’agroécologie paysanne et d’autonomisation des femmes et des jeunes dans le but de renforcer durablement la souveraineté alimentaire. Le présent rapport revient sur ces activités. Il s’articule sur les témoignages illustrés, les résultats obtenus et les défis futurs.
Le mot accaparement des terres ou land grabbing en anglais, décrit l’appropriation à grande échelle, en partie illégale, de terres par des sociétés ou des acteurs étatiques[1]. En Afrique, le phénomène de l’accaparement des terres est largement répandu et engendre régulièrement des conflits entre les populations riveraines et les entreprises multinationales.
Pour comprendre cette situation, il faut opérer un retour sur le contexte ayant conduit à l’expansion de ce phénomène en Afrique. L’accaparement des terres est la conséquence de la ruée vers les terres agricoles pour des grandes exploitations de monocultures qui a connu une accélération à la fin des années 2000. Ce mouvement, marqué par des politiques d’émergence qui voyaient ces initiatives comme de grands projets de développement, est devenu la source des souffrances que connaissent les populations riveraines de ces agro-industries. Privées de leur espace vital et soumises à toutes sortes de violences et abus (viols, bastonnades, arrestations arbitraires, violations des espaces sacrés, pollution des eaux, destruction des forêts sources de leur approvisionnement en Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL) etc), les populations riveraines se sentent prises au piège et livrées à elles-mêmes.
L’ÉTUDE SUR MA PROBLÉMATIQUE DE L’ACCESSIBILITÉ EN QUALITÉ ET EN QUANTITÉ DE LA SEMENCE PAYSANNE DANS LES ZONES FORESTIÈRES ET LES HAUTS PLATEAUX DE L’OUEST CAMEROUN
Le RADD vous invite à la Foire des Semences Paysannes de l’Afrique Centrale (FOSPAC5), sous le thème : « Construire une dynamique intergénérationnelle pour la promotion des systèmes semenciers paysans. » Les jeunes sont particulièrement attendus pour apprendre des aînés, innover, et contribuer au développement d’une agroécologie paysanne durable, assurant ainsi la relève pour un avenir agricole prometteur. Nous comptons sur une participation massive de tous les acteurs de la chaine pour faire de cet événement un véritable tournant en faveur des systèmes semenciers paysans. N’hésitez pas à partager l’information autour de vous. Venez nombreux, avec les membres de vos familles, associations, coopératives et vos amis
RADD invites you to the Central African Farmers’ Seed Fair (FOSPAC5) under the theme: « Building an Intergenerational Dynamic to Promote Farmers’ Seed Systems. »
Young people are especially encouraged to attend, learn from elders, innovate, and contribute to the development of sustainable peasant agroecology, ensuring a promising agricultural future.
We expect a massive participation of all stakeholders to make this event a true turning point for farmers’ seed systems. Please share this information widely and come in large numbers—with your family members, associations, cooperatives, and friends…
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Dans un monde où les inégalités sociales et économiques persistent, l’autonomisation des populations vulnérables devient une priorité. Le Réseau d’Actions pour le Développement Durable (RADD) est profondément engagé dans la mission d’autonomisation des populations vulnérables et s’engage activement dans cette mission cruciale. Dans le cadre du développement durable et de la réduction de la pauvreté, la valorisation des produits agropastoraux se révèle être une stratégie efficace. Cette approche vise à transformer les produits agricoles et pastoraux en biens à haute valeur ajoutée, contribuant ainsi à la création d’Activités Génératrices de Revenus (AGR) pour les communautés locales
Ces projets d’autonomisation du RADD visent à Renforcer les compétences des individus par le biais de formations professionnelles et d’ateliers pratiques avec comme impact :
Augmentation des Revenus : Amélioration des revenus des personnes vulnérables grâce à la vente de produits à haute valeur ajoutée.
Création d’Emplois : Génération de nouvelles opportunités d’emploi au sein des communautés .
Soutien à l’Économie Locale : Dynamisation de l’économie locale par la création de la chaîne des valeurs.
Dans ce cadre, plusieurs formations ont été organisé
WINNERS CHAPEL ET LE RADD POUR L’AUTONOMISATION ÉCONOMIQUE DES DÉPLACÉES DU NOSO.
Ce 19 octobre 2024, le RADD a formé une centaine de femmes aux techniques de valorisation de produits agro pastoraux et forestiers non ligneux pour la création des Activités Génératrices de Revenus. L’activité a été rendue possible grâce à la facilitation de Me Bertille Batang, conseillère juridique du RADD. Cette fervente chrétienne de l’église ‘Winners Chapel’ de Biyem Assi Yaoundé Cameroun a mobilisé les déplacées de la guerre du NOSO et autres femmes défavorisées pour les doter des outils afin de construire leur autonomie économique. Cette formation confirme une fois de plus l’ambition du RADD et de cette église de promouvoir la justice économique. Le droit à l’économie étant un droit inaliénable pour toute personne, particulièrement pour la femme et surtout celles victimes de la guerre.
formation théorique promotrice de l’évènementformation pratique vive l’autonomisation de la femme produit finis
Le RADD forme une centaine de femmes aux techniques de production de chips (manioc, macabo, taro, banane, patate douce) à OUESSO dans le département de la Sanga- Congo Brazzaville avec l’appui de CNOP Congo.
Du 28 Octobre au 1er Novembre 2024, le RADD, invité par la CNOP-Congo, a participé activement à l’autonomisation des femmes et des filles des communautés plus précisément dans le district de Mokeko, Congo Brazzaville.
L’objectif de cette formation portait sur l’autonomisation des femmes riveraines autochtones et Bantou des Sept villages impactés par la SANGHAPALM dans le district de Mokeko, département de la SANGHA, sur les techniques de transformation des racines et tubercules en chips et sur l’utilisation d’un moulin à pâte de manioc.
La journée du 28 octobre était consacrée à la formation proprement dite. Plus de 100 femmes et jeunes filles accompagnées de leurs différents chefs traditionnels et provenant des villages Elongué – Membesse – Ngandemessoso – sombolo – Kérembéré – grand Kadenko et petit Kadenko, se sont réunis tous à grand Kadenko pour se faire former dans les techniques de production des chips à base du manioc, macabo et plantain ainsi que sur l’utilisation et la maintenance d’un moulin à pâte de manioc. Les femmes ont pu produire elles-mêmes ces variétés de chips et ont apris à démarrer elles mêmes leur moulin et écraser leur manioc trempé en pâte de manioc, à la grande satisfaction de la Cnop Congo, parrain de l’événement.
Le 29 Octobre était exclusivement prévu pour la remise des petits matériels de transformation des chips ainsi que les moulin à pate de manioc dans les Sept villages impactés par la SANGHAPALM. Ces appuis leur permettront de diminuer la pénibilité des tâches pendant la production du kouanga qui est le principal accompagnement de tous les mets du terroir. Elle pourront ainsi augmenter leurs productions et leurs revenus.
Les femmes riveraines du district de Mokeko très impressionnées du geste et de l’attention que leur accorde la Cnop Congo, l’ont couverte de merci et de bénédictions. Qui dit merci en redemande.
C’est sur cette note de satisfaction que nous prendrons congé de ces communautés vulnérables.
photo de familleséance de formation sur la fabrication des chips à base de tubercules locauxépluchage des tuberculesdécoupage des tuberculesfriture des chips ensachage des chips partage du matériel reçuremise du matérielvive l’autonomisation de la femme et la fille
Le RADD et son partenaire EPER sont en conclave avec les 08 associations des riveraines des agro-industries dès ce jour 06 novembre 2024, et ce, jusqu’au 07. L’épicentre des travaux de ce jour aura été l’évaluation des plans d’action de chacune des associations, celui du RADD et surtout la formation sur » Le comportement des leaders activistes face aux risques encourus dans le cadre de la défense de leurs droits; » formation dispensée par Mme Evina Zéh Prudence Aimée d’AFRISO Nkoteng. Globalement, les associations rencontrent les difficultés liées à la mobilisation des riveraines pour la défense de leurs droits, l’insuffisance des moyens financiers ainsi que la lenteur pour la plupart à légaliser leurs organisations. Spécifiquement, elles développent des projets visant à leur autonomisation économique grâce à l’appui financier du RADD, et en perspective, elles entendent élaborer des plaidoyers soit pour l’acquisition des cahiers de charges, soit pour l’obtention de l’espace vital.
En ce qui concerne la formation sur le comportement face aux risques encourus dans la défense de leurs droits, elle a porté sur la définition de l’activisme et de l’activiste, l’identification des menaces, la solidarité entre activistes, les alertes à donner et bien d’autres stratégies visant à assurer leur sécurité et celle de leurs proches.
La Secrétaire Exécutive du RADD a exhorté les riveraines à rester focus sur le principal objectif de leur combat: la restitution de leurs terres et à s’approprier cette lutte, et non à s’attarder sur les petits appuis financiers que leur apporte le RADD, et qui ne sont qu’un viatique pour leur permettre de tenir la route. À l’entame des travaux, on a assisté à une innovation : l’entrée solennelle des différentes délégations en chanson, la présentation des participantes et la formulation de leurs attentes. En sa qualité d’association hôte de l’événement, AFERISE ( SOCAPALM Éséka ) par sa présidente Mme NGO LIBONG Gertrude Epse SOGOL a prononcé le mot de bienvenue aux différentes délégations. Les travaux se clôturent demain par l’énonciation des PRIORITÉS POUR 2025; LE PROPOS DE SILVA, Responsable des thématiques sur l’accaparement des terres à EPER, notre partenaire.
JOUR 2: CLÔTURE DE LA RENCONTRE
L’histoire de ces assises s’est écrite en lettres d’or dans cette ville chargée d’histoires. Cette 2e journée a démarré par le débriefing de la veille. Le constat fait est que chaque riveraine a déjà intégré les enjeux de la lutte à mener contre ces entreprises extractivistes. Silva d’EPER a opportunément présenté la structure hiérarchique de ces entreprises , les sociétés-mères, leurs banques, leurs développeurs de stratégies sur le développement durable et leurs clients, arc-boutés sur les questions d’éthique et attributaires de la certification RSPO,et qui sont toutes basées en Suisse. L’objectif ici est que les riveraines portent à l’attention du RADD tous les abus, maltraitances, et autres injustices occasionnées par l’entreprise afin qu’il les relaie auprès d’EPER pour une action en direction de tous ces intervenants. Ceci pourrait infléchir, voire renverser la courbe en faveur de la cause des riveraines.
Chaque association a décliné au moins trois priorités d’actions pour l’année 2025. Ces priorités sont en lien avec leurs plans d’action et portent sur des plaidoyers et sur des projets d’autonomisation économique. Leur exécution se fera avec l’aide et l’accompagnement du RADD
Dans un balai cadencé à l’hospitalité africaine, les riveraines ont remis des cadeaux avec des messages forts à l’endroit de notre partenaire représenté par Silva, pour exprimer leur espoir pour l’issue de ce combat de David contre Goliath.
Remise des cadeaux à SilvaRemise des cadeaux à Silva