Elle devient une tradition chez les organisations membres de l’Alliance Informelle contre les grandes plantations de monoculture de palmiers à huile en Afrique Centrale et de l’Ouest. Ces organisations la célèbrent tous les 21 septembre de chaque année. Cette année, il a été possible d’organiser une vidéo conférence qui a vu la participation d’une centaine de personnes au Cameroun qui se sont imprégnées des expériences des autres pays dans la lutte pour la restauration de leurs droits fonciers après l’accaparement des terres par les agro-industries. Les participants à ces rencontres étaient des riverains tous genres confondus.
C’était aussi une occasion pour les membres de l’Alliance de faire connaitre leurs missions et de sensibiliser un grand nombre de riverains sur leurs droits autour des agro-industries. Les problèmes que connaissent les riverains sont les mêmes d’un pays à un autre et les stratégies d’approche pour les résoudre doivent être communautarisées au sein des organisations membres de l’alliance informelle. Les festivités de cette année ont eu lieu à Mbandjock autour d’une agro-industrie de canne à sucre.
Au cours de la deuxième séquence de cette formation sur le Droit de Dire Non, le lieu de la formation a changé. La première formation s’étant tenue en milieu urbain, la seconde a choisi une plantation agro-industrielle notamment la SOSUCAM de Nkoteng. Plus de 70 femmes ont participé activement à cette rencontre. L’activité a permis que plusieurs femmes se forment et soient motivées dans la défense de leurs droits bafoués par les agro-industries.
Une descente sur le terrain a clairement montré les injustices subies par les riveraines au quotidien. Les visiteurs ont été face à une communauté qui a donné gracieusement ses terres pour l’implantation de l’entreprise. Malheureusement, celle-ci en sort plus appauvrie car ses cours d’eau sont littéralement pollués du fait des déchets déversés par l’entreprises et ce, sans aucune compensation de la part de l’agro-industrie qui doit pourtant leur offrir des forages permettant à la communauté d’avoir accès à de l’eau potable. Les femmes formées se sont engagées à restituer ladite formation à celles restées dans leurs villages. L’activité s’est développée avec le partenariat de GDA qui est une ONG partenaire de Womin.
Pendant les rencontres de formation des femmes, ces dernières ont témoigné que les chefs traditionnels jouent un rôle trouble. Ils font passer leurs intérêts avant ceux de leurs communautés. Les femmes accusent d’ailleurs ces autorités traditionnelles de freiner leur combat. Les chefs sont les premiers intermédiaires entre les communautés et l’entreprise. Il est important qu’ils comprennent le bien-fondé de la lutte afin que toute la communauté et non une minorité puisse bénéficier de la présence de l’entreprise dans le village. L’agro-industrie est principalement un outil de développement. Toutefois, la façon dont elle est gérée fait d’elle la source des souffrances pour la majorité des riverains, en particulier les femmes. Les chefs doivent comprendre qu’ils détiennent la clé du développement du village et que leur mission est de défendre les intérêts des communautés. Plusieurs d’entre eux se trouvent pieds et poings liés par les actes de corruption et sont désormais incapables de poser un acte pour défendre leurs communautés. Cette attitude laxiste des chefs traditionnels doit cesser, et c’est la raison pour laquelle les femmes ont choisi d’organiser cette caravane. Celle-ci a consisté à organiser la rencontre entre les leaders des associations des riveraines des villages impactés par les agro-industries avec les chefs et les notables desdits villages. Ceci a permis de faire connaitre l’association hôte et d’établir le dialogue avec les chefs et les notables pour qu’ensemble, ils puissent mutualiser leurs ressources, leurs idées, leurs forces afin de défendre leurs intérêts.
Plusieurs chefs ont déclaré avoir négligé la force féminine dans la lutte et se sont engagés à travailler main dans la main avec les femmes. C’est sur cet accord de principe que les rencontres avec les chefs se sont achevées. Pour cette année, 2 plantations sur les 8 qu’accompagne le RADD ont reçu la visite de la caravane. En 2024, le travail doit se poursuivre au vu de l’intérêt que manifestent les 6 associations des riveraines restantes.
Le RADD a pris part à plusieurs foires expositions/vente/dégustation des produits agropastoraux au cours de cette année. Il est à noter que le RADD, en sa qualité d’accompagnateur des femmes dans le développement des entreprises agroalimentaires, est régulièrement sollicité pour mobiliser les femmes qu’il forme afin que ces dernières puissent vendre leurs produits. La participation aux foires est généralement appuyée par des organisations des femmes que nous accompagnons. Cette année 2023, le RADD a participé activement aux Journées de l’Excellence Scientifique et de l’Innovation organisées par le Ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (MINRESI), sous le très haut patronat du Président de la République du Cameroun. Le RADD en sort récompensé du prix de l’innovation régionale avec sa farine de melon.
La tomate est un fruit qui ne se conserve pas pendant longtemps. Elle abonde parfois dans les marchés et est très couteuse en période de pénurie. Cette situation nous oblige à trouver des solutions pour la conservation de longue durée. C’est pour cette raison que le RADD a décidé de former les femmes aux techniques de conservation des tomates. La tomate ainsi transformée peut être conservée plus de 2 ans hors du réfrigérateur.
Le RADD a mis sur pied le concept des Causeries Paysannes. Il s’agit d’un espace d’échanges entre les producteurs agropastoraux, afin de leur permettre de se parler à cœur ouvert, de partager les pratiques et les expériences, et de se donner des conseils etc.
La séance de Causeries Paysannes de l’année 2023 s’est tenue à Nanga-Eboko dans la Région du Centre-Cameroun. Plus de 150 paysans ont échangé sur les stratégies de plaidoyers à adopter auprès des institutions pour la reconnaissance des systèmes semenciers paysans. Les paysan(ne)s se sont approprié(e)s la Déclaration d’Esse et ont contribué à son amélioration. Ladite Déclaration est le support de plaidoyer construit par tous les acteurs ruraux favorables à la promotion des systèmes semenciers paysans au Cameroun. En perspective, le RADD entend donner plus d’espace à ces échanges tout en cherchant à capitaliser toutes les ressources qui en découleront.
Exécution de l’hymne nationalprésentation des différentes délégations Exposition des semences paysannes Exposition des semences Présentation des articulations par la SEPhoto de famille Coupure du ruban symbolique
La 3e édition de la Foire des Semences Paysannes du Cameroun (FOSPAC 3) sur les droits des agriculteurs s’est tenue dans l’arrondissement d’Esse – département de la MEFOU et AFAMBA, du 24 au 26 février 2023, sous le thème « Encourager, Orienter et Promouvoir la concrétisation des Droits des Agriculteurs sur les Semences ».
Organisée par le Réseau des Acteurs du Développement Durable (RADD), dans le cadre de la dynamique de valorisation des Systèmes Semenciers Paysans (SSP) et de l’accès de tous les agriculteurs aux semences paysannes en qualité et en quantité pour plus d’autonomie dans leurs exploitations familiales, elle a rassemblé 250 exposants de 8 régions du Cameroun et 2 pays de la sous-région d’Afrique centrale, auxquels se sont joints quelques 2000 visiteurs. La FOSPAC 3 visait à mobiliser les acteurs du monde rural, les OSC, les producteurs, les consommateurs, les différentes strates de la société et le gouvernement camerounais pour exiger l’élaboration, l’adoption et la publication d’une loi sur les droits des agriculteurs à disposer librement des semences paysannes et reconnaissant les savoirs traditionnels ( systèmes semenciers paysans), tout comme il existe de façon formelle une loi qui promeut les semences commerciales et tous leurs intrants.
Mot de bienvenu du Maire d’EsseAllocution du PCA du RADDPrésentation des activités par la SECoupure symbolique du rubanvisite des stands par les autorités présentation des produitssemences paysannesProduits issus des semences paysannesexpostion des semences exposition des semencesfabrication des biopesticidessemences paysannes de manioc de la délégation gabonaiseLa roue de la biodiversité Participants dans la roue de la biodiversitéPhoto de famille lors de la visite de la case de Mvog-ze
Sauvons les femmes d’AFRISE de 50 années supplémentaires de souffrance, d’abus et de violence en signant cette pétition
A l’occasion des 16 jours d’activisme pour l’Élimination des Violences à l’égard des Femmes, les femmes de l’AFRISE (Association des Femmes Riveraines de la SOCAPALM d’Edéa) vous invitent à vous joindre à elles pour exiger que la SOCAPALM mette fin à la replantation de palmiers à huile à côté de leurs habitations et sur les tombes de leurs ancêtres. Elles souhaitent que l’entreprise leur donne suffisamment de terres pour qu’elles puissent cultiver et nourrir leur famille dignement.
La SOCAPALM a commencé à replanter des palmiers à huile autour des maisons des femmes et la plantation s’étend sur des centaines de milliers d’hectares, occupant ainsi toutes les terres agricoles dont ces femmes rurales ont besoin en détruisant toutes leurs forêts et polluant leurs eaux et leur air, sans jamais leur fournir de l’eau en compensation. Ces femmes doivent trouver un moyen de continuer à nourrir leurs familles quotidiennement et l’une des seules options dont elles disposent pour joindre les deux bouts est d’aller dans les plantations pour récupérer les noix tombées après la coupe. Leur présence dans la plantation étant strictement interdite, elles subissent des violences physiques, morales et psychologiques et sont souvent contraintes de remettre leurs corps aux gardes en échange de leur entrée dans la plantation. Plus de 80 % des femmes locales sont victimes d’abus sexuels et de viols alors qu’elles cherchent les moyens de survie de leur famille.
Nous sommes unis pour éliminer toutes les formes de violence contre les femmes.
Merci pour votre soutien.
Voici le lien pour signer la pétition 👇🏼👇🏼👇🏼👇🏼👇🏼👇🏼
Jour 1: NON au replanting autour de nos cases et sur les tombes de nos ancêtres
les femmes de l’AFRISE (Association des Femmes Riveraines de la SOCAPALM d’Edéa) demandent à la SOCAPALM de mettre fin à la replantation de palmiers à huile à côté de leurs habitations, et sur les tombes de leurs ancêtres. Elles souhaitent que l’entreprise leur donne suffisamment de terres pour qu’elles puissent cultiver et nourrir leurs familles dignement.
Jour 2: OUI à l’inclusion des femmes dans la prise des décisions
Face à la volonté des entreprises multinationales du secteur de l’agroalimentaire de se développer afin de capter de nouveaux marchés, les acquisitions à grande échelle, notamment d’eau et de terres, se sont multipliées entrainant une pression croissante sur ces ressources se traduisant notamment par de graves conséquences en matière d’environnement, de droits humains et de souveraineté alimentaire. Ces grands projets dans les villages s’accaparent, la plupart du temps, des ressources indispensables (terres, forêts, eaux, air…) utilisées par les femmes et des jeunes filles pour développer leurs moyens de vie et être autonomes, à l’abri des violences de tous genres et particulièrement des violences économiques.
Le RADD continue depuis 10 mois, et pour le compte de l’année 2023, dans une dynamique de renforcement de capacités des femmes riveraines des agro-industries qui se battent pour leur suivie contre ce mastodonte économique qui s’accapare de toutes leurs ressources, polluent tout leur environnement. En effet, les riveraines bénéficient au quotidien des formations qui leurs donnent des moyens intellectuels et pratiques pour la défense de leurs droits. La plus récente est la formation sur le leadership féminin l’estime de soi et l’art de prendre la parole en public.
Cette formation avait pour objectif de les capaciter à pouvoir mener ou manager des personnes ou des organisations, d’avoir confiance en elle et en leur savoir faire et enfin à prendre la parole en public afin de dénoncer sans peur, sans stress. Une formation très appréciée par les milliers de riveraines vivants autour des 8 sites occupés par la SOCAPALM (4), SUDCAM/CEA, HEVECAM et SOSUCAM (2).
Les sessions à venir leurs outilleront davantage sur la prévention et la gestion des conflits.
Aujourd’hui à l’issue de ces formations, elles prennent leur destin en main avec autorité. Car elles sont en capacité d’être des femmes leaders, se mettre en valeur en cultivant l’estime de soi et de parler en public sans avoir peur et avec beaucoup d’aisance dans le but de défendre efficacement leur droit bafoué autour de ces industries extractivistes.