En ce jeudi 10 septembre 2026, une dynamique nouvelle s’est emparée du quartier Emana. Face aux défis de l’urbanisation galopante de la perte des terres agricoles et de la prolifération des déchets, le Réseau des acteurs du développement durable (RADD) a réuni les femmes de la commune pour une session de formation pratique d’une importante capitale.

Tenue en présence explicite de Mme ONAMBELE adjointe au maire de la commune de Yaoundé 1er encore appelée commune du chef de l’Etat, cette initiative concrétise le lancement sur le terrain du ambitieux projet 10 000 sacs d’igname en agriculture hors-sol.

  1. Un diagnostic sans appel : rupture foncière, dépendance sanitaire et pollution.

La commune de Yaoundé 1er a connue des dernières décennies une Expansion urbaine fulgurante. Cette métamorphose a eu un impact direct et dévastateur sur les femmes autochtones : la disparition progressive de leurs espaces culturaux traditionnels.

Jadis nourricières et autonomes grâce à leurs champs, les femmes de la commune se sont retrouvées contraintes à une dépendance totale vis-à-vis des marchés urbains locaux. Cette transition forcée s’est accompagnée d’un drame sanitaire silencieux :

  • Prolifération des intrants chimiques : les produits vivriers vendus sur les marchés urbains proviennent majoritairement de cultures intensives sturés de pesticides et d’engrais synthétiques.
  • L’impact sur la santé :la consommation quotidienne de ces aliments contaminés favorise l’apparition des maladies métaboliques et chroniques au sein des foyers.
  • L’insalubrité environnementale : dans le même temps, les rues et caniveaux de Yaoundé 1er croulent sous les déchets plastiques et sacs jetés, obstruant le drainage des eaux et dégradant le cadre de vie.

Face à ce triple défi foncier, sanitaire et environnemental, l’agroecologie urbaine porté par le RADD apporte une réponse structurée et adaptée aux réalités locales.

  • La maîtrise technique de la préparation du substrat à la mise en terre.
la préparation du substrat à la mise en terre.

Au cours de cette journée intense à Emana, le formateur du RADD a transmis un itinéraire technique permettant de transformer des contraintes plastiques en véritables unités de production à haut rendement.

La formulation d’un substrat hautement nutritif

la base de la réussite  repose sur un mélange de matériaux locaux visant à reconstituer la fertilité naturelle d’un sol forestier :

  • Déjections de porc : apport massif d’Azote et d’éléments fertilisants
    • Terre noire et terre vierge : garante d’une structure physique équilibrée et exemptés de germes pathogènes.
    • Compost biologique : catalyseur de micro-organisme utiles au développement racinaire.

   Les participantes ont appris à doser et brasser ce terreau pour obtenir une texture aérée et fertile. Elles ont ensuite exécuté le remplissage des sacs recyclés, le traitement biologique des semenceaux d’igname pour prévenir les attaques d’insectes et de champignons, et enfin le semis précis dans les sacs.

Une synergie d’association en sac.

Cette méthode offre un double bénéfice immédiat :

  1. Autonomie financière au quotidien : en vendant les légumes récoltés toutes les 3 à 4 semaines, les femmes génèrent des revenus réguliers pour subvenir aux besoins immédiats de leur foyer (scolarité, santé, ration quotidienne) en attendant la maturité des ignames.
  2. Souveraineté alimentaire et santé :

Les familles consomment des aliments sains, frais garantis sans engrais chimiques ni pesticides de synthèse enrayant ainsi l’impact sanitaire des produits du marché.

  • Assainissement Urbain : l’utilisation massive de sacs synthétiques pour la culture permet de collecter et revaloriser des milliers de sacs plastiques qui obstruaient jusqu’ici les caniveaux et les voies publiques de Yaoundé.
  • Un plaidoyer fort pour l’avenir des femmes de Yaoundé 1er

Présente tout au long des travaux, madame l’adjointe au maire, Mme ONAMBELE, a salué la détermination des participantes à l’alignement stratégique de l’initiative avec les ambitions environnementales et sociales de la municipalité.

À l’issue de la formation, les femmes ont porte une voix unanime à travers un plaidoyer officiel adressé aux autorités et aux partenaires de développement à savoir :

1-Accompagnement économique direct : un soutien financier ciblé pour l’acquisition continue d’intrants agroecologiques et d’engrais biologiques de qualités

2-un accompagnement des femmes à la formation sur le production des intrants et engrais biologiques.

3-Un marché agroecologique dédié : la création d’un espace de vente spécifique au sein de la commune de Yaoundé 1er réservé exclusivement aux produits issus de l’agroecologie urbaine locale.

4-La mise en réseau des circuits courts : l’établissement de canaux de distribution direct reliant directement les restaurateurs, cantines et ménages consommateurs aux femmes productrices, supprimant ainsi les intermédiaires spéculateurs.

En concrétisant le projet 10 000 sacs d’igname à Emana, le RADD et la Commune de Yaoundé 1er ne se contentent pas d’enseigner une technique agricole : ils redonnent de la dignité, du pouvoir d’chat et la santé aux femmes autochtones et allogènes, piliers incontournables de la famille et du développement inclusif durable urbain.

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