Le RADD (Réseau des Acteurs du Développement Durable) s’implique activement dans la promotion et la sauvegarde des Systèmes Semenciers Paysans (SSP) à travers l’initiative des cases de semences paysannes. Dans cette dynamique, l’organisation a pris part à la 9ᵉ édition du Salon International de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire de Yaoundé (SIALY), tenu du 23 au 29 juin 2025 à l’esplanade du Musée National.
Cette participation répondait à un objectif central : faire découvrir au grand public des semences ancestrales que nos aïeux utilisaient autrefois et qui, aujourd’hui, sont menacées de disparition. Ce sont ces variétés précieuses que le RADD s’efforce de conserver, de multiplier et de remettre entre les mains des producteurs et des communautés locales.
2. DÉROULEMENT DU SALON
Une ouverture festive et colorée
Les portes du SIALY 9ᵉ édition se sont ouvertes dans une ambiance chaleureuse, animée par des danses traditionnelles. Mme MOTO, promotrice de l’événement, a conduit une visite guidée des stands, offrant un aperçu de la diversité des exposants présents : des multinationales de l’agroalimentaire côtoyaient des innovateurs en agroécologie, des agroforestiers, des artisans du textile venu du Burkina Faso et des transformateurs artisanaux de produits agricoles.
Le stand du RADD : un espace qui attire la curiosité
Parmi les exposants les plus remarqués, le RADD a su attirer l’attention d’un large public grâce à un stand riche, coloré et original. Symbole de la souveraineté semencière, nutritionnelle et alimentaire, ce stand proposait une collection impressionnante de semences paysannes rares, accompagnées de produits transformés issus de ces variétés.
Parmi les semences exposées, on pouvait admirer :
Plusieurs variétés de maïs (rouge, noir, blanc et jaune), inhabituelles et visuellement saisissantes ;
Une vingtaine de variétés d’arachides ;
Des haricots, de la morelle noire, de l’amarante, des échalotes rouges et blanches ;
Du gombo, du sésame, de la pistache, du keleng keleng, du riz ;
Et bien d’autres variétés souvent méconnues du grand public.
Un public varié et enthousiaste
Plus d’une centaine de visiteurs ont fait halte au stand du RADD durant les sept jours du salon. Parmi eux : des étudiants, des chercheurs, des enseignants universitaires, des agriculteurs, et même des enfants. Leurs questions témoignaient d’une curiosité sincère :
Où ces semences sont-elles cultivées au Cameroun ?
Peut-on les trouver facilement si on en a besoin ?
Sont-elles disponibles en quantité suffisante pour les producteurs ?
L’un des moments les plus marquants de la semaine fut la rencontre avec une enseignante en Génétique à l’Université de Maroua. Jamais elle n’avait vu de maïs de couleur rouge de toute sa vie. Sa surprise était visible, et c’est avec une joie non dissimulée qu’elle a récupéré quelques épis pour les utiliser dans ses recherches génétiques. Cet épisode illustre à lui seul l’importance de ce que préserve le RADD.
3. SUGGESTIONS DES VISITEURS
Les visiteurs n’ont pas manqué de faire part de leurs idées pour renforcer la visibilité et l’impact du travail du RADD sur les semences paysannes :
Créer une plateforme numérique pour promouvoir et diffuser les semences paysannes ;
Réaliser des analyses génétiques sur les variétés locales afin de mieux les documenter et les valoriser ;
Organiser des mini-foires locales d’exposition pour rapprocher ces semences des communautés rurales ;
Inscrire les cases de semences paysannes dans le réseau de la Chambre d’agriculture ;
Regrouper les productrices d’échalotes en groupes structurés afin de les connecter au programme échalote du MINADER, coordonné par le Conseiller Technique 2 (CT2).
4. DIFFICULTÉS RENCONTRÉES
Malgré la réussite globale de cette participation, plusieurs difficultés ont pénalisé les exposants :
Les stands ont été attribués tardivement, générant des tensions avec le comité d’organisation et un manque de place pour les exposants ayant de nombreux produits à présenter ;
Les stands disponibles étaient trop étroits pour valoriser convenablement l’ensemble des semences exposées ;
Les frais de transport et de vie alloués aux exposants étaient insuffisants. Certains jours, il a fallu faire une partie du trajet à pied pour économiser et assurer la présence au stand le lendemain, avec les risques que cela comporte.
5. RECOMMANDATIONS À L’ÉQUIPE RADD
Fort de cette expérience, voici ce que nous recommandons pour les prochaines participations du RADD à des foires et salons :
Acquitter les frais d’un stand payé à l’avance pour bénéficier d’un meilleur emplacement et d’une plus grande visibilité ;
Participer activement aux tables de discussion et conférences du salon en proposant des thèmes liés aux SSP, pour faire connaître le positionnement du RADD sur les semences paysannes ;
Organiser des échanges interactifs directement dans le stand avec les visiteurs intéressés ;
Préparer de petits sachets de semences à offrir aux visiteurs curieux, pour qu’ils puissent les expérimenter dans leurs exploitations ;
Augmenter les frais de vie et de transport alloués aux exposants du RADD pour garantir leur sécurité et leur bien-être tout au long de l’événement.
Cette participation au SIALY 2025 a confirmé que les semences paysannes suscitent un intérêt grandissant dans notre société. Le travail de sauvegarde et de vulgarisation mené par le RADD est non seulement utile, mais indispensable. Chaque visiteur curieux, chaque chercheur émerveillé, chaque agriculteur informé représente une victoire pour notre souveraineté alimentaire et la biodiversité agricole du Cameroun.
Du 12 au 16 août 2025, le RADD a représenté le Cameroun et l’Afrique Centrale à une formation régionale organisée par l’Alliance pour la Souveraineté Alimentaire en Afrique (AFSA). Cette rencontre s’est tenue au centre Seed Savers Network, situé à Gilgil, au Kenya.
L’objectif était clair : outiller de jeunes leaders africains pour qu’ils deviennent des acteurs de changement dans la défense des semences paysannes et la promotion de la souveraineté alimentaire sur tout le continent.
CE QUE NOUS AVONS APPRIS ET VÉCU
1. Mieux comprendre les enjeux des semences paysannes
La formation a permis d’approfondir la réflexion sur ce que représentent vraiment les semences paysannes non seulement comme outils de production, mais comme piliers de notre identité, de notre autonomie et de notre résilience face aux crises alimentaires et climatiques.
Comprendre en profondeur les menaces qui pèsent sur les systèmes semenciers paysans (SSP) ;
Prendre conscience du rôle stratégique que les jeunes Africains peuvent jouer dans la défense de la souveraineté alimentaire ;
Analyser les défis propres au contexte camerounais et centrafricain.
2. Développer des compétences concrètes
Au-delà des connaissances théoriques, les participants ont acquis des outils pratiques pour agir sur le terrain et dans les espaces de décision :
Méthodes d’innovation et d’action collective pour mobiliser les communautés rurales ;
Techniques de plaidoyer pour influencer les politiques nationales sur les semences ;
Outils pratiques pour organiser des forums et foires agricoles à fort impact.
3. Des témoignages venus de tout le continent
L’un des moments les plus forts de la formation a été le partage d’expériences entre participants jeunes chercheurs, agriculteurs, communicateurs et militants. Trois grands thèmes ont structuré ces échanges :
Les effets concrets des lois restrictives sur les semences dans différents pays africains ;
Les conséquences de ces politiques sur la jeunesse rurale et les petits agriculteurs ;
Les stratégies de résistance face à la main mise croissante des entreprises agro-industrielles sur les semences africaines.
4. La citation qui a tout dit
« Celui qui a la semence a la vie. »— Dr Sarah Olembo
Cette formule porte un message fondamental : protéger nos semences, c’est protéger la vie elle-même. C’est aussi affirmer que ceux qui contrôlent les semences contrôlent ce que nous mangeons, et donc notre avenir.
POURQUOI C’EST IMPORTANT
La souveraineté semencière : de quoi parle-t-on ?
La souveraineté semencière, c’est le droit pour les agriculteurs de conserver, d’échanger, d’utiliser et de multiplier librement leurs propres semences. C’est un pilier essentiel de la souveraineté alimentaire. Concrètement, cela signifie :
Que les petits agriculteurs ne dépendent pas des semences industrielles vendues chaque saison par des multinationales ;
Que les variétés locales, adaptées aux sols et aux climats africains, sont préservées et transmises de génération en génération ;
Que notre patrimoine génétique et culturel agricole reste entre nos mains.
Ce que fait l’AFSA pour changer les choses
L’AFSA mène deux initiatives majeures présentées durant la formation :
La campagne « Seed is Life »
Défendre les systèmes semenciers gérés par les agriculteurs eux-mêmes ;
Faire reconnaître et protéger les droits des agriculteurs sur leurs semences dans les législations nationales.
La construction d’un réseau de jeunes leaders africains
Impliquer activement la jeunesse dans la transition vers des systèmes alimentaires durables ;
Préserver la biodiversité agricole comme condition du développement durable de l’Afrique.
CE QUE NOUS ALLONS FAIRE MAINTENANT
Cette formation n’est pas une fin en soi. Elle doit se traduire en actions concrètes sur le terrain camerounais et centrafricain. Voici les priorités identifiées :
Organiser des forums et foires nationaux dédiés aux SSP et à la souveraineté alimentaire, pour diffuser les apprentissages de cette formation ;
Participer aux événements régionaux et internationaux sur les semences, pour que la voix du Cameroun et de l’Afrique Centrale continue de se faire entendre ;
Développer des outils de plaidoyer adaptés à notre contexte : fiches, guides, supports de sensibilisation destinés aux communautés locales et aux décideurs.
CONCLUSION
La formation de l’AFSA au Kenya a été bien plus qu’un événement de renforcement de capacités. C’est une expérience transformatrice qui a confirmé une conviction : les jeunes africains ont un rôle central à jouer dans la défense de nos semences et de notre souveraineté alimentaire.
Trois acquis majeurs à retenir :
Une compréhension plus fine des enjeux stratégiques des systèmes semenciers paysans ;
Des compétences concrètes en leadership et en plaidoyer, prêtes à être mobilisées sur le terrain ;
Un réseau continental de jeunes engagés, désormais connectés et coordonnés autour d’une même cause.
Le RADD s’engage à capitaliser sur cette expérience et à la mettre au service des communautés rurales du Cameroun et de toute l’Afrique Centrale.
Du 27 février au 1er mars 2026, Essé a vibré au rythme des semences paysannes avec la 6ᵉédition de la Foire des Semences Paysannes d’Afrique Centrale (FOSPAC6). Organisée par le RADD avec le soutien de partenaires tels que EPER Suisse, ACJM, FIAN International, AgroEcology Fund, AFSA, SAILD, ISSAHE et CRAPAC, cette rencontre a rassemblé acteurs ruraux, femmes agricultrices et représentants des collectivités locales autour d’un objectif commun : préserver et valoriser le patrimoine génétique local.
Placée sous le haut parrainage du Ministre de l’Agriculture, représenté par le Sous-préfet d’Essé, et soutenue par les ministères du Commerce et de la Promotion de la Femme et de la Famille, la FOSPAC6 a mis en lumière le rôle central des communes dans la sauvegarde des semences paysannes.
Le thème de cette édition :« Les Cases Communautaires des Semences Paysannes, creuset de la sauvegarde du patrimoine génétique local : quelle implication des communes ? » incitait à réfléchir sur la manière dont les collectivités peuvent soutenir les systèmes semenciers paysans, piliers d’un développement rural résilient et durable.
Les recommandations et résultats de la FOSPAC6 sont désormais disponibles ! Découvrez comment protéger les semences, renforcer le rôle des femmes et soutenir les communautés rurales.
À l’issue de la cinquième édition de la Foire des Semences Paysannes d’Afrique Centrale (FOSPAC), tenue du 21 au 23 février 2025 à Esse, le RADD met à la disposition du public le rapport officiel de l’événement. Ce document retrace les différentes étapes de l’organisation de cette grande rencontre sous-régionale dédiée à la promotion des systèmes semenciers paysans.
Le rapport présente notamment lestravaux préparatoires, le déroulement des activités, la participation des acteurs venus du Cameroun et d’autres pays africains, ainsi que les principales innovations et enseignements tirés de cette édition. Il met également en lumière la diversité des semences paysannes exposées, les échanges d’expériences entre producteurs, chercheurs et organisations partenaires, ainsi que les perspectives pour renforcer la souveraineté alimentaire et la préservation de la biodiversité agricole.
Ce rapport constitue ainsi une ressource importante pour tous les acteurs engagés dans la promotion et la protection des semences paysannes en Afrique centrale.
Le RADD a été convié par la Fédération des Associations d’Agriculteurs du Bénin (FAEB) à la 8ème édition de la Foire Semencière Agroécologique et de restauration des mets locaux en voie de disparition placée sous le thème : « Pour une souveraineté alimentaire avérée, promouvoir l’agroécologie » qui s’est déroulé du 17 au 19 Octobre dans l’esplanade de la Commune d’Aplahoué, Département du Couffo au Bénin.
Le RADD représenté par YOUMSSI EYA Yvan Lionnel faisait partie d’une délégation composée de ressortissants de 10 pays d’Afrique centrale, de l’Ouest et de l’Est : le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, Le Niger, le Tchad, la République Centrafricaine, la Côte d’ivoire, L’Ouganda et le Cameroun.
Le site de la Foire était composé d’une soixantaine de stands bien achalandés de semences paysannes, de produits transformés (croquettes, liqueurs, mets locaux, pharmacopée traditionnelle) et de produits forestiers non ligneux.
Journée d’ouverture
La journée d’ouverture, le 17 octobre a été marqué par une cérémonie à laquelle ont pris part le Préfet de Couffo, le Maire de la Commune d’Aplahoué, les chefs traditionnels et de nombreuses organisations invitées. Face à une foule composée de locaux et d’exposants les prises de parole se sont enchaînées. Les leaders du FAEB M. Patrice SAGBO et M. Pierre BEDIE ont exprimé leur joie et leur satisfaction de voir tant de personnalités et d’autorités réunies pour la foire.
Par la suite, M. FAMARA Diédhiou, Coordonnateur programme à l’Organisation Alliance for Food Sovereignity (AFSA) partenaire de la Foire et en charge de la délégation étrangère, a pris la parole pour sa communication inaugurale sur les « Semences paysannes : Signification ; Enjeux ; Défis ; Perspectives ».
Il a ainsi relevé les diverses significations de la semence paysanne sur le plan biologique, culturel et cultuel. La semence c’est la vie de manière générale et elle fait face à de nombreux défis liés à la protection ses semences contre la biopiraterie, la valorisation de leur capacité à résister aux changements climatiques et à garantir la souveraineté alimentaire et la justice économique des peuples.
Par la suite, le Préfet de Couffo a pris la parole pour son mot d’ouverture. Il a salué cette initiative dont il a bien saisi les enjeux, remercié les organisateurs, ses populations présentes et les membres de la délégation étrangère avant de procéder au lancement officiel de la 8ème édition de la Foire Semencière agroécologique et de restauration des mets locaux en voie de disparition par la coupure solennelle du ruban. Cette dernière a été suivie de la visite des stands lors de laquelle le Préfet n’a cessé de marquer son enthousiasme en rencontrant les exposants.
Un peu plus tard, la deuxième communication sur le thème femme rurale et leadership a débuté. Elle a essentiellement consisté en la prise de parole de femmes ayant pris part à l’atelier d’échanges sur les leviers d’émancipation des femmes rurales en Afrique francophone et de certains responsables d’organisations féministes. Le partage d’expériences a été riche et on a pu apprendre comment les femmes trouvent des stratégies pour concilier leur besoin d’autonomisation et leur place de mère et d’épouse dans la famille.
Le programme s’est poursuivi dès 19h30 avec le diner agroécologique. Il s’agissait d’une activité réunissant un parterre d’invités dont le Préfet du département de Couffo dans une salle bien aménagée. La soirée, animée par Patrice SAGBO, a commencé avec des histoires racontées par les invités le temps que le préfet soit présent. Une fois le préfet installé, le diner proprement dit a pu suivre son cours avec la présentation par FAMARA de sa communication inaugurale sur les semences paysannes. Par la suite, M. Alexis Houndji (AquaDeD) a entretenu l’assistance sur le procédé et les vertus de la pisciculture agroécologique tandis que M. Jaurès Monkou, du FAEB a expliqué comment mettre en place un élevage agroécologique.
Ces présentations riches ont été applaudi et apprécié puis la place a été donné aux agapes durant lesquelles les convives ont échangé en toute convivialité jusqu’à 22h.
La note particulièrement positive de la soirée a été la remise par les organisateurs de la Foire de cadeaux à l’attention de M. le Préfet du Couffo pour le remercier de son engagement sans failles pour l’organisation de la Foire.
Journée du 18 Octobre
Le 18 octobre dès 9h la délégation étrangère en compagnie d’autres participants et guidée par le FAEB a été conduite pour la visite de la ferme agroécologique de M. Lonmadon. Une ferme située dans le village Gboyimè-KLOUEKANME dans le département du Couffo où on retrouve un espace assez vaste de terres, un élevage bovin et un étang pour la pisciculture. En prélude à la visite proprement dites, les participants ont revêtus des t-shirts confectionnés pour l’occasion et offerts par le FAEB et sont réunis sous une tente pour les présentations, nous y avons notamment appris que le propriétaire de le Ferme M. Lonmadon est un ancien Maire.
Par la suite et durant une trentaine de minutes, les participants ont pu observer l’élevage bovin de près et la traite du lait de ferme ; l’étang créé artificiellement à partir du lit d’un fleuve où selon les dires de M. Lonmadon lui-même, les poissons ne sont pas nourris avec des alevins mais plutôt avec ce qu’ils trouvent naturellement dans l’étang.
La visite s’est achevée par un repas communautaire à base de produits locaux notamment le pois d’angole, une variété de haricot beaucoup cultivée dans le département du Couffo.
De retour sur le site de la foire, nous avons pris part à la discussion sur le thème : Les pratiques agroécologiques pour maintenir la fertilité des sols et augmenter les rendements. La discussion animée par Lidwine Baloïtcha a suscité de nombreux partages de pratiques agroécologiques notamment l’utilisation de la cendre, de la bouse provenant de vaches nourries agroécologique pour fertiliser les sols. L’un des grands débats a été sur la notion de banque communautaire de semences et de cases communautaire de semences. Nous en avons retiré qu’au sens de l’Union Africaine et de la FAO le terme banque de semences a une portée plus large non seulement sur le plan géographique (Ensemble du territoire, région, département) mais aussi en terme de contenu il doit pouvoir rassembler toutes les espèces qui sont de son ressort géographique. Le terme cases de semences en revanche a une portée plus limitée. Bien qui ’essentielles, les cases de semences se limitent aux villages. Toutefois il faut dire que ce découpage ne fait pas forcément l’unanimité car le terme de banque a une résonance négative chez les paysans.
La dernière communication de la journée s’est faite à partir de la diffusion d’un documentaire sur les conséquences de l’utilisation des herbicides sur la biodiversité, l’environnement et l’Homme. Le documentaire, d’une cinquantaine de minutes a suscité de nombreux commentaires surtout en ce qui concerne la transmission des pratiques agroécologiques aux plus jeunes qui sont beaucoup plus tentés de faire recours aux engrais chimiques et herbicides pour faire rapidement du profit. Nous avons pu livrer l’expérience de la FOSPAC5 et de l’accent qui a été mis sur la dynamique générationnelle pour une agriculture saine et durable.
Journée de clôture
La cérémonie de clôture a débuté dès 13h en l’absence du Préfet malheureusement empêché. Devant une foule beaucoup moins nombreuse que lors de l’ouverture, M. Patrice SAGBO a pris la parole pour exprimer sa satisfaction et sa reconnaissance à l’endroit des membres de la délégation étrangère. Il a par la suite, invité M. FAMARA à prendre la parole pour un mot et l’autorité traditionnelle de la Commune d’Aplahoué pour son mot de clôture. Cette phase a laissé place à la remise des attestations de participation et du petit matériel agricole (brouette, pelle, fourche, machette) aux exposants qui se sont particulièrement illustrés durant la foire.
La délégation a été conviée pour un dernier repas sur le site de la foire avant de prendre la route en direction de Cotonou.
Bilan et recommandations
La participation à laFoire Semencière Agroécologique et de restauration des mets locaux en voie de disparition a été un moment de découverte, de partage, d’échange et de gain d’expérience. Nous en retirons du positif pour la reconnaissance des systèmes semenciers paysans et la souveraineté alimentaire en Afrique.
Nous retenons la nécessité de :
Favoriser des ateliers thématiques vivants avec des intervenants variés
S’inspirer du diner agroécologique organisé par le FAEB pour honorer les autorités de la commune d’Esse
Le 23 juillet dernier, le groupement de FOTOUNI, niché au cœur du Département du Haut-Nkam, dans la région de l’Ouest du Cameroun, a été le théâtre d’un événement majeur pour le développement agricole local : Les Causeries Paysannes. Organisées par le Réseau des Acteurs du Développement Durable (RADD), cette rencontre cruciale s’est déroulée sous le thème percutant : « Pour des semences paysannes caractérisées et productives». Cette activité a réuni une centaine de personnes constituée des agriculteurs, experts agronomes, chercheurs, et acteurs de la société civile, représentants des autorités locales et surtout la présence active du roi des Fotouni, sa Majesté FONDJO, 12è roi de la dynastie. Tous animés par la volonté commune de valoriser et de renforcer les semences locales, considérées comme le pilier de la souveraineté alimentaire, nutritionnelle et de la résilience agricole face aux défis actuels.
Un Contexte Crucial : La Sauvegarde d’un Patrimoine Agricole Vital.
Les semences paysannes représentent un héritage inestimable, fruit de générations de savoir-faire transmis de bouche à oreille, de main en main. Elles sont l’expression vivante d’une sélection ancestrale, adaptée aux spécificités des terroirs, aux conditions climatiques locales changeantes et aux préférences culturelles des communautés. Ces semences incarnent la biodiversité agricole, en offrant une résilience naturelle aux maladies endémiques et une adaptabilité précieuse face aux aléas environnementaux que présentent les changements climatiques actuels.
Cependant, l’avènement de l’agriculture industrielle, la promotion agressive de semences hybrides et génétiquement modifiées, et la commercialisation croissante des intrants ont exercé une pression considérable sur ce patrimoine. De nombreuses variétés locales ont disparu, entraînant avec elles une partie du savoir-faire paysan et une érosion génétique préoccupante. Cette tendance met en péril non seulement la diversité agricole, mais aussi la souveraineté alimentaire des communautés. C’est dans l’optique de faire renaître ce patrimoine génétique local en voie de disparition que le RADD, organisation de la société civile camerounaise s’est lancée depuis 2020, dans la Promotion des Systèmes Semenciers Paysans (PSSP) à travers plusieurs initiatives telles que : les plaidoyer, les Causeries Paysannes (CP) le tout couronnée par l’organisation chaque année, la Foire des Semences Paysannes du Cameroun ( FOSPAC) mutée en Foire des Semences Paysannes de l’Afrique Centrale (FOSPAC) en sa cinquième édition. Entre les différentes éditions des FOSPAC, le RADD a pensé à regrouper régulièrement dans une localité motivée tous les acteurs impliqués dans ce processus pour continuer des discutions autour d’un thème en vue de maintenir la flamme d’où la tenue des Causeries Paysannes.
Le choix de FOTOUNI pour abriter les CP
La zone des hauts plateaux qui couvre les régions de l’Ouest et du nord Ouest au Cameroun est fortement impliquée dans la promotion agressive de semences hybrides. La commercialisation et l’utilisation croissante des intrants chimiques de synthèse dans cette partie du pays donc le but principal est la recherche effrénée de la production ont et continue d’exercer une pression considérable sur le patrimoine génétique local dans cette zone depuis des décennies en dépit des conséquences multiples que ces produits entraînent. C’est pour renverser la tendance que, la MFR ( Maison Familiale Rurale de de Tchoufie) dans le groupement de Fotouni, région de l’Ouest a pris conscience de cet état de choses a commencé à travailler et développer l’ agro écologie. Entre temps, les membres de la MFR et le RADD ont développé des partenariats qui ont abouti à des visites mutuelles, et la participation active de la MFR à la formation des leaders ruraux sur la gestion des CSP tenue à Essé en novembre 2024 et à la FOSPAC6. Le dynamisme et la volonté manifeste de son Responsable administrative chargée de la communication en la personne de Mlle Sorelle de voir sa localité accueillir une activité du RADD et abriter une CSP, d’où le choix de FOTOUNI accueillir lesdites CP qui ont eu pour objectif fondamental : Renforcer les capacités des producteurs dans la promotion des systèmes semenciers paysans, en mettant l’accent sur la caractérisation des semences paysannes pour leur préservation durable, levier d’une agriculture durable et de la souveraineté alimentaire afin d’inverser cette dynamique sur les semences conventionnelles et leur corolaire, et de redonner aux semences paysannes la place centrale qu’elles méritent dans les systèmes agricoles contemporains.
Entrée de la chefferie de Fotouni
Une Journée d’Échanges Fructueux et d’Apprentissages Concrets.
La journée a démarré sous une fraîcheur glaciale, mais dans une atmosphère de convivialité d’enthousiasme et de fête. La mise en place, l’arrivée et l’installation des participants et des exposants sur les tables qui leur ont été dédiées. La délégation venue de Yaoundé arrivée à la veille était constituée des responsables des CSP déjà créés et les membres du RADD a bénéficié d’une visite guidée dès les premières heures de la matinée pour visiter les installations et des réalisations de la MFR sous la houlette de son Président en matière de réalisations agroécologiques notamment sur l’élevage des porcs , lapins, des escargots, des hannetons, l’agriculture, les fabrications des bio-intrants. Pendant cette visite de terrain, les échanges entre les participants ont été très fructueux.
Participants attentionnés lors des exposés
La suite des activités s’est déroulée dans la salle des fêtes du CODEFO ( Comité de Développement de Fotouni). Après l’accueil et l’installation des autorités compétentes, l’exécution de l’hymne national s’en est suivie puis la prise de parole où nous avons eu l’intervention de :
– La Directrice de la MFR de TCHOUFIE qui a souhaité la bienvenue aux participants tout en insistant sur le choix porté sur la structure dont elle est la directrice pour organiser au niveau local lesdites CP ;
– Le Secrétaire Général du CODEFO (comité de développement de Fotouni) ;
– La Secrétaire Général d’ACODEB ;
– Le RADD
– Le Délégué d’arrondissement de l’agriculture et du développement rural de Bandja.
Tous ont exprimé leur gratitude au RADD. Dans leur différente prise de paroles, ils ont présenté les structures dont ils représentent, leur objectifs missions . Ils ont prié les participants d’être attentifs aux travaux.
Après avoir suivi les différentes allocutions, Monsieur Yene Hervé au nom du RADD a remercié les organisateurs pour l’accueil chaleureux qui a été réservé à toutes les délégations qui ont fait le déplacement. Il a ensuite présenté clairement le RADD et ses différentes missions en insistant sur les quatre axes d’actions ou programme sur lesquels il travaille tant au niveau national, régional voire international. Il a rappelé à l’assistance que c’est sur le cadre du programme de promotion des systèmes Semenciers Paysans que nous sommes rassemblés à Fotouni.
Quelques temps après, le chef de Fotouni a rejoint l’assemblée. Après lui avoir fait un bref résumé de toutes les articulations depuis la matinée, il a été invité à prononcer son mot.
Dans sa prise de parole, le Roi des Fotouni a remercié toutes les délégations présentes pour avoir fait le déplacement pour Fotouni, en indiquant que Fotouni est actuellement la capitale mondiale des semences paysannes car, tous les regards des acteurs du monde rural sont tournés vers sa localité, puis a montré tout son intérêt pour cette thématique très importante et actuelle . Il reste attaché et adhère à toutes les initiatives et les valeurs de promotion d’ une agriculture durable et saine. À la suite de ses prédécesseurs, il a invité les participants à être attentifs aux enseignements qui seront discutés. En langue maternelle pour une meilleure compréhension, il s’est entretenu avec les siens et demandé à l’équipe de coordination qui sera installée à faire de la case semence paysanne de Fotouni, une référence. Il a, à la fin de ses propos déclaré ouvertes, les Causeries Paysannes de Fotouni.
Une exposition de SP grandeur nature et visite de stands
Après la phase de photos de famille, la visite guidée des stands a commencé sous le regard vigilant et attentif du roi des Fotouni et sa suite. D’étals en étal, le chef a visité et les visiteurs ont touché, écouté posé des questions aux exposants venus des huit CCSP, des partenaires, tels que INADES FORMATION-Cameroun, CPF de Mbouo, de la MFR et experts sur tous les aspects liés aux SP. On y trouve sur les tables, les différentes spéculations : des graines et pépins conditionnés différemment certains dans des bocaux, d’autres dans les sachets, du papier et autres bouteilles ; des épis de maïs multicolore, des boutures, des fruits, des plants de plusieurs essences et certains produits transformés issus de ces semences. Cette diversité Semencière ou a dénombré une certaine de variétés a donné un éclat particulier à cette articulation qui s’est achevée par une pose de sa Majesté ou il ‘S’Engage dans la PSSP.
stand d’exposition visite des stands d’exposition
Ateliers Pratiques de caractérisation et restitution s.
L’après-midi a été consacré à des ateliers pratiques, permettant aux participants d’appliquer concrètement les connaissances acquises. Quatre groupes d’atelier ont été formés pour travailler sur les techniques simples de caractérisation. Cela a permis aux paysans d’apprendre à observer et à noter les caractéristiques morphologiques des plantes (taille, forme des feuilles, couleur des fleurs), leur résistance aux ravageurs et maladies, et leur comportement face à la sécheresse. Ces données, une fois compilées, constituent une base précieuse pour prendre des décisions éclairées sur les semences à conserver, multiplier et diffuser. L’accent a été mis sur quatre spéculations à savoir : le maïs, l’arachide, le Folong ( Amarante) et la tomate 🍅 cerise.
Lors de la restitution des travaux en groupes, d’autres méthodes de conservation des semences ont été énumérés. Les participants ont appris à des astuces de stockage , sélection, conditionnement simples mais efficaces des semences paysannes en utilisant des matériaux locaux pour protéger les semences de l’humidité, des rongeurs et des insectes. L’importance du séchage adéquat avant le stockage a été également soulignée.
Les échanges ont été particulièrement riches lors des sessions de questions-réponses et des débats. Les agriculteurs ont exprimé leurs préoccupations . Les experts présents et les représentants du RADD sous la coordination de Mme Akono qui a animé cette session ont apporté des éléments de réponse et des pistes de solution.
Des Témoignages Inspirants des responsables des CSP
Un moment fort de ces causeries a été la série de témoignages poignants de paysans et paysannes qui ont réussi à préserver et à valoriser leurs propres variétés de semences. Il s’agit des responsables des CSP de Mvogzé, Essé ville, Mbenoa, Matomb, Bikok Nanga-Eboko Mvan et de Mgbwakomba. Tour à tour, chacun des leaders s’exprimait à propos. Les déclarations ayant plus attirées notre attention restent celle de
Mme Olinga Léonie, agricultrice chevronnée de Mbenoa a raconté avec passion comment sa famille a conservé une variété de d’arrachide depuis plusieurs décennies et particulièrement adaptée aux sols , affichant un rendement stable même en période de pluies irrégulières. Son témoignage a mis en lumière l’importance de la transmission intergénérationnelle du savoir-faire et la passion inébranlable pour la terre.
Madame la SG de la CSP de Mvogzé, agricultrice et productrices des arachides, a partagé son expérience sur la production des arachides, comme leurs Semences phares dans leur banque communautaire. Grâce à cette initiative, elles ont pu collecter et conserver une quinzaine de variétés d’arachides qu’elles échangent régulièrement en leur apportant un revenu réel et réduisant ainsi leur dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs et renforçant l’autonomie de leur communauté. Ces témoignages n’ont pas seulement inspiré ; ils ont prouvé que la valorisation des semences paysannes n’est pas une utopie, mais une réalité tangible et un chemin concret vers l’autonomie et la résilience agricole. Ils ont également souligné le rôle crucial des femmes dans la conservation et la gestion des semences paysannes dans la localité.
Installation du Comité de gestion de la CSP de Tchouvie- Fotouni.
Pour passer de la parole à l’acte, le comité de gestion de la CSP de Fotouni a été installé. En amont, une présentation générale sur la nécessité d’une CSP , le rôle, les missions et la gestion de celle-ci a été faite par Mme Akono, coordinatrice des CSP au sein du RADD. Elle a également défini clairement le rôle et les missions de chacun des membres du bureau de gestion qui est composé pour un départ de cinq responsables à savoir :
– Une Présidente ;
– Une SG ;
– Une trésorière ;
– Un animateur ;
– Un chargée de communication.
En prenant leur fonction, les responsables ont été appelés à se mettre résolument au travail en mettant l’accent sur la sensibilisation continuelle afin de rendre vivante cette première CSP créée dans la zone des hauts plateaux de l’Ouest du Cameroun. Progressivement , le bureau se fera complété a souligné Mme Akono.
Vers une Agriculture Durable et la Souveraineté Semencière et alimentaire
Les Causeries Paysannes de FOTOUNI ont clairement mis en lumière la nécessité d’une approche holistique pour la promotion et la protection des semences paysannes. Au-delà des aspects techniques et agronomiques, il s’agit d’un enjeu majeur de souveraineté alimentaire, de préservation de la biodiversité et de justice sociale. Les semences paysannes ne sont pas de simples intrants agricoles ; elles sont un patrimoine commun, un héritage culturel et une garantie pour l’avenir des communautés.
L’initiative du RADD à FOTOUNI a démontré de manière éloquente que les solutions aux défis agricoles ne résident pas toujours dans les systèmes complexes et coûteux prônés par les multinationales , mais souvent dans la valorisation des savoirs ancestraux et l’autonomisation des communautés rurales. Les semences paysannes, une fois caractérisées et bien gérées pour leur productivité, sont le socle d’une agriculture résiliente, capable de nourrir durablement les populations et de préserver les écosystèmes fragiles.
Vers une souveraineté alimentaire
Conclusion :
En clôturant cette journée mémorable, les représentants du RADD ont salué l’engagement exemplaire de tous les participants et surtout la forte mobilisation des participants et surtout l’implication personnelle de l’autorité traditionnelle et ont réaffirmé l’importance de poursuivre ces efforts de sensibilisation, de formation et de plaidoyer. Les Causeries Paysannes de FOTOUNI ne sont pas une fin en soi, mais un jalon important. Elles appellent à une mobilisation continue pour que les semences paysannes retrouvent leur place d’avant et légitime au cœur des systèmes agricoles dominés par les systèmes conventionnels, garantissant ainsi un avenir où l’alimentation est non seulement abondante, mais aussi saine, diversifiée et issue d’un respect profond de la terre et de ses gardiens, les paysans. Le message est clair et retentissant : protéger les semences paysannes, c’est protéger notre avenir, notre souveraineté et notre culture.
On pouvait également lire les différents messages sur les pancartes portés par les participants : « Souveraineté Semencière et alimentaire, mère de la souveraineté politique » ; Soyons souverains de notre alimentation ! Semence paysanne, notre identité ; stop UPOV…
Le succès de cette initiative à FOTOUNI ouvre la voie à d’autres actions similaires et sollicitations à travers la région et le pays, démontrant que les communautés, avec le bon accompagnement et les bonnes informations, sont les véritables acteurs de leur propre développement agricole et de leur souveraineté alimentaire.
Lieu :Mgbwakomba, arrondissement de Nanga-Eboko, Haute-Sanaga
L’atelier de formation sur les intrants biologiques ainsi que la sélection et la conservation des semences paysannes s’est tenu le 27 juin dernier dans la localité de Mgbwakomba, dans l’arrondissement de Nanga-Eboko, Département de la Haute-Sanaga.
Cette activité, qui entre dans le cadre du renforcement des capacités des cases de semences paysannes, a été initiée par le RADD (Réseau des Acteurs du Développement Durable) dans le but de promouvoir les systèmes semenciers paysans, l’agroécologie et les systèmes alimentaires durables. Elle a rassemblé une quarantaine de participants venus de plusieurs villages du Groupement de Biboa.
Il est important de souligner que le Groupement de Biboa est une zone essentiellement agricole où l’on cultive principalement des cultures vivrières pour la consommation familiale, et surtout du maïs pour les besoins économiques.
Malheureusement, la culture du maïs y est confrontée à un sérieux problème : l’utilisation massive de pesticides et d’autres intrants chimiques de synthèse, censés booster la production. Ces produits ont des conséquences néfastes sur l’environnement, la santé des agriculteurs et des consommateurs, et entraînent une érosion progressive des systèmes semenciers paysans. Pour apporter une solution durable à cette situation devenue alarmante, cet atelier sur la production des bio-intrants a été initié.
Objectifs de la Formation :
Restituer la formation reçue par les leaders ruraux sur la gestion des Cases de Semences Paysannes (CSP), la sélection et la conservation des semences.
Renforcer les capacités des petits producteurs sur les techniques de production et d’utilisation des intrants biologiques ;
Sensibiliser et informer les participants sur les dangers liés aux produits chimiques de synthèse.
Mettre en place un comité de gestion de la Case de Semences.
Déroulement de l’Atelier
Animation par les membres de la CSP
a) Phase protocolaire
La journée a débuté par le protocole usuel : arrivée et enregistrement des participants, prière, suivis des discours de bienvenue et de la présentation des participants. Le représentant du chef du village de Mgbwakomba a souhaité la bienvenue à l’équipe du RADD, la remerciant d’avoir bravé les difficultés du voyage pour venir éclairer ses populations. Il a également remercié les participants pour leur présence.
À la suite du chef de village, Mme AKONO Suzanne, cheffe de la délégation du RADD et coordinatrice des Cases de Semences Paysannes, a présenté l’association, ses objectifs et ses quatre axes d’action : l’accompagnement des communautés riveraines des agro-industries, le programme d’autonomisation économique de la femme, la justice climatique et, notamment, le Programme de Promotion des Systèmes Semenciers Paysans (PPSSP), qui était le sujet de cette rencontre.
Les participants, en se présentant, ont exprimé leurs attentes pour cette activité, notamment le désir d’apprendre à fabriquer des herbicides naturels.
Après cette phase protocolaire, l’activité a pu commencer. Elle était divisée en deux parties.
b) Phase théorique
Cette partie a consisté en la restitution de la formation des leaders ruraux sur la gestion des Cases de Semences Paysannes, la sélection et la conservation des semences paysannes. Il a été rappelé que la formation d’Essé, en novembre 2024, avait rassemblé de nombreux participants et formateurs, certains venus du Bénin. Durant une semaine, les apprenants ont été formés sur plusieurs thématiques : la gestion des cases communautaires de semences paysannes, les lois régissant l’activité semencière, la sélection et la conservation des semences paysannes, et les Systèmes Participatifs de Garantie (SPG).
La phase théorique a également abordé la présentation des engrais biologiques, soulignant leurs avantages sur l’environnement, la santé et l’économie, par opposition aux intrants chimiques de synthèse. Des séances de questions-réponses et une pause musicale ont animé cette première partie de la journée.
Explications théoriques du dispositif de fabrication d’intrants biologiques
c) Phase pratique
De retour de la pause, l’atelier pratique a débuté, axé sur la fabrication du purin de 21 jours et du bio-régulateur à large spectre.
Quelques plantes utilisées
Les participants ont appris à utiliser des matières premières telles que :
Matériel : un fût, une fiole, de la colle Tangit, des ciseaux, de l’eau.
Ingrédients : 1 kg d’ail, 1 L de mélasse, divers yaourts, de l’urine de lapin, un mortier, un pilon, des machettes, des couteaux, une bassine, une bâche, 60 L d’eau, 0,5 kg de feuilles de Vernonia , 0,5 kg de feuilles de Tithonia, 0,5 kg de fougère, 0,5 kg de citronnelle, 0,5 kg d’aloès vera, 0,5 kg de feuilles de papayer, 0,5 kg de feuilles de dartrier, 0,5 kg de feuilles d’ortie et des feuilles de tabac sèches.
Phase pratique
Formation du Comité de Gestion de la Case
Les participants ont ensuite été invités à former un comité de gestion de la Case. Après discussion, le consensus a été de mettre en place un bureau composé des membres suivants :
* Une présidente
* Un secrétaire général
* Une trésorière
* Une animatrice
* Une chargée de communication
* Un superviseur
* Deux conseillers, dont le chef du village de Mgbwakomba et le chef de Nyaminkang.
Comité de gestion de la CSP
Conclusion de l’Atelier
Mme AKONO Suzanne, chargée du suivi des CSP au sein du RADD, a invité la nouvelle équipe à se mettre au travail pour dynamiser la Case et a exhorté les participants à mettre en pratique les enseignements reçus. Le chef de Mgbwakomba a remercié le RADD d’avoir choisi son village pour accueillir cette activité et a émis le souhait de mobiliser les ressources nécessaires pour continuer à renforcer les capacités de ses populations.
La journée s’est terminée par une série de photos de famille et un repas communautaire. L’équipe du RADD a regagné Yaoundé le lendemain matin après une soirée conviviale.
Le Réseau des Acteurs du Développement Durable (RADD) est une association de droit camerounais, engagée depuis plus de 10 ans pour un développement inclusif, juste et durable. Le RADD éveille au quotidien les consciences collectives et communautaires au Cameroun, en Afrique Centrale sur les questions de souverainetés foncières, semencières, alimentaires qui sont le fondement de la souveraineté politique.
Le RADD, c’est la Foire des Semences Paysannes de l’Afrique Centrale (FOSPAC) qui regroupe tous les ans, depuis 5 ans plus de 500 acteurs ruraux autour des enjeux en lien avec l’accès libre de tout producteur à la semence.
Le RADD, c’est la COnvergence des FEmmes Camerounaises sur le Changement Climatique (COFECCC) qui rassemble depuis 2 ans plus de 400 femmes engagées dans la recherche de solutions adéquates au changement climatique.
Le RADD, c’est le Forum sur l’Autonomisation Economique de la Femme (FAEF) qui, tous les ans, forme plus de 400 femmes et jeunes aux métiers porteurs pour la création des revenus et des emplois.
Le RADD, c’est la Défense de Droits des Femmes Riveraines des Agro-industries (DDFRIA) qui, au côté de ces femmes, lutte tous les jours pour la restauration et le respect des droits vitaux des femmes dont les ressources sont accaparées par les entreprises sans aucune compensation.
Nos interventions impactent donc :
Plus de 20.000 femmes et jeunes filles accompagnées à l’autonomisation économique et financière ;
Environ 5.000 paysan(ne)s accompagnés pour renforcer la souveraineté semencière ;
Des milliers de femmes rurales et des communautés, riveraines des agro-industries soutenues pour faciliter l’accès à leurs terres ancestrales ;
En notre qualité de membre actif de la société civile, qui accompagne toutes les couches sociales et œuvre sans relâche pour la justice et le développement durable, nous nous sentons plus que concernés par l’échéance politique majeure que représente l’élection présidentielle du 12 Octobre 2025. C’est à ce titre que nous sommes mus par le devoir, en amont de la campagne électorale, d’aiguiller les candidats à l’élection présidentielle, sur ce qui nous semble essentiel pour garantir le bien-être durable de toutes les couches sociales de la population camerounaise. Nos recommandations, formulées sur quatre (4) piliers, méritent une attention singulière :
La souveraineté alimentaire pour les camerounais ;
Le respect des droits humains autour des agro-industries ;
La justice climatique ;
L’autonomisation économique des femmes et des jeunes ;
I.PROMOUVOIR LA SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE
La souveraineté alimentaire est le DROIT pour tout camerounais, sans distinction aucune, d’accéder à de la nourriture saine, suffisante en quantité, en qualité et de fonder son alimentation sur les valeurs culturelles, cultuelles ancrée dans son environnement et sa tradition pour garantir un accès constant et durable. Pour ce faire, nous demandons :
La reconnaissance juridique des systèmes semenciers paysannes pour garantir les droits des paysans sur leurs semences ;
Le développement des programmes spécifiques pour la promotion des systèmes semenciers paysans en reconnaissant la semence paysanne comme composante essentielle du patrimoine génétique camerounais ;
La restauration du suivi de proximité des paysans orienté dans le système de production agroécologique pour assurer une agriculture résiliente et durable ;
L’accès durable à la terre aux femmes et aux jeunes pour des besoins de production agropastorale ;
L’octroi des facilités pour la production des intrants biologiques et la réduction des importations des intrants chimiques de synthèse ;
Le développement des politiques qui encouragent les populations camerounaises à consommer essentiellement les produits sains issus de l’agroécologie paysanne. La santé des populations en dépend ;
Le transfert effectif des compétences aux Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD), afin qu’elles encadrent la création et la gestion des Cases Communautaires de Semences Paysannes (CCSP), véritables creusets du patrimoine génétique national.
II. GARANTIR LE RESPECT DES DROITS HUMAINS AUTOUR DES AGRO-INDUSTRIES
Le Cameroun est partie à la plupart des conventions internationales de promotion et de protection des droits humains et pourtant dans les localités où sont implantées des agro-industries, les communautés riveraines sont privées de leurs ressources, vivent dans la précarité et subissent toutes sortes d’atteintes à leurs droits fondamentaux.Nous pensons qu’il faut impérativement :
Repenser la politiques d’octroie des concessions foncières aux agro-industries, il est possible de développer l’agrobusiness sans que les communautés se retrouvent dépossédées de toutes leurs terres ;
En cas de cession, garantir l’accès des communautés riveraines aux ressources vitales (Terre, Forêts, Eaux, …) de leurs ancêtres ;
Mettre en place des mécanismes efficaces de répression des violences basées sur le genre dans les plantations ;
Impliquer systématiquement à quota égal tous les groupes sociaux de la communauté (femmes, jeunes, adultes, minorités) dans le processus de gestion des terres ;
Mettre en place des mesures coercitives afin que les droits à l’éducation, à la santé, à l’emploi, à l’eau potable etc. des communautés riveraines soient garantis.
III. PRENDRE EN COMPTE LES QUESTIONS EN LIEN AVEC LA JUSTICE CLIMATIQUE
Le climat est de plus en plus changeant et 33 ans après le sommet de la terre de RIO, les effets des changements climatiques se perceptibles partout dans le monde, y compris au Cameroun. Les communautés vivant en zone rurale, qui sont les plus impactées par ces changements, ne sont pas véritablement accompagnées pour y faire face. Les femmes en particulier, qui ont la charge de nourrir la famille, sont aujourd’hui confrontées à de nombreuses difficultés pour se procurer les ressources dont elles ont besoin dans leur environnement. C’est la raison pour laquelle, il faut :
Faciliter l’accès aux financements climatiques pour les communautés les plus impactées ;
Définir les mesures concrètes pour assurer la transition énergétique à travers la promotion des énergies renouvelables ;
Soutenir les OSCs qui œuvrent pour la justice climatique ;
Mettre un terme à la production et à l’usage de la matière plastique ;
Abandonner les fausses solutions telles que les crédits carbones ;
Consulter les communautés impactées avant toutes prises de décisions à l’endroit de ces entités ;
Considérer régulièrement les résultats des recherches par les chercheurs dans la prévention des catastrophes dus aux effets du changement climatique.
IV. PROMOUVOIR L’AUTONOMISATION ÉCONOMIQUE DE LA FEMME
Une femme autonome est une femme épanouie. Une femme autonome prend son destin en main. Elle nourrit sa famille, ses enfants, elle se projette, elle entreprend et très souvent, elle réussit. L’autonomisation économique de la femme doit donc être une priorité pour renforcer de façon durable les indicateurs de développement au niveau national. A cet effet, il faut :
Démultiplier sur l’ensemble du territoire Camerounais des centres multifonctionnels accessibles à toutes les femmes, aux jeunes et les doter des équipements de pointe et des ressources humaines compétentes pour leur pleine opérationnalisation ;
Rendre les formations accessibles financièrement, tout camerounais doit en bénéficier ;
Adapter les contenus de formation aux exigences de l’évolution technologique et aux réalités du marché du travail ;
Garantir un accès équitable aux financements et autres opportunités pour soutenir l’entreprenariat des femmes et des jeunes après la formation ;
Faciliter l’accès aux équipements de production et de transformation pour garantir la compétitivité des entreprises créées ;
Appliquer des mesures fiscales adaptées aux entreprenariats féminins et jeunes, en les exonérant des impôts et des taxes pour les 3 premières années ;
Construire des infrastructures de collecte, de stockage, de conservation et de commercialisation dans les bassins de production, accessibles à tous afin de garantir l’écoulement et l’accès valorisation des produits issus de leurs activités.
À la veille de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 au Cameroun, le RADD rappelle avec force que l’avenir du Cameroun ne peut se bâtir sans justice sociale, justice climatique, souveraineté alimentaire et autonomisation effective des femmes et des jeunes. Ces piliers ne sont pas de simples revendications sectorielles : ils constituent le socle incontournable d’un développement véritablement inclusif et durable.
Nous appelons chaque candidat à inscrire dans son projet de société des engagements clairs, fermes et mesurables autour de ces priorités vitales. Car garantir aux paysans l’accès à leurs semences, protéger les droits des communautés face aux agro-industries, soutenir les femmes dans leur autonomie et préparer le pays aux défis climatiques, c’est choisir de construire une nation forte, résiliente et souveraine.
Le RADD, fort de son expérience et de son ancrage auprès des communautés, se tient prêt à travailler avec tous ceux qui portent une vision de justice et de dignité pour le peuple camerounais. L’histoire jugera celles et ceux qui, en ce moment décisif, auront eu le courage d’inscrire l’intérêt des générations présentes et futures au cœur de leur gouvernance.
Parce qu’un Cameroun juste, vert et prospère est possible, mais il exige des choix courageux, aujourd’hui.
Les riveraines des agro-industries et les responsables des cases de semences paysannes jouent un rôle important dans la promotion de l’agriculture durable, la souveraineté alimentaire et nutritionnelle, ainsi que dans la défense des droits des communautés locales impactées par les industries extractivistes. Cependant, ils sont souvent confrontés à des défis pour communiquer efficacement avec les communautés locales, les décideurs politiques et les autres parties prenantes. L’utilisation efficiente des outils de communication modernes peut aider ces entités à améliorer la communication et à renforcer leurs capacités dans le développement de leurs activités agricoles, notamment la promotion des systèmes semenciers paysans (PSSP) et la défense de leurs droits bafoués par les entreprises qui ont accaparé leurs terres.
C’est dans cette dynamique que le RADD, qui accompagne depuis plusieurs années ces communautés, et en partenariat avec Journalists For Earth (J4E), ont initié une série de formations pour le renforcement des capacités des leaders ruraux et responsables des associations des riveraines des agro-industries sur les outils modernes de communication et sur les stratégies de communication, de lobbying et de plaidoyer en matière de justice climatique. Ces ateliers, qui se sont tenus à Yaoundé du 10 au 13 juin dernier, ont rassemblé une quarantaine de participants.
Une vue de la salle des réunions sis à MvolyéUne vue de la salle des réunions sis à Mvolyé
Dans un premier temps, les participants ont été outillés sur les applications de communication telles que WhatsApp, Facebook et les moteurs de recherche tels que Google pour partager leurs informations sur leur communauté et sur leurs activités de promotion des cases de semences paysannes et faire des recherches. Les travaux pratiques de cette formation ont été ponctués par des séances de paramétrage des outils nouvellement reçus, l’activation et l’ouverture des pages Facebook, des comptes WhatsApp et Gmail, ainsi qu’un exercice pratique de recherche sur Meta qui a suscité une grande attention des apprenants.
Au terme des travaux de Mvolye, les participants ont reçu des outils de communication et de travail constitués de téléphones portables et d’ordinateurs pour continuer leurs activités sur le terrain.
Pendant les travaux de Mvolye, les femmes ont été sensibilisées et informées afin de rejoindre le Mouvement mondial des femmes. On retiendra que c’est un rassemblement des femmes du monde entier qui a pour objectif de mener des plaidoyers et d’autres revendications contre toutes formes d’injustices et de violences faites aux femmes à travers le monde.
Ainsi, au cours de ces assises, les participantes ont montré leur intérêt à se joindre aux autres femmes. Pour le manifester, elles ont décidé de marcher pour exprimer leur adhésion à cette dynamique lancée par les femmes de Saraouie. Ainsi, elles ont marché pour dire non à la pauvreté ambiante, les guerres, la famine, les violences envers les femmes, pour la justice climatique et contre les industries extractivistes.
Les femmes brandissent les messages après la marche
À la suite du RADD, J4E a formé du 12 au 13 juin ces participants sur les stratégies de communication, de lobbying et de plaidoyer performantes en matière de justice climatique. Au cours des travaux, les participants ont été imprégnés sur l’élaboration des plaidoyers et la prise de parole en public en vue de la défense de leurs droits.
photo de famille avec J4E
Au terme de ces deux jours de travaux, qui ont été ponctués par des activités pratiques et des restitutions en ateliers, les apprenants ont reçu des attestations de fin de formation.
une vue de la salle de formationdes apprenants avec leurs attestations
Mme NGOBO, Secrétaire exécutive du RADD et Mme ABILOGO Edith, Secrétaire exécutive de J4E, ont exhorté les participants à mettre en pratique les connaissances acquises et surtout à utiliser le matériel reçu à bon escient pour la promotion des systèmes semenciers paysans et la défense de leurs droits.
exhortation des participants à mettre en pratique les connaissances acquisesexhortation des participants à mettre en pratique les connaissances acquises
Les apprenants, quant à eux, ont exprimé leur profonde gratitude à l’endroit du RADD et de J4E pour ces grands moments de renforcement des capacités et les dotations. Ils ont promis d’en faire bon usage et ont émis le vœu de voir les formateurs sur le terrain dans leurs différentes localités pour un suivi de proximité qui permettra de relever les difficultés rencontrées. C’est dans une ambiance bon enfant que cette série de quatre jours consécutifs de renforcement des capacités des acteurs ruraux, des représentantes des riveraines des agro-industries et autres leaders des associations locales s’est clôturée.