Catégories
Promotion des systèmes semenciers paysans

Formation AFSA : le RADD outillé pour promouvoir la souveraineté semencière en Afrique

Du 12 au 16 août 2025, le RADD a représenté le Cameroun et l’Afrique Centrale à une formation régionale organisée par l’Alliance pour la Souveraineté Alimentaire en Afrique (AFSA). Cette rencontre s’est tenue au centre Seed Savers Network, situé à Gilgil, au Kenya.

L’objectif était clair : outiller de jeunes leaders africains pour qu’ils deviennent des acteurs de changement dans la défense des semences paysannes et la promotion de la souveraineté alimentaire sur tout le continent.

CE QUE NOUS AVONS APPRIS ET VÉCU

1. Mieux comprendre les enjeux des semences paysannes

La formation a permis d’approfondir la réflexion sur ce que représentent vraiment les semences paysannes non seulement comme outils de production, mais comme piliers de notre identité, de notre autonomie et de notre résilience face aux crises alimentaires et climatiques.

  • Comprendre en profondeur les menaces qui pèsent sur les systèmes semenciers paysans (SSP) ;
  • Prendre conscience du rôle stratégique que les jeunes Africains peuvent jouer dans la défense de la souveraineté alimentaire ;
  • Analyser les défis propres au contexte camerounais et centrafricain.

2. Développer des compétences concrètes

Au-delà des connaissances théoriques, les participants ont acquis des outils pratiques pour agir sur le terrain et dans les espaces de décision :

  • Méthodes d’innovation et d’action collective pour mobiliser les communautés rurales ;
  • Techniques de plaidoyer pour influencer les politiques nationales sur les semences ;
  • Outils pratiques pour organiser des forums et foires agricoles à fort impact.

3. Des témoignages venus de tout le continent

L’un des moments les plus forts de la formation a été le partage d’expériences entre participants jeunes chercheurs, agriculteurs, communicateurs et militants. Trois grands thèmes ont structuré ces échanges :

  • Les effets concrets des lois restrictives sur les semences dans différents pays africains ;
  • Les conséquences de ces politiques sur la jeunesse rurale et les petits agriculteurs ;
  • Les stratégies de résistance face à la main mise croissante des entreprises agro-industrielles sur les semences africaines.

4. La citation qui a tout dit

« Celui qui a la semence a la vie. » — Dr Sarah Olembo

Cette formule porte un message fondamental : protéger nos semences, c’est protéger la vie elle-même. C’est aussi affirmer que ceux qui contrôlent les semences contrôlent ce que nous mangeons, et donc notre avenir.

POURQUOI C’EST IMPORTANT

La souveraineté semencière : de quoi parle-t-on ?

La souveraineté semencière, c’est le droit pour les agriculteurs de conserver, d’échanger, d’utiliser et de multiplier librement leurs propres semences. C’est un pilier essentiel de la souveraineté alimentaire. Concrètement, cela signifie :

  • Que les petits agriculteurs ne dépendent pas des semences industrielles vendues chaque saison par des multinationales ;
  • Que les variétés locales, adaptées aux sols et aux climats africains, sont préservées et transmises de génération en génération ;
  • Que notre patrimoine génétique et culturel agricole reste entre nos mains.

Ce que fait l’AFSA pour changer les choses

L’AFSA mène deux initiatives majeures présentées durant la formation :

La campagne « Seed is Life »

  • Défendre les systèmes semenciers gérés par les agriculteurs eux-mêmes ;
  • Faire reconnaître et protéger les droits des agriculteurs sur leurs semences dans les législations nationales.

La construction d’un réseau de jeunes leaders africains

  • Impliquer activement la jeunesse dans la transition vers des systèmes alimentaires durables ;
  • Préserver la biodiversité agricole comme condition du développement durable de l’Afrique.

CE QUE NOUS ALLONS FAIRE MAINTENANT

Cette formation n’est pas une fin en soi. Elle doit se traduire en actions concrètes sur le terrain camerounais et centrafricain. Voici les priorités identifiées :

  • Organiser des forums et foires nationaux dédiés aux SSP et à la souveraineté alimentaire, pour diffuser les apprentissages de cette formation ;
  • Participer aux événements régionaux et internationaux sur les semences, pour que la voix du Cameroun et de l’Afrique Centrale continue de se faire entendre ;
  • Développer des outils de plaidoyer adaptés à notre contexte : fiches, guides, supports de sensibilisation destinés aux communautés locales et aux décideurs.

CONCLUSION

La formation de l’AFSA au Kenya a été bien plus qu’un événement de renforcement de capacités. C’est une expérience transformatrice qui a confirmé une conviction : les jeunes africains ont un rôle central à jouer dans la défense de nos semences et de notre souveraineté alimentaire.

Trois acquis majeurs à retenir :

  • Une compréhension plus fine des enjeux stratégiques des systèmes semenciers paysans ;
  • Des compétences concrètes en leadership et en plaidoyer, prêtes à être mobilisées sur le terrain ;
  • Un réseau continental de jeunes engagés, désormais connectés et coordonnés autour d’une même cause.

Le RADD s’engage à capitaliser sur cette expérience et à la mettre au service des communautés rurales du Cameroun et de toute l’Afrique Centrale.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *